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Sophia Domancich : l'album le grand jour

Maxime Lopes Par Le vendredi, 28 mai 2021 à 10:00 0

Dans Culturel

Quand on a, comme Sophia Domancich, brassé, enregistré et joué de multiples musiques - et des musiques multiples - en toutes conditions, allant du club aux grandes scènes de festivals internationaux, du duo au grand ensemble, vient le moment où la musique que l’on joue est tout simplement... celle que l’on DOIT jouer.
"le grand jour", troisième album solo de Sophia Domancich, en est le témoignage.

Sophia Domancich

Rêves familiers (Gimini Music - 2000) résumait des années d’un travail pianistique qui après ses années d’étude - consacrées par deux Premier Prix du Conservatoire Nationale de Paris - s’est d’abord développé au contact des fonda- teurs du courant de musique anglais dit de l’Ecole de Canterbury, pour s’épanouir au fur et à mesure des années, no- tamment auprès du batteur Tony Levin et du contrebassiste Paul Rogers, deux musiciens avec qui elle a exploré de nombreuses contrées de ce monde si particulier qu’est le trio. Avec “SO” (Sans bruit - 2017), c’est le temps qui était à l’honneur. Le temps dont nous avons besoin pour que la musique nous prenne et nous emmène. Loin.
Durant sa préparation pour un concert au Théâtre parisien des Bouffes du Nord, Sophia Domancich a décidé de travailler de nouvelles couleurs qui nous ont parues importantes, dans son histoire musicale. Nous lui avons donc de- mandé dès le mois de janvier 2020 de commencer a enregistrer le présent album, qui à notre avis résume son travail en solo. On y entend non seulement cette maîtrise du temps qui lui est propre ainsi que ses couleurs harmoniques si per- sonnelles, mais également sa façon unique d’exploiter le mariage entre le piano de concert et le piano Fender Rhodes.
Pour ne citer qu’une phrase de Jean Rochard à propos de ce premier album de la nouvelle époque de PeeWee! : “... Sophia Domancich expose des phrases aimantées d’expectance pour mieux libérer la perspective, éprouver le plein sens, éclairer de tous les implicites, la validité du parcours de toutes ses années, son actualité, sa perpétuité par interstices, l’ouverture au grand jour. “

A propos de Sophia Domancich

Sophia Domancich commence ses études musicales à l'âge de six ans. Elles s'achèvent au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris avec un Premier Prix de piano et un Premier Prix de musique de chambre. Elle enseigne au Conservatoire du Xème arrondissement de Paris, et parallèlement joue avec le groupe Afro funk du guitariste-chanteur ivoirien Déka Koma , et de l'orchestre Alafia du musicien béninois Phil Mandounou.
Elle découvre le Jazz et l'improvisation aux côtés de Steve Lacy et de Laurent Cugny qui l'invite dans son big-band Lumière. Puis elle collabore avec des musiciens anglais, tels que John Greaves, Elton Dean, Robert Wyatt, Hugh Hopper, Pip Pyle... À partir de 1991, Sophia Domancich joue ses propres compositions en trio, avec Paul Rogers et Tony Levin. Cette collaboration, dont quatre albums témoignent, durera huit ans. Parallèlement, elle se produit régulièrement en solo. De 1997 à 2000, sa participation à l'Orchestre National de Jazz dirigé par Didier Levallet est le point de départ d'une activité de plus en plus fournie, sur scène comme en studio. On peut l'entendre notamment aux côtés de Éric Barret, Ramon Lopez, Paul Dunmall, Riccardo Del Fra, Jean-Louis Méchali, Jeanne Lee, Claude Barthélémy, Michel Édelin, Joëlle Léandre, Steve Potts, Evan Parker...
En 2001, elle fait appel à Claude Tchamitchian, Simon Goubert, Michel Marre et Jean-Luc Cappozzo, pour former le quintet Pentacle, dont le premier album est sorti en 2003 sur le label Sketch.
En 2002, Sophia Domancich retrouve J.Greaves en trio avec Vincent Courtois; Ils enregistrent "Trouble with happiness", sorti en 2003 sur le label Le Chant du Monde. À partir de 2003, elle participe au groupe Soft Bounds, dans lequel elle retrouve S.Goubert, ainsi qu’E.Dean et H.Hopper, anciens membres du légendaire Soft Machine. Cette même année, France-Musique lui commande une œuvre dans le cadre de l'émission Alla Breve. En collaboration avec Raphaël Marc, elle réalise "De 3H à 5H", et “Lilienmund”, pièce pour piano et électro-acoustique, dont la création a eu lieu à Radio France, dans le cadre du festival Présence. L’enregistrement de “lilienmund” est paru sur le label Sans Bruit.
Mis à part le quintet Pentacle dont elle est leader - albums “Pentacle“ (2003) et “Triana moods” (2006) - trois albums paraissent du trio DAG, qu’elle forme avec Jean-Jacques Avenel à la contrebasse et S.Goubert à la batterie - avec qui elle se produit en duo depuis 2006 (l’album “You don’t know what love is“ est paru en 2007). On la retrouve également au sein du groupe A riot called Nina, dirigé par Napoleon Maddox, ainsi qu’avec le quintet Steve Potts & Family.
En 2009, elle forme un trio avec Hamid Drake et William Parker et enregistre "Washed away ", et en 2011 "Courte pointe " avec Andrew Cyrille et Mark Helias. Toujours en 2011 , elle enregistre "Snakes and ladders", album atypique sur lequel on peut entendre Himiko Paganotti , J.Greaves et Robert Wyatt . En 2013 elle rejoint le groupe African Jazz Roots, dirigé par Ablaye Cissoko et S.Goubert. Depuis 2017, on retrouve Sophia Domancich au sein du groupe Révolution, dirigé par François Corneloup, ainsi qu’avec un trio dirigé par Denis Charolles, en compagnie de Christiane Bopp.
En 1999, Sophia Domancich a été la première femme a recevoir le Prix Django Reinhardt de l’Académie du jazz.

Musique

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