Publicité

Valérian MacRabbit présente l'album The freak parade en interview

Avec son projet musical collaboratif The Freak Parade, avec des ambiances foraines, pop et fantasmagoriques ; découvrez l'univers de Valérian MacRabbit. A 27 ans, l'artiste a travaillé avec sept arrangeurs de Haute Savoie sur cet album collaboratif et gratuit.

Valérian MacRabbit

- D'où vient votre passion pour la musique et qu'évoque-elle pour vous ?
Pour ce qui est de la composition, tout est venu assez naturellement. Petit, j’avais un petit synthétiseur sur lequel je passais du temps, j’expérimentais. Instinctivement, je reproduisais le fonctionnement d’un séquenceur en enregistrant instrument par instrument sur des cassettes audio… un véritable casse-tête. La musique décuple la force des choses, elle les rend plus belles ou plus violentes. Je ne vois rien de mieux que de marcher dans la nature en ayant dans les écouteurs une musique qui fait vibrer.

- Pouvez-vous nous présenter votre single Monsters ?
C’est le titre d’ouverture de l’album. Il a été réalisé en collaboration avec Nicolas Nieto et Jacqueline Lemasle et inspiré par le roman Disgrâce de Coetzee. C’est une chanson violente qui aborde la question de la haine mais du point de vue du vengeur, de celui dont on a nourri la rancœur par de multiples humiliations jusqu’à un point de non-retour. Il peut y avoir une lecture politique du texte - qui ressort particulièrement dans la Lyrics Video - et en même temps, l’instrumentation est assez onirique. Un peu comme si un grand clown venait nous chanter d’une voix grandiloquente : « Danse, Homme Blanc, mais tu paieras pour ce que tu as fait ».

- Parlez-nous de votre album The Freak Parade...
Je souhaitais créer un album varié et efficace, pop tout en ayant une certaine profondeur. Il y a des ambiances très différentes d’une chanson à l’autre, chaque titre ouvre sur un univers particulier. Certains durent plus de 7 minutes, installent une atmosphère, d’autres sont plus immédiats. Il y a des titres ludiques, presque enfantins et d’autres beaucoup plus durs. L’album ayant fonctionné sur un principe collaboratif, les influences sont nombreuses : electronica, rock, folk, fusion. Dans l’ensemble, il est assez cinématographique et l’on retrouve une constante « foraine » dans les mélodies et les instrumentations qui laissent la part belle aux cuivres et aux orgues.

- Pourquoi faire un album sur les monstres ?
Le projet n’était pas de créer un album-concept, mais le fil conducteur est apparu de lui-même au fur et à mesure de la création. Les histoires racontées sont toutes celles de personnages un peu cabossés, qui sortent de l’ordinaire pour une raison ou une autre. Je suis toujours un peu perplexe devant le côté uniformisé de nos façons de vivre : on travaille et on fait la fête, on se montre sous un bon jour, on se ressemble tous alors que nous ne sommes pourtant pas les mêmes. En mettant en lumière de petites bizarreries, en parlant de ce qui, normalement, est caché ou secret, de tout ce qui à proprement parler n’est pas « normal », j’ai l’impression de redonner une juste place à ce qui nous rend touchants et vraiment humains. Cette parade des monstres, c’est peu une fête de nos différences.

- Vous avez pour projet de faire un tour du monde musical du 9 juillet au 27 janvier 2017, est-il possible d'en savoir plus ?
Concrètement, il s’agira de faire vivre l’album ukulélé au dos chez l’habitant mais aussi de créer ensemble : des compositions, des reprises de chansons traditionnelles… Bref d’échanger. Cela fait des années que j’ai envie d’expérimenter un autre mode de vie : nomade, basé sur le hasard et l’aventure, détaché de tout matérialisme, avec la musique comme langue universelle. Je ne me fixe pas de contraintes, si ce n’est celle de poster sur les réseaux sociaux des vidéos immortalisant ces moments musicaux, afin de partager l’expérience avec un maximum de personnes.

- Quelles en seront les grandes destinations ?
Je pars le 9 juillet pour Quito, en Equateur. Il y aura ensuite entre autres la Polynésie, le Vietnam et le Kerala, une région du sud de l’Inde très riche culturellement. Mais je ne balise pas trop le voyage : il faut laisser de la place à l’imprévu.

- C'est d'ailleurs lors d'un voyage en Afrique du Sud qu'est né l'album...
Oui, j’avais laissé la musique de côté depuis plusieurs années et il a fallu ce voyage pour que je retrouve l’inspiration. Je ne saurais pas trop comment l’expliquer, si ce n’est par le fait qu’il y règne une ambiance très particulière. Ce sentiment d’insécurité permanent, cette façon qu’ont les gens de vivre ensemble en étant si différents, ce mélange entre tolérance et défiance, ce mélange brutal entre l’Europe et l’Afrique. Si un pays pouvait être qualifié de « freak », ce serait celui-ci. En rentrant en Europe, j’ai achevé l’écriture et la composition ; quelques semaines plus tard, nous nous attaquions aux arrangements.

- Comment peut-on se procurer The freak parade ?
Il suffit d’envoyer votre adresse postale sur le mail valerian.macrabbit [arobase] gmail.com. Vous recevrez automatiquement et gratuitement une « MacRabbit Card » contenant l’album et le visuel en format USB. Le principe est de copier l’album sur votre ordinateur puis d’offrir la « MacRabbit Card » à l’une de vos connaissances afin qu’elle puisse elle aussi profiter de l’album !

