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Valérie Fauchet : le roman La vie est une affaire personnelle... La cheville

Maxime Lopes Par Le jeudi, 06 octobre 2022 à 08:00 0

Dans Culturel

Née à Rennes et diplômée de lettres modernes, Valérie Fauchet est auteur de chansons, poète, scénariste et écrivain. Elle sort son roman La vie est une affaire personnelle... La cheville.

Valérie Fauchet

Elle a la particularité d'être aussi medium, un don sur lequel elle s'est confiée dans le livre Une voyante passe aux aveux. Nourrie de sa passion pour les lieux, les âmes des maisons et les secrets de famille, La vie est une affaire personnelle... La Cheville est son premier roman.

Interview

Pouvez-vous nous présenter votre roman La vie est une affaire personnelle... La cheville ?
Adèle, lors d’un rendez-vous professionnel, tombe sous le charme, envoûtée, amoureuse de la cheville d’un homme. Un détail. Un détail auquel auparavant, elle n’avait jamais été sensible. La nuit qui précède, elle ressent quelque chose, « un je ne sais quoi » qui l’empêche de dormir. Son amie d’enfance, Sophie, lui propose de quitter Paris quelques jours et de partir avec elle à Marrakech. Adèle garde cette rencontre secrète, tout en songeant du matin au soir à cet homme dont au fond elle ne sait rien. Aussitôt arrivées là-bas, un certain nombre de rencontres vont avoir lieu, mais pas seulement car en parallèle le passé va brusquement ressurgir. Notamment l’histoire de la mère d’Adèle…

Que peut-on savoir du personnage d'Adèle ?
Adèle vit seule, pas d’enfant. Elle crée des sacs et des bijoux. Adèle est fâchée avec sa mère depuis longtemps, depuis ses dix-neuf ans. Au beau milieu de cette histoire, elle va découvrir en elle-même, sans forcer, une ultra-sensibilité, une sorte de médiumnité, dont elle n’avait pas alors conscience.
Adèle est très différente de son amie Sophie. Deux portraits de femmes, au physique, au caractère et au tempérament plutôt opposés, ayant chacune des conceptions bien à elles de l’amour et de leurs rapports aux hommes. Mais leurs multiples différences n’empêchent guère leur amitié.

Comment vous est venue l'idée de faire voyager l'héroïne à Marrakech et qu'appréciez-vous dans cette ville ?
J’avais envie en effet de faire voyager Adèle, Sophie et Adèle, de faire voyager le lecteur. De mettre des couleurs, des odeurs, des parfums, du soleil au tout début du livre. Partir ailleurs… Que des rencontres aient lieu dans un autre pays, hors contexte du quotidien. Et puis, montrer également que nous avons beau partir, quelque part fuir, nous n’échappons point, ou pas toujours aisément, à nos pensées, nos sentiments. J’avais envie d’un pays proche, que le voyage ne soit pas trop long non plus !
Et puis, il est vrai, que j’aime l’atmosphère particulière de cette ville où je suis souvent allée à une certaine époque de ma vie. A Marrakech, tous nos sens sont en éveil il me semble, qu’on le veuille ou non. Je trouvais que la ville allait bien avec les émotions auxquelles mes personnages allaient tous être confrontés.

Qu'est-ce qui vous a intéressé de proposer une histoire de souvenirs enfouis ?
Je suis passionnée depuis toujours par la psychologie, le monde de l’inconscient. Nous avons toutes et tous des souvenirs enfuis… et cela me fascine. Les choses sont là et peuvent ressurgir à tout moment. Justement bien souvent, pour ne pas dire quasiment tout le temps, par et grâce à un détail, quelques détails… Et tout à coup, la vie, l’existence prend un autre sens, une autre tournure, une autre grille de lecture surgit alors implicitement.. Psychogénéalogique. Adèle s’est éloignée de sa mère, a coupé les ponts, et puis… un jour il est trop tard. On oublie tellement souvent qu’une mère avant d’être mère, et tout en étant mère, est et reste une femme à part entière.

Quelle place occupe les relations professionnelles, familiales et amicales dans votre roman ?
Mes personnages sont pour quatre d’entre eux des artistes. Adèle est créatrice de bagues, de sacs à mains, elle dessine. Sophie écrit. Nina est maquilleuse de plateau, Jean Kayne est acteur. Victor, "Monsieur Cheville" est un homme d’affaires. "Le Tigre" est au chômage. La rencontre d’Adèle et de Victor a lieu dans un bureau, pas sur un site, pas dans un dîner, un bar, une boite de nuit.
La notion de l’amitié est pour moi une notion très importante, essentielle. J’avais envie de parler d’une relation d’amitié justement entre deux filles, deux femmes. De leur complicité, de leur connaissance, de leur appréhension l’une de l’autre à leur manière directe et indirecte. Une histoire d’amitié véritable, sincère, pas superficielle, illusoire. Le coté famille est ébauché plus tard dans la trilogie… Seule la complexité de la relation d’Adèle à sa mère existe dans le premier opus « La cheville ».

