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Le film A bras, les corps d'Aleksandra Yermak

À bras, les corps est le premier court-métrage d'Aleksandra Yermak. Elle en assure la production et le tournage en autofinancement et avec le soutien des internautes.

Aleksandra Yermak (crédit Lisa Lesourd)

crédit visuel : Lisa Lesourd

Synopsis A bras, les corps

Une nuit pas comme les autres. 2 inconnus partagent une promiscuité forcée, chargée d'angoisse et d'attente. Les heures passent, la nuit n'en finit pas. Nourris de visions de violence, leurs esprits sont en lutte contre des émotions impalpables et diffuses, telles un souffle glacé sur la nuque.

Interview d'Aleksandra Yermak

Pouvez-vous nous présenter votre court-métrage À bras, les corps ?
Je suis comédienne depuis plus de 15 ans et j'aime passionnément mon métier. En 2017, j'ai voulu enrichir mon parcours d'une nouvelle compétence : l'écriture de scénario. J'ai suivi une formation au CEFPF, puis plusieurs Master Class avec le script doctor et pédagogue, Yves Lavandier. Le scénario de À bras, les corps est né peu après. Il s'agit de mon premier film en tant que scénariste et réalisatrice. Il s'agit d'un court-métrage de 10 minutes, dont la prépa et le tournage ont été autofinancés.

Le film est inspiré de faits réels, peut-on en savoir plus ?
Il est difficile de donner trop de détails sur ce qui a précisément inspiré cette histoire, sans en trahir l'essence. J'ai volontairement traité mon souvenir d'un évènement particulier et puissant de ces dernières années, avec une part de mystère, sans trop en dire, sans donner la becquée à celui qui regarde... Je souhaite laisser au spectateur le loisir de s'y plonger avec curiosité et pourquoi pas, d'y superposer sa propre expérience. C'est ce genre de démarche que j'aime ressentir en regardant de la fiction et je me suis efforcée de créer les conditions propices à ce sentiment.

En quoi est-ce important que vous en soyez également interprète ?
Important, je ne sais pas, mais cela m'est apparu comme évident pour plusieurs raisons. Il s'agit d'abord d'une expérience personnelle intime et je n'ai pas éprouvé l'envie de chercher une autre actrice pour jouer ce rôle. Ensuite, le film allant se "fabriquer" dans des conditions modestes et exiguës (en termes de production et de décor), réduire l'équipe technique et artistique au maximum était essentiel (même si au final, près de 30 personnes y ont participé !). Et puis enfin, je crois que j'avais envie de redonner vie à ce moment avec ma propre voix, mon corps et mes émotions. Symboliquement, j'aime également l'idée d'avoir été à plusieurs postes pour cette première création cinématographique.

Comment votre parcours théâtral vous aide-il dans votre court-métrage ?
Mes années au Cours Simon me paraissent loin, mais j'en garde des souvenirs très forts : beaucoup d'émotions, du trac, des échecs, des moments de découverte, de découragement total ou au contraire, de joie absolue. Un cocktail explosif et vital pour moi. Cette formation, très théâtrale, dans un lieu protégé et dédié à l'art, doublée de toutes les expériences sur les plateaux de cinéma ou de télévision qui ont suivi, m'ont transmis de la rigueur et de l'exigence, ainsi qu'une volonté de prendre du plaisir à la création artistique en compagnie de partenaires enthousiastes, tout en traversant les moments de fatigue, de stress ou de peur.

