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Trank présente son album The Ropes

Le premier album de Trank, The Ropes, est enfin disponible, de même que le clip de sa chanson-titre.

Trank - The Ropes

Pouvez-vous nous présenter l'album The Ropes et son univers ?
The Ropes est le premier album de TRANK, et de manière assez naturelle il résume vraiment l’identité, la personnalité du groupe. Les premières critiques sont incroyablement positives, mais ce qu’on aime surtout c’est d’abord qu’elles remarquent toutes à quel point ce qu’on fait est difficilement étiquetable : on nous parle de métal, de rock alternatif, de cold wave, électro 80’s et même de néo prog – toutes ces références sont en effet présentes dans ce qu’on fait, sans qu’on puisse nous résumer à une seule. Et ce qui nous plaît aussi, c’est que les critiques comprennent les équilibres qui définissent la musique et le son de TRANK – on marche délibérément entre puissance et émotion, entre intensité un peu noire et quelque chose de très accrocheur, de facilement accessible. Le tout avec un son à la fois massif et tranchant, mais aussi très fouillé et recherché, qu’il s’agisse du mix ou des arrangements, pour que l’idée et l’émotion centrale de chaque chanson soit mise en scène avec le plus d’impact possible, et qu’on puisse réécouter l’album en boucle en découvrant à chaque fois un détail nouveau qui accroche l’oreille. Ce genre d’équilibre et de lecture à plusieurs niveaux se retrouve aussi dans les textes : on aime l’idée d’un chant auquel les gens puissent se raccrocher par l’émotion, avant d’en découvrir les sens possibles avec le temps.

Qu'est ce qui vous plaît dans le fait de mélanger rock et métal dans votre musique ?
Le métal, en particulier un certain métal mélodique et assez sombre des 90’s, comme Soundgarden, Deftones, ou plus tard Disturbed ou le métal industriel de Rammstein ou NiN, est l’une des nombreuses références autour desquelles on se retrouve. Mais au-delà de ça, on aime combiner la puissance d’un riff hyper accrocheur avec la sensibilité mélodique et la richesse sonore d’un rock alternatif proche de celui d’un Muse ou la Cold wave de Depeche Mode ou Killing Joke. Ca permet de trouver cet équilibre qui nous plaît, entre puissance et émotion. Mais faire du métal au sens strict ne nous irait pas : c’est déjà fait et bien fait par d’autres.

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
De manière vieille école, au sens noble du terme. On voulait un matériau sonore riche et expressif, plein de contrastes, de dynamique, d’ombre et de lumière. Avec notre ingénieur rec et producteur (et de fait, cinquième membre), Yvan Barone, on a obtenu ça en faisant en sorte que chacun donne la meilleure performance possible, la plus expressive, la plus fidèle aux émotions et à l’énergie de chaque chanson ; mais aussi, en s’assurant de capturer tout ça avec un maximum de grain, de texture, de richesse harmonique. On a enregistré dans trois studios de la région du genevois, où on vit, qui ont en commun qu’on s’y sentait comme chez nous, et qu’on y disposait d’un matériel qui nous permettait de réaliser cette ambition là : un parc de micros hors pair (il y en avait une vingtaine rien que sur la batterie), des consoles de rêve (celle d’Yvan est une Amek analogique qui a été utilisée par Queen et apparaît même dans le film…), et surtout, SURTOUT, de quoi bien manger à proximité :-). On a pris le temps de faire tout ça le mieux possible, afin que l’ingénieur qui s’est occupé du mix ait le matériau qu’il lui fallait pour le son ambitieux qu’on voulait.

