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The Celtic social club : l'album Dancing or dying ?

Maxime Lopes Par Le samedi, 13 novembre 2021 à 20:51 0

Dans Culturel

The Celtic social club présente l'album Dancing or dying ?, préparé en plein confinement suite à l'arrêt de leur tournée de concerts.

The Celtic social club - Dancing or dying

Stoppés net en pleine tournée française et anglaise par l'épidémie de Covid, The Celtic social club s'est aussitôt jeté dans l'écriture et l'enregistrement de ce qui va devenir son quatrième album. Conjurant l'absence et la distance, les sept franco-irlandais ont patiemment bâti, depuis leur home-studio respectif, ces douze titres qui sont certainement, à ce jour, les plus libres, élégants et aboutis de leur discographie. À grands coups d'énergie rock, de mélodie pop et de féérie folk, bien loin des clichés dont souffrent en France les musiques celtes, Dancing or dying ? est simplement le grand disque d'un groupe imposant un son, un style et un nom.

Interview

Avec Goulven Hamel (guitares électriques et acoustiques, mandoline, banjo et irish bouzouki)

Pouvez-vous nous présenter votre album Dancing or dying et son univers ?
Dancing or dying ? est le quatrième album studio du Celtic social club. Il est sorti en France début octobre et sera suivi d'une tournée qui débutera en France en janvier 2022.
Comme la plupart des disques qui sortent en ce moment, cet album est difficilement séparable du contexte de l'épidémie de Covid, qui a influencé la méthode d'enregistrement comme les thèmes abordés dans les textes et les compositions. C'est un album majoritairement solaire et énergique, qui fait sans doute ressortir pour la première fois sur la longueur nos influences « pop », Beatles en tête, et les sons que nous écoutions dans les années 1980, sans être pour autant rétro ou nostalgique. Même si nous ne sommes pas les mieux placés pour décrire notre musique, je pense que c'est un album plutôt joyeux et positif dans les rythmes et les mélodies.
Un album à la couleur très « british », même s'il a été mixé à New-York. Et un album qui pousse assez loin l'esthétique que nous avons mise en place au fil des années au sein du Celtic social club, dans cette vision contemporaine des musiques celtes.

Comment le Covid-19 a-t-il affecté la préparation de cet album ?
On peut dire que le Covid-19 est au cœur de l'album. D'abord parce que l'épidémie nous a fauché au mois de mars 2019 en pleine entame de la deuxième partie de la tournée de notre précédent album, From babylon to avalon. Nous avions un planning bien rempli, avec notamment plein de festivals et de dates en Angleterre. Passés les premiers jours de sidération, nous nous sommes tout de suite mis au travail sur de nouvelles chansons. Sans doute à la fois pour supporter l'enfermement et avoir la sensation de rester vivants dans notre métier. C'est en tout cas le choix qui a été fait très vite, celui de se concentrer sur l'écriture, l'arrangement et la production, plutôt que d'enchaîner les « live Facebook ». Nous avons en fait radicalisé, un peu contraints et de force, les techniques que nous avions mises en place depuis déjà quelques disques, à savoir un travail à distance puisque nous ne vivons pas au même endroit et sommes même plutôt dispersés sur le territoire. Donc, les mécanismes étaient déjà en place, avec une habitude de se servir d'internet et des possibilités de nos « home studios » respectifs pour proposer des chansons, des idées, des arrangements.
Dancing or dying ? représente donc des centaines d'aller-retour de fichiers entre le Poitou, la Bretagne et le Nord de l'Angleterre, des centaines d'heures de travail qui s'accumulaient quotidiennement autour de ce qui allait devenir les douze chansons de ce disque. En résumé, les fichiers étaient centralisés à Niort, sur l'ordinateur de Manu Masko (batterie), qui prend en charge depuis le début toute la partie production de nos albums... et qui a franchement travaillé comme un dingue sur celui-là !

N'est ce pas trop compliqué de préparer un album à distance quand des membres sont en France et en Irlande ?
À l'heure actuelle, avec toutes les possibilités d'internet et des réseaux de communication, franchement, non. En tout cas, ce n'est pas plus compliqué que si Dan habitait à Charleville-Mézières ou à Marseille, plutôt qu'à Newcastle. Ensuite, hors de la dimension purement technique et du fait qu'on puisse échanger et se parler, la distance physique a été un vrai problème à gérer. Nous nous sommes retrouvés à Rennes tous ensemble en septembre pour une séance photo avec Richard Dumas, et c'était la première fois que le Celtic social club était réuni physiquement depuis presque deux ans... Incroyable. Imaginez quand même qu'on passait énormément de temps ensemble, sur la route, en voyage et sur les scènes, tout au long de l'année en temps normal. Alors, oui, humainement, physiquement, le fait de ne pas pouvoir, pendant si longtemps, se retrouver simplement autour d'un verre pour dire des conneries a été compliqué.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental ?
Nous avons notre palette de couleurs instrumentales depuis longtemps avec The Celtic social club. À savoir, une batterie, une basse, un washboard, un harmonica, plein de guitares acoustiques, électriques et d'autres trucs à cordes (banjo, mandoline, bouzouki), un violon, un uilleann pipe (soit une cornemuse irlandaise) et des flûtes irlandaises (tin et low whistle). Nous travaillons avec et autour de ces différents instruments. Ensuite, ce n'est absolument pas restrictif. Nous nous autorisons sur les albums studio et depuis le début, d'autres choses, dans les arrangements, les sons, les invités... En dehors des différents claviers et de l'accordéon, Dancing or dying ? a encore fait bouger les choses de ce côté-là. Sur certaines chansons, nous avons, pour le première fois, une chorale gospel (le Sankofa Unit), des trombonnes à coulisses (Sébastien Orzan), une voix parlée en gaëlique (Desi Donnelly, le père de Dan). Parfois, nous gérons nous-mêmes ces apports (notamment Manu pour les claviers et les orgues). Parfois, ce sont nos camarades de la galaxie du Celtic social club, comme le new-yorkais Roy Harter (piano, claviers, accordéon) ou Céline Rivaud (violon) qui joue parfois avec nous sur scène. Les choix se font à la fois en fonction de chaque chanson et des arrangements qu'elles nous inspirent, et de la tonalité générale de l'album qui se dessine peu à peu. Ici, clairement, la référence aux Beatles a ouvert le spectre sonore et harmonique sur l'utilisation des cuivres en section. Il n'y a pas de réel plan de bataille au départ. Les choses se font, s'affirment et s'affinent au fur et mesure. Même si le temps que nous avons eu à disposition pour Dancing or dying ? a été largement mis à profit pour tenter des choses, essayer et revenir quatre cents fois sur un morceau si l'arrangement ne nous semblait pas encore abouti.

Dans quelle ambiance se sont passés les enregistrements en studio ?
Il n'y a pas eu de séances d'enregistrement studio pour ce disque qui a entièrement été fait à distance. Nous avons chacun travaillé dans nos « home studio » respectifs, à cause du Covid, et ce, pour la première fois dans la carrière du groupe. Je le redis, Dancing or dying ? est vraiment un album de confinement. Nous avons seulement utilisé dès que possible, pour
certaines guitares, batterie et harmonica, le studio de Richard Puaud (basse) à Poitiers. Et donc, bien sûr, pour ce son incroyable de basse que nous avons sur l'album et qui reste un des puissants marqueurs du son de la rythmique de l'album.

En quoi l'album Dancing or dying est important et que souhaitez-vous procurer au public ?
Au vu de la somme de travail et d'investissement individuel et collectif, chaque nouvel album qui sort est évidemment très important. Au-delà même de l'aspect strictement musical, artistique, il y a également tout l'aspect management qui va avec une sortie : la promo et les attachés de presse, les budgets, les relations avec les labels et les éditeurs, la préparation de la tournée...
Dans cette gestion globale, Dancing or dying ? est à la fois dans la lignée du précédent, avec notamment une sortie au Royaume-Uni en début d'année prochaine, et différent dans les enjeux post-covid dans le fait que nous avons créé notre propre structure et label, 125
HARLEM, pour le produire et le sortir. D'autres dynamiques sont à l'œuvre en Angleterre et en
Irlande. Bref, tout une série de partenariats dans cette équipe élargie autour du Celtic social club qui permet au groupe de grandir à chaque album, d'avancer, de progresser, de relever de nouveaux défis et enjeux. Donc, Dancing or dying ? est un album très important pour nous, d'autant que je pense personnellement que c'est notre meilleur, le plus abouti et cohérent dans l'esthétique... Et ça tombe bien, c'est notre petit nouveau ! Pour la suite de votre question, on ne se pose justement jamais la question du « public » au moment de faire les choses, lorsqu'on est dans le processus créatif. Ensuite, bien sûr, une fois passée l'étape finale du mastering, c'est à dire quand tout est définitivement calé musicalement et gravé dans le plastique ou le vinyle avec le tracklisting, l'album va enfin vivre sa vie dans d'autres oreilles que les nôtres. Et on souhaite évidemment que l'album plaise, qu'il fasse battre du pied, chanter les refrains, qu'il procure énergie et joie, qu'il émeuve aussi sur les morceaux plus émotionnels.
Bref, qu'il fasse son boulot de « musique » dans le quotidien de ceux qui l'ont acheté.

