Publicité

Vicious Steel : l'album Fuel Band

Maxime Lopes Par Le vendredi, 18 février 2022 à 15:11 0

Dans Culturel

Vicious Steel sort l'album Fuel Band, accompagné d'un clip.

Vicious steel

Une intro irrésistible, obsédante comme le bruit d'un train avalant des kilomètres de rails ; une rythmique implacable qui donne envie de taper du pied ; une atmosphère urgente s'emballant au fil du morceau "Jump And Let's Go Down" est une parfaite entrée en la matière pour ce premier album du Vicious Steel Fuel Band, nouveau projet de Cyril Maguy.

Il s'accompagne cette fois-ci de 5 musiciens : Antoine Delavaud (batterie), Richard Puaud (basse), Mathieu Pequeriau (harmonica), Paul Weeger (trompette), Adrien Toulouse (trombone) – venus muscler ce blues rural qui fleure bon le foin et le fuel.

Gas Station , VICIOUS STEEL

Ça fait dix ans que je fais mon métier, que je tourne beaucoup et c'est possible grâce à ma campagne, à cette proximité." En plus des six musiciens, de la guitare-bidon et de la lap-steel fabriquée avec le capot d'un Massey Fergusson, il ne faudra donc pas s'étonner de voir sur scène un tracteur. Un vrai, fascination pour le vintage rural oblige, qui va de pair avec celle que Cyril nourrit pour le blues. Et pour l'américana, le rock'n'roll, le son produit par les guitares anciennes et les amplis ayant vécu, avec en prime ici, un trombone et une trompette qui donnent aux morceaux une dimension épique, cinématographique, au point que parfois, on se demande quand on va voir surgir l'homme à l'harmonica dans le décor. Nostalgique ? Peut-être, mais ce sentiment n'est là qu'en filigrane, enfoui sous des mélodies chaleureuses, relevées de salves de cuivres, évoquant aussi bien les grands espaces de l'Ouest américain que les routes de campagne que Cyril sillonne à bord de son pick-up 404 pour aller à la rencontre de son public. Cette dualité entre passé et présent, amour des vieilles machines et crainte d'un monde rongé par la mondialisation, racines (l'image de l'arbre revient à plusieurs reprises) et idées solidement ancrées dans le 21e siècle, nourrit un album aux influences faisant parfois le grand écart. "Je me suis inspiré de la musique américaine de Copland , des thèmes de Morricone et également de La Maison Tellier". Cyril cite aussi Pink Floyd, The Raconteurs et Jack White parmi ses sources d'inspiration - ce dernier partageant avec lui l'amour des sonorités analogiques qui vivent, pulsent et ont une âme.
La différence entre Vicious Steel, one-man band de Cyril Maguy, et Vicious Steel Fuel Band, c'est cinq musiciens - Antoine Delavaud (batterie), Richard Puaud (basse), Mathieu Pequeriau(harmonica),
Paul Weeger (trompette), Adrien Toulouse (trombone) – venus muscler ce blues rural qui fleure bon le foin et le fuel.
La musique fait partie de l'ADN de Cyril, au même titre que ses racines rurales. Ses parents lui mettent une guitare en plastique entre les mains alors qu'il n'a qu'un an et demi. A la maison, on
écoute d'un côté les Rolling Stones, les Beatles ou Pink Floyd et de l'autre Brel, Brassens et Ferrat. A sept ans, il pique la guitare sèche de maman. Et à 12 ans, "je suis tombé sur un magazine avec 1 es 12 plus beaux solos de blues à jouer..." Un solo de B.B. King plus tard, et c'en est fini pour lui. Il sait qu'il ne lâchera plus le blues. "C'est la base de tout."
Viennent ensuite les premiers groupes, les premiers pas de pro, les concerts où il accompagne la chanteuse Robert. Et le projet Vicious Steel qui débute en duo, avec un compère à la guitare, puis à la contrebasse. "Je faisais déjà la batterie au pied avec une valise." En 2015, Cyril saute le pas et se lance en one-man band. Et finit par jouer son hill country blues aux Etats-Unis et enregistre deux morceaux aux Royal Studios, vénérable établissement à Memphis.
De retour dans sa campagne, Cyril n'aspire pas à voir ce qui se passe dans la capitale. Il a monté sa structure de production pour être totalement indépendant, créé des spectacles pour enfants et, alors que la France se confine, il se lance dans les travaux de son propre studio. En 2020, il part au devant du public en lançant Pick Me Up, format de concert en pick-up 404.
Et après avoir tourné en one-man band et en duo depuis des années, il s'embarquera en 2022 sur les routes avec le Fuel Band aucomplet. Tant pis si ce n'est pas très rentable. "Je ne fais pas ça en mode carrière, je ne fonctionne qu'au plaisir, la musique, c'est fait pour ça."