Vous êtes également passionnée par les âmes des maisons et les secrets de famille. Qu'est-ce qui vous fascine dans ces domaines ?
Les âmes des maisons… Le âmes des maisons, des lieux en général, m’ont toujours fascinée. Peut-être parce que depuis je suis petite je ressens des choses, les murs me parlent, et les objets parfois aussi.
L’âme d’une maison… c’est mystérieux, troublant. Elles gardent toutes en elles tant de secrets. L’espace - temps n’existe pas. Le passé le présent le futur tout y est mêlé dans l’invisible.
Il en de même des secrets de famille. Un jour, tout revient. Tout se sait. Ou bien au contraire, restent enfouis pendant des générations et des générations des événements, positifs ou négatifs… c’est terrible les secrets. Adèle va découvrir la vérité mais…

Avez-vous un lieu dans lequel vous aimez vous réfugier pour écrire ?
J’ai commencé très tôt à écrire, toute petite. Je laissais mon stylo glisser sur le papier.
Quelque chose me poussait à écrire, on me dictait des mots. J’ai écrit énormément de poèmes. Je n’ai jamais cessé d’écrire, ni de lire.
A une certaine époque j’aimais écrire sur les terrasses de cafés. J’en ai d’ailleurs fait une chanson interprétée par Berthet dont j’avais fait la connaissance à Astaffort chez Francis Cabrel, intitulée A la terrasse d’un café. ( album ´Pudeurs’ / Barclay / Universal 2000).
J’ai écrit aussi bien souvent dans les trains, les avions, les restaurants, les bars d’hôtels, les chambres d’hôtels. Mais depuis quelques années, je préfère écrire chez moi dans ma caverne, sans personne tout autour, sans bruits, dans ma cuisine ou allongée sur mon lit, mon chien à mes côtés. Auparavant avec mes chats mais ils sont maintenant tous partis au pays des étoiles.

Votre don de médium a-t-il une influence sur l'histoire que vous écrivez ?
C’est assez difficile de répondre à cette question. Mais spontanément je serais tentée de répondre oui, oui forcément. Oui, sans doute.

Caryl Férey signe votre présentation en 4ème de couverture. Comment vous est venue l'idée de faire appel à lui ?
Avec Caryl, nous nous connaissons depuis le lycée ! A Rennes. J’avais quinze ans.
Nous étions en seconde. Une longue histoire entre nous de respect et de tendresse, de rire et d’écriture. L’idée m’est venue un soir où nous discutions chez moi en prenant un verre. Une évidence une envie. Et puis Caryl me connaît plutôt très bien alors c’était naturel au fond.

Aurez-vous l'occasion de rencontrer vos lecteurs en salon ou en librairie pour des dédicaces ?
Oui j’espère ! J’adore ces moments - là. De rencontres et d’échanges.
La première séance de dédicaces est le jeudi 6 octobre à Paris à la Librairie Gallimard, Boulevard Raspail dans le 7ème. Petite anecdote le jour même de la sortie de mon roman et de mon anniversaire ! Le hasard, un joli cadeau de la vie !
D’autres dates suivront à Paris et ailleurs en province entre autres à Vannes le samedi 29 octobre à la librairie Cheminant, à Hossegor en décembre…

Il s'agit du premier tome d'une trilogie. Peut-on avoir quelques indiscrétions sur la suite de l'histoire ?
Les épaules, puis Le sourire. A suivre…
Les personnages principaux demeurent bien sûr.
De plus, je commence à réfléchir à faire l’adaptation de ma trilogie.
L’histoire se déroulera ensuite en grande partie en Bretagne, cette Bretagne dont je suis originaire et qui est si chère à mon cœur, mes racines.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
J’avais envie de raconter une histoire simple en apparence au début surtout du livre, quelque peu parfumée à une certaine eau de rose, légère, une histoire à plusieurs tiroirs. Essayer de faire un livre qu’on peut lire, je l’espère, avec différents niveaux de lecture selon son âge, son parcours, sa sensibilité. Les émotions, les sentiments sont le sel même de la vie. L’amour, les histoires d’amour concernent tout le monde, que l’on soit n’importe qui, n’importe quoi, quelque que soit notre âge, notre milieu, notre métier. Car ´La vie est une affaire personnelle´…

Merci à Valérie Fauchet d'avoir répondu à notre interview !

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