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Sebka prépare l'album Un peu des deux

Rédaction Divertir Par Le vendredi, 04 décembre 2020 à 21:26 0

Dans Culturel

Avec son univers décalé, Sebka décoiffe la chanson française en douceur. Parolier autant que mélodiste, il vous emmène en voyage dans sa personnalité complexe. Découvrons son futur album Un peu des deux.

Sebka (crédit Gwel)

crédit visuel Gwel

Pouvez-vous nous présenter l'album Un peu des deux que vous préparez et son univers ?
L’idée directrice de l’album, c’est la quête de sens qui passe d’abord par l’interrogation de soi-même par soi-même, comme dans ma chanson Un peu des deux, ou bien la quête de sens qui passe par l’interrogation de la pertinence de l’existence du genre humain au milieu de la biodiversité, comme dans La langoustine et l’humanité. Cela dit, le fait même d’exister a pour conséquence qu’on cherche à se sentir vivant, à en faire l’expérience en éprouvant des sensations, et beaucoup de mes chansons parlent de ça : se sentir vivant quand on fait l’amour, se sentir vivant quand on marche, quand on se sent bouger, quand on regarde quelque chose, se sentir vivant dans les yeux de l’autre, dans la rencontre et l’échange avec autrui.

Quel regard portez-vous sur les textes de vos compositions ?
Un regard totalement subjectif ! Je me demande bien ce que peut ressentir autrui quand il entend ce que je chante. J’essaie de trouver les mots justes. Tout passe par le chant. Si ça sonne faux, incomplet, imprécis, pas joli, pas intéressant, je le sens tout de suite. Je cherche des idées, je trouve quelque chose qui me paraît bien, je le chante en m’accompagnant à la guitare, si ça ne sonne pas bien, je cherche autre chose jusqu’à ce les mots me plaisent tout-à-fait. Autrement dit, j’assume tout ce que j’ai écrit dans cet album, puisque j’y ai éprouvé chaque syllabe. Parfois, trouver le bon mot peut prendre des années… Ma chanson Sans toi, je l’ai créée en 2005, et je n’en ai terminé l’écriture que début 2020…

Avoir un univers décalé, est-ce d'autant plus important dans les périodes moroses que nous traversons ?
Je ne saurai pas trop vous répondre… En tout cas, je ne suis pas décalé par choix délibéré, c’est comme ça que la société me ressent, je pense, car j’ai l’air de sortir de la fin des années 50, avec mon style très chanson française à l’ancienne, même si mes sujets sont complètement d’actualité. Je suis musicalement un peu hors du temps, sans doute, j’écoute beaucoup de musique classique, de la vieille pop en anglais, du rock, du blues, de la chanson francophone de toutes les époques, de la chanson russe, du folklore grec, la chanteuse libanaise Fayrouz et quelques groupes ou artistes indépendants contemporains. Je ne suis absolument pas au courant de ce qui est à la mode aujourd’hui, sauf parfois grâce aux airs que les enfants fredonnent à la maison.

Souhaitez-vous nous parler de la partie instrumentale et pourquoi choisir une guitare folk comme instrument-phare de l’album ?
On s’est focalisé sur la guitare folk avec mon arrangeur Chadi Chouman pour pas mal de bonnes raisons, je crois. D’abord il est arrangeur-réalisateur-guitariste, donc c’était le choix naturel de passer par la guitare, puisque c’est lui qui imagine les arrangements, les rythmes, c’est lui qui les expérimente avec sa guitare et au final, c’est lui qui enregistre les guitares sur mon album. Ensuite mes chansons, je les compose quasiment toujours à la guitare folk, par conséquent, que cet instrument soit la colonne vertébrale de mon album, ça crée une cohésion entre les 12 titres, et ça maintient le lien avec leur origine première, pourrait-on dire. Enfin et surtout, c’est aussi la guitare folk qui m’accompagne partout où je vais en concert, c’est en quelque sorte une amie fidèle.

Comment travaillez-vous avec Chadi Chouman sur votre premier album ?
Chadi abat un travail titanesque, mais il a aussi toutes ces choses qui le rendent incroyablement bon : le feeling, l’intuition, le savoir-faire et l’humilité de laisser venir l’imprévu. C’est bien pour ça que j’ai fait appel à lui ! Moi, je sais écrire et composer, j’ai besoin de chanter, j’ai envie de raconter ce que je ressens, par contre, je ne crois pas avoir de vocation d’arrangeur. Arrangeur, c’est un métier de dingue ! Ce n’est pas donné à n’importe qui ! Il faut avoir une connaissance encyclopédique des instruments, de leur son, pour être arrangeur. Il faut avoir de hautes compétences rythmiques. Il faut surtout sentir l’artiste, ce qui lui va, ce qui le met en valeur.
Par ailleurs, Chadi Chouman est aussi réalisateur, c’est-à-dire que c’est lui qui choisit qui va jouer quoi. Selon le rendu sonore qu’il souhaite, il appelle plutôt une telle ou un tel qu’un tel ou une telle. Sur l’album, c’est Chadi qui a choisi qui serait le batteur, qui serait la violoniste, le claviériste et le tromboniste. Moi, j’ai juste souhaité que François Fuchs soit le bassiste-contrebassiste de l’album, car il me connaît par cœur (on tourne ensemble depuis 8 ans) et il s’adapte parfaitement à tous les arrangements. Pour les chœurs féminins, on ne savait pas qui prendre et c’est moi qui ai choisi Anaïs Bousquet, je l’ai entendu chanter un soir, j’ai senti que ça collerait, je lui ai proposé de venir enregistrer, elle a accepté et ça rend du tonnerre ! Et puis j’ai invité l’artiste Abyr à chanter en duo sur mon titre Le triangle du désir. J’avais envie de la présenter au public parce que c’est une interprète d’exception avec un timbre incroyable. En outre, elle est une parolière formidable, je compose des chansons sur ses textes, c’est bien souvent elle qui les chante, et on vous prépare quelque chose de super pour fin 2021 ! Notre duo s’appelle tout simplement « Abyr & Sebka ». Et Abyr est aussi ma compagne dans la vie.