Jump And Let's Go Down Cette chanson a un rythme hypnotique typique du hill country du nord du Mississipi, jouée à la cigar box (guitare 3 cordes fabriquée avec une boite à cigare). Il y a ici la métaphore du train
infernal de la vie, de la société en marche avec ses difficultés.
Don't Let Me Down Again Ballade folk americana, puissance des cuivres comme je les aime avec cette trompette triomphante. Là j'ai souffert de cet abandon il y a quelques années . Un temps d'errance spirituelle, un peu paumé
affectivement. L'arbre au milieu de ce désert, la famille, mon fils, la musique... The Big Willow Nostalgie, passé, regret, peur de la mort, le temps passe si vite... A travers ce grand saule toujours là qui représente le village où je vis, où je suis né, où est ma vie, je dévoile mes peurs sur la fin de vie, Pick Me Up Dans ce titre, il y une influence amérindienne dans le rythme ( culture indienne à la base du blues il faut le rappeler), un clin d'ail à un ami du Nouveau-Mexique, CW Ayon, qui m'influence beaucoup par ses chansons. On est encore sur de la répétition, une prière, une incantation bien que je ne sois pas croyant. Mais le blues m'a amené jusqu'à celle-ci. Viens me chercher !
Rose Rose, personnage fictif, influencée peut-être par mes nombreux clichés des USA, l'histoire de ce pays,les films, livres, etc... La femme est mon égale. Il n'y a même pas de discussion, j'ai été élevé comme ça, c'est logique.
Ride On Chevaucher le tigre, expression invraisemblable de Macron. Révoltant. Qu'il le chevauche lui aussi pour prévenir, guérir ou enrayer ce changement climatique. J'ai presque quarante piges et je ne vois pas vraiment d'évolution, Pour cette chanson plus politique que les autres, l'influence de Rage Against The Machine est pleinement assumée.
Catch The Bird Un blues lent, je me suis fait plaisir sur les arrangements, un thème repris plusieurs fois, cette longue phrase qui déroule. La vie, rien de plus que celle ci. Tempête, orage, des bas, des hauts, malheur, bonheur, on nous aide, quelque chose nous porte, nous tire vers le haut comme cet oiseau. Une des rares chansons où je me suis autorisé un solo de guitare.
La Fille du bord du lac
Seul titre en français de l'album. J'écris en français beaucoup, surtout pour le jeune public. "La Fille du bord du lac" est le premier titre composé pour Vicious Steel, un incontournable lors des concerts, une chanson très souvent demandée. Je voulais lui donner un bel enregistrement et la trompette la met en valeur. Elle a toute sa place ici et même les dubitatifs changeront d'avis, j'en suis certain.
Gas Station La désertification des campagnes. Plus de médecin, de services de proximité et c'est la fin de l'energie fossile qui est en train d'être remplacé par l'électrique. "Gas Station" résume tout ça. J'ai ce rapport ambigu avec les engins surtout vintage, comme les voitures, pick-up, motos ou tracteurs. J'aime les logos, les formes, les couleurs, comme les guitares d'ailleurs mais je sais que ça représente aussi l'industrialisation, l'agriculture intensive, la pollution. Ça me pose beaucoup de questions J'essaie donc de revoir mon grand oncle sur son Massey Fergusson, mon grand-père au volant de son acadianne ou les rues de Greenwood Mississippi et ça va mieux.
Hold Me Tight Serre moi fort ! Une chanson d'amour très rock'n'roll, pour prendre les routes US en moto ou pick up ! Il faut me tenir Mais je peux faire du mal et j'en ai fait par le passer. J'en suis désolé. Dédiée à celle qui me tient.
The Turquoise Trail Une chanson épurée, contrebasse-guitare-voix pour finir cet album. La route de la Turquoise, au Nouveau-Mexique, fin d'un road trip, à Madrid, village d'artistes, ancien village minier pas très loin de Santa Fe. Je suis tombé amoureux du Nouveau-Mexique. Lors de cette première fois là-bas, c'était une phase de changement, de rupture dans ma vie et de renouveau. Des souvenirs, des images, des odeurs et le goût du moonshine qui m'a fait vivre une nuit d'enfer tellement j'ai été malade !

Musique interview

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam