Electronique, temps martiaux, bruits, ce qui reste du concept de guitares, répétitions, samples et voix plus ou moins cinématographiques sont les coordonnées du duo italien.

Failin 'Gods est le nouvel album de Faintin' Goats, qui sortira le 12 mai, pour divers labels tels que E.C.T. (Grèce), Dirty Beach, Bulbless et Oh! Cher (Italie).
L'attitude tordue du duo est une subversion sans intellectualisme, un dadaïsme sonore où domine la puissance du courant. L'ironie noire tient ensemble les 13 titres du disque.
« Killing Social Moods », classique instantané en ouverture, est un « Flat beat » soumis à un processus de dégradation morale. "Declaration", à la Suicide, est un tapis de guitares aigri par la vie et de synthés qui gazouillent une bande-son de l'absurde. Dans "Sweat" et "Cosmological problem" les boites à rythmes sont mélangées dans la bétonnière à haute fréquence, perdues dans une berceuse puérile, comme horrifiante. "Cybergoat" c'est de la boxe.
Dans "Shame Talking", entouré de séquenceurs, précédé d'un phrasé à la Cul de Sac, la voix de Del Donno est momentanément libérée de l'emprise des distorsions. Après "Sounds Good", parenthèse psychédélique du disque, "Bad Wax" est une forme de viol ou tout au plus un hymne à l'ambivalence de la peur. Après "Clap your Hands..." et "Head Back", il reste encore de la place pour l'inattendu. "CUNTinous Annoyance" est une image de nos journées décalées dans le temps, où tout va vite et ralentit soudainement en vous brisant le visage.
La dernière piste du disque est un sceau ironique, dans lequel la synthèse vocale (multilingue et dépersonnalisante) de Google, dans une sorte de ready-made, trouve un nouvel emplacement troublant, nous rappelant et nous renvoyant, une fois pour toutes, à le danger de la vie. Là-bas.