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Louis de Funès s'expose à la Cinémathèque

Véritable homme-orchestre, de Funèsétait mime, bruiteur, danseur, chanteur, pianiste, chorégraphe, en somme un créateur, un auteur à part entière. À travers plus de 300 œuvres, peintures, dessins et maquettes, documents, sculptures, costumes et, bien sûr, extraits de films (La Folie des grandeurs, Les Aventures deRabbi Jacob, La Grande Vadrouille, L’Aile ou la cuisse, la série des Gendarme...), l’exposition dévoile ainsi la diversité de son talent comique.

Exposition Louis de Funès - cinémathèque

Exposition Louis de Funès
Cinémathèque de Paris
15 /07/2020 - 31/05/2021

a Cinémathèque française consacre pour la première fois une grande exposition à un acteur, un petit bonhomme né de parents espagnols devenu le plus populaire des comiques français.Né Louis, Germain, David de Funès de Galarza, le 31 juillet 1914 à Courbevoie, Louis de Funès est mort le 27 janvier 1983 à Nantes, a soixante-huit ans. Dans la seconde moitié du XXème siècle, il va imposer progressivement son rythme à des films dont il finit par prendre possession, pour devenir l’auteur compositeur de personnages à sa démesure.

Passionné de jazz, admirateur d’Erroll Garner et du virtuose Oscar Peterson, Louis de Funès gagne péniblement sa vie pendant la guerre comme pianiste de bar. Devenu acteur, le jazzman propose des variations sur le même thème et améliore sa partition de film en film. Son point d’orgue est un point d’exclamation. Combien de fois explose-t-il : « Foutez-moi l’camp ! », « Paf ! », « Ma biche ! », « C’est pas possible ?! », « C’est fini, oui ?! »...

Numéro 1 à 50 ans

Daniel Gélinlui donne sa chance, Sacha Guitrysa confiance et Claude Autant-Lara l’enferme face à Gabin et Bourvil dans la cave de La Traversée de Paris. De Ah ! Les belles bacchantes ! au Petit Baigneur, de Funès partage la fantaisie délirante des Branquignols de Colette Brossetet Robert Dhéry. Ni vu ni connu, pour reprendre le titre d’Yves Robert, un de ses premiers films en vedette, il grimpe en haut de l’affiche. Après une centaine d’apparitions, quelques succès en noir et blanc et beaucoup de travail, son génie burlesque éclate en couleurs alors qu’il atteint la cinquantaine : Jean Girault lui offre un uniforme de gendarme millionnaire, Gérard Oury, ses plus beaux films dont La Grande vadrouille, comédie de la réconciliation nationale qui va triompher dans le monde entier.

Une histoire alternative à la France

Sa filmographie se confond avec notre histoire, des années noires de l’Occupation au Technicolor des Trente Glorieuses. Il est la juste incarnation des personnages les plus injustes. Ses rôles décrivent sa vie, l’ascension d’un sans-grade : du petit chef au chef d’orchestre, du sous-officier au capitaine d’industrie, des privations aux dérèglements de la société de consommation.Si Louis de Funès incarne la France d’après-guerre, celle du gaullisme et du pompidolisme, c’est pour mieux moquer le théâtre de la hiérarchie sociale, ses cérémonies officielles, ses hochets et toutes les farces du pouvoir. Et s’il parle parfois une langue imaginaire,elle est universelle. Il est tellement populaire en Allemagne qu’on l’y rebaptise « Balduin », ou tout simplement « Louis».Ses personnages de tyrans domestiques échappent naïvement à la censure. En Pologne, en Russie et dans les pays du bloc soviétique,dans l’Espagne du général Franco ou la Grèce des colonels, il fait figure d’exutoire,comme si ses films permettaient de résister joyeusement à la tyrannie.Impossible d’en vouloir à ses personnages d’être menteurs, roublards, ronchons, grognards, grognons, veules, voleurs, égoïstes, colériques, racistes, paranos, bilieux, chauvins, méprisants, obséquieux... Ils souffrent et nous rassurent : de Funès, c’est nous en pire.

Un tempo intemporel

Son art est unique, il ne joue pas la même musique que les comédiens de l’époque. Il ne prend pas son temps, il l’accélère, lui donne le tournis, le contre et le tord (de rire). Celui qui se voyait avant tout en acteur de théâtre joue avec le spectateur de cinéma comme il le faisait sur scène. Il étire ses traits comme un élastique. Son jeu est surnaturel. Son diapason, toujours au bord de la syncope, emballe sa machine et son public. Il est pile électrique et face atomique.Sa démarche saccadée héritée de ses héros du muet défile à la vitesse du son. Il mime, danse et bondit. D’abord le geste, puis la parole. Il est un accélérateur de particules, et c’est sans doute ce tempo endiablé qui rend son jeu intemporel. Comme le disait Orson Welles, un film repose sur le rythme, « un film est tellement plus proche de la musique que de la dramaturgie ».
L’angoisse de la chute grandit avec le succès. Craint-il de finir comme Buster Keatonou ses chers Laurelet Hardy ? Pourtant, contrairement à d’autres vedettes comiques, comme Fernandel, Darry Cowlou Fernand Raynaud, il en est à la cinquième génération d’aficionados. Et ce n’est pas fini.

Contemporain de Donald Duck et d'oncle Picsou

Tout au long d’une vie trop courte, il perfectionne ses émotions, ses gueules, ses « expressions », qu’il préfère au mot « grimaces ». Contemporain de Donald Ducket d’Oncle Picsou, il possède une élasticité et une dynamique survitaminée qui font de lui un personnage de dessin animé aux yeux des plus petits. Dans Oscar, sa « tirade du nez » le pose en précurseur de Jim Carrey. Il faut regarder ses films image par image pour appréhender la vitesse de son jeu.
Ce pionnier de l’écologie, amoureux de la flore (une, rose porte son nom), trouve son inspiration dans l’animal. De Funès est un zoo à lui tout seul : Blaireau dans Ni vu ni connu, Le boeuf dans Ah! Les belles bacchantes, Charolais dans Carambolages et bien sûr, Pivert dans Les Aventures de Rabbi Jacob. Il orchestre une vaste ménagerie : le cochon de la rue Poliveau, dans La Traversée de Paris, le perroquet de La Folie des grandeurs, le poulailler du commissariat de La Belle Américaine ; il est aussi loup et agneau dans L’Homme orchestre, mouton dans Le Gendarme en balade, paon dans L’Avare...
Près de quarante ans après sa mort, il n’a jamais été aussi présent. Concertiste déconcertant, ses symphonies siphonnées n’ont jamais cessé de nous accompagner ; elles appartiennent à notre patrimoine. Boudés par la critique, ses succès continuent pourtant à faire rire les enfants de tous âges. Louis de Funès est un Trésor national.

Exposition

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