Peut-on en savoir plus sur les autres personnages du film ?
L'autre personnage principal du film est interprété par le comédien Maximilien Seweryn, que j'ai rencontré spécialement pour le projet. J'avais des idées assez précises pour ce rôle et l'acteur qui allait le jouer, notamment ses caractéristiques physiques. Le personnage masculin de ce récit devait être plutôt imposant, costaud, avec un caractère un peu inquiétant, mutique, avant de se révéler différent au fil de l'histoire. Il y a également l'apparition d'un autre personnage, à la toute fin, interprété par un jeune comédien, Louis Tauria, que j'ai rencontré sur un tournage et dont le visage et l'énergie m'ont plu.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le tournage et avez-vous repéré les lieux ?
Durant la prépa en janvier, j'ai rencontré tous les membres de ma future merveilleuse équipe, car à l'origine, seul mon chef opérateur (Yann Seweryn) était à bord du projet. L'histoire se déroule dans 2 décors uniquement, une voiture et un appartement. L'appartement, je savais d'emblée que ce serait le mien ; toujours pour des questions de budget. Lors de plusieurs sessions de travail chez moi avec Yann, Nadia Chaabani (ma 1ère assistante) et Pierre Chosson (mon chef électro), nous avons cherché les meilleurs cadres, accessoires, déco et sources de lumière possibles... Le véhicule de jeu a posé plus de problèmes... La scène d’ouverture étant un plan-séquence dans la voiture en mouvement, cela représentait un petit challenge technique. Nous avons mis un moment à trouver la bonne formule pour la filmer dans de bonnes conditions. Nous avons tourné début février, sur 2 nuits, pendant un week-end : une expérience épique et fabuleuse.

Que souhaitez-vous transmettre au public avec le court-métrage À bras, les corps ?
Je souhaite seulement proposer une vision personnelle d'une expérience commune à beaucoup. J'ai cherché à interroger l'importance de la présence et de l'influence de "l'autre" dans un moment de vie où le monde extérieur apparaît d'une extrême violence et échappant à tout contrôle. Je voulais explorer les notions de peur (pour nous-mêmes, pour nos proches), de pudeur, d'humanité, de réconfort à l'instant où ce qui nous entoure et ce que l'on s'imagine nous terrifie.

Pourquoi avoir lancé un financement participatif ?
Au vu de la taille raisonnable du projet, du nombre restreint de rôles et de décors, j'ai pensé préférable de l'autofinancer pour la partie prépa, production et tournage. J'avais envie qu'il voie le jour rapidement. Mais la post-production représentant un effort plus long et plus assidu de la part de ceux impliqués à ce stade, une campagne de crowdfunding m'a paru être une bonne option. J'espérais pouvoir récompenser mon équipe d'une manière plus juste. Après un calcul rapide, j'ai vite compris que les participations aux festivals souvent payantes, la fabrication d'une copie DCP (copie numérique à destination des salles de cinéma) et la location même d'une salle pour la présentation publique du film représenteraient des frais importants. Je les ai donc inclus dans le budget de la campagne Ulule.

Quand et comment sera disponible le film ?
Actuellement, et malgré le confinement, nous avons terminé le montage image et beaucoup avancé sur le mixage son et la composition de la musique. L'affiche du film est terminée et j'ai commencé les inscriptions en festivals - pour ceux qui acceptent que l'on postule avec une copie de travail (version non achevée). Ensuite, il restera l'étalonnage à faire : il nécessite l'accès à un studio de post-production, ce qui nous est encore impossible, puis viendra la finalisation du mixage son et le film sera prêt. J'espère pouvoir organiser une projection publique dans un cinéma parisien dès que cela sera possible.

Irez-vous à la rencontre des contributeurs pour présenter À bras, les corps et en quoi est-ce important de faire une projection en salle de cinéma ?
Tous les contributeurs seront invités à découvrir le film lors de la projection parisienne, en espérant qu'ils puissent se déplacer. Je serai ravie de pouvoir les remercier en personne et de leur montrer le film terminé, dans les meilleures conditions visuelles et sonores (un film, c'est fait pour être vu à plusieurs et dans une salle obscure !). C'est une des raisons profondes de toute envie de cinéma, je crois: se rassembler autour de cet art merveilleux, générer des rencontres, des émotions, des débats, des désirs et tout cela, à partager ensemble. Je comprends en écrivant cela, à quel point c'est vital et à quel point cela me manque aujourd'hui et depuis le début de la crise qui nous touche tous.

Merci à Aleksandra Yermak d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez la également sur Instagram.

interview Film

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