Vous êtes 4 dans le groupe. Ca n'a pas été trop compliqué pour le groupe lors du confinement il y a quelques mois pour préparer cet opus ?
Oui et non. C’était hyper frustrant de ne pas pouvoir jouer ensemble, et on s’est consolés comme on pouvait, notamment en enregistrant une ou deux reprises en mode confiné, en se passant les pistes de l’un à l’autre – ça finira bien par sortir un jour. Mais quand le confinement a commencé, on avait attaqué le mix, qui se faisait de toute manière à distance puisque Brian Robbins, qui s’en occupait pour nous, est à New York, et nous ici. Pour chaque chanson, on lui écrivait une longue note d’intentions, qu’on lui présentait par appel vidéo ; puis il faisait un premier round de mix, sur lequel on lui donnait nos commentaires, et ainsi de suite jusqu’à ce qu’un mix final soit validé – et qu’on passe à la prochaine chanson. Pour la plus simple, ça a pris quatre rounds ; pour la pire de toutes, quatorze… On a bien cru qu’il finirait par nous envoyer bouler, mais en plus d’être un professionnel incroyable (il a mixé les albums les plus marquants de Bring me the Horizon ou Asking Alexandria, dont Julien est très fan), c’est une crème, d’une patience infinie, et même si on y a passé tout le confinement, il nous a fait exactement le mix dont on rêvait.

Parlez nous du titre Illustrated girl...
C’est l’une des premières chansons que Julien m’ait amené, sous forme d’instrumental assez complet quand on s’est rencontrés. On l’avait déjà enregistrée pour le premier EP qu’on avait sorti en 2016 pour se faire la main, mais elle a été entièrement réarrangée et réenregistrée pour la version qui apparaît sur l’album. Le texte est inspiré d’un fabuleux recueil de nouvelles de Ray Bradbury, L’homme illustré, dans lequel un voyageur croise dans le désert un homme au corps couvert de tatouages ; pendant la nuit, à la lumière du feu de camp, il réalise que chaque tatouage sur le corps de l’homme endormi s’anime pour raconter une histoire, et chaque histoire constitue l’une des nouvelles du recueil. Il y a des années de ça, j’ai remarqué un tatouage sur la jambe d’une amie, que je n’avais jamais vu – et je savais qu’elle avait eu une vie marquée par pas mal d’épreuves et de sales coups : j’ai donc imaginé rencontrer une « femme illustrée » donc chaque tatouage raconterait l’histoire d’un mal, d’une souffrance, d’une cruauté dont elle aurait été victime. Le narrateur de cette chanson croise la Femme Illustrée et tombe sous le charme de ses tatouages – sans qu’on sache s’il est parti pour la maltraiter et en devenir un lui-même, ou pas. La chanson a un côté à la fois puissant et assez intensément romantique, qui nous va bien – et qui en fait l’un de nos morceaux préférés sur scène, d’autant qu’on la dédie à toutes les filles tatouées de l’assistance, ce qu’elles apprécient :-).

Qu'avez-vous souhaité apporter au public avec cet opus ?
Des sensations faciles d’accès mais fortes, intenses, à commencer par celle de découvrir un univers musical et sonore inconnu d’eux jusqu’alors, plutôt qu’une énième variation sur un genre simple à étiqueter. Une musique finalement assez inclassable, avec des influences qui viennent à la fois de l’alternatif des 20 dernières années, du métal 90’s et da la cold wave électronique depuis les 80’s, avec assez de jeu sur le niveau d’énergie, l’ombre et la lumière pour que les 52 minutes de l’album passent toutes seules, et que l’album puisse s’écouter et se réécouter d’une traite, à répétition.
Encore une fois, ce qui fait notre style, c’est une question d’équilibres. Entre la puissance et l’émotion, qu’on veut intense – on y met nos tripes pour remuer celles des autres. Entre l’énergie – et le raffinement : l’énergie des riffs, de la rythmique et des montées de voix, mais mise en scène avec des arrangements et un mix fouillés, travaillés pour créer une atmosphère où on découvre de nouveaux détails à a chaque écoute. Entre la noirceur – dans les textes et le côté rageur, un peu sombre – et la lumière : TRANK ne joue pas une musique extrême, on la veut accrocheuse et accessible, et on ne s’imagine pas pied au plancher à hurler des histoires mortifères pendant une heure et demie de concert. Ni même quatre minutes de chanson.