Parlez nous du titre For real et de son clip...
Je crois que c'est un des premiers titres que nous avons travaillés pour l'album. Il a connu pas mal de mutations et d'évolutions avant d'arriver à cette version très pop et catchy, avec son violon très Dexys Midnight Runners et cet univers siglé Beatles. C'est une tranche d'optimisme brut au son délibérément pop avec un texte très positif et volontariste de Dan qui proclame haut et fort que, lorsqu'il faudra se remettre au boulot, nous serons prêts pour de vrai (for real) ! Les paroles expriment ce vœu de tout faire avec enthousiasme, et de le faire le mieux possible. Une manière de réévaluer et de réaffirmer la vie, de redire qu'elle est faite pour les vivants et que chaque jour compte. Cette chanson est le premier single à être sorti, en mai, en France et en Angleterre. Le clip de For real a été pensé et réalisé par notre équipe londonienne, par Andy Bolter, qui avait déjà fait le magnifique clip dessiné de I'm free sur le précédent album, et qui a pris en charge avec Ross Peet tout le graphisme du nouvel album. Le comédien Harry Mcilroy, qui fait le « monsieur météo » du clip, est également celui qui est en photo sur la pochette. L'actrice Wendy Morgan joue la journaliste. C'est vraiment une idée d'Andy, qui a réussi par ce procédé à faire vivre le groupe alors que nous ne pouvions nous rendre en Angleterre. Seul Dan a pu se rendre à Londres pour le tournage. Évidemment, en parallèle du texte de la chanson, le clip dénonce les « TV news » à l'américaine, toutes ces avalanches continues de nouvelles qui peuvent faire basculer des pays entiers, comme on l'a vu sous l'air Trump aux États-Unis. Donc, oui, clairement, il y a un petit contenu politique en arrière plan, mais cet humour second degré dont les anglais ont le secret. Andy nous a fait énormément progresser dans notre approche visuel du groupe. Si le logo du Celtic social club reste évidemment au cœur de la communication et de l'ancrage graphique du groupe, Andy nous a emmenés ailleurs, peut-être vers quelque chose de plus contemporain. En tout cas, nous sommes fiers et ravis de son travail sur ce disque et sur toutes les déclinaisons qui vont se faire !

Une anecdote ou une indiscrétion à nous donner sur Dancing or dying ?
Peut être simplement que vous seriez hallucinés, ou effrayés, du nombre de version qui ont existé de certaines chansons, notamment sur un titre comme The elder man... Nous avons toujours été de grands malades sur le travail et les arrangements. Mais là, avec le temps offert par le confinement, nous avons atteint des sommets !

Quelle relation entretenez-vous avec votre public et quelle place occupent les réseaux sociaux ?
D'abord que nous sommes impatients de rejouer et de retrouver notre public. Et aussi d'en convaincre d'autres de la valeur du groupe. Nous essayons d'avoir une relation privilégiée avec lui. En concert, en nous retrouvant systématiquement avec lui dès la fin du show au stand merchandising pour des temps d'échanges qui sont toujours des moments précieux. Sur les réseaux, que ce soit facebook, instragram ou notre site, nous sommes également très présents.
Nous avons également mis en place depuis quelques mois un « club » destiné à nos fans, un genre de « salon privé », qui nous permet des temps d'échanges particuliers et plus intimes en vision ou en vidéo, avec des accès privilégiés à la vie du groupe, à son travail, à notre merchandising. Nous avons notamment fait plusieurs séries de très beaux tee-shirts en édition limitée. Bref, notre « public » fait absolument partie de la vie du groupe au quotidien et nous essayons de lui apporter le maximum de soin et d'attention. Ce sont ces gens qui nous suivent qui assurent la vie et la longévité du groupe. Nous savons pourquoi nous faisons de la musique.
Aucun intérêt à nos âges de faire des disques qui ne seraient pas écoutés et des concerts où personne ne viendrait. Personnellement, une de mes grandes fiertés de ces dernières années est de voir des gens avec la banane et les yeux pétillants d'énergie après un concert de The Celtic social club. Je me dis alors que c'est ma juste place de musicien dans ce monde, avec cette redoutable machine à énergie rock'n roll qu'est ce groupe en scène.

Pouvez-vous nous rassurer sur le fait que vous n'êtes pas mort et que l'on pourra bientôt vous retrouver sur scène pour danser ?
J'aurais même tendance à dire que nous n'avons jamais été aussi vivants, que nous avons faim. Que nous sommes même affamés après tous ces longs mois sans faire de concert, sans jouer ensemble. C'est déjà la fête en regardant toutes les dates qui arrivent en 2022, avec un très beau début de tournée française et janvier, puis mars. D'autres arrivent pour les mois à venir, pour les festivals d'été et pour notre retour en Angleterre, en Écosse, en Irlande... On va se régaler et vous allez danser, c'est promis !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Qu'il faut poser une oreille sur ce disque en se débarrassant des présupposés français sur tout ce qui touche la « musique celte ». Qu'il faut reprendre la route des concerts, et plus généralement, du spectacle vivant et du cinéma. Que nous avons bien vu pendant les confinements et les restrictions du Covid à quel point tout ceci était vital, porteur de joie, de curiosité et d'ouverture.

Merci au Celtic Social Club d'avoir répondu à notre interview !

THE CELTIC SOCIAL CLUB -For Real (official music video)

Musique interview

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