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Espace des possibles – Ordre et désordre de la nature au MUCEM

Maxime Lopes Par Le lundi, 03 janvier 2022 à 11:33 0

Dans Loisirs

De janvier à mars 2022, le Mucem ouvre sa scène aux artistes et se métamorphose en « Espace des possibles ». Ce programme de créations souhaite explorer les nouveaux mondes et les nouveaux imaginaires qui pourraient s’ouvrir à nous après la crise sanitaire : à travers spectacles, performances, installation, et formes inclassables, il s’agit de proposer autant d’espaces mentaux à partir desquels chacune et chacun pourra penser, rêver, imaginer un autre possible.

ChoiXre (crédit Wilder Alison)

crédit visuel : Wilder Alison

Samedi 15 janvier à 17h (durée : 50 min), auditorium : Carbonero – Conte électro

De Sylvie Paz et Nicolas Cante
Performance en français et en espagnol

L’artiste Sylvie Paz et l’électro-acousticien Nicolas Cante créent ensemble un Conte électro, rejoints dans cette aventure par le musicien Lucas Aniorte. Entre performance musicale et création sonore, les artistes bâtissent ensemble ce Conte né de leurs souvenirs et de leur imagination. Accompagné des dessins de Catherine Burki projetés en direct, le spectacle évoque la complicité entre Sylvie Paz et son grand-père espagnol, républicain, exilé politique, féru d’écriture surréaliste. Unis autour du monde des rêves, ils en débattaient en famille au petit-déjeuner.
 
Le récit onirique des deux personnages principaux – la petite fille Amapola et son grand-père Mariano – nous mène dans un paysage de déserts de Castille et de châteaux en Espagne. D’autres personnages incarnent les forces du mal, dont le mystérieux Carbonero et son associé El Pintor.

Comment réinventer le monde ? Monde refuge, paysage sonore, villes imaginaires ou réinventées : les souvenirs réels ou imaginés ne constituent-ils pas un merveilleux support à la créativité, à l’envol de l’imaginaire ?

Chanteuse, auteure et compositrice, Sylvie Paz puise son inspiration dans ses origines andalouses et méditerranéennes et forge sa voix au regard des traditions de ces territoires. Chanteuse, elle écrit et interprète des chansons et des textes pour elle-même et pour d’autres (Barrio Chino, Radio Babel Marseille, Diwan de Mona/Putumayo, duo Zoppa avec Kalliroi Raouzeou, BO documentaires avec Hakim Hamadouche). Elle a co-composé et co-créé le groupe jazz-flamenco La Ultima. Elle s’associe à la pianiste contemporaine Nathalie Negro (Piano & co) pour produire le Banquet des Sources avec Bruno Allary. Elle est membre de la Cie Rassegna. Elle s’intéresse à la création sonore et à la question du récit de soi en podcast (Le fil de soi). Elle joue dans le quintet vocal Les Dames de la Joliette. Elle a écrit divers articles pour des revues liées à la Méditerranée (Méditerranée Magazine) et a publié en 2001 un polar, Méfi (Éditions Écailler du Sud). Elle a réalisé en 2018, 2019 et 2020 trois ouvrages illustrés de berceuses (Auberceuses, édités par le Festival Villes des musiques du monde). Elle est artiste associée à la région des Hauts-de-France (projet CLEA de fin janvier à juin 2022). Elle collabore avec l’écrivain Faïza Guène sur la mise en musique du livre La Discrétion (Édimbourg 2022 / Oran 2022 / Oh les beaux jours 2023).

Pianiste et musicien électronique, Nicolas Cante est diplômé du Conservatoire d’Aix-en-Provence en jazz en 2001, et diplômé d’État en musiques actuelles amplifiées en 2004. Ses expérimentations musicales l’emmènent dans les sphères du jazz, de la pop, de la musique improvisée ou de la musique électronique. Depuis 2009 il sort plusieurs albums et joue en live ses divers projets sous le nom de Mekanik Kantatik ou Improvisium. Il développe aussi de nombreuses collaborations artistiques dans les domaines de la danse, du théâtre de rue, du ciné-concert ou d’autres pratiques contemporaines.

Distribution
Sylvie Paz : chant, écriture du conte et composition
Nicolas Cante : voix, claviers, programmation, arrangements et composition  
Lucas Aniorte : guitare, basse, voix, composition
Catherine Burki : dessins originaux
Christine Richier : création lumière
Jérôme Bouvène : ingénieur du son
Ysis Delisle : régie plateau
Solea Garcia-Fons : voix de la sorcière enregistrée
Christophe Blache : décor Castelet tv
Florence Ferin : conseil Conte
Denia Aniorte-Paz et Yvette Mechkak : mise en couleur des dessins et marionnettes
Denia Aniorte : Carte du pays des songes

Le bal est interprété par Akram Manry et les demoiselles de Lou Cantou, Celine, Fakria, Elsa.

