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Toxi Faktory prépare l'album The Tower Below

Toxi Faktory est un groupe de metal à l’univers atypique, véritable ovni de la scène bordelaise. Le groupe prépare l'album The Tower Below avec le soutien des internautes.

Toxi Faktory

Pouvez-vous nous présenter l'univers de Toxi Faktory et pourquoi tirer une histoire d'un conte malsain ?
L’univers de Toxi Faktory est très inspiré de la science-fiction dystopique. Quand Niko et Tom ont fondé le groupe, ils étaient à fond dans la littérature de ce genre, Huxley et Orwell en tête. De plus, l’aspect assez sombre des dystopies correspondaient bien avec le type de son que l’on voulait créer. Dans notre univers, on retrouve un peu tous les ingrédients présents chez nos auteurs favoris : un futur peu enviable, un climat de guerre, des reconfigurations politiques sous parfum de dictature, des expériences lugubres...

Vous préparez actuellement l'album The Tower Below, peut-on en savoir plus à son sujet ?
Ce deuxième album est l’occasion pour nous de plonger le public un peu plus loin dans notre univers... Massive Lies, notre 1er opus, nous a permis d’aller à la rencontre du public, de planter le décor du monde dystopique que nous avons créé. Avec The Tower Below, nous nous permettons de creuser un peu plus, notamment en prenant le temps de développer l’histoire de chaque personnage. Plus on s’enfonce dans les profondeurs de la Tour, plus on comprend la noirceur des ses propriétaires... Cela se ressent aussi sur notre son, qui tire plus vers le prog que le 1er album ; on s’est autorisé des morceaux plus longs, plus complexes.

Parlez nous du titre Neurodicaïne et de son clip...
Ce titre est une des pierres angulaires du 1er album. Dans l’univers de Toxi Faktory, la Neurodicaïne est la drogue administrée au peuple par le régime, à l’instar du Soma d’Huxley. Au niveau du son, c’est une chanson qui résume à merveille l’éclectisme du groupe : voix alternant entre death et passages rappés, sons de machines, beaucoup de variations de rythmes... Ce titre a par ailleurs été remarqué cette année, puisqu’il sera celui qui nous représente sur la Compil vs Cancer 2019, initiative lancée par le label Composit Music et la Ligue contre le Cancer. Le clip a été réalisé grâce à l’équipe L4AZ qui nous suit depuis quelques temps déjà. Les gars ont fait un gros travail d’urbex sur Bordeaux Métropole, et ont trouvé ce lieu dingue, à moitié en ruine, correspondant pleinement à notre atmosphère dystopique. Pour le reste, on a surtout fait confiance à Oliver Henchley, qui était à la réalisation. Pour un 1er clip, on voulait un truc qui correspondait à notre univers, mais en même temps pas tomber dans le « too much », avec un scénario qui n’aurait pas collé à nos moyens. Il faut savoir que ça s’est fait en mode 100 % DIY, on s’est porté des centaines de kilos de matos sous la pluie, c’était un grand moment ! Maintenant qu’on est vraiment en confiance dans notre travail avec L4AZ, on prépare un truc plus chiadé pour la sortie du deuxième album...

Sur quoi attachez-vous le plus d'importance pour vos nouvelles compositions ?
On s’est pas spécialement fixé de cap pour nos nouveaux morceaux, ça évolue assez naturellement. Comme on le disait tout à l’heure, on s’est autorisé des morceaux qui tirent plus vers le prog, tant en longueur qu’en complexité. On a également créé des morceaux en plusieurs volets liés entre eux. C’est signe qu’avec le temps, on se fait de plus en plus confiance, on arrive mieux à faire émerger nos envies ; tu entendras par exemple des solos de gratte sur cet album, ce qu’il n’y avait pas sur le précédent.