- Vous avez l'intention de proposer une alternative à la distribution musicale actuelle. Que souhaitez-vous voir changer dans le système actuel ?
Je ne suis pas anti-système. Si l’on me propose un jour de diffuser The Freak Parade à grande échelle, je l’envisagerais comme une nouvelle aventure. Mais disons qu’il ne faut pas perdre de vue l’essentiel et l’essentiel est à portée de main, ne nécessite pas d’entrer dans « la grosse machine ». Pourquoi est-ce je fais de la musique, pourquoi est-ce que nous avons créé cet album ? Pour ma part, c’est pour pouvoir imaginer que des gens pourront l’écouter le matin dans leur voiture en allant travailler, ou prendre plaisir à l’avoir dans les oreilles en se baladant en montagne, s’endormir avec ou encore décortiquer le livret en écoutant les titres et en s’interrogeant sur le sens des textes. Je voudrais que cette musique stimule l’imagination, fasse rêver, fasse du bien. Et à mon échelle, la meilleure façon d’atteindre cet objectif, c’est de l’offrir.

- C'est d'ailleurs quelque chose que vous avez déjà appliqué, notamment en production ?
Le projet est est né d’une collaboration avec une douzaine de musiciens parmi lesquels Kopney, Artyenta, Penguino Prod, Alexandre de Charrin, Bruno Linwork, le groupe Noisegate. Des artistes extrêmement généreux et talentueux qui composent avec passion dans leur home studio : ces rencontres, tout au long du processus de création, ont été très inspirantes. Tous sont intervenus sur le projet de façon bénévole : jamais l’enjeu financier n’est rentré en ligne de compte. Ma rétribution, c’est de valoriser leur travail en prenant à ma charge la création des supports, et en soignant la diffusion. Ils m’ont fait cadeau de leur talent, j’en fais cadeau aux auditeurs, qui en font à leur tour cadeau à leurs proches. C’est un cercle plutôt vertueux !

- L'échange avec le public est important pour vous, avec le partage de contenus gratuits sur les réseaux sociaux. Qu'attendez-vous de ces interactions ?
Le MacRabbit Tree donne à explorer plusieurs mondes. Je ne cherche pas à être évalué ou valorisé, juste à échanger. Ces interactions peuvent aussi donner lieu à des collaborations, comme cela a pu arriver sur The Freak Parade : je suis ouvert à tout projet, il ne faut pas hésiter à m’écrire !

- Une indiscrétion sur l'album ?
Curro Savoy, qui est connu pour avoir sifflé les mélodies d’Ennio Morricone, intervient sur l’un des titres. C’est un honneur !

- Vous êtes également enseignant et romancier : où trouvez-vous le temps pour toutes ces activités ?
Il faudrait écouter les paroles du titre The Man who became a Rabbit ! Nous avons tous 24h dans une journée, le reste est une question de priorité. Certains ont une vie de famille, d’autres aiment faire la fête, d’autres travaillent tard le soir. J’essaie de trouver un juste équilibre entre mon métier au quotidien et les moments de création. Cette année, nous travaillions surtout le mercredi et le dimanche sur The Freak Parade. Et heureusement, il n’est pas question d’enregistrer un album par an, auquel cas je ne tiendrai pas le rythme !

- En quoi vos activités musicales et littéraires vous aident-elles dans l'enseignement et inversement ?
Jusqu’à présent, je cloisonnais les deux activités. Dans la création, je suis dans l’introspection. L’enseignement appelle une attitude bien plus extravertie, de l’humain, de la réactivité. Mais les choses ont un peu changé cette année : il y a eu création d’un spectacle musical avec les élèves, de petites sessions ukulélé le dernier jour. J’ai pu jouer et partager avec certains d’entre eux, à un âge où ils sont en pleine découverte de leur propre talent. C’est assez beau à voir. Les élèves sont très bienveillants quant au projet. Je leur en ai parlé car cela leur envoie un message positif, au-delà du travail purement scolaire : avec un peu de détermination, de travail et d’organisation, réaliser son rêve, ce n’est finalement pas si difficile.

- Souhaitez-vous nous parler du livre Bâton de réglisse (Gope, janvier 2017) ?
C’est l’histoire d’une famille qui va devoir se recomposer autour de la révélation d’un secret. Il relève à la fois du récit d’horreur et du drame. Le thème de la monstruosité y est là encore très présent. Deux titres de l’album sont d’ailleurs particulièrement liés au roman : Askalia et Stray with me. Il sortira en janvier prochain chez Gope.

- Qu'avez-vous envie de dire pour conclure ?
N’hésitez pas à rentrer en contact avec moi sur les réseaux sociaux et à passer le mot à vos proches : je serai ravi de vous faire vivre un peu de ce tour du monde musical et de partager l’aventure de The Freak Parade !

Merci à Valérian MacRabbit d'avoir répondu à nos questions !
Retrouvez le également sur sa page Facebook et son site web. Pa

Monsters - Valérian MacRabbit (Official Lyrics Video)

Musique interview

Orange expérimente la transition de la téléphonie fixe traditionnelle RTC vers la téléphonie IP dans le Finistère
Dans le cadre de la modernisation de ses réseaux, Orange lance une expérimentation afi...
  L'enquête Jeanne d'Arc : un spectacle à la basilique Domrémy
L'enquête Jeanne d'Arc est un spectacle inoubliable, doublé d'un thriller a...

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire