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Le court métrage La Saison du Rythme

Maxime Lopes Par Le lundi, 01 août 2022 à 09:46 0

Dans TV - cinéma

Le court métrage La Saison du Rythme traite de manière drôle le thème de l'écologie dans un écovillage.

Film La saison du rythme

D'où vient votre passion pour le cinéma ?
J'ai commencé à m'intéresser au cinéma au collège quand j'ai découvert les Monty Python : c'est à partir de là que j'ai commencé à faire des films, d'abord en plagiant Sacré Graal avec des amis, puis en explorant d'autres voies, d'autres genres, notamment avec mon frère qui s'est lui aussi mis au cinéma.
Ce qui me parle c'est les films absurdes, les univers parallèles, les trucs un peu « décalés » : je pense aux films de Quentin Dupieux (les premiers du moins) ou la série Rick & Morty. Le cinéma qui te prend aux tripes, comme le cinéma de genre avec Grave, The Thing, mais je suis aussi inspiré par des comédies plus classiques comme les OSS 117 ou la série OVNI(S).

Pouvez-vous nous présenter votre court métrage La Saison du Rythme ?
« La Saison du Rythme » c'est une comédie écologique burlesque qui se déroule dans un écovillage. Le film a pour but d'amorcer une réflexion sur des enjeux essentiels pour demain : en l'occurrence, l'autonomie énergétique et surtout les choix politiques qui en découlent.
Voici le synopsis : "Au sein d’un village écologique et autonome, un groupe d’habitants regarde le dernier épisode de leur série préférée. Soudain, le vidéoprojecteur s’éteint : la batterie générale est vide, les éoliennes sont à l’arrêt, et les panneaux photovoltaïques peinent à suivre. Une vulgaire panne de courant ne va pas les arrêter ! Le groupe doit décider ensemble quels appareils allumer, lesquels éteindre. Plus le soleil baisse, plus ils doivent faire des sacrifices... Jusqu’à où ?"

Qu'est-ce qui vous a motivé à faire un film écologique ?
Avec mon frère-coauteur, on s'efforce d'adopter un mode vie respectueux de l'environnement mais on s'est rendu compte que l'impact individuel est faible en comparaison de ce qu'il est possible de faire au niveau collectif. Selon le cabinet d'étude Carbone4, même si tout le monde vivait de manière hyper sobre, vegan, vélo etc, ça représenterait que 25% du chemin. Les 75% restants dépendent des choix de société à large échelle (transports, industrie, production d'électricité, construction, agriculture, etc).
Il faut que tout le monde s'empare de ces sujets là, qui sont hautement politiques : comment on pourrait s'organiser tous ensemble pour que nos modes de vie soient plus respectueux de la nature tout en étant socialement juste ?
Le cinéma nous paraît être un excellent moyen d'introduire ces questionnements, car le cinéma s'adresse pas qu'à l'intellect, ça touche avant tout nos sens, ça vient directement taper notre inconscient : c'est là qu'on commence vraiment à se mobiliser.
Mais en parallèle du cinéma, je pense qu'il faut absolument creuser ces sujets là, par le biais de différentes sources. Pour ma part je conseille le magazine Socialter, le média en ligne Blast, ou des chaines youtube comme Stupid Economics ou même la chaine humoristique Ami des lobbies !

En quoi est-ce important d'avoir un côté burlesque dans votre court métrage ?
Le côté burlesque nous permet de rendre le message plus digeste. On a déjà assez de fictions ou de documentaires angoissants, voire carrément déprimants. Ces films sont importants car il me semble essentiel d'avoir conscience de l'ampleur des problèmes environnementaux, sociaux, etc, mais à un moment l'anxiété bloque l'action. Pourquoi se mobiliser si tout est foutu ?
Avec cette comédie burlesque on veut dédramatiser la situation, on a envie d'apporter une lueur d'espoir. Certes on va faire face à des cascades de problèmes, mais il reste tant de belles choses sur Terre ! Le vivant qui s'adapte, la solidarité, la gentillesse et la joie qui existent encore partout autour de nous. Je pense qu'il faut savoir voir ces aspects sinon on aura déjà tout perdu.

La série Le Fil Rouge est le fil conducteur de La saison du rythme. Souhaitez-vous nous en dire quelques mots ?
« Le Fil Rouge » c'est une série qui se déroule dans un univers post-apo où s'est reconstituée une société vegan à vélo. On y suit les aventures d'un groupe de policier.ères qui essaient de faire tomber un trafic de viandasse, en infiltrant l'abattoir clandestin de Gros Jojo, le grand méchant.
C'est un pitch un peu improbable mais ça permet d'ouvrir une fenêtre sur un monde parallèle, un monde où les enjeux écologiques sont enfin pris au sérieux !

