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Wanch Tran : sa BD Transparent

Wanch Tran est auteur et dessinateur de BD et illustrations. L'occasion de découvrir sa future bande dessinée Transparent soutenue par les internautes.

Wanch Tran - Transparent

Crédit visuel : Wanch Tran

Est-il possible de nous présenter votre BD Transparent ?
Transparent est un récit complet en bande dessinée racontant l'histoire d'une famille déchirée par un événement survenu dans le passé. J'ai voulu raconter un "après" à cet événement du passé. L'histoire commence par Eugène, un des personnages principaux, qui sort de prison après une longue peine.

Pourquoi avoir voulu faire une BD sur un ex-tolard et les non dit dans les familles ?
Le déclencheur a été un fait divers réel en France où justement des accusations graves sont venues déchirer une famille. La personne accusée se retrouve en prison et les clans de la famille se font la guerre sous l'oeil des médias. Ce qui m'intéressait était d'imaginer ce qui se passerait à sa sortie de prison. Jusqu'à quel point est-elle transformée par la prison ? Que va-t-elle faire ? Tenter de renouer le contact avec les siens ? Et que sont devenus les autres membres de la famille ? La guerre a-t-elle continué entre eux ?

Est-il possible d'en savoir plus sur le personnage principal de Transparent : Eugène ?
Eugène est un homme assez âgé à sa sortie de prison. Quand il en sort, il a perdu pas mal de choses, presque tout en fait. L'histoire nous fait comprendre qu'il jouissait d'une situation aisée et importante avant son incarcération. Mais surtout, sa famille lui a naturellement tourné le dos.

Comment dessinez-vous et êtes-vous plutôt papier ou informatique ?
Les deux. Pour Transparent, le dessin a été fait sur papier de façon traditionnelle. Tandis que les couleurs ont été réalisées par ordinateur. J'aime bien jongler entre les deux outils. Mais c'est essentiellement l'histoire qui va guider mon choix vers ceux-ci. Je pense que je pourrais très bien faire une bd complètement de façon traditionnelle ou complètement à l'ordinateur en fonction de ce que me semblera exiger le récit.

En quoi était-ce important de s'inspirer des décors de votre région natale, Mons, pour illustrer votre BD Transparent ?
La première raison est tout simplement que j'aime ma région et que c'est une documentation "sous la main" disponible très facilement. Ensuite, me baser sur des décors existants me semble mieux encrer l'histoire dans la réalité et m'aide à la rendre crédible.

D'où vient l'idée du titre Transparent ?
Là, je dois rester silencieux sinon je risque de dévoiler des éléments importants du récit :)

Est-ce que les cours de l’atelier de BD et illustration dirigé par Antonio Cossu aux Beaux-Arts de Tournai vous sont utiles dans votre parcours ?
Oui, bien sûr. Bien que la bd est vraiment un de ces boulots qui ne peut s'apprendre et se perfectionner qu'en pratiquant encore et encore. Et, sans dénigrer l'apport d'Antonio Cossu, ce qui a été riche durant mes années aux Beaux-Arts ce sont mes échanges avec les autres élèves. C'est tout  l'intérêt du travail en atelier en fait, regarder les autres travailler, voir ce qu'ils font différemment de moi et partager les points de vue.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Je suis en "auto-micro-édition" et la bd n'est pas l'activité qui me fait "vivre". Et d'ailleurs, je pense que ça n'est plus un secret pour grand monde, peu de personnes peuvent en vivre ou en tout cas en vivre décemment. Je parle ici des auteurs, pas des éditeurs bien sûr. Du coup, même si l'idée n'est pas forcément de gagner de l'argent avec mes livres, j'essaie en tout cas de ne pas en perdre en y injectant tous mes fonds propres. C'est pour ça que le crowdfunding est bon moyen de fonctionner et tout le monde peut s'y retrouver. Ça me permet de faire exister mes livres sans me ruiner et cela permet aux contributeurs de participer à leur concrétisation.

Compte tenu du bon démarrage du crowdfounding, vous espérez pouvoir sortir un cahier graphique à l'intérieur de la bande dessinée. Peut-on en savoir plus à ce sujet ?
Oui, si on atteint les 150%, le budget supplémentaire pourra servir à ajouter des pages dans l'abum. Ces pages constitueront une sorte de cahier graphique où je montrerai les "coulisses" de la fabrication de Transparent. Il y aura des croquis préparatoires, des recherches de personnages et décor, des pas-à-pas, des clins d'oeil à Mons, etc.

