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Station 44 présente l'album Bleu

Maxime Lopes Par Le mercredi, 05 octobre 2022 à 21:00 0

Dans Culturel

Il n’y a que deux amis de toujours qui puissent imaginer réunir l’énergie du sound system jamaïcain et la richesse mélodique de la synth-pop. C’est cette fusion singulière qui crée le style de Station 44. Découvrez l'album Bleu.

Station 44 (crédit Maxence Barneix)

crédit Maxence Barneix

Leur premier EP Orange (2021) revendiquait fièrement un rub-a-dub décomplexé, alliant rythmiques massives et performances vocales enivrantes.
À l’automne 2022, Station 44 revient avec un nouvel EP Bleu, teinté de synth-music. Des mélodies entêtantes synth-pop de « Overwhelming Love » aux textes mélancoliques et introspectifs dream-pop de « Radio Silence »,
Bleu revêt une allure faussement nostalgique. S’inspirant de la fougue de la scène trip-hop des années 90, le duo synthétise ces styles en invitant à une écoute exaltante où instruments analogiques, samples et numérique rivalisent d’intensité.
Station 44 explore l’indécision avec sérénité, préférant assortir les courants sans concession. Revendiquée sur leurs jeunes EPs, cette impertinence s’exprime en live par des glissements subtils ou farouches, pleinement dans leur époque et résolument pop.

Interview

Qui se cache derrière Station 44 et comment s'est formé le duo ?
Station 44 est le projet duo d’Anouk Degrande et Simon Penard-Philippe. Nous avons appris la musique ensemble et joué très jeune dans le même groupe. En 2019, nous avons décidé de créer un nouveau projet, qui reliait nos différentes influences. Nous sommes partis de nos différences pour créer, et c’est finalement ça qui définit aujourd’hui le style de Station 44.

Pourquoi avoir choisi le nom de Station 44 ?
Nous voulions trouver une tournure universelle, un mot qui soit reconnaissable dans toutes les langues. Le mot « Station » résonnait avec notre projet, car il évoquait autant une question de déplacement, de mouvement, qu’un rapport au son, à la radio. Il y a dans la station quelque chose à laquelle les gens peuvent s’identifier, comme chacun a sa station de radio préférée. Le 44 est venu de manière plus spontanée, nous voulions avoir un numéro composé des deux mêmes chiffres, quelque chose qui marque, qui identifie aussi.

Pouvez-vous nous présenter l'album Bleu et son univers ?
Bleu est un EP de 5 titres, dont 2 singles que nous avons déjà sortis, « Overwhelming Love » et « Drunk ». Nous avons composé et enregistré cet EP entre 2020 et 2021, et avons depuis égrainé les sorties.
C’est un EP résolument plus pop que notre premier EP « Orange », cela nous permet de partager une autre facette du projet. Bleu tourne beaucoup autour des synthés, des boites à rythmes, d’ambiances nostalgiques ou mélancoliques.

Comment l'avez-vous composé et quelles ont été vos sources d'inspirations ?
Comme pour notre premier EP, « Bleu » a été composé à quatre mains sur un temps assez long. Nous voulions prendre le temps pour préciser nos références et nos directions musicales. Nous avons terminé sa création lors du premier confinement, où les morceaux « Radio Silence » et « Infinity Ones » sont apparus plus instinctivement.
Rétrospectivement, on se dit que c’est certainement la période qui a influencé l’écriture.
Il en ressort ces ambiances introspectives, ces questionnements sans réponse et remises en questions. Nous avions aussi l’envie de traduire ça dans des récits plus intimes en adoptant un format volontairement « chanson ».

Quels sont vos choix sur le plan instrumental ?
Comme nous le disions précédemment, « Bleu » explore des sonorités électroniques, synth et dream pop. Nous avons voulu donner la part belle aux sons analogiques des années 80 (Linndrum, Juno, Prophet, MS-20) tout en restant connectés à notre époque.
Nous avons fait pour cela des choix de production tranchés, en assumant de traiter ces instruments de manière plus actuelle, pour ne pas tomber dans le pastiche.

Parlez nous du titre Radio Silence et de son clip...
Radio Silence est le morceau d’ouverture de « Bleu ». Nous avions envie de mettre en avant l’arpeggiator dans les premières secondes de l’EP. Le morceau est presque coupé en deux, comme un diptyque, à la fois planant et intense. C’est un morceau qui traite de l’incompréhension, le manque de communication, les non-dits. Ces choses qui nous poussent parfois à perdre pied dans une relation.
Guido Robart a réalisé le clip du morceau. Nous voulions mettre en relief tous les états intérieurs qui découlent de ces problèmes relationnels; la peur, le doute, la colère aussi.
Nous avons pu exprimer tout cela grâce au travail formidable d’Emma Bach, Emma Krasniqi et Azad Reconneille, chorégraphes et danseurs.

Qu'appréciez-vous de la scène trip-hop des années 90 et comment cela se traduit-il dans vos représentations ?
Le Trip-Hop n’a pas été une référence directe pour nous, c’est plutôt le travail du live qui nous y a mené. L’un des plus gros défis pour notre live était le mélange des styles, la fusion entre des influences rub-a-dub et électro-pop. Et c’est finalement à la scène trip-hop que nous nous sommes le plus identifiés, car ces hybridations existaient déjà pour de grands artistes comme Massive Attack ou Portishead. Nous aimons aussi l’énergie live de ces groupes, le mélange de l’acoustique et du numérique, les parties à la frontière du dub, les envolées lyriques, la recherche d’effets sonores, beaucoup d’éléments que nous utilisons dans notre live.

Comment se sont passés les enregistrements studio de l'album Bleu ?
Pour cet EP, nous avons réalisé beaucoup de sessions de nuit pour l’enregistrement des voix. Les atmosphères qui s’en dégagent s’y prêtaient. Nous avons travaillé longuement avec notre ingé son Manuel Meslier (Mana Studio), qui a apporté à l’EP une réelle modernité, autant au niveau des textures que sur l’unité globale.

Que souhaitez-vous apporter au public avec cet opus ?
Ce qui fait le coeur du projet Station 44 depuis le début : l’hybridation des styles. Nous avons ouvert la voie en 2021 avec notre premier EP « Orange », qui s’appuyait lui plutôt sur des références jamaïcaines (dub, rub-a-dub). L’objectif est ici de montrer l’autre facette du projet, plus électronique, plus synthétique, et de partager cette fusion en live avec notre public. Nous sommes d’ailleurs impatients de le faire !

Des concerts sont-ils prévus prochainement et qu'appréciez-vous en eux ?
Depuis fin septembre, nous avons pu présenter notre nouvel EP sur scène à La Nef (Angoulême), à La Rockschool Barbey (Bordeaux) et aux Abattoirs (Cognac). Nous terminons notre mini-tournée ce samedi 08/10 à Poitiers (86), où nous jouerons pour le festival Les Expressifs. Nous avons pris un énorme plaisir à partager nos nouveaux morceaux avec le public, et nous sommes très heureux de pouvoir jouer dans des villes où nous n’avons jamais joué.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Contre les maux de tête, écoutez Station 44 !

Merci à Station 44 d'avoir répondu à notre interview !

Station 44 – Radio Silence (Official Music Video)

Musique interview

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