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Saf Feh prépare son 1er EP

Maxime Lopes Par Le mercredi, 09 février 2022 à 13:09 0

Dans Culturel

C'est avec deux langues que "Saf Feh" raconte d'où elle vient et vers où elle va. Deux cultures, une histoire, sur lesquelles on se reconnait, peut-être, souvent... Découvrez le premier EP qu'elle prépare.

Saf Feh

D'où vient votre passion pour la musique ?
Je pense qu'elle vient du fait que je m'y sens vraiment en sécurité. Quand je chante, quand j'écris, je ressens cette liberté de vivre que l'on recherche toutes et tous sans exception. Ici je m'y repose, je suis entière et surtout ne ressens aucune limite. C'est un refuge que je souhaite partager, un rêve.

Pouvez-vous nous présenter votre premier EP et son univers ?
Cet EP aborde la peur, la vie, l’angoisse, la folie (plus ou moins légère) mais aussi l’envie considérable d’aller de l’avant, de partager, de ressentir le calme...
Le corps est central : les sensations que l'on ressent selon notre état actuel, selon nos expériences mais aussi les transmissions generationnelles.
Sur 3 morceaux, la transe instrumentale et les différences rythmiques sont très présentes, une manière pour nous de représenter la fougue, la joie mais aussi la souffrance. Depuis mon adolescence, j'ai eu très peur de ces émotions, j'en avais même honte mais aujourd'hui je vous les partage pour surtout vous dire que nous ressentons tous la même chose... et que ce sont ces émotions ce qui nous relient le plus au monde en tant qu'humain ! Ca me rassure et me fait du bien tout simplement... 

Quelles sont vos sources d'inspirations et comment composez-vous ?
J'aime beaucoup Susheela Raman, Fatoumata Diawara, Hindi Zahra mais aussi Nneka, Laureen Hill, Soon T et tellement d'autres... des femmes qui envoient !! Je compose en improvisant, j'explore ma voix en m'amusant sans chercher de finalité... puis, finalement, tout est fait. Je m'enregistre pour garder une trace et réécouter, retravailler... Mon écriture est très instinctive, j'écris sans utiliser le solfège, tout est spontané : j'écris sur des sujets qui me touchent, ce sont eux qui m'inspirent pour trouver une mélodie.
Je travaille ensuite avec mes trois musiciens : Andy Cancre, Emilien Gindrat et Guilhem Vienot. Nous faisons les arrangements ensemble, nous avançons ensemble et nous apprenons les uns des autres...

Pourquoi mélangez-vous des textes en arabe et en français ainsi que de mélanger des cultures ?
Ecrire en arabe était presque un défi pour moi au départ : retrouver une culture que j'avais un peu mise de côté étant plus jeune. Je m'intéressais énormément à d'autre cultures, ethnies et pays et n'avais pas conscience que j'avais cette culture en moi que je refusais d'accepter et d'explorer... J'aurais pu être sénégalaise ou laotienne, cela n'aurait pas fait de différence à cette époque. Mais mon histoire fait que je suis algerienne et française ! Alors pourquoi mélanger mes cultures ? Parce que c'est super jouissif !! Pourquoi s'en priver ? En réalité, je ne m'en rends même pas compte, tout cela fait partie de moi tout simplement !
Au delà de ça, je crois qu'on arrive à un moment dans l'histoire où musicalement il n'y a plus de frontières... et ça c'est un vrai soulagement et tellement plaisant ! 

Que peut-on savoir de la partie instrumentale ? 
Nous avons 3 guitares (deux guitares classiques et une électrique), une basse fretless et un batteur percussionniste avec bongos et cajon. On vient de mondes très différents les uns des autres : du rock, des rythme africains ou encore du hip hop. Andy, Emilien et Guilhem font les arrangements avec moi et on se laisse porter par la chanson, on va là où elle nous mène.
Souvent, les morceaux partent dans une certaine transe mais on essaie de structurer tout ça !
On va également commencer à travailler avec un saxophoniste, Emilio De bortoli, et Rabie Houtie, violoniste, vient parfois frotter ses cordes de violon avec nous sur scène. 

Est-il possible de nous parler des enregistrements en studio ?
On a pas encore enregistré mais l'idée est d'enregistrer la partie musicale en live et le chant par la suite. Y'a une semaine de résidence juste avant. Il nous tarde !!! On va faire ça au studio Vox à Montpellier avec Orphée et c'est prévu pour début avril. On vous partagera sur le moment des petites vidéos pour que vous soyez avec nous un chouiya !

Parlez nous du titre Chouiya... "Laisse moi dormir un petit peu" 
Un morceau qui fait pas mal rire ! J'y raconte mes vacances en Algérie et mon amour pour le sommeil