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Sysa : l'album Nueve

Maxime Lopes Par Le vendredi, 24 juin 2022 à 14:52 0

Dans Culturel

Sysa sort l'album Nueve, accompagné du clip Hostile.

Si le rap Marseillais a longtemps été rattaché aux centre ville et quartiers Nord, d'où sont traditionnellement originaires les grandes figures de la scène locale (IAM, Psy4 de la Rime, Fonky Family), la tendance s’est inversée ces dernières années avec des artistes originaires des quartiers Sud. Dans le sillon de Naps, Kops et bien sûr Jul, toute une génération émerge, prête à faire parler sa singularité, à se faire écho d'une autre réalité, à représenter d'autres bâtiments, d’autres histoires. Sysa s'inscrit dans la même démarche. Tout, dans son rap, ses textes et son ambition, semble être redevable à la Cayolle, ce quartier dont il est originaire et dont il assume l'influence. « Ici, personne n’a réussi dans le sport, le cinéma ou la musique, c’est un quartier maudit. Mon rap, au-delà des faits racontés, est donc porté par un message d’espoir. C’est une façon de dire que l’on peut s’en sortir. »
 
La puissance du rap de Sysa, ce qui en fait indéniablement sa force, c'est aussi ce vécu, cette connexion avec la rue, ce passé mouvementé qui débordent de chacun de ses textes, noircis par les aléas quotidiens et près de six années de prison : « J’ai fait quelques allers-retours depuis 2012, multiplié les boulots, mais le rap a toujours été là, telle une drogue. Alors, depuis ma remise de peine en 2019, j’écris quotidiennement, de jour comme de nuit. » À écouter Sysa, on devine vite également une enfance troublée, marquée par une relation conflictuelle avec sa mère. « J’ai toujours eu l’impression d’avoir été un enfant raté pour elle. Ainsi, lorsque mes parents se sont séparés quand j’avais cinq ans, je n’ai plus trop eu de nouvelles de sa part. J’ai grandi sans son amour, et j’en parle sans pudeur dans mes textes. »
 
Au-delà du vécu, il y a surtout ce flow, ce goût pour les freestyles et les morceaux hostiles aux concessions. Sysa, c’est un rap de kickeur, « pur et dur », l’œuvre d’un homme qui a passé des années à écouter en boucle l’ancienne école du rap marseillais : Le Rat Luciano, Puissance Nord. « J’ai un vécu garni, ce serait dommage de ne pas m’appuyer là-dessus pour nourrir mon propos. Alors, forcément, mon rap n’est pas très festif, pas très ensoleillé. Je sais le faire, je l’ai même déjà prouvé, notamment avec “Miami Vice” sur le projet 13 organisée, mais je suis nettement plus à l’aise sur un rap mélancolique, presque énervé. »
 
Depuis sa double présence sur la compilation phare du rap marseillais, symbolisée par « Tout a changé » aux côtés du Rat Luciano, de L’Algérino ou de Soprano, Sysa a monté son label, signé en licence chez OM Records et vu passer ses clips sur les écrans géants du Stade Vélodrome. L’ascension est belle, et paraît surtout méritée pour cet artiste qui dit écrire en permanence. Parce qu’il a envie de ne pas perdre le fil, persuadé que l’écriture est une discipline nécessitant un entrainement quotidien. Parce qu’il voit dans les jeux de mots ou les assonances la possibilité de faire ressortir des émotions intimes. Et parce que Sysa a trop de projets en tête pour se reposer sur ses lauriers. « J’ai bien conscience d’être passé des ténèbres à la lumière, conclut-il.
Une mixtape arrive, ce n’est pas le moment de lâcher. »

Sysa - Hostile (Court métrage Épisode 1)

Musique

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