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Le projet La rivière de plomb

Maxime Lopes Par Le dimanche, 20 juin 2021 à 20:59 0

Dans TV - cinéma

La Rivière de Plomb est la bande originale d'un film enfanté par l'imaginaire d'un collectif venu d'horizons divers. Graphisme, animation, poésie rejoignent le cast de ce songe dystopique, peignant une hypothétique IIIème Guerre Mondiale.

La rivière de plomb

Suivant leur première collaboration, Âge ⱡ Total, sortie en 2020 sur le label SOZA, Stephane Miollan (Endless Floods, Bordeaux) et Quentin Pinçon (Modern Men, Paris/Rouen) se sont alliés à Adrian d'Epinay (MNNQNS, Rouen/Modern Men) pour donner naissance à ce projet noise/ambiant.
On en retire comme influences clefs, Brian Eno, SUNN O))) et Merzbow.
Pendant le processus de composition, il est apparu au trio comme une évidence d'y apporter d'autres médiums et d'ainsi un faire une oeuvre complète et originale en faisant hommage au cinéma de genre et à son format emblématique : la VHS.

5 Le Soleil se lève MODERN MEN ft. STEPHANE MIOLLAN

"Je m'accroche au moindre mot qui émane de ce grésillement. La tête dans un étau qui se resserre, impalpable, j'implore l'information. Les ondes électromagnétiques diffusent le message.
STOP.
La liaison s'interrompt après avoir craché son dernier acte.

On se place comme pour un rituel dont on ignore si l'on saura, le reproduire, encore.
La nappe, à la même intention ferme, loyale jusqu'à ce que la pluie cesse. Comme drapée dans une certitude vouée à la perdition, je répète, répète inlassablement la forme sur laquelle nul ne pose d'interrogations. Je sers.

Comme nous partons, je ne sais rien.

Mais je laisse derrière toi un spectre hourdé à la chaux ; l'écho traverse mes tripes qui flottent lourdement en dehors, dans l'épaisse aube prémonitoire.

Je me souviens de la vue de ses arbres, couverts de sel.

Enterrés vifs à la manière des rats, dans d'étroits souterrains. Quand l'éclat perce la terre, nous sommes faits comme les rats. Des pas dix pieds plus haut martèlent la terre au rythme de cette angoisse chronophage.
Qui s'éteint dans le déclin des astres.

Suivant la nuit, le jour,
Toujours pris de cette enveloppe de chair, nul part ailleurs. Qui eût cru qu'aucun impact de ferraille n'aurait percé mon crâne.

L'oiseau précède alors son maître, désormais maître du tout. Chaque tonne résonne à belle distance signant le retour au désordre originel. Et le chaos se fait caressant. Des perles de poussières meurent sur les ailes du volatile sans d'autres rites funéraires.

A travers désolation, la dominance s'organise à la ronde et néantise le décor de ce qui jadis fût.

La tourbe panse les cerveaux calcinés. quitter la présente et trop douloureuse réalité exige la traversée des eaux sales. Ma lignée putride qui a leur yeux ne mérite rien, s'embourbe dans la boue rouge et le sang brun qui fatalement ne se distingue pas. Nos âmes hurlantes, se trainent dans l'humiliation crasse et craignent le plomb.

J'envie l'esprit latent qui s'anesthésie face à la brutalité de l'existence.

C'était vite dit, vite enfermé dans la structure de mon crâne, traumatisé, des cloches. Et le rappel sans équivoque du mal infligé, impitoyable dans ma chair, atrophiant les libertés ondulatoires de ma psyché, folie vite installée, dégénérescence programmée, on tape, on envoie, on perce, on brûle, je ne sais plus respirer, je ne sais plus quel mur renferme la sortie. Ce que dissimule les murs. Je vous supplie d'y rester."

Musique Film

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