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10 ans de Variances

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  • Le mardi, 22 septembre 2020 à 16:07
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  • Dans Spectacles

Créé il y a dix ans par le compositeur et pianiste Thierry Pécou, l’Ensemble Variances noue des dialogues riches et fructueux avec des cultures de tradition orale de tous horizons. Ses vœux, imprégnés du vaste « Tout-monde » du poète martiniquais Édouard Glissant : associer musiques traditionnelles et écriture occidentale dans une démarche de création plus que de restitution, et proposer des formes de concert immersives dépassant la seule expérience esthétique.
10 ans ensemble Variances

Être musicien de l’Ensemble Variances n’est pas anodin : il faut avoir une certaine ouverture d’esprit, manifester une vraie adhésion au projet, assumer un goût pour l’inconnu, la rencontre, le risque et l’écoute du monde. Mais le bonheur est à la hauteur de l’engagement : des projets atypiques dont chacun est moteur, des échanges généreux et inédits avec des musiciens de tous horizons et de toute culture, une satisfaction profonde de créateur.

« Nous nous sommes choisis, raconte Thierry Pécou, co-fondateur de l’ensemble en 2010 avec le clarinettiste Carjez Gerretsen, la flûtiste Anne Cartel, le violoncelliste David Louwerse et le saxophoniste Nicolas Prost. Variances rapproche, autour d’un noyau de fidèles de la première heure, des musiciens très différents, à la fois de parcours et de personnalités, qui font beaucoup de choses par ailleurs mais restent très attachés à l’ensemble. Celui-ci leur offre une fenêtre et un espace de liberté différents d’ailleurs. »

10 ans de dialogue

« L’imagination est fondamentale pour que la musique reste vivante »

Issu du Conservatoire de Paris (CNSMD), le compositeur Thierry Pécou s’est rapidement frayé une voie singulière dans le paysage musical, en marge de toute école, en allant à la rencontre de cultures éloignées dans l’espace et dans le temps. Dans ses compositions et/ou avec l’Ensemble Variances dont il est fondateur, il invite à retrouver la dimension du rite et la sensation du corps au cœur de la musique.

Entretien avec Thierry Pécou

Vous êtes pianiste et compositeur. Qu’est-ce qui vous a conduit à créer votre propre ensemble en 2010 ?
J’ai toujours ressenti le besoin d’être un compositeur en prise avec l’interprétation et la musique vivante. J’ai donc toujours voulu jouer et composer, et assez tôt j’ai voulu fonder une famille de musiciens autour de moi pour créer des projets spécifiques. Après une première expérience durant une dizaine d’années, j’ai fondé Variances, dans ma région d’origine, la Martinique, dans le but de réfléchir à la relation que nous entretenons avec les musiques du monde et à la manière dont ces traditions peuvent continuer à se développer. L’idée de dialogue avec d’autres formes de musiques est à la source de la création de l’ensemble.
L’aventure martiniquaise a duré un an, avec le très beau projet Haute Nécessité, puis nous sommes revenus en métropole nous implanter en Normandie. L’ensemble suit principalement trois directions : intégrer des musiciens de toute culture et dialoguer sur scène avec eux, concevoir des programmes avec des compositeurs sensibles à cette conception de la musique et intégrant aussi les réflexes corporels, enfin collaborer avec d’autres ensembles.

Où en êtes-vous aujourd’hui, dix ans plus tard ?
Nous sommes restés relativement fidèles à notre ligne directrice d’origine, à notre volonté de lien avec les musiques traditionnelles. Nous sommes simplement aujourd’hui plus expérimentés dans les relations avec les musiciens traditionnels. Pour Sangâta, par exemple, conçu avec des musiciens indiens, j’ai trouvé, en tant que compositeur, des stratégies permettant de faire dialoguer à un niveau égal les différentes cultures. Ce qui a surtout évolué en une décennie est la dimension de nos projets : nous initions et réalisons des projets légers mais aussi de grosses productions – l’opéra de chambre Nahasdzáán par exemple. Nous n’aurions peut-être pas pu réaliser ce type de projets, très fédérateurs et qui nous exposent davantage, à nos débuts.

D’où vient le nom de Variances ?
J’ai emprunté ce mot au poète martiniquais Édouard Glissant, qui a beaucoup inspiré ma démarche et reste fondamental pour l’ensemble. À mes débuts, ma manière de penser la musique et la création était dictée par une certaine spontanéité, une sorte de nécessité intérieure. À la lecture de Glissant, j’ai vu qu’il mettait des mots sur que je ressentais, il m’a aidé à me comprendre. À partir de là, j’ai puisé dans sa poésie et dans ses essais.

A venir..

Création / BACHC®AB

Avec son nouveau projet BACH®AB, programmé le 14 octobre prochain à Anvers, l’Ensemble Variances, rejoint par l’ensemble belge Zefiro Torna, propose un dialogue dans le temps entre musique ancienne et musique d’aujourd’hui tout en brouillant les repères de chronologie et de timbres.

 

NAHASDZÁÁN ou Le Monde scintillant

Commandé par l’Opéra de Rouen, Nahasdzáán ou Le Monde scintillant est un oratorio de chambre pour un ensemble instrumental et quatre chanteurs inspiré par la culture Indiens navajos, dont la tournée a débuté en 2019. Sur scène, deux danseuses et différents animaux – des chouettes, un vautour, un aigle et un loup ! – accompagnent cet opéra écologique dont le titre signifie
« Terre » en langue navajo.
Comme un cri du cœur, Nahasdzáán ou Le Monde scintillant attire l’attention sur la médecine navajo comme façon de penser le monde et comme éthique humaine, intimement liée au respect que l’on se doit porter à l’environnement.

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