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Le chemin des Emerillons : une expédition sur les Amérindiens de Guyane

2 amis, Tony Lopes et Arnaud Paumier, partent en expédition sur les traces des Amérindiens de Guyane en suivant le chemin des Emerillons.

Onca expéditions

Entretien avec Tony Lopes

Pouvez-vous nous présenter votre expédition sur Le chemin des Emerillons ?
Nous sommes deux amis et nous nous apprêtons à traverser la Guyane Française d’Ouest en Est en autonomie totale et sans moyen de locomotion motorisé.
Notre objectif est de faire découvrir au grand public la forêt Amazonienne Guyanaise avec sa faune, sa flore et certaines communautés autochtones.
L’expédition va se diviser en deux phases nautiques et une phase pédestre, le tout sur environ 400 km.
Le Chemin des Emerillons est un chemin historique qui a été́ parcouru pendant des siècles par les amérindiens Teko, Wayampi et Wayana pour des échanges commerciaux et culturels.
Il a été également rendu célèbre par l’explorateur Raymond Maufrais dont les carnets de voyage ont été retrouvés sur cet itinéraire.
Le Chemin des Emerillons joint les bassins versants du Maroni et de l’Oyapock, traversant la Guyane d’Ouest en Est.

Qu'est ce qui a motivé à partir sur les traces des Amérindiens de Guyane et aimeriez-vous aider certaines tribus ?
Je suis un passionné de la forêt Amazonienne depuis tout jeune et je vais en Guyane depuis 2009 pour faire des treks et parfaire mes connaissances dans ce biotope.
Habituellement je fais des treks dans ce milieu entre 7 et 15 jours, mais pour mon passage dans la quarantaine, j’ai voulu me lancer un petit défi en traversant la Guyane d’Ouest en Est en autonomie complète.
Outre le défi sportif qui n’est pas notre priorité, cela nous permet avant tout de faire un petit clin d’œil à la Guyane, à la faune et à la flore qui la composent et aux peuples autochtones qui y vivent.
Concernant ces communautés autochtones, évidement si nous pouvons les aider dans quoi que ce soit, nous en serons ravis. Mais sachez que les communautés autochtones en Guyane ne sont plus à l’âge de pierre depuis très longtemps et qu’ils vivent comme vous et moi, ce ne sont pas des sauvages fantasmés par des pseudos explorateurs écolos bobos…
De notre côté, nous pensons que pour les aider il faut mettre en valeur leurs savoir-faire, leurs cultures, leurs traditions, les anciennes générations qui représentent le passé et les jeunes générations qui représentent l’avenir et également les problèmes qu’ils rencontrent au quotidien.
Ils ne doivent pas être les oubliés de la nation française, mais ils doivent être mis en lumière.
Alors à notre petit niveau, nous essayerons de mettre la forêt Guyanaise en valeur dans son ensemble comme nous le pouvons, mais tout en restant à notre place car nous sommes que de simples touristes de passage en terre Guyanaise.

Quels moyens logistiques utiliserez-vous dans la jungle de la Guyane Française : transports, techniques, alimentaires... ?
Pour la partie fluviale, nous allons utiliser un canoë gonflable de chez Gumotex.
Concernant la nourriture, nous allons préparer nous-même nos rations et tout conditionner sous vide pour avoir quelque chose d’étanche et avec un volume minimum.
Nous allons prendre un GPS par personne, ce qui permet d’avoir un GPS en backup et si nous sommes séparés pour x ou y raisons, cela nous permet d’avoir un GPS chacun avec exactement la même cartographie et les même waypoints. Sans oublier la base, boussole et cartes IGN.
Nous allons être équipé d’un téléphone satellite pour donner des nouvelles de temps en temps à notre famille durant l’expédition et cela permet également d’avoir un outil de communication au cas où nous devons appeler notre ami Charles qui est notre médecin H24, 7 jours sur 7.

Quels sont vos sports préférés et ceux que vous pratiquez ?
A nous deux, nous pratiquons certains sports de combat, le VTT, le canoë, la randonnée, l’escalade et la musculation.