Dans l'histoire de votre album vous imaginez une 3ème guerre mondiale pour 2025. Est-ce que l'actualité et le contexte géo-politique vous influencent pour l'album ?
Ce serait mentir de dire qu’écrire une dystopie n’est pas politique... Mais étant inscrits dans la fiction, on ne se veut pas prisonniers de l’actualité. On écrit une histoire qui fait système, et dont on dévoile des facettes album après album. On a lancé le groupe sous Bush, et aujourd’hui, vu l’état du monde, que la moitié de la planète soit à feu et à sang dans moins de 20 ans n’est malheureusement pas une thèse totalement farfelue... C’est ce qu’il s’est passé avec 1984 : à l’époque c’était vu comme de la pure science-fiction, et moins de 100 ans plus tard, la plupart des éléments du bouquin sont entrés dans nos vies... C’est aussi là le rôle d’une dystopie, pouvoir porter un message, au-delà des étiquettes politiques du moment : « hé, les gars, il faut qu’on se bouge pour que le monde qu’on dépeint dans nos albums reste une fiction »...

Le précédent album nous plongeait déjà dans le futur ; c'est quelque chose qui vous plaît de vous immerger dans l'avenir ?
C’est le principe même d’une dystopie que de s’immerger dans un avenir imaginaire. L’histoire du groupe est donc fondamentalement liée à cela. Ce qui est bien avec la fiction, c’est qu’on peut l’amener où on veut. Nous faisons donc un gros travail d’écriture et de graphisme pour dépeindre notre univers, et le faire évoluer ensemble, au-delà des textes des chansons. Plusieurs chantiers sont en cours là-dessus : développement d’une page secondaire détaillant l’univers et les histoires cachées derrière chaque titre, publication d’une nouvelle sous un format original, etc... Ce travail s’inscrit dans la continuité de notre 1er album, nous continuons de développer l’histoire que le public a découvert dans Massive Lies.

Pourquoi travailler avec des acteurs locaux est important pour votre projet artistique ?
S’il y a bien une chose dont on s’est rendu compte au fil des années, c’est que la musique est une histoire de rencontres. Ça peut paraître convenu de dire ça, mais quand tu tournes depuis longtemps et que ce n’est pas ton métier, au-delà du projet, c’est des souvenirs que tu veux emporter avec toi. Dans l’ensemble, on peut dire qu’on partage quelque chose de plus avec chacune des personnes qui nous accompagne dans ce projet, que ce soit des ami.e.s ou des personnes que l’on croise de longue date. Et puis, il y a aussi un aspect locavore ; à quoi bon commander des cymbales sur internet quand la meilleure fabricante française [Aylin Cymbals] habite à 10 minutes de chez toi !

Comment appréhendez-vous les enregistrements en studio ?
Pour nous, le travail en studio commence en amont. En effet, la complexité de nos morceaux, notamment en termes de changements de rythmes, nous impose de préparer des pistes clic propres à chaque titre. Pour ce qui est des batteries et des voix, nous travaillons avec Romain Sarrat du studio Rec’n’Roll, qui nous connaît bien pour nous avoir sonorisé plusieurs fois en concert par le passé. Pour le reste, on fait tout avec Maxime Fieux (aka Ari), notre sondier, au home-studio L4AZ. On a finalement une approche assez expérimentale du studio, on se guide mutuellement pour se laisser une part d’apport de touches personnelles, que l’on valide ensemble par la suite. Étant donné qu’on est un groupe plutôt taillé pour la scène, il nous paraissait important de garder une part « vivante » dans le travail de studio.

En quoi le financement participatif que vous réalisez vous sera utile et quel serait l'argument pour vous aider ?
Même si ce n’est pas très original, il est important de rappeler que de plus en plus, sortir un album pour un groupe lorsqu’on n’est pas soutenu par un label relève du parcours du combattant. Dans ce contexte, il est primordial de se sentir soutenu par son public. Et l’impact n’est pas que financier ; quand on voit tous les commentaires que les gens nous laissent sur la page du projet, ça nous met du baume au cœur, ça rebooste. Si on devait trouver des arguments pour nous aider, on pourrait déjà dire qu’on s’est financé une partie du projet sur nos propres deniers, une manière de montrer qu’on ne fait pas tout reposer sur notre public, qu’on est vraiment investis. Enfin, une contribution sur notre projet, c’est l’assurance de repartir avec une contrepartie intéressante : dès la plus petite contribution, tu repars avec l’album en format numérique. C’est très important pour nous de remercier les gens qui nous soutiennent en amont.

Vous pouvez soutenir l'album The Tower Below de Toxi Faktory sur Ulule.

 

Peut-on en savoir plus sur la partie visuelle et l'artwork prévue pour l'album The Tower Below ?
Pour cette pochette, on a choisi de travailler avec l’artiste bordelaise Mo is Red, dont on admire pas mal le travail. On ne veut pas trop en dévoiler pour le moment, mais le titre de l’album parle de lui-même... Il va falloir s’attendre à quelque chose d’assez souterrain, assez sombre. C’est ce que vient également appuyer le shooting réalisé par Les Focus d’Emilie et Coulphil, grâce notamment à un travail d’urbex dans la lignée de notre 1er clip. Après la sortie de l’album, nous allons continuer à agrémenter chacune de nos chansons de graphismes sur notre page secondaire, comme nous l’avions fait pour le 1er album, afin de donner des clés supplémentaires à notre public pour entrer dans notre monde.

Une anecdote à nous donner sur Toxi Faktory ?
Lors d’un concert, un programmateur avait mentionné « hard-rock / punk » au lieu de « metal » pour notre style. Cela avait déjà suffit à nous faire rire, mais le quotidien régional l’a transformé en « hard-rock / funk », ce qui nous a fait taper des bonnes barres en imaginant la surprise d’une horde de « pattes d’eph » devant notre set endiablé !

Comment ressentez-vous la scène et où aimeriez-vous vous produire en concert ?
Toxi Faktory est typiquement un groupe de live. On essaie vraiment d’emporter le public avec nous dans notre univers. Cela passe par beaucoup de détails : le maquillage, les tenues, le jeu de scène, les décors, mais aussi depuis quelques temps le somptueux travail de lumière mené par L4AZ en la personne d’Oliver Henchley. Tous ces éléments, ajoutés à une énergie de morts de faim, fait que nos sets ne laissent pas le public indifférent ! Pour ce qui est des endroits où on aimerait se produire, la réponse est simple : partout ! Étant de Bordeaux, on a pour l’instant réussi à toucher la diagonale ouest de la France, de Marseille à la Bretagne. Il manque la capitale à notre compteur... Beaucoup de groupes proches nous parlent également de l’Allemagne qu’on lorgne avec intérêt, et bien sûr, le Hellfest, l’adoubement de tout groupe de metal français qui se respecte !

En quoi le fait de faire des scènes avec d'autres artistes est important pour votre groupe ?
On se répète un peu, mais pour nous l’aspect humain est primordial dans ce que l’on fait. On croise des gens du milieu depuis plus de 10 ans, certains sont devenus des amis, il y a eu des interactions avec d’autres qui ont donné lieu à certains de nos side-projects... Tout ça crée une émulation, et au-delà, un plaisir de se retrouver. C’est aussi très formateur... Il n’y a pas de conservatoire metal, du coup, c’est un style où tu apprends beaucoup par l’échange et l’observation des autres.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
On est arrivé à un stade du groupe où expérience et motivation sont au paroxysme ! On meurt d’envie de présenter notre travail et de conquérir un nouveau public avec la sortie de The Tower Below et la tournée qui s’en suivra. Un grand merci à vous de mettre en lumière un style encore trop minimisé en France !

Merci à Toxi Faktory d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez également le groupe sur Facebook.

Toxi Faktory - Neurodicaïne [OFFICIAL VIDEO]

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