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Seeds of Mary : l'album Serendipity

Seeds Of Mary, ce sont 5 mauvaises graines biberonnées au rock et à la bouillie Bordelaise. Leur musique s’enracine tant dans le métal (Gojira, Katatonia, Alice In Chains, Faith No More) que le rock sous toutes ses formes (Beatles, Pink Floyd) et cette mauvaise herbe n’a pas fini d’envahir le territoire comme en attestent leurs tournées aux quatre coins de l'hexagone. La dernière récolte se nomme Serendipity, troisième album du groupe à la fois sombre et plein d’espoir, violent et aérien, porté sur l’avenir et habité par le passé.

Seeds of Mary

 Pouvez-vous nous présenter l'album Serendipity ?
Il s’agit de notre troisième album, sorti le 25 septembre dernier sur le label Klonosphere. Nous qualifions notre style de rock-métal alternatif, mais de manière générale nous n’aimons pas vraiment les étiquettes et essayons de faire une musique personnelle, nourrie par les artistes qui nous aimons, mais dont nous essayons de digérer au maximum les influences. Pour le résumé, j’aime dire que c’est un album à la fois sombre et plein d’espoir, violent et aérien, porté sur l’avenir et habité par le passé.

Comment et dans quelles conditions l'avez-vous composé ?
Nous fonctionnons à peu près de la même manière depuis le début du groupe. Julien, le guitariste et fondateur du groupe, propose différents morceaux sur lesquels chacun de nous va développer des idées. En fonction de l’évolution générale du morceau, et de la façon dont il s’intègre au reste, nous décidons de le garder ou pas. Le groupe ayant aujourd’hui près de 10 ans d’existence, nous savons généralement dans quelle voix nous voulons aller, et le mot qui prime pour nous est celui de « cohérence ». Un morceau peut être génial, mais s’il ne s’intègre pas de façon naturelle au déroulement de l’album, nous pouvons décider de nous en passer, ou de le garder pour plus tard. Dans le cas de cet album, Raph, le deuxième guitariste, a également proposé 2 morceaux que nous avons gardé, car il a réussi à proposer des univers légèrement différents mais complémentaires.

Qu'est ce qui vous plaît dans le mélange entre le métal et le rock et comment cela se traduit-il ?
C’est assez inconscient. Nous avons tous grandi en écoutant ces styles musicaux, des monstres sacrés du rock comme des artistes plus intimistes et alternatifs. Personnellement, ce que j’aime le plus dans le travail de composition, ce sont les nuances, le fait qu’une pièce musicale soit amenée à évoluer et à nous amener dans des directions inattendues. En cela, je suis très sensible aux musiques progressives, dont on se rapproche pour certains morceaux (Chameleonic et From the Void sur cet album, The Dying Sun et Back to The Woods sur notre précédent). Disons que les différents niveaux d’intensité musicale sont comme une palette de couleurs qu’on va utiliser en fonction de ce que l’on cherche à exprimer à tel ou tel moment d’un morceau. Et puis je pense tout simplement qu’en tant qu’auditeurs, on peut être aussi sensibles à une ballade pop de Sigur Ros qu’aux éclats de violence de Dillinger Escape Plan, alors pourquoi choisir ?

En quoi cet album fait-il preuve de sérendipité ?
Tout œuvre artistique est forcément sujette à l’intervention du hasard. Même si on a une idée très précise de ce que l’on cherche à faire, il y aura forcément des accidents heureux qui nous amèneront à repenser l’œuvre de façon plus ou moins profonde. Pour donner un exemple très précis, le premier morceau de l’album, The Atheist, ne ressemble aujourd’hui plus du tout à ce qu’il était quand nous avons commencé à le travailler ! Les divergences d’opinion et les différentes sensibilités nous ont amené à le repenser quasi-intégralement, et le résultat n’en n’est que meilleur ! La sérendipité est également présente au niveau des textes et des visuels de l’album. Nous avons beaucoup écrit sur des thèmes comme la création artistique, le patrimoine humain et spirituel, l’influence de l’environnement sur l’individu et de l’homme sur le monde… Finalement, nous sommes tous les fruits de notre environnement, auquel nous devons nous adapter pour pouvoir survivre et évoluer.

