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Tango, place des miracles : le roman de Fernando Paz

Avec Tango, place des miracles ; Fernando Paz signe un roman qui nous fait voyager en Italie avec une troupe de Tango bouleversée par la chute de la tour de Pise.

Tango place des miracles - Fernando Paz

A propos du roman Tango, Place des miracles

Résumé : Leandro Pellegrini, jeune musicien argentin, virtuose du bandonéon et séducteur sans attache, se complait dans sa dolce vita artistique et sentimentale. Mais lors d’une tournée en Italie il se trouve seul témoin d’une catastrophe : l’effondrement de la Tour de Pise. En l’espace d’une nuit, il devient une star internationale, prisonnier des journaux et des médias qui le désignent comme le nouvel Élu.
Pour le commissaire Luigi Loguercio, aucun doute possible : le flegme de Leandro et son rejet des caméras sont un signe, il est impliqué dans l’affaire… Comment expliquer autrement son refus obstiné de la surmédiatisation dans un monde qui ne jure que par cela ? Pour ne rien arranger, le musicien se lance dans une relation avec Chiara, la fille intouchable d’un producteur, menaçant encore davantage sa carrière.
Emportés par l’effervescence du monde de la danse, suivez le parcours chaotique d’un artiste en quête d’absolu, subitement bouleversé par la passion, la fièvre médiatique et les trahisons.

Regard : Dans Tango, place des miracles, Fernando Paz nous fait découvrir l'univers de la danse. Son personnage Leandro Pellegrini deviendra-il fou après la survenance d'un évènement inattendu : l'effondrement de la Tour de Pise ? S'entremêle une enquête policière avec un commandant éperdu de raison. Ce roman nous plonge également des les coulisses de l'organisation d'une tournée où les foules se bousculent subitement pour découvrir le seul témoin de "l'évènement".
Cet ouvrage, écrit par un passionné, nous plongera également sur l'un des plus beau site touristique d'Italie. Une bonne occasion de s'évader (à défaut de vacances) après la crise du Covid-19.

Le livre est disponible sur NetGalley

Interview avec Fernando Paz

Comment vous est venu l'idée d'écrire le livre Tango, place des miracles ?
Je suis moi-même musicien. Au cours d’une tournée, voici une vingtaine d’années, je me suis trouvé dans la situation qui est celle de Leandro dans le premier chapitre : tout seul devant la tour de Pise, vers une heure du matin. C’était l’époque des travaux de consolidation et la Tour était tenue par un immense treillis de câbles d’acier. Cela donnait l’image d’une extrême fragilité. Alors, je me suis posé la question : et si elle s’effondrait maintenant ?
Depuis quelques années j’écris des nouvelles et cette idée m’est revenue à l’esprit, il y a deux ans, pour en écrire une. Mais je n’arrivais pas à la terminer et me suis mis à spéculer sur une trame dans laquelle s’imbriqueraient d’autres histoires. J’avais tourné pendant près de dix ans en Italie, dans un contexte proche de celui qui est décrit dans Tango, Place des Miracles. Mes souvenirs de cette époque m’ont servi de source d’inspiration, mais il n’y a rien d’autobiographique. Rien de tout ça n’est vraiment arrivé, à commencer par la Tour qui est toujours debout et qui le restera, j’espère, pendant très longtemps.
Assez rapidement s’est construite dans ma tête la structure d’un roman et j’ai commencé le travail.

Qu'appréciez-vous dans la musique et la danse du tango ? D'ailleurs êtes-vous plutôt bon danseur ?
Le tango et une musique extrêmement vivante. Jamais la même pièce, jouée par le même orchestre ne sonnera de la même façon deux soirs de suite. L’expérience d’accompagner une compagnie de danse fut pour moi très enrichissante. Il faut vraiment suivre les danseurs, tenir compte de leur forme du jour, de leur fatigue. Je me suis régalé à faire cela pendant de longues années.
Malheureusement, vu qu’on ne peut pas être au four et au moulin, je suis très loin d’être un bon danseur.

Selon vous, quelle place occupe le tango dans la culture actuelle ?
Le tango, qui est une musique née à la fin du XIXème siècle dans la ville de Buenos Aires, fait partie aujourd’hui, au même titre que le jazz ou la bossa-nova, du patrimoine culturel de l’humanité. Il y a des écoles de tango partout dans le monde et des spectacles comme celui dépeint dans ce roman font de longues tournées chaque année.

Je suppose que le choix du tango est lié à vos origines, mais pourquoi situer l'action principale en Italie ?
En effet, même si mon éventail de préférences musicales reste très large, le tango est une musique qui fait partie de mon ADN. Le choix de l’Italie obéit au fait que j’aime ce pays et j’aime les Italiens.
J’y ai passé beaucoup de temps. C’est une terre de culture, les Italiens sont de grands consommateurs de spectacles de ce type et il s’agit, en plus, d’un très beau territoire parsemé de merveilles architecturales.

Vous en aviez marre de voir la tour de Pise pencher, alors vous vous êtes dit "il est temps qu'elle tombe" ?
Pas du tout ! Comme je le disais plus tôt, j’espère qu’elle sera debout pendant de longs siècles. Je m’y suis rendu en 2018, pour me documenter et faire quelques vérifications. En effet, à minuit trente-huit, il n’y a plus personne et j’étais aussi fasciné que vingt ans auparavant.

Avec le livre Tango, place des miracles on peut faire le parallèle avec 2 situations que nous traversons actuellement : la crise dans le secteur touristique après un événement grave (le Covid) et le manque d'entretien des monuments (le pont de Gênes, Notre Dame, ou encore la cathédrale de Nantes). Ces sujets vous tiennent-ils à cœur ?
Bien sûr ! Mais je ne voudrais pas entrer dans une littérature de circonstance. Tango, Place des Miracles n’a aucun rapport avec la crise du Covid. J’estime, par ailleurs qu’il faudrait se poser des questions sur la surexploitation de certains sites touristiques dont les populations voisines commencent à donner des signes de fatigue. En revanche, pour ce qui concerne l’immense trésor architectural de la plupart des pays de l’Europe, et du monde, oui, il y a de quoi s’inquiéter. Ça se dégrade.

Comment décririez-vous votre personnage principal le bandonéoniste Leandro Pellegrini ?
Il s’agit d’un artiste intègre, un musicien qui n’est pas marié, qui n’a pas d’enfants, qui se contente d’un deux-pièces qu’il a acheté grâce à un héritage et qui vit très sobrement pour mieux se consacrer à sa passion pour la musique, la littérature, l’art et l’architecture. Jusque-là, c’est le profil type d’un héros romantique d’une autre époque. Mais, en même temps, il est bourré de préjugés, droit dans ses bottes, d’une intransigeance bornée et tellement dans son monde que cela l’empêche de s’adapter aux circonstances, de saisir la vie qui passe devant lui. Un personnage complexe mais attachant après tout. Je viens de passer deux ans avec lui et j’ai fini par l’aimer. Et puis, c’est un très bon bandonéoniste !

Vous éludez rapidement certains points (acte terroriste, la manière dont la tour doit être impérativement reconstruite…) ; par contre vous mettez l'accent sur la folie du scoop dans les médias et les réseaux sociaux. Doit-on y voir ici que notre manière d'accéder et de faire l'information n'est pas bonne ?
Ce n’est pas à moi de dire ce que l’on doit y voir. Chacun fera l’interprétation qu’il lui conviendra de faire. Je n’essaie pas de coller à l’actualité. Encore moins de la juger. Tango, Place des Miracles est une fiction. Pour lire sur le terrorisme, on a déjà les journaux des vingt dernières années. Pour ce qui est de la folie médiatique et de la pression des réseaux sociaux, j’avoue que cela m’intéresse bien d’avantage. J’ai mis tout cela en perspective avec la relative « pureté » de Leandro. Pureté qui se trouve entravée et polluée par cette exposition publique permanente.

Dans quelles conditions avez-vous écrit ce roman ?
En mettant à profit mon temps libre sur les deux dernières années. Vacances, week-ends, quelques matinées. Rien de particulier à signaler si ce n’est que je me suis fait plaisir tout au long du processus d’écriture et plus spécialement en cherchant de la documentation.

Qu'est ce qui vous a motivé pour mélanger roman policier et histoire culturelle ?
Au départ, il n’y avait rien de policier dans ce roman. Tout était centré sur l’histoire artistique et médiatique, la musique, la vie de Leandro, son histoire avec Chiara et son amitié avec Quique, le contrebassiste. Mais, à un moment, j’ai consulté un policier et un gendarme pour avoir une idée de la tournure que pouvait prendre l’enquête, puisque forcément après un tel événement, il devait y avoir une enquête. C’est après ces deux entretiens que le personnage du commissaire Loguercio est apparu tout naturellement et, en quelques jours, il prit une part très importante qui a transformé l’histoire.

Comment avez-vous souhaité faire évoluer la chronologie du temps dans votre livre Tango, place des miracles ?
C’était le plus compliqué. Moi, j’avais une idée précise de cette chronologie mais il fallait la décliner d’une manière claire pour que le lecteur ne soit pas encombré par des calculs fastidieux. Après tout, à part un flash-back de deux ans, la plupart du récit se passe dans l’espace de quelques semaines.
Alors j’ai tapissé les murs de mon bureau avec une présentation PowerPoint sur laquelle j’avais mis en parallèle l’évolution chronologique de tous les personnages, y compris la tour de Pise. Et à chaque étape d’écriture, je vérifiais la cohérence. Et puis, il fallait placer tout ça quelque part dans un futur pas trop lointain pour que ça reste crédible.

Vous êtes également directeur d'une école de musique, on peut donc dire que vous êtes réellement passionné... À quand remonte le moment où vous vous êtes dit "je ferais de la musique une carrière" ?
Vous allez rire : ça remonte à ma première écoute de l’album Abbey Road des Beatles. J’avais quatorze ans et j’étudiais la guitare classique depuis l’âge de huit ans. Ce jour-là, j’ai eu un déclic. Il y a eu un message dans ma tête : c’est ça que je veux faire !
Je sais bien que ce n’est pas l’idée que l’on se fait sur la motivation d’un musicien de tango, mais c’est comme ça.

Quels sont les endroits et lieux que vous aimez visiter ou voyager ?
En général, des villes avec un fort patrimoine historique et architectural.

Que souhaitez-vous dire pour terminer et quel "miracle" aimeriez-vous voir se produire ?
Déjà, trouver un vaccin contre le Covid-19 serait pas mal.
D’un point de vue plus égoïste, j’aimerais trouver beaucoup de lecteurs pour Tango, Place des Miracles et leur donner rendez-vous pour d’autres textes à venir.

Merci à Fernando Paz d'avoir répondu à notre interview !
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A propos de Fernando Paz

Fernando Paz est né à Buenos Aires. Après un court début de carrière en tant que dessinateur industriel dans son Argentine natale et au Brésil, il embrassa le métier de musicien. Bassiste, arrangeur, compositeur, enseignant.

Installé en France depuis 1986, il a parcouru le monde en jouant du tango, du rock, du jazz. Aujourd’hui, il dirige l'école municipale de musique de Castries (banlieue de Montpellier).

Au fil des années, il a été Argentin et Français, technicien et artiste, intermittent du spectacle et fonctionnaire, et consacre désormais une bonne partie de son temps à écrire les histoires que lui ont inspiré les pays visités, les personnages rencontrés et les moments vécus tout au long de ce parcours singulier.

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