Comment vous préparez-vous physiquement à cette aventure ?
Nous alternons entre séances de musculation, cardio et étirement.
A cela nous ajoutons des séances de marche avec sac à dos ou avec charriot de trek. Dès que notre planning le permet, nous faisons du canoë/bivouac pour travailler en binôme.
Voilà notre routine « sportive », rien d’extraordinaire, mais juste régulière.

Quand et pour combien de temps partirez-vous en Amazonie ?
Cette expédition été prévue pour septembre 2020, mais étant donné la crise sanitaire que traverse actuellement la Guyane liée au coronavirus, nous sommes obligés de la reporter à l’année prochaine.
Evidemment, après plus d’un an de préparation, nous avons eu du mal à digérer cette décision. Pour nous réconforter, nous nous disons que nous serons encore mieux préparés pour l’année prochaine !
La durée de l’expédition en elle-même du point A au point B est d’environ une quarantaine de jours. A cela il faut ajouter un séjour d’environ 7 jours dans un village Amérindien Wayana ou nous avons été invités.

Pourra-on suivre vos aventures sur internet ?
Normalement oui, si les conditions satellites sont optimales.
Nous avons un GPS qui permet de suivre notre parcours « step by step » pratiquement en direct. Celui-ci est étalonné pour donner notre position selon un lapse de temps que nous avons défini (toutes les heures par exemple).
C’est-à-dire que si notre position ne bouge pas durant 2 jours, il va falloir se poser des questions… lol.

Est-ce que l'expédition sur Le chemin des Emerillons sera également l'occasion de faire découvrir la faune et de la flore amazonienne à votre public ?
Tout à fait, nous voulons faire découvrir au grand public la richesse de la forêt Amazonienne Guyanaise à l’aide de photos et vidéos qui seront disponibles sur notre site internet et autres réseaux sociaux.

Comment voyez-vous la place des tribus amérindiennes en Amérique du sud et sur le plan international ? Ne sont-elles pas trop oubliées ?
C’est un sujet important que je ne peux pas résumer en quelques lignes dans cette interview.
Mais effectivement les peuples autochtones de Guyane Française sont trop souvent oubliés. Ils possèdent une culture et un savoir-faire extraordinaire et c’est malheureux de voir qu’ils ne sont pas plus mis en lumière car ils sont les gardiens des « Grands Bois ».
Sans oublier les problèmes qu’ils subissent au quotidien avec la déforestation, l’orpaillage illégale, le braconnage, etc…

La forêt amazonienne est également dévastée de ses ressources. Quel est votre regard sur ces déforestations et peut-on réellement faire quelque chose pour l’empêcher ?
Autre sujet très délicat et très vaste…
Evidemment que nous pouvons faire quelque chose, il faut juste se donner les moyens et arrêter de faire les grands donneurs de leçons et moralisateurs et passer à l’action avec le niveau d’investissement personnel de chacun.
Il existe plusieurs ONG qui essayent de faire au mieux et j’en profite pour en citer quelques-unes parmi tant d’autres qui font un super job: « Planète Amazone », « Survival International » et « Sea Shepherd ».
Je résumerai cette réponse en citant 2 personnes :
« Nous respirons tous un seul air,
Nous buvons tous une seule eau,
Nous vivons tous sur une seule terre,
Nous devons tous la protéger
»
Raoni Metuktiré, l’un des grands chefs du peuple Kayapo
« Quand le dernier arbre sera abattu,
La dernière rivière empoisonnée,
Le dernier poisson capturé,
Alors le visage pâle s’apercevra que l’argent ne se mange pas
»
Sitting Bull, chef de tribu Sioux
En exploitant toujours plus les ressources naturelles de la forêt Amazonienne (idem pour d’autres lieux géographiques sur Terre), nous exterminons à « petit feu » la faune, la flore, les peuples autochtones et en définitive nous-même…

Pourquoi rendrez-vous hommage à Edgar et Raymond Maufrais ?
Nous profitons de cette expédition pour rendre un hommage à Edgar et Raymond Maufrais car sur notre parcours nous allons passer sur le lieu (Degrad Claude) où certains équipements de Raymond Maufrais ont été découverts après sa disparition.
Nous allons déposer une plaque commémorative avec le soutien de « l’Association des Amis d’Edgar et Raymond Maufrais » sur les lieux en mémoire à ces 2 grands aventuriers, père et fils.

Je crois que vous espérez également faire un documentaire et des expositions au sujet des tribus amérindiennes. Souhaitez-vous nous en parler ?
Effectivement, nous allons faire un maximum de vidéos et prendre un maximum de photos pour ensuite les partager sur notre site internet et autres réseaux sociaux.
L’objectif est de partager avec le grand public l’importance de la conservation de la forêt Amazonienne Guyanaise dans son ensemble. C’est à dire, le respect de la faune, de la flore et des peuples autochtones.
Si nous en avons l’occasion et la possibilité, nous essayerons de faire un documentaire et quelques expositions éphémères en présentant des photos, vidéos et certains équipements qui nous aurons accompagné.

Qu'espérez-vous vivre personnellement à travers cette expédition dans la forêt Guyanaise ?
C’est avant tout l’histoire de 2 potes qui aiment la nature en général, la faune, la flore, les peuples autochtones, l’Amazonie, la Guyane, le sport et qui se sont lancés comme défit de traverser la Guyane Française d’Ouest en Est en autonomie complète et sans moyen de locomotion motorisé.
Un des paramètres difficiles dans ce type d’aventure, c’est la durée (environ 50 jours), mais cela a également certains avantages. Nous allons pouvoir prendre le temps de revenir à l’essentiel et de partager une aventure humaine.
Evidement cela ne va pas toujours être facile, mais c’est comme ça dans la vraie vie.

Comment vos proches ont accueilli votre expédition en Amazonie ?
De mon côté, je fais des treks en Guyane depuis 2009, alors mes proches ont une certaine habitude de la chose.
Mais il est vrai que cette expédition va durer un certain temps, alors ils ont quelques craintes, ce qui est normal et je les comprends tout à fait.
Personnellement, je préfère être celui qui part que celui qui reste. C’est le côté paradoxal de ce type d’aventure qui a pour but de partager un maximum de choses avec le public à ton retour tout en étant obligé de laisser tes proches égoïstement pour assouvir tes passions et les causes qui te semblent importantes à tes yeux.

L'expédition est parrainée par Mike Horn. Comment avez-vous échanger avec lui sur l'expédition et comment accueille-il votre projet ?
Nous avons eu la chance de rencontrer Mike Horn en 2019 lors d’une conférence.
Lors de cette rencontre, nous lui avons raconté notre futur projet dans les grandes lignes et lui avons demandé s’il voulait devenir le parrain de notre expédition.
Ça réponse fut immédiate et pour ne rien vous cacher nous avons été très surpris qu’il nous réponde positivement aussi rapidement.
C’est une personne très sympa (comme sur ses vidéos Youtube) qui partage énormément son expérience et il communique une certaine « positive attitude ».
Nous en profitons ici pour lui dire merci, car ce jour-là il a fait 2 heureux.
J’en profite également pour remercier Jessica (qui est une de ses 2 filles) avec qui je suis en contact par mail pour lui transmettre régulièrement l’avancée de la préparation de notre expédition.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Tout d’abord merci à vous pour cette interview, merci aux personnes qui nous suivent sur le net, aux différents contributeurs, merci à nos sponsors et à nos partenaires qui nous font confiance pour cette aventure.
Nous espérons sincèrement qu’à notre niveau, nous contribuerons à la préservation de la forêt Guyanaise et des communautés autochtones qui la compose, à cet écosystème qui est essentiel à notre planète et à la survie des hommes.

Merci pour cet échange !
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Projet expédition Emerillons

Expédition

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