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Tout va bien pour l'album de Mauvais...

Mauvais sort vaille que vaille son nouvel album. Parce que tout doit aller mieux, tout doit aller bien, le plus vite possible. Découvrez Tout va bien.

Mauvais - Tout va bien

Pouvez-vous nous présenter l'album Tout va bien et son univers ?
Calo : Un album d’avant le confinement qu’on a fait confinés avec un regard à travers l’actualité et l’agitation du monde qui nous entoure... Un album qui parle du couple, de la paternité, du passé et de la société avec un regard qu’on attend pas forcément... Jamais moralisateur, plutôt optimiste... Tout ira bien puisque tout va bien.
Christophe : En général, dans les films d’aventures, quand rien ne va, le héros dit que tout va bien. C’est donc plus un message d’espoir qu’un constat. Ca serait très redondant de dire que rien ne va ou de chanter ce qui ne va pas. Il me semble que tout le monde est au courant. C’est aussi une volonté de faire bonne figure, comme dans ces réceptions où personne n’a envie d’être là mais affiche un grand sourire. On a voulu présenter une collection de chansons qui s’adressent à tout le monde. D’ailleurs, à la base, on prévoyait d’appeler l’album Chansons pour tout le monde. Ce sont surtout des sentiments, des préoccupations humaines.

C'est pas un peu contradictoire de s'appeler Mauvais et de sortir un projet qui s'appelle Tout va bien ? Surtout en pleine pandémie de Coronavirus...
Christophe : Nous savions en réalisant cet album que tout irait mal à sa sortie puisque tout allait déjà mal. Nous aurions préféré que tout aille bien mais malheureusement ce n’est pas nous qui prenons les décisions. Nous, on s’appelle Mauvais par souci d’honnêteté. Il y a tellement de bonnes musiques, d’auteurs tellement magnifiques, on n’oserait pas s’y mesurer. Est-ce contradictoire ? Vous aimez bien tout ce qui est bon ? C’est très mauvais.
Calo : Nous revendiquons ce côté Mauvais dans la faculté à observer les choses aller comme elles vont, en s’en amusant... Le coronavirus est un empêcheur d’aller, mais aussi une respiration salutaire pour ceux qui sauront l’analyser avec intelligence et sagesse... Comme un miroir qu’on nous a mis soudainement devant les yeux alors qu’on était occupés à parfaire notre politique de l’autruche... Mauvais aime les réalisations tangibles plus que les êtres qui s’aiment pour leurs invisibles réalisations... Cela vaut autant pour les égocentriques du monde moderne que pour les dirigeants qui ne rendent concrètes que très peu de leurs promesses.
Christophe : En ce moment tout le monde tend à se trouver tellement génial. Nous, on pose ça là. Il n’y avait pas de sens à reculer la sortie de cet album. On savait qu’il serait peu médiatisé quelle que soit la période et puis, autant le sortir avant l’apocalypse. Quel est le sens de sortir un album aujourd’hui ? Aller au bout du processus avec panache nous semble une bonne idée.

Comment choisissez-vous les thèmes de vos compositions et sont-elles tirées de faits réels ?
Calo : Les thèmes sont souvent la suite logique de nos discussions sur la vie et le monde en général... Ils sont le prolongement sous forme de chansons de qui nous sommes...
Christophe : Pour ce qui est des paroles, elles sont directement inspirées par la musique et viennent d’on ne sait où. J’essaye toujours avant tout de toucher les autres Mauvais. Si je sens que je touche une corde sensible, je tire dessus et déroule la pelote. Le fait est qu’elles racontent notre époque et l’air du temps sans trop se préoccuper d’effets de mode. Les thèmes sont très universels : la mort, le temps qui passe, la dépression, le suicide, l’incommunicabilité... C’est affreux tout ça. Le tout, et c’est là que ça devient amusant, est de trouver des angles un peu originaux. Je pars de mes émotions pour en faire une belle boule avec laquelle chacun pourra jouer. Comme des petits chats.

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale ?
Calo : la partie instrumentale est un savant mélange de savoir-faire acquis par chacun et une exploration perpétuelle de l’inconnu... On est immanquablement ancrés dans des sons qu’on a déjà entendus mais Mauvais s’attache à des instrumentations qui parfois peuvent sembler absconses... C’est notre adn.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
Patrick : Pour la majeure partie, les enregistrements ont été réalisés chez moi. Nous nous sommes efforcés de nous y réunir une fois par semaine afin d’y enregistrer toutes les idées qui nous passaient par la tête. Du coup, comme on n’avait aucune réelle échéance, cela nous a permis d’aller au plus loin de nos expériences quitte à faire quelques fois marche arrière. C’était top !!!
Le résultat est que nous sommes assez fiers d’avoir enregistré les plus Mauvaises de nos envies.
Calo : Comme une théorie des dominos à l’envers, une idée en fait apparaître une autre...
Christophe : Un jour d’été, on a eu la surprise de voir France Cartigny à la porte du studio. Nous lui avions proposé de venir chanter avec nous et elle a accepté ! Elle est venue en train. Tout ça semble fou aujourd’hui mais à l’époque il était possible de se déplacer. C’est une chanteuse remarquable et je vous conseille d’écouter ses albums. Mais vraiment.

