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Terrenoire : l'album Les Forces Contraires: La Mort et La Lumière

Maxime Lopes Par Le vendredi, 04 février 2022 à 16:05 0

Dans Culturel

Terrenoire, les intenses deux frères de Saint-Etienne, dévoilent l'album Les Forces Contraires: La Mort et La Lumière. Ils sont nommés aux Victoires de la Musique en tant que révélation Masculine.

Terrenoire

Ils sont aussi très en vogue en ce moment parce qu’ils ont collaboré avec Bernard Lavilliers sur le morceau “Je tiens d’elle” qu’il met beaucoup en avant car il rend hommage à St-Etienne, lieu de naissance des trois artistes.
C’est un morceau qui fait tellement sens puisqu’il parle du rapport à l’endroit où ils ont grandi, cette terre ouvrière qui les a façonné et qui joue un rôle prédominant dans leur musique.
On les voit à ses côtés dans le clip du morceau, c’est franchement très beau.

Comme une suite, le deuxième acte d’une aventure humaine et musicale initiée en septembre 2020 avec la sortie du premier album de Terrenoire, Les Forces Contraires.

Le concept de ce volume deux, sous-titré La mort et la lumièreest aux antipodes des habituelles versions “deluxe” ou “augmentées” qui n’offrent à l’album initial qu’une poignée d’inédits à l’allure de dispensable fond de tiroir. Rien de tout cela chez Raphaël et Théo Herrerias. En avril 2021, alors que les tensions sanitaires prennent le pas sur le rayonnement culturel, les deux frères commencent à imaginer des chansons plus lumineuses et dansantesen miroir auxForces Contraires.

Une œuvre baignée par d’étranges courants clair-obscur profondément marquée par la disparition des suites d’un cancer du père de Raphaël et Théo en 2018. Bouleversantes histoires d’amour et de mort, à la charge émotionnelle poignante, à l’image de “Ça va aller” et “Jusqu’à mon dernier souffle”, deux titres devenus, sans le vouloir, hymnes des confinements successifs. On ne sort pas indemne de l’écoute du premier album de Terrenoire. C’est bien une grande qualité d’être secoué par des artistes à une époque où tant d’œuvres semblent interchangeables et surtout rapidement oubliés au fil de l’actualisation des playlists. Une belle confirmation aussi après le choc du premier EP homonyme sortit en octobre 2018. Raphaël et Théo qui ont grandi dans le quartier populaire de Terrenoire (d’où le nom évidemment), en banlieue de Saint-Étienne n’ont jamais envisagé une existence en dehors de la musique.

Tous les deux ont été influencés par un oncle à l’allure de modèle artistique. C’est lui qui a appris très jeune la guitare à Raphaël, aujourd’hui 31 ans, tandis que Théo 24 ans, a été fasciné dés quatorze ans par la composition sur ordinateur, découverte de la passion d’une vie. Pourtant, différence d’âge oblige, leur collaboration décolle vraiment quand le cadet rejoint l’aîné à Paris en 2017.
Deux caractères aussi comme le dit joliment Raph: “Je suis plutôt le terrien et Théo l’aérien.” La rencontre artistique de ces tempéraments, pas forcément fusionnels, mais certainement complémentaires, donne naissance à ces chansons sensibles et hors-norme à l’évidente, osons le mot, bizarrerie.

Et c’est d’autant plus vrai à l’écoute de ces sept nouvelles compositions dont on serait bien en peine de chercher les ramifications de leur fulgurance en jetant sur le tapis quelques noms d’influenceurs musicaux. Exception faite de Bernard Lavilliers. Une sorte de figure tutélaire avec qui Terrenoire a conçu en osmose l’immense “Je tiens d’elle”, cri d’amour commun à leur ville natale, Saint-Étienne, et sommet du dernier disque du chanteur. Cet attachement à leur territoire, les deux frères l’affichent fièrement dans l’ouverture “60 falaises” et transpire en filigrane tout au long de ce passionnant deuxième épisode.

Comme une volonté de “remettre un imaginaire de poésie et d’enchantement sur du réel, sans donner dans le chauvinisme ou le misérabilisme.” Car les deux complices n’ont qu’une quête, celle de la beauté, celle qui “soigne  les  gens  à  travers  le  récit intime.” Si  en  plus,  c’est  en  les  faisant  danser,  c’est  encore  mieux. Objectif rempli avec “L’alcoolet la fumée” ou l’amoureusement funky “Se Revoir” qui vont sûrement transformer les salles de concert en dancefloor brûlant. Cette élancée festive répond magnifiquement aux plus Politiques (avec un grand “P”) “Je veux du courage” ou “Misère” mêlant habilement  réflexions  introspectives  et  sociales.  Sans parler bien entendu de “L’infini” qui illumine les ondes depuis le début de l’hiver. Conclusion parfaite “Les météores” nous donne la vision inédite de Théo et Raphaël sans artifice, en version dépouillée guitare-voix. Une chanson d’amour à la pureté et à la candeur vibrante à l’effet “feel good” garanti. Parce que c’est ça aujourd’hui la révolution Terrenoire.

Deux artistes qui se présentent devant nous, toujours concernés, mais comme apaisés, émergeant  en  pleine  clarté  depuis  le  Black  Paradiso  (le  nom  de  leur  label),  édifice désormais radieux dressé vers le ciel. La dernière limite.

Bernard Lavilliers, Terrenoire - Je tiens d'elle (Clip Officiel)

Musique

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