Quels ont été vos choix sur l'artwork de l'album The Ropes ?
Tout le design de l’album vient du clip de la chanson-titre. On l’a complété avec le monolithe créé par notre directeur visuel, Alban Verneret, et qui symbolise toute notre approche en tant que groupe. Le monolithe de « 2001 », de Kubrick, faisait à la fois office de lien, de relais de communication entre planètes, mais aussi – ça va sonner prétentieux, mais on assume – de vecteur d’intelligence : on aime l’idée que nos chansons fassent non seulement ressentir des émotions profondes aux fans, mais aussi que les textes aient un côté « révélateur » dans lequel ils retrouvent des aspects de leur propre vie. Entre ça et l’aspect massif du son, le côté un peu angulaire, presque industriel de la pulsation rythmique de beaucoup de morceaux, le choix d’un monolithe paraissait évident. Mais – on veut aussi que la musique reste accessible, que les gens se sentent invités à nous rejoindre plus qu’écrasés par la masse sonore, sans quoi on ferait du death metal. C’est pour ça que le monolithe est « ouvert. » Alban et moi sommes très fans de l’utilisation de la symbolique par un groupe comme Depeche Mode, sur les pochettes réalisées par Brian Griffin et Martyn Atkins (jusqu’à Black Celebration et Music for the Masses), puis par Anton Corbijn. Outre le monolithe, on a donc poussé le vice jusqu’à donner à chaque chanson un logo propre, qui sera sans doute exploité par la suite, et qui aide à faire passer cette idée d’équilibre entre un sens « évident » à chaque chanson, et une liberté d’interprétation pour chacun.

Peut-on en savoir plus sur le titre The Ropes et son clip ?
On s’est rendu compte assez vite qu’il y avait un lien thématique entre les chansons de l’album : elles parlent toutes de relations, des liens qui nous lient les uns aux autres – voulus ou imposés, bénéfiques ou destructeurs, simples ou compliqués. La chanson The Ropes traite de ce sujet-là de manière plus explicite que les autres, avec une analogie basée sur le SM : le narrateur est une sorte de pervers manipulateur (ça arrive souvent chez nous…), qui offre à quelqu’un de moins aguerri que lui de lui révéler les liens, les cordes, invisibles à l’œil inexpérimenté, et qui nous emprisonnent tous d’une manière ou d’une autre ; mais il ne s’agit pas pour le narrateur de « libérer » l’autre personne, juste de remplacer les vieux liens par d’autres. La chanson parle d’une certaine manière de l’inévitabilité des liens de dépendance : en discutant du concept du clip à venir avec Alban, j’ai évoqué l’idée d’une référence au bondage, mais en insistant sur le fait, important pour nous sur tous les plans, d’éviter les clichés – dans le cas précis, cuir, chaînes et police de caractères gothique...
Alban a eu l’idée du Shibari, l’art et la discipline du bondage japonais, et il a fait appel à de vrais professionnels du genre, qui ont mis leur talent au service du clip. On est extrêmement fiers du résultat, qui parle de tout ça avec une sorte de spiritualité immaculée, très loin des clichés qu’on voulait éviter. Et assister au tournage de ces scènes était un vrai moment de religiosité. Jamais ce groupe n’a été aussi muet !

Une anecdote à nous raconter sur l'album ?
Quand on a envoyé les pistes enregistrées avec Yvan à Brian Robbins, à New York, pour qu’il fasse le mix, il a eu un vrai moment de choc – positif, mais choc tout de même : « mais les mecs… Mais c’est de la VRAIE batterie ! ». Apparemment, il y a une bonne dizaine d’années que même les groupes métal lui envoient des batteries programmées – y compris des groupes avec des batteurs extraordinaires. Forcément : c’est beaucoup moins cher à capter (direct dans l’ordi), plus simple, et plus rapide. On n’a rien contre l’électronique, je collectionne moi-même les vieux synthés, et il y a pas mal de couches synthétiques et de séquences dans la musique de TRANK ; mais on est assez religieux sur le fait qu’elle n’est employée que pour des sons que les instruments rock ne peuvent pas jouer. Pas de fausses grattes, ni de fausses batteries, ni de gadgets genre auto-tune : tout ce qui relève de la performance est enregistré comme tel. On tient à l’expressivité et au « grain » sonore qui va avec – mais apparemment, on n’est pas nombreux dans ce cas…

