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Le film documentaire Iretge

Le film documentaire Iretge dévoile l'univers du monde artistique. Le film mélange observation et immersion dans les coulisses d'une équipe dévouée à la création.

Iretge - film

Pourquoi avoir choisi le nom Iretge sur ce projet ?
Iretge se prononce avec l’accent, grâve, du sud. Ce mot signifie littéralement hérétique en occitan et est utilisé dans ce patois pour définir une personne bourrue, infréquentable voire marginale. Nous avons préféré prolonger la définition à l’anticonformiste. Depuis cinq ans que le collectif traite de la question du sauvage, libre et généreux(se), nous avons produit un livre, puis des expos, des installations performatives et pour finir une résidence qui va donc être le prétexte à documenter la révolution sociale et visuelle qui se déroule dans la petite ville de Bessèges (Cévennes).

Pouvez-vous nous présenter le film Iretge ?
Le film Iretge sera un documentaire sur la résidence informelle organisée par le collectif. On y retrouve une dizaine d’artistes en ébullition accueilli par un couple d’amis sur un terrain en terrasse au-dessus de Bessèges. Fresques monumentales, performances oniriques, expériences sensorielles, créatures rupestres, les résidents secouent ici les genres et aèrent les esprits à ciel ouvert pour une plongée dans les profondeurs d’une réunion curieuse, dans la psychologie de comptoir, la rage contenue, la conscience de l’insouciance, l’euphorie du vivant et les problèmes de satiété aussi. Ce film hybride, mélange de documentaire et d’expérience visuelle, naviguera entre l’observation d’une renaissance sociale par la force de la culture et l’immersion dans les coulisses turbulentes d’une bande dévouée à la création pure, pour un temps hors galeries, si ce n’est celles des mines voisines. L’objectif de ce film, mettre des mots sur ce qui nous agite, creuser au fond de soi pour voir ce qui s’y manifeste. Créer avec les moyens du bord, expérimenter dans l’éphémère, jouer à quitter terre, se mettre en danger tout seul, se réconforter ensemble, improviser faute de prévisible, remercier le pote pour l’ananas grillé, manquer de dormir à cause de la Foz Machine à fumer : la vie en or du commun quoi !

Qu'est ce qui vous a intéressé dans le fait de proposer l'envers du décor du monde artistique ?
L’œil. C’est cet œil concentré, presque possédé de l’artiste qui se penche sur le monde pour y proposer sa vision. Dans ce regard s’exprime toute une sensibilité, une sincérité qui me touche profondément. J’ai un respect immense pour les artistes qui se vouent corps et âme à leur art, à leur passion pour la création. Sans création, ils ne sont pas bien ça se sent et ainsi souvent ils n’arrêtent jamais de proposer de nouvelles choses. C’est cette énergie que je trouve remarquable et que j’aime à montrer, car on a tous cette flamme en nous et il ne manque pas de grand-chose pour qu’elle se réactive et qu’on reprenne en main cet instinct de liberté, de spontanéité. Alors j’observe, et je décris, en papier, en photo ou dans ce film justement.

Peut-on en savoir plus sur le livre et les expos qui ont déjà eu lieu sur ce projet ?
Le livre a été le moyen de rendre compte de notre road trip initial qui s’est déroulé en 2017 avec les artistes Adec, Brokovich, Arkane et le photographe argentique Max Ramoul. Je pilotais la Volvo rempli à ras bord des Alpes jusqu’aux Pyrénées en s’arrêtant quand on voyait un mur à peindre, un humain à dépeindre, une minoterie à explorer, une grotte à sonder. J’ai écrit cette expérience d’artistes en mouvement et nous avons financé le livre aussi par une campagne participative. Il s’en est suivi des expos pour montrer le livre et des œuvres réalisées sur des objets et supports ramenées du voyage. Par la suite, on a ajouté DH et l’insecte pour installer la Volvo dans un musée d’art urbain comme base d’une narration visuelle à travers les déchets que nous charrions derrière nous. On a recréé les ruelles de Lyon aussi lors d’une expo mélangeant photo peinture (avec aude B, loraine, Primal, Nhobi en plus) et beaucoup de carton. Disons que ça n’a pas chômé pour un side project comme on dit.

Qu'est ce qui vous a plu dans les Cévennes pour y poser vos valises ?
Nous y sommes déjà passés lors du road trip initial qui a donné naissance au livre, on y avait posé de nombreuses œuvres éphémères. Les Cévennes c’est un peu notre jardin où on aime respirer en dehors de la ville de Montpellier où nous sommes actifs la plupart. C’est un territoire où on trouve des friches industrielles, une nature préservée, des habitants au caractère bien trempé et des nouveaux arrivants à la vision de la vie alternative et humaniste. C’est un peu notre idéal de vadrouille en quelque sorte.