Est-il possible d'en savoir plus sur les enregistrements studio ?
Tout-à-fait ! Comme d’habitude, la réponse tient surtout dans ce prénom et ce nom : Chadi Chouman. C’est souvent lui qui joue sur l’album. Vous entendez une guitare ? C’est Chadi qui joue. Vous entendez une mandoline ? C’est encore Chadi qui joue. Une trompette ? C’est Chadi. Des chœurs d’hommes ? C’est Chadi qui chante plusieurs voix à la fois. Un ukulélé ? Chadi. Et je peux continuer encore longtemps comme ça… Parfois c’est lui qui dirige l’artiste qui joue ou qui chante. Et là aussi, il est incroyable : il sait exactement ce qu’il veut, où il va. Avec patience, pédagogie, et une gentillesse exquise, il amène l’artiste au bon endroit, et à ce moment-là les sons qui sortent peuvent devenir magiques. Un peu comme un réalisateur de film fait avec ses acteurs, j’imagine...

Que souhaitez-vous apporter au public avec cet album ?
Ma sincérité. Ce que j’entends quand j’écoute mes chansons arrangées par Chadi Chouman, c’est exactement ce que j’ai envie d’entendre, c’est la musique dont je rêve, celle qui me plaît. Ma voix, c’est ma voix, je ne l’ai pas choisie, je n’ai pas d’avis sur elle. Mais les mots, les mélodies, les arrangements, c’est ça que je souhaitais, ils me plaisent profondément, je suis heureux d’être l’initiateur de ce beau projet et que Chadi l’ait porté à bouts de bras avec toute son énergie et son talent.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
J’ai toujours été poussé par la création, le temps fou que j’y passe ne me rend pas bien riche pour l’instant. Comme j’ai pas mal tourné en France depuis quelques années, j’ai la chance de rassembler un petit public, d’avoir un peu de réseau. Je sais que beaucoup de gens seront heureux quand mon album sortira. Ils sont donc motivés pour m’aider à le sortir et je suis motivé pour travailler dessus jusqu’à ce qu’il devienne réalité. C’est le principe de l’échange continu entre artistes et public. Je te donne, donc tu me donnes, donc je te redonne, etc. C’est aussi tout bonnement le principe de la vie sociale, quoi. Si on veut vivre une vie d’artiste, il faut nourrir cet échange autant que faire se peut, sinon on est un artiste seul, et ça, je crois que ça doit être terrible à vivre. Être artiste, c’est chercher à se faire comprendre malgré sa différence. Si personne ne nous comprend, quelle tristesse… C’est pour ça que les artistes qui deviennent célèbres après leur mort nous touchent beaucoup : la solitude qu’ils ont sans doute éprouvée de leur vivant doit être bien plus profonde que celle éprouvée par le commun des mortels.

Je crois que vous prévoyez un clip pour le titre Je suis jeune et belle, comment l'imaginez-vous ?
Avec plein de belles couleurs et des femmes différentes, jeunes, âgées… Quelques hommes qui les regardent devenir libres. On est en train de le préparer, on devrait le tourner en janvier avec le réalisateur Gwel Hervouët, qui a également pris les photos qui servent pour la promotion de l’album.

Une version vinyle est prévue pour Un peu des deux. C'est le format qui est redevenu tendance ?
Je n’en sais rien, mais c’est ce qui se dit, oui. C’est qui est sûr, c’est que je ne connais pas de meilleur rendu sonore que celui du vinyle ! Il y a aussi les magnétophones à bande, mais bon, la musique n’est pas vendue sous cette forme… Et puis, une couverture de vinyle, ça en jette !

Une release-party est prévue pour présenter l'album au public. Pas trop frustré d'avoir vu les concerts annulés ces derniers mois et en quoi sont-ils importants pour vous ?
Frustré ? Oui, certes, mais j’ai fait contre mauvaise fortune bon cœur. On a beaucoup travaillé sur l’album tout au long de l’année avec Chadi, confinement ou pas (de nos jours on peut travailler facilement à distance), et puis j’en ai profité pour poster des petites vidéos « home made » sur Youtube. J’ai tellement joué sur Youtube pendant le premier confinement qu’un réalisateur israélien va utiliser mes vidéos pour illustrer son documentaire sur la pandémie qui va passer sur ZDF, Arte, et bien d’autres chaînes dans le monde le 1er mars prochain, si ma mémoire est bonne.
Oui, une release-party est prévue à Paris pour ma sortie d’album, mais c’est tellement le bazar dans les programmations que rien n’est encore calé. Vu les législations qui changent sans arrêt, j’ai peur que ce soit encore le bazar pendant quelques temps… Mais oui, c’est dans les tuyaux, et je devrais bientôt être fixé sur la date exacte.
Vous me parliez de l’importance des concerts… Oui, bien sûr, c’est là qu’on éprouve la qualité des chansons, c’est là qu’on rencontre le public, c’est là qu’on apprend le métier, chaque concert n’a rien à voir avec celui de la veille selon les lieux, le temps qu’il fait, les gens, sa propre humeur… Et puis j’aime bien faire la route, même si c’est fatigant. Je serai comblé quand je pourrai reprendre les tournées !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Que c’était bien sympa de parler avec vous ! Merci pour l’invitation !

Merci à Sebka d'avoir répondu à notre interview !
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SEBKA 1er ALBUM : TEASER

interview Musique

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