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio ?
Nous avons eu beaucoup de chance dans le sens où les prises ont été terminées à peine 10 jours avant le premier confinement ! Du coup, nous avons pu passer les mois qui ont suivis à nous consacrer au travail de mix et de mastering avec David Thiers, notre ingé son et sixième membre du groupe, et vraiment nous concentrer sur les détails. Au niveau de l’enregistrement en lui-même, nous étions particulièrement préparés pour cet album, donc tout a été plutôt rapide. Chaque enregistrement est l’occasion de ne pas reproduire les erreurs du passé, et j’ai le sentiment que nous avons encore franchi un palier au niveau de la préparation.

Qu'est ce qui était le plus important pour vous dans l'album Serendipity ?
A chaque album, l’objectif est de réussir à surpasser le précédent. Comme dit plus haut, réussir à ne pas répéter les erreurs du passé, et rester cohérent avec notre style tout en amenant notre musique sur des terrains légèrement différents. Et pour ma part, au niveau de l’écriture, l’album était une occasion d’aborder plusieurs thèmes qui me tenaient à cœur, et de parler d’avantage avec mes tripes que par le passé. Même si l’écriture est toujours pour moi un travail difficile, je crois avoir quelque peu progressé à ce niveau là sur cet album, et j’en suis assez content.

Parlez nous du titre Rewind me et de son clip…
C’est le premier morceau sur lequel nous avons commencé à travailler, et on se doutait que ce serait un de nos premiers singles. C’est probablement le plus proche de ce que nous avions fait jusqu’à présent, et en même temps son format assez court lui donne un côté accrocheur et « tubesque ». Au niveau du clip, nous avions au départ prévu quelque chose de bien plus complexe et scénarisé, mais le confinement nous a obligés à revoir les ambitions à la baisse, pour aller vers un projet plus simple. Mais finalement, ça a été une très bonne chose, nous avons décidé de tourner un clip uniquement visuel, et gardant l’esprit des photos promo de l’album, avec la peinture. La sérendipité a encore frappé !

Le fait de mettre un caméléon sur la pochette du disque, ça résume bien l'état d'esprit de cet album ?
Là aussi, on en revient à ce que je disais plus haut, cette idée que nous sommes des vivants au milieu d’un environnement qui nous imprègne, et au sein duquel nous devons apprendre à vivre. Ce n’est pas la première pochette que nous avions envisagé, mais au fil du processus créatif et de l'écriture, il semblait vraiment cohérent de rester sur cette idée du caméléon. Et puis nous avons aussi un morceau qui s’appelle Chameleonic, et j’imagine que Julien (guitariste, qui s’occupe également de nos visuels) a pensé à ce visuel à partir du morceau. De même, une oeuvre artistique est un genre de créature caméléon, dans laquelle on met une part de nous-mêmes. Le camaléon est finalement une forme de représentation aussi bien des individus et de la création artistique.

Une anecdote ou une indiscrétion à nous raconter sur Serendipity ?
Je te parlerais bien du fantôme qui est venu perturber l’enregistrement, mais je préfère ne pas évoquer son nom… Sinon, je peux évoquer les travaux à côté de la salle où on enregistrait la batterie, et qui nous ont obligés à n’enregistrer qu’à partir de 18 ou 19h ! Mais je le raconte très mal, et ça doit sembler bien fade dit comme ça ! (rire)

Comment vivez-vous cette période d'absence de concerts et avez-vous un souvenir de scène à nous partager ?
Comme tous nos chers confrères, nous ne pouvons qu’attendre… Nous avons beaucoup répété depuis septembre, nous travaillons à fond pour le live, car nous voulons être opérationnels quand les concerts reprendront. C’est vraiment une période ingrate pour le milieu culturel. Au cas où certains se posaient encore la question, on peut affirmer que la nourriture de l’âme n’est en aucun cas une priorité pour les politiques. Espérons que les choses repartent bientôt, et que les structures professionnelles les plus impactées recevront un vrai soutien !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Un grand merci à toi pour ton intérêt et pour la pertinence de tes questions. On vous encourage à écouter notre album bien-sûr. Et aussi à écouter, voir et lire beaucoup d’autres choses, venant de tous horizons, car y' a pas que Netflix dans la vie ! Ça fait vieux con je sais, mais tant pis j’assume !
Prenez soin de vous, et à bientôt en live... On croise les doigts !

Merci à Seeds of Mary d'avoir répondu à notre interview !
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Seeds Of Mary - REWIND ME | Official Music Video | 4K

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