Comment va se passer le tournage du documentaire d'Iretge ?
Une première partie des images a déjà été tournée lors de la résidence d’avant covid, mais on les considère aussi comme des repérages filmés qui nous ont introduit avec la dynamique qui se poursuit sur place. Nous comptons y retourner début juillet pour filmer deux ans après l’évolution des acteurs sociaux sur place, notamment filmer la fabrication des nouvelles fresques. On va de nouveau réunir les artistes aussi pour revenir sur les moments intenses de la résidence afin qu’ils puissent exprimer le fond de leur engagement artistique.

Le monde culturel a été pas mal chamboulé depuis l'année dernière. Comment l'avez-vous vécu en tant qu'artiste ?
Disons que ça n’a pas empêché de travailler bien au contraire, beaucoup ont continué de créer parce qu’ils en ont besoin, ce fameux trop plein d’émotions, d’images qu’il faut sortir. Trois d’entre nous ont eu un enfant, la plus belle des créations. Trois maisons en rénovation ont beaucoup avancé aussi hahaha.
Personnellement, j’ai pu écrire un livre clôturant un chapitre de ma vie passée. Reste qu’il manque le contact avec les gens lors des expos ; c’est pour cela qu’on réfléchit en parallèle à une projection du documentaire qui soit festive et créative, à l’opposé d’un visionnage passif, on veut la faire dans la nature, dans un cadre qui bouge.

Qu'est ce qui est le plus important, selon vous, dans le projet Iretge ?
C’est ce qu’on y emmène. Autoproduit, financé avec des bouts de ficelle, organisé avec le temps que la vie nous laisse, ces rassemblements Iretge sont souvent pas aussi bien cadrés qu’on pourrait le vouloir ce qui peut être perturbant si on est habitué à travailler seul (ou avec ses potes proches) et dans un environnement rassurant. Mais justement l’intention d’Iretge est de bousculer les codes, de se mettre en défi permanent, s’essayer à des techniques qu’on ne connait pas, partager des créations à plusieurs (ce qui n’est pas simple). Or, puisqu’il n’est pas question de performance ou de jugement esthétique, le mieux qu’on puisse faire dans ce projet c’est d’y emmener son authenticité, sa passion pour la création, sa curiosité et sa bienveillance envers les gens ; à partir de là il en sort souvent des moments très forts, quelques œuvres aussi héhéhé.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
Nous aimerions pouvoir diffuser ce film en télé ou sur des plateformes documentaires, en festival aussi et cela nécessite d’avoir une exigence cinéma et donc d’impliquer des experts du son et de l’image qui pourront sublimer les captations de notre filmeur Antoine Sabourin. Nous voulons aussi créer une musique originale avec Ublot, une formation très brillante de Perpignan. On a des frais de retournage aussi à prévoir. Bref tout ça va coûter pas mal de sous, qu’on a pas à titre perso. On sait que la campagne ne va pas suffire pour se payer mais peu importe on veut que le projet voit le jour. Si on arrive à atteindre notre objectif c’est déjà superbe, car on a vraiment là une belle matière…

Quand et comment sera disponible le film ?
On veut sortir une version comme on aime bien pour la toute fin de l’été (fin sept/début octobre), le temps de réaliser tout ça. On enverra en priorité à nos contributeurs, soit par un lien digital, soit par le dvd accompagné de son livret en fonction de ce qu’ils ont choisis. On compte bien aussi projeter le film dans la foulée, dans un endroit secret spécialement pour nos soutiens et les gens de Besseges. On a hâte de retrouver tout le monde autour du feu, de l’eau, d’un écran, de performances, de musiques, de bons vins naturels, de bouffe du coin. La vie d’avant quoi !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Je voudrais remercier les artistes d’Iretge qui ont participé à ce grand foutoir de Bessèges et aussi les premiers contributeurs qui ont fait démarrer la campagne de façon très positive. C’est porteur d’espoir et d’envie, et c’est tout ce dont on a besoin de nos jours. Plus que l’argent ce sont les gestes de soutien, l’élan collectif qui me ravit dans ce genre de campagne. En espérant qu’on voit bientôt pour fêter ça comme il se doit.

Merci à Benjamin Bello et aux équipes d'Iretge d'avoir répondu à notre interview !
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IRETGE LE FILM / PRESENTATION ULULE

A propos du projet Iretge

Saillant mélange de créations et de rencontres ; le collectif d’artistes Iretge s’installe en résidence à Besseges, une ancienne ville minière des Cévennes qui retrouve peu à peu des couleurs : festival de peintures murales sur usines à l’arrêt, bières artisanales dans cave amicale, céramique quantique, sculptures raillées et même un pâtissier-boxeur comme ciment social ! Les permanents de Bessèges seront les vrais hérons du film, les pattes solidement posés au milieu de la rivière.

Fresques monumentales, performances oniriques, expériences sensorielles, créatures rupestres, les résidents d’Iretge secouent eux les genres et ouvrent leurs esprits à ciel ouvert pour une plongée dans les profondeurs d’une réunion informelle.

interview Crowdfounding Film Livres Exposition

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