Pourquoi avoir voulu terminer l'album avec une instrumentale de Refugee ?
Il est important pour nous que chaque chanson et chaque concert fassent voyager les gens – et un vrai voyage ne se fait pas pied au plancher tout le long : on voulait donc équilibrer dans l’album les moments très intenses et les moments plus ouverts, aériens. Conclure avec Refugee était une bonne manière de créer une sensation de « fin ouverte », qui permette aux gens de vouloir repartir au début – voire de déjà désirer l’album suivant.

Comment voyez-vous l'avenir de la scène et avez-vous un souvenir de concert à nous partager ?
On serait bien malins si on savait comment les choses vont évoluer côté scène. On part du principe pessimiste (ou réaliste) que ça va encore être le blocus pendant 18 mois, et on regarde en ce moment même des options qui nous permettraient de faire régulièrement des live streams pour les fans. En attendant – si tout va bien, – il y a un concert de « release party » le 07 novembre au CCO de Lyon, à l’occasion duquel on partagera la scène avec deux groupes importants du coin : nos amis de Perséide, dont le style est assez proche du nôtre, et les Stereotypical Working Class, un groupe alternatif culte qui a bossé avec Mass Hysteria.

Par le passé vous avez assuré les premières parties de Deep Purple, Papa Roach ou encore Anthrax. Pas trop la pression face au public d'artistes réputés et avez-vous eu de bons échanges avec eux ?
Pression énorme. Pour faire honneur aux groupes qui nous avaient fait le privilège de nous inviter. Mais on a été accueillis comme des petits frères. Deep Purple et Papa Roach en particulier ont été incroyablement amicaux, et ont adoré notre set, qu’ils sont venus voir depuis le side stage. Bien sûr, le fait quel leurs publics aient adoré aussi a aidé. Mais oui, grosse pression. Et puis, pour un groupe indépendant et débutant, jouer dans des salles aussi énormes, qui plus est devant des gens qui a priori sont venus voir un autre groupe… Pas intérêt à se louper. Mais on a foi dans les chansons et dans le groupe – et visiblement la foi est contagieuse : l’accueil a été incroyable partout. Y compris devant le public russe d’Anthrax ! Pour répondre à ta question ci-dessus, le plus grand souvenir reste sans doute l’arrivée sur scène en première partie de Deep Purple : on était le premier groupe français à assurer leur première partie depuis Magma, dans les années 1970 – aucun autre groupe d’ici ne l’a jamais fait. Mais ils avaient été incroyables avant même le concert : ils ont sorti un communiqué de presse la veille, demandant à leurs fans de venir à l’heure pour être certains de nous voir dès le début, parce que « Si on commençait Deep Purple maintenant, on sonnerait comme ces mecs-là… » Ils ont assisté au concert planqués derrière nous sur scène et ont adoré. On a pu en faire autant, et Steve Morse, leur guitariste, est même venu tchatcher avec nous, sa bière à la main, pendant un solo du clavier ! Mais le moment le plus mémorable était l’entrée sur scène : à cause de leur fameux communiqué, la salle était bondée – 16,000 personnes curieuses de savoir ce qu’on allait bien pouvoir leur jouer, alors que la semaine précédente on jouait un concert privé devant…. 50 amis :-).
La taille du public, l’énergie incroyable qui venait d’eux dès les premières secondes, le logo du groupe sur l’écran géant que Deep Purple nous avait laissé utiliser, les premiers coups de grosse caisse sur la sono gigantesque… Inoubliable.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Qu’on espère bien que notre album plaira à suffisamment de gens pour jouer bientôt dans les même salles – mais en tête d’affiche :-). Mais avant tout, merci à ceux qui nous soutiennent déjà, et depuis le début. On fait la musique qu’on a envie d’entendre, mais qu’elle plaise autant à d’autres et qu’on puisse connecter avec eux, ça n’a pas de prix.

Merci à Trank d'avoir répondu à notre interview !
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