Merci à Valentin, Audrey Lotta et Studio Sun Lab Records (Sebastien Castan/enregistrement)

Avec le soutien de la Maison du chant et L’éolienne/MCE/ Le Cri du Port et et Le Petit Duc (résidences d’écriture et scénique)

Samedi 22 janvier à 16h, auditorium, entrée libre : Un monde des possibles ?

Conçu et modéré par Nicolas Feodoroff

Un monde de possibles… mais quel monde possible ? Mutations climatiques, crises sociales, nouveau rapport à l’environnement… Les chantiers ne manquent pas. Que faire, comment faire ? Et peut-être et surtout, par où commencer ? Loin de proposer des réponses, ce programme associant films (expérimentaux, d’artistes, essais), performance et table ronde se situe au croisement des savoirs et des approches afin de poser des espaces de possibles et non d’hypothétiques solutions. Des espaces de possibles où art, questions politiques et questions environnementales entrent en résonance afin de penser et inventer d’autres façons de faire des mondes comme d’habiter le monde.

Samedi 29 janvier à 19h - ChoiXre

Wilder Alison : installation, voix
Monroe Street : composition, guitare
Performance en anglais (traduite en français)

L’artiste Wilder Alison présente une performance multimédia intégrant une installation de peinture déconstruite imaginée lors d’un séjour inattendu d’un an à Marseille durant la crise sanitaire.

Cette installation activera la performance sonore de N0 ST0NES, projet musical expérimental réalisé par Alison en collaboration avec le compositeur-psychanalyste Monroe Street Schostal. En tant que peintre, Wilder Alison matérialise les signifiants queer qui se cachent dans notre environnement quotidien – objets et textes trouvés, textiles réutilisés, etc. Monroe Street Schostal est un musicien et psychanalyste lacanien dont le travail clinique et sonore explore la notion freudienne du rêve et d’autres phénomènes psychiques en tant que « textes » construits par l’appétence de l’esprit pour les jeux de mots homophoniques.

Sur le plan sonore, le projet est hanté par Cocteau Twins, My Bloody Valentine, Big Black, etc. Mais malgré ces emprunts au post-punk, le cœur du projet réside dans ses expérimentations textuelles, qui tentent de traduire en sons le « bruit » psychique silencieux de la sexualité et de l’inconscient (rêves, répétitions imprévues, lapsus, etc.). On y entendra le bruit queer de l’inconscient, comme une musique à travers laquelle la question du sexe et de la perte, au cœur de la lignée queer, pourra continuer à être réentendue.

Samedi 19 février à 19h, auditorium : Azadi

Shadi Fathi : setâr, daf, direction artistique
Valerio Daniele : guitare baryton électrique, électronique, arrangements, direction musicale
Ninfa Giannuzzi : chant en langue griko, ukulélé
Egidio Marullo : création visuelle, aquarelle

Autobiographie sonore de la virtuose du setâr Shadi Fathi, Azadi est né du coup de foudre de cette musicienne iranienne pour le Salento, la région la plus orientale de la péninsule italienne. Dans ce recoin des Pouilles âpre mais baigné par les eaux de la Méditerranée, une poignée d’anciens parle encore une langue séculaire, le griko, mélange de grec et de dialecte salentino. Dans cet idiome difficilement sauvegardé, Shadi Fathi voit l’écho de sa résilience, de sa survie à la guerre et de son propre destin.

L’idée de cette création lui vient lors d’un concert dans le Salento, lorsqu’elle entend le guitariste et électro-acousticien italien Valerio Daniele effectuer ses réglages. Immédiatement familière, l’ambiance sonore de la performance expérimentale la renvoie à son enfance à Téhéran, lorsque déferlaient sur la ville les bombes irakiennes auxquelles elle n’avait à opposer que le frêle bruissement de son setâr. « Comme une évidence, raconte-t-elle, j’ai conçu le projet que serait Azadi : un entremêlement de musique classique persane, d’électronique, de chant et poésie en griko, dans un éloge de la survie. »

Pour cette création, quatre artistes se partagent la scène : Shadi Fathi, au setâr (luth) et au daf (percussion), Valerio Daniele (guitare électrique baryton et musique électronique), Ninfa Giannuzzi (chant en griko) et l’aquarelliste Egidio Marullo, qui colorise le concert en direct de ses abstractions peintes.

Dans ce spectacle où l’eau symbolise la vie, les mélodies graciles du setâr se mêlent à la guerre et l’effroi des conflits se convertit en fête de joie. Cet « espace de possibles » ouvre des horizons de création, de vie et de survie où la soliste déclame sa propre utopie, fidèle à la maxime qui guide son cheminement intime : l’art sauve la vie. Un authentique manifeste pour Azadi, qui, en persan, signifie « liberté́ ».

Une création de la Compagnie Persiana. En coproduction avec le pôle des musiques du monde de la Cité de la musique de Marseille et le Mucem avec le soutien du ministère de la Culture - DRAC PACA dans le cadre du Plan de relance, et la Région PACA.

Shadi Fathi, discipline du grand maître Ostad Dariush Talaï, a été formée au setâr dès l’âge de 7 ans à Téhéran. Maîtrisant aussi d’autres instruments traditionnels comme le târ, le zarb, le shourangiz ou le daf, dans la lignée de la confrérie Ghâderiyeh du Kurdistan iranien, Shadi Fathi perpétue l’héritage séculaire de la musique classique persane par son expérience de concertiste au long cours et par un lumineux sens de l’improvisation. Installée en France depuis 2002, elle confronte depuis des années sa musicalité fleurie aux esthétiques européennes et méditerranéennes, multipliant les collaborations sur disques et sur scène tout en nourrissant son inspiration dans la transcendance des disciplines artistiques.

Guitariste et compositeur, producteur et ingénieur du son, Valerio Daniele travaille dans le champ indéfinissable des mutations musicales. Producteur des plus importants projets de rénovation de la musique traditionnelle du Salento, il est aussi impliqué dans des projets hybrides entre jazz, rock, électronique, musique improvisée et traditionnelle. Il dirige depuis vingt ans le studio d’enregistrement Chora Studi Musicali, l’un des lieux majeurs de la scène musicale des Pouilles.

Chanteuse, musicienne et auteure, Ninfa Giannuzzi se produit avec l’orchestre de La Notte della Taranta depuis l’an 2000. Avec sa force d’interprétation et son timbre unique, Ninfa chante en griko et explore la voix populaire des cultures du monde. Elle a collaboré ces dernières années avec Piero Milesi, Vittorio Cosma, Stewart Copeland, Noa et bien d’autres artistes italiens et internationaux.

Peintre et musicien, Egidio Marullo s’intéresse à l’interaction entre les différents langages artistiques. Artiste de référence pour le label Lizard Records à Trévise depuis plus de vingt ans, il est aussi professeur d’art et d’image et d’histoire de l’art ainsi que formateur des écoles numériques de la région des Pouilles dans le domaine artistique.

Samedi 5 mars 2022 à 19h : Blindspot

Lara Tabet : Conception et direction artistique
Création vidéo : Randa Mirza
Création musicale : Aya Metwalli

Une femme hante les interstices du musée. Les caméras de surveillance captent sa présence. Mi-gardienne, mi-fugitive, elle semble communiquer avec un monde invisible, microscopique, insoupçonné.

Cette performance audiovisuelle s’articule autour de l’omniprésence de l’image technologique qui guette le ciel, qui sonde les corps, et qui régit les mondes humains et non humains. Les pièges photographiques traquant les espèces menacées et les nouvelles imageries médicales se mêlent aux enregistrements des dispositifs de surveillance du Mucem, télétransmis et mixés en direct. Une succession de tableaux, fragments cosmiques anthropocènes et pathocènes, sont accompagnés d’une création musicale reprenant les échos du monde industriel, scientifique et animal, afin de créer des paysages sonores étranges et déroutants.

Lara Tabet (née en 1983 à Achkout, Liban) est médecin biologiste, chercheuse et artiste visuelle. Sa pratique artistique est empreinte de sa formation en pathologie et examine les liens entre l’image scientifique et l’image onirique et populaire. Elle a reçu de nombreux prix et a été exposée dans le monde arabe, aux États-Unis et en Europe. Elle a enseigné la photographie à l’université américaine de Beyrouth. Elle vit actuellement entre Beyrouth et Marseille.

Randa Mirza (née en 1978 à Beyrouth, Liban) est artiste visuelle et travaille principalement la photographie et la vidéo. Elle crée des performances vidéo en temps réel et réalise des dispositifs optiques pour questionner le point de vue du regard. Mirza manipule et construit les images pour révéler les discours inhérents à toute représentation, à la frontière ténue entre fiction et réalité. Mirza a reçu de nombreux prix pour son travail, dont le prix No Limit aux Rencontres photographiques d’Arles (2006) et le prix de la photographie Maison Blanche (2013). Elle vit actuellement entre Beyrouth et Marseille.

Aya Metwalli (née en1988) est une chanteuse et compositrice égyptienne, actuellement basée à Beyrouth. Elle a étudié la production musicale au Caire où elle s’est nourrie d’un vaste répertoire de chansons arabes et de mélodies classiques. Elle utilise des synthétiseurs analogiques pour produire des textures graves et des sonorités étranges. Son chant est influencé par la pop arabe et les mélodies orientales classiques. Elle utilise des drones lourds et des tambours machines pour créer un corps sonore industriel déformé.

Lilia Mestre est une artiste performeuse et chercheuse basée à Bruxelles, travaillant principalement en collaboration avec d’autres artistes. Elle s’intéresse à la pratique artistique en tant qu’outil de médiation entre plusieurs domaines d’existence sémiotique. En tant qu’artiste, curatrice, dramaturge et professeure, elle travaille avec des assemblages, des partitions et des montages inter-subjectifs. En tant que chercheuse, elle s’intéresse aux formes de sociabilité proposées par la pratique artistique. Depuis 2008, elle est animatrice d’ateliers et curatrice associée au programme de troisième cycle a.pass à Bruxelles, où elle développe une recherche sur les partitions en tant qu’outil pédagogique intitulée ScoreScapes.

Musée

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