Plutôt qu'un amoureux romantique de plus, José Fallot m'est toujours apparu comme un dur.
Dur et patient comme un félin, un varan qui aurait des feulements lyrique, une hydre à dix casquettes, une panthère, une libellule. Capable d’épauler l'un et l'autre à droite, à gauche, de leur procurer de l'emploi sur des grilles standard ou maison dans ses programmations aux formations multiples. Ou de leur offrir en taulier des lignes et des masses sonores plus exigeantes, conçues la nuit à la torche Wonder dans sa cave, tout en skypant des patrons de clubs.



Qu'il soit ou non largement reconnu pour cela est superflu, qu'il vénère Abba, les Beatles, Miles ou Coltrane, totalement indifférent. Qu'il soit un enfant de Steps plus que de Weather, d’Ellington, de Petrucciani ou de Smith et Wesson, quelle importance ? Trop efficace et trop modeste pour briller, ce type est un music lover, un connaisseur et un aficionado, je ne vois pas que conclure d'autre à l’écoute de ce nouvel opus. Accessoirement, un passionné des fréquences basses, voire un compositeur sérieux et un variant réjouissant du hipster morne et abscons pour cercles confinés. Bonheur rare dont il ne faudra pas manquer les apparitions lors de la réanimation générale des scènes et des caves. Abstraction faite si possible des préjugés encore en cours dans certains systèmes auditifs locaux et de la configuration rigide des doigts de pied qui s’y attachent, si ces notions se révèlent maintenues dans le monde d’après.