Quelle importance accordez-vous à la qualité du papier de la BD Transparent ?
La plus grande importance ! J'ai souffert par le passé d'avoir été publié sur du papier qui ne rendait pas vraiment justice à mon travail de départ. Et je trouve dommage quand le lecteur n'est pas vraiment dans les conditions optimales pour découvrir une histoire. Ça me fait le même effet quand je vois des gens qui regardent des films sur leur smartphone. Quand on sait le travail qu'il y a en amont, c'est triste de ne pas en apprécier toute l'étendue, je trouve.

Comment voyez-vous le monde de l'édition et de la bande dessinée actuellement ?
Ça, c'est la question qui fâche ! Je le vois malheureusement comme un monde où il y a encore beaucoup trop d'inégalités. Et ce qui me choque le plus, c'est finalement à quel point beaucoup de monde semble faire la sourde oreille. Et attention, je ne parle uniquement ici des éditeurs. Beaucoup trop de gens n'ont pas une vraie conscience de ce que la culture représente dans leur vie. Il suffit pourtant de regarder autour de soi et de faire le compte de ce que l'on consomme en culture, que ce soit en livres, en cinéma, en séries, en jeux ou toute autre forme. Je vois même de grands lecteurs de bd regarder de très loin les problèmes des auteurs de bd sans se sentir concernés. Comme si il y avait une assurance qu'on n'arrivera jamais au fameux "Pas d'auteurs, pas de livres". Alors que c'est bien ce qui risque d'arriver. Pas mal d'auteurs abandonnent la bd pour se tourner vers des activités plus lucratives. Et cela en grande partie parce que la croyance qu'une image doit être "gratuite" fait son chemin. Les gens sont par exemple souvent persuadés que les images qui circulent sur le web sont gratuites et appartiennent à tout le monde. Du coup, pourquoi aller payer un auteur, un dessinateur ou un cinéaste... Heureusement, il reste des gens qui comprennent les enjeux et continuent de soutenir la création. Le financement participatif en est d'ailleurs un bel exemple. Et je pense que les gens aiment cette relation sans intermédiaire qui va directement du créateur à eux-mêmes.

En 2018, vous avez sorti votre livre jeunesse Le Roi De Coeur Partagé. Souhaitez-vous nous en dire quelques mots et est-ce différent de faire une BD ?
Le Roir De Coeur Partagé est mon premier essai en livre jeunesse. J'avais envie de me frotter à un exercice un peu différent de la bd. La bd, c'est très chronophage et c'est un travail qui s'étale sur de très longues durées, surtout pour quelqu'un comme moi dont ce n'est pas la seule activité. Un livre jeunesse, on peut en voir le bout et surtout le résultat final beaucoup plus vite. Et puis, l'exercice narratif est différent, on est plus dans l'illustration et il y a quelque chose de plus lyrique dans le texte. En outre, ça m'a aussi permis de toucher un autre public. En tout cas, ça a été une belle expérience que je réitérerai probablement quand l'occasion se présentera.

Je crois que vous animez des ateliers pour initier les néophytes aux rudiments de la bande dessinée. Qu'appréciez-vous dans ces moments d'échanges ?
C'est la transmission que j'apprécie le plus. Et dans les deux sens d'ailleurs car j'apprends aussi beaucoup de mes apprentis bédéistes. J'aime aussi démystifier la narration. Raconter des histoires est un truc vieux comme le monde qui pourtant continue de passionner l'être humain. On adore se faire raconter une histoire et du coup, il y a presque un truc magique autour du fait de raconter. Et j'aime bien détricoter tout ça avec les élèves pour leur montrer qu'avec les outils appropriés, ils peuvent créer de belles histoires eux aussi. Et j'en ressors à chaque fois positivement étonné et époustouflé par ce qu'ils sont capables de créer.

Comptez-vous faire quelques séances de dédicaces ou des salons quand la BD Transparent sera disponible ?
Je ne sais pas encore si il y en aura… En fait, ça va dépendre du crowdfunding et du stock de BDs. C'est pour l'instant un tirage très limité qui est prévu et je ne sais pas si en dehors des exemplaires pour les contributeurs, il restera du stock pour pouvoir assurer des salons.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Hé bien, je tiens à remercier Divertir pour cet entretien. J'espère qu'il donnera envie aux lecteurs d'aller découvrir le projet Transparent sur Ulule et peut-être, qui sait, d'en devenir un des contributeurs.

Merci à Wanch Tran d'avoir répondu à notre interview !
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