Que peut-on savoir de l'éco-village où vous avez tourné et qu'est ce qui vous a intéressé de mettre en avant dans un tel lieu ?
Le tournage a eu lieu à La Grange du Clos Ambroise, un écolieu artistique et culturel. Il s'agit d'un corps de ferme que l'association de La Grange a retapé afin d'y organiser des résidences artistiques, des spectacles, concerts. Ce n'est pas donc pas un écovillage dans le sens où ils ne visent pas l'autonomie alimentaire ou énergétique, mais ce qui m'intéresse c'est leur encrage territorial. Leurs événements sont ouverts à tous et permettent d'animer la région, de rendre accessible l'art et la culture, même loin des grandes villes.

Dans La Saison du Rythme, les habitants sont confrontés à des problèmes d'auto-approvisionnement en électricité. L'actualité fait écho que la France pourrait connaitre des difficultés de fourniture en électricité l'hiver prochain. Qu'est-ce que cela vous évoque ?
Malgré les difficultés à venir, je me réjouis de l'apparition de ces problématiques dans le débat public. Pour une fois on parle d'adapter nos modes de vie pour éviter la coupure : on peut entendre parler d'avancer des rencontres sportives de quelques heures en hiver pour s'épargner les megawatts nécessaires pour éclairer le stade, pour réduire le chauffage des vestiaires etc...
Le risque serait en revanche de confondre le rationnement, qui est imposé et souvent mal vécu (coupures de courant programmées pour des régions entières,...) à la sobriété, qui est choisie et libératrice : je pense plus à l'essort du vélo, l'abandon des smart-machins, l'utilisation de techniques low-tech à grande échelle… on peut tout imaginer !

Que peut-on savoir du casting ?
Il me paraissait important d'ancrer le tournage dans le territoire, aussi le recrutement a été extra-local : une immense partie de l'équipe habite la région (Paca), que ce soit comédien.nes ou technicien.nes

Quelles actions avez-vous mené pendant le tournage et la production du film afin de préserver l'environnement ?
En amont du tournage, l'équipe régie a conclu des partenariats avec des primeurs et boulangeries proches du lieu de tournage, afin de récupérer les invendus et ainsi cuisiner des plats zéro déchet. Le reste des courses a été fait au maximum en magasin vrac/bio/local, et l'intégralité des repas étaient végétariens.
Nous encouragions au maximum l'utilisation du train pour les déplacements de l'équipe, mais malheureusement nous sommes restés assez dépendants de la voiture. En partie à cause du chargement parfois important que nécessite un tournage (matériel, accessoires, décoration) mais aussi à cause d'un réseau de transport public trop faible en milieu rural.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
L'idéal pour moi aurait été de trouver une société de production pour réaliser le film dans de bonnes conditions, mais les négociations ont échoué ; certaines boites de prod se sont montrées frileuses face à ce projet certes ambitieux. Le film est ainsi autoproduit, les comdien.nes et technicien.nes étaient tous.tes bénévoles mais ce type de tournage nécessite tout de même certaines dépenses (matériel, accessoires, costumes, transports, régie...).
Le financement participatif devrait permettre de couvrir les deux tiers des dépenses, mais ce n'est pas le seul intérêt. Ce type de campagne permet de communiquer largement autour du film et des problématiques qu'il soulève. C'est un levier important afin de mobiliser des potentiels spectateurs (même s'ils ne donnent pas) afin d'organiser des projections publiques par la suite.

Des rencontres avec le public ou des actions de sensibilisation en lien avec le film sont-elles prévues ?
En effet l'un des objectifs premier du projet est de sensibiliser le grand public aux enjeux environnementaux, sociaux et démocratiques par le biais de projections-débats dans des cinémas de quartier, cinémas associatifs, tiers lieux, en Provence ou même partout en France. La Grange du Clos Ambroise et Le Talus, nos lieux de tournage, sont déjà intéressés pour organiser ce type d'événement.
L'idée est de diffuser le court-métrage ainsi que d'autres films fictionnels ou documentaires pour ensuite initer une discussion autour des thématiques abordées lors de la projection, en y incluant des intervenants spécialisés mais aussi l'ensemble des spectateurs.
Une des associations partenaires, 8 vies pour la planète, se propose d'organiser des ateliers four solaire et vélo-génératrice en amont de la projection, puis de participer au débat en apportant un point de vue technique sur les questions énergétiques.
J'ai aussi pour projet de faire venir des intervenants disposés à questionner les enjeux philosophiques et démocratiques contenus dans les différents films projetés.
Cette multitude de points de vue pourra, je l'espère, nous permettre de mieux réflechir à nos pratiques actuelles et nos désirs pour l'avenir

Ambitionnez-vous de présenter La Saison du Rythme en festival ?
En parallèle de ces projections, je compte effectivement présenter le court-métrage en festival : plus diffusé sera le film, plus répandus seront les questionnements qu'il soulève. En tout cas j'aime à le croire.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Pour terminer, je commence par remercier mon équipe qui a travaillé dur pour que ce projet puisse voir le jour !
Et pour terminer de terminer, je ne peux que conseiller les lecteurs d'aller faire un tour sur la page Facebook ou Instagram ou même sur le Ulule du projet :  allez embarquez avec nous !

Merci aux équipes du film La saison du rythme d'avoir répondu à notre interview !

Equipe du film La saison du rythme

interview Crowdfunding Film

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