Mais au fait dans le groupe Mauvais, qui est le plus mauvais ?
Calo : Pas moi !
Patrick : Je vais tenter une réponse de politicien : Tout d’abord, je tiens à vous remercier pour votre question... Pour ma part, je ne sais pas qui est le plus mauvais de nous trois, mais je suis sûr d’être le moins Mauvais ;-).
Christophe : Je suis d’accord avec Patrick. Bien au contraire.

Peut-on en savoir plus sur le titre Constantin et d'où est tiré son histoire ?
Christophe : Ça parle de l’acteur Michel Constantin. Icône du cinéma français des années 70. D’un certain art de vivre. Totalement à l’opposé du star système et pourtant très populaire. C’est quelque chose qui n’existe plus trop aujourd’hui ça. Le texte glisse énormément de références à la vie de l’acteur, ses films, ses passions. C’était aussi un grand sportif.
En filigrane, ça aborde la question de la mort des gens qu’on aime, de continuer à vivre sans eux, du manque.

Est-il possible de nous parler du clip de Constantin et en quoi la vidéo est importante en musique selon vous ?
Christophe : Compter les jours est une idée de Calo, avant le confinement, il faut le dire. Ensuite, l’idée était de faire simple et sobre. Faire des clips est indispensable parce que c’est un média facile à partager. On peut filmer un pot de chambre ou une saucisse mais il faut une image.

Quels ont été vos choix pour l'artwork de Tout va bien ?
Christophe : J’ai un livre de Steve Michiels (Cahiers de vacances, FRMK éditions) et c’est un des livres les plus désopilants que je connaisse. J’adore son univers graphique et son humour très particulier, vraiment pince-sans-rire. Dans le livre, il y a les deux dessins qui illustrent l’album. On lui a demandé si on pouvait les utiliser et il a accepté. C’est un grand dessinateur dans la presse néerlandophone. Je trouve ça bien qu’il fasse rire aussi les francophones. Ça ne se voit pas mais les francophones aiment aussi rigoler de temps en temps. Il n’y a pas que le travail qui nous obsède.

Une indiscrétion ou une anecdote à nous raconter sur votre album ?
Christophe : En studio, pour le mixage, avec Laurent Eyen, nous nous sommes retrouvés stupides devant deux prises de guitares qui n’allaient pas du tout ensemble. S’en sont suivies deux heures de palabres devant des saucisses sèches à se demander comment une telle débacle était possible. Quand il ne restait plus de saucisses, on s’est rendu compte que lors de l’enregistrement, un an plus tôt, l’idée était d’en mettre une à gauche et l’autre à droite (des guitares pas des saucisses), et que l’effet produit était splendide. Nous vous conseillons de manger des saucisses pour résoudre vos problèmes.

Si c'est Mauvais, quelle est votre astuce pour que "Tout aille bien" ?
Calo : Savoir qu’on trouvera toujours des oreilles sensibles à notre discours... Nous ne sommes pas les seuls Mauvais... On en est certains.
Christophe : De manger des saucisses.

A défaut de pouvoir vous retrouver sur scène, quel est le meilleur souvenir d'un concert que vous avez pu donner ?
Christophe : Pour ma part un concert à Bruxelles où tout le public s’est mis à chanter et à danser. Ils n’avaient rien de mieux à faire.
Calo : D’avoir chanté « rends l’argent » dans les chœurs de « Trop vite et sans pitié » face à un politicien qui venait d’être mis en cause dans le cadre d’un usage abusif de deniers publics... La sonorisation du lieu était tellement désastreuse qu’il n’a rien entendu...
Christophe : Lors de ce même concert, nous avons inauguré l’auto-rappel. Il s’agit de s’auto-réclamer de retour sur scène.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Christophe : On a fait pour un mieux, du mieux qu’on a pu. On sait qu’on n’est pas des génies mais on a essayé de donner notre maximum. Le mieux est d’écouter ce disque comme si c’était le premier album de l’univers post-saucisses. Avec un cœur pur et des oreilles bien lavées.

Merci à Mauvais d'avoir répondu à notre interview !
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MAUVAIS : CONSTANTIN

Musique interview

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