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Thomas Parth présente son EP Dirty

Rédaction Divertir Par Le lundi, 21 décembre 2020 à 17:13 0

Dans Culturel

Thomas Parth signe avec Dirty un hommage au rock des 90's et ses ambiances lourdes, mélancoliques, nerveuses, aériennes et électriques. Enfant de Radiohead, Soundgarden, Nirvana, Pixies, Sonic Youth... Il nourrit aujourd'hui de ses propres mains et de sa propre voix ce rock qui l'a vu grandir.

Thomas Parth - Dirty

D'où vient votre passion pour la musique et quel est votre parcours ?
C’est difficile de dire exactement d’où elle vient. Mon père écoutait Neil Young, Simon and Garfunkel, Leonard Cohen et j’ai accroché très jeune à ce son d’instrument brut et à l’émotion que dégage le rock. Puis des potes d’école m’ont fait découvrir Supertramp et Les Doors et je crois que tout est parti de là ensuite.
J’ai eu plusieurs groupe « garage », puis un jour j’ai décidé de continuer mon parcours en faisant la musique que j’aime à 100%, sans concession et de la faire écouter ensuite à des musiciens pour qu’ils m’accompagnent sur scène. J’ai fait un premier Ep il y a 2 ans, qui m’a valu pas mal de passages radio rock indé, et pour cet Ep, j’ai fait les choses en mieux, avec plus de moyens, plus de temps (le confinement aidant), et mieux entouré. C’est le projet dont je suis le plus fier jusqu’à présent.

Quelles sont vos influences et qu'appréciez-vous dans le rock des années 90 ?
Mes influences majeures sont Radiohead, Buckley et toute la scène grunge (Soundgarden, Nirvana, Pearl jam, Sonic Youth etc...). Mais j’écoute aussi énormément de rock 80 comme Supertamp, Police... et puis bien sûr les fondations : Beatles, Doors, Led Zeppelin...
Le rock 90’s a ces sonorités brutes, sans filet, parfois un peu crades même. Il y a quelque chose de très « libre » « organique ». On sent qu’on est sur la fin d’une ère musicale pas encore trop formatée. Les chanteurs ont des voix incroyables, les titres sont très lourds, énergiques, mélancoliques. Rien n’est fade. C’est une explosion d’émotions sur chaque album. C’est l’époque où il n’était pas vital d’être un virtuose sur son instrument. Seule l’émotion comptait. J’aime particulièrement ce rock qui alterne les passages calmes et les grosses distos qui réveillent une certaine rage en nous.

Pouvez-vous nous présenter votre EP Dirty et son univers ?
Dirty parle de liberté d’être. 4 titres rock alternatifs autours de ce sujet. La liberté de sortir de sa zone de confort, de sortir du chemin traditionnel que notre éducation nous impose. Sans tomber dans l’illégalité attention, mais un peu quand même. Ne pas être néfastes pour les autres mais ne pas se brider inutilement aussi. Etre moins « propre » moins « lisse ». Laisser parler ses émotions dans la joie comme dans la tristesse. Ne pas oublier l’enfant qu’on a été, avec sa vision, ses délires, ses rêve, sa désinvolture.
C’est un EP produit dans l’esprit de Steve Albini (Nirvana, Pixies...). Très brut.

Comment composez-vous et dans quelles conditions ?
Je compose seul dans un premier temps. Je commence par la musique avec une guitare sèche. J’essaie de trouver des suites d’accords qui me parlent, qui me mettent dans une émotion. Puis je cherche naturellement la ligne mélodique à la voix. Une fois que j’ai ça, j’habille le titre avec les instruments. Puis je fais écouter à mon meilleur pote avec qui j’ai fait de la musique toute ma vie et qui me connait par coeur. Son avis est très important puisqu’à un moment donné, j’estime ne plus avoir de recul suffisant. Puis j’essaie de réfléchir plus précisément le titre, je change la structure, je reviens, j’efface, je recommence, jusqu’à trouver la formule qui me parle le plus.

Qu'est ce qui vous a motivé à écrire vos textes en anglais ?
J’ai grandi en écoutant Noir Désir, Eiffel, Miossec mais aussi Jonasz, Souchon... Je ne me sens pas la plume assez forte pour le moment. Puis le rock 90’s sonne anglais pour moi. Le faire autrement ne serait pas naturel à mes oreilles.

Qu'avez-vous souhaité apporter au niveau des sonorités dans cet album ?
Des ambiances aériennes avec des accords moins communs et des nappes ambiantes comme Radiohead sait les faire. Des distorsions crachant qui débordent un peu. Des voix posées puis lâchées. Juste batterie/basse/guitare/voix. J’ai pensé cet Ep comme il doit être sur scène. Brut. Direct.

Parlez-nous du titre Sweet fever et de son clip...
Sweet Fever c’est la douce fièvre. Celle qui nous chauffe et nous fait du bien. L’excitation, l’envie de casser les murs, de crier, de vivre comme bon nous semble. La fièvre qui vient bruler notre frustration quotidienne.
J’ai fait le clip moi même avec des images de live entre autres. Je voulais donner ce sentiment d’urgence, de précipitation, d’images saccadées, de nervosité. De vie !

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
Tout s’est fait à distance, crise sanitaire obligeant. J’ai enregistré les guitares /basses /voix dans mon studio puis j’ai envoyé tout ça à Antony Soler du « Studio Panda Paris » qui a enregistré les batteries et quelques claviers. Puis il a retraité le son, mixé et masterisé l’ensemble. Ca a demandé beaucoup d’échange en « télétravail » si je puis dire.
Beaucoup de prise à refaire, d’équilibre à revoir pour être sur de ne rien regretter à la fin.
Beaucoup de retour en arrière, de test parfois concluant, parfois non. Un gros travail de la part d’Antony qui a su être réactif et efficace malgré des conditions très particulières puisqu’habituellement tout se fait en direct par la voix et dans la même pièce !

Cet EP a été autoproduit sans faire appel à un crowdfounding. N'est ce pas trop compliqué de financer et de faire connaître sa musique sans passer par des labels ?
Je n’ai pas souhaité faire de crowdfounding en effet. Je n’adhère plus à ce principe aujourd’hui. Je l’ai financé seul en investissant dans l’essentiel et en demandant des coups de main plutôt que de l’argent.
Quand à faire connaitre sa musique, je commence à envoyer l’ep à des radios, des webmag comme « Divertir », des groupes de rock actifs en vue d’une diffusion, chronique, plateau scène... Je suis également sur toutes les plateformes de téléchargement et sur mon Bandcamp où l’EP est à prix libre et en écoute intégrale. La période est très compliquée pour du live mais elle n’empêche pas à la musique d’exister.

Que souhaitez-vous apporter au public avec l'EP Dirty ?
Du bien être. Un retour à une époque où on prenait le temps de se concentrer sur un album à l’arrêt de bus plutôt que de garder la tête baissée sur son iPhone. Une nostalgie pour les moins jeunes, une découverte des bases pour les autres. Voila le rock qu’on faisait avant que toute l’industrie soit chamboulée. Voila qui étaient les pionniers du grunge, ceux qui nous ont démontré qu’on pouvait briller juste avec 3 accords et du feu en soi ! Les inciter à aller les découvrir à travers mon projet. Car ce projet est simple dans tous ses aspects. Mais il a le goût d’un rêve de gosse qui décide un jour de le concrétiser quelques soient les moyens à dispositions. On devrait tous faire ça.

Peut-on en savoir plus sur vos choix pour l'artwork de l'EP ?
Pour rester dans la cohérence du projet, je l’ai fait seul aussi. Une photo sympa, un logiciel de retouche et c’est tout. J’imaginais quelque chose se sombre et légèrement déformé mais avec une certaine confiance en soi et un léger cynisme dans le regard. C’est comme ça que je perçois le coté « Dirty »

Avez-vous une indiscrétion ou une anecdote à nous raconter ?
Sweet Fever a failli ne jamais exister. Le riff claquant du début était la 3ème partie d’un autre titre finalement très ennuyeux et assez long. Dans l’esprit Paranoid Android de Radiohead... mais en mauvais :). Mon meilleur pote l’a écouté et m’a dit « moue bof... j’accroche pas. » et puis il est allé quand même jusqu’au bout du titre et arrivé à la dernière partie il a ajouté « Le riff de la 3ème partie est une tuerie !!! ». Et là j’ai pris conscience qu’il avait raison en effet, et j’ai refait tout le titre là dessus.

Comment ressentez-vous la scène et n'êtes-vous pas trop frustré de ne pas faire deconcerts actuellement ?
Frustré, pressé... Mais pour le moment tout le travail autours de l’EP me plait. J’en apprends tous les jours. Chaque mise en avant d’une radio ou d’un Mag est une victoire et s’inscrit totalement dans le parcours de Dirty. En parfaite indépendance. En janvier j’envisage une captation studio live des titres, en version unplugged façon Mtv car là aussi on parle de la bible ! Et puis je commence déjà à travailler sur le clip du prochain titre que je voudrais dans un tout autre style : Image beaucoup plus nettes, décors fixe, maquillage...

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Déjà vous remercier de donner une chance aux artistes indés d’exister.
Et cette phrase de Rosa Montero : "L'enfance est un lieu auquel on ne retourne pas mais qu'en réalité on ne quitte jamais."

Merci à Thomas Parth d'avoir répondu à notre interview !
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THOMAS PARTH - SWEET FEVER

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