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Yehides et Obstinario d’Olivier Korber avec l’orchestre Colonne

Maxime Lopes Par Le mardi, 17 mai 2022 à 17:32 0

Dans Culturel

Pianiste inspiré qui a notamment gravé en 2017 un disque Chopin remarqué, Olivier Korber revient depuis quelques années à sa vocation initiale : la composition.
Comme compositeur, c’est un perfectionniste, qui n’hésite pas à remettre sur le métier ses œuvres, toujours à la recherche de plus de clarté, de précision, et surtout d’émotion.
Après la création de son premier Quatuor à cordes en février à la salle Cortot par le quatuor Akilone, c’est à la salle Wagram que seront créées deux de ses compositions : Yehides et Obstinario, le dimanche 22 mai avec l’orchestre Colonne sous la direction de Marc Korovitch.

Comment a débuté cette collaboration avec l’orchestre Colonne ?

C’est un peu rocambolesque : au printemps 2019, un ami m’a appelé en catastrophe pour savoir si je pouvais remplacer au pied levé un pianiste dans le premier quatuor de Fauré. J’ai tout appris en deux jours et le concert s’est très bien passé.
Dans le quatuor jouait notamment Pierre Hamel, violon solo de l’orchestre Colonne, avec qui j’ai sympathisé. Je lui ai envoyé Yehides que j’avais fini d’orchestrer quelques mois plus tôt. Ça lui a beaucoup plu, mais il m’a demandé si j’avais aussi une pièce rapide, pour pouvoir la coupler avec cette pièce lente. J’ai dit oui ! Je n’avais rien d’écrit mais j’avais déjà en tête ce qui allait devenir l’autre œuvre du programme : Obstinario.

Parlez-nous de Yehides ?

Pour Yehides, c’est une création à la fois spontanée et étalée dans le temps. Le thème plaintif qui parcourt la pièce, je l’ai trouvé quand j’avais 17 ans. Quand je me suis remis à composer, après une bonne dizaine d’années d’interruption, j’ai retrouvé ces esquisses dans mes archives, à un moment très difficile pour moi. Et en un week-end, j’en ai tiré une pièce pour piano, Yehides, qui signifie “solitude” en yiddish.
Pour moi, c’est une musique d’une insondable tristesse. J’ai voulu exprimer un enfermement intérieur, pas tellement sous la forme d’une oppression, mais plutôt d’une désolation.
 
Je voulais aussi qu’on sente la complaisance qu’on peut avoir pour cet état de déliquescence, l’abandon à cette boucle qui tourne sur elle-même à l’intérieur de soi.
Après avoir joué plusieurs fois cette pièce en récital, j’en ai écrit une première version pour orchestre, avant de la réorchestrer fin 2021 pour plus d’efficacité, de contrastes, et pour traduire au plus près ses ambiguïtés.

Comment est né Obstinario ?

En 2019 je travaillais sur le projet d’un très grand quatuor à cordes (très grand par la durée avant tout !), mais qui ne verra probablement jamais le jour. J’ai envoyé le scherzo de ce quatuor à Pierre Hamel pour qu’il se fasse une idée et il a trouvé la musique très excitante. J’ai profité du premier confinement pour en faire une première orchestration, quasi littérale, mais à la suite de l’écriture de mon premier vrai quatuor, mon langage harmonique s’est précisé, ma technique de composition s’est redéfinie esthétiquement, techniquement et psychologiquement.
Les idées initiales du scherzo me plaisaient toujours mais j’avais évolué sur tellement de choses que j’ai été obligé de tout réécrire : c’est ainsi qu’est né Obstinario. C’est un portrait de l’idée de volonté, de l’obstination, une sorte de course-poursuite où chaque répit n’est que l’occasion de mieux revenir à la charge !

Comment en êtes-vous arrivé à la composition ?

Je dirais plutôt que je suis revenu à la composition ! Depuis que j’ai 8-9 ans, j’écris de la musique en autodidacte mais après mon prix de piano au CRR de Paris, j’ai arrêté de composer pendant plus de dix ans pour des raisons essentiellement autocritiques.
J’ai eu beaucoup de mal à l’accepter mais depuis cinq ans environ, je sais que je suis compositeur. Au-delà des querelles de langages et d’esthétiques, j’ai compris que la seule chose qui fonctionne pour moi, c’est d’écrire une musique que j’ai envie d’entendre et surtout de réentendre. C’est ce que j’essaie de faire. Aujourd’hui, la joie que j’ai à voir une pièce se révéler à moi est presque devenue une drogue.

Représentations

"À la découverte d'un nouveau monde"

22 Mai 2022 – 16:00
Paris – Salle Wagram
Yehides (création)
Obstinario (création)
Orchestre Colonne dirigé par
Marc Korovitch

Le rêve américain

22 Mai 2022 – 10:00 et 11:30
Paris – Salle Wagram
Concerts-éveil de l’Orchestre Colonne
Présentation des pièces symphoniques Yehides et Obstinario d’Olivier Korber
Orchestre Colonne dirigé par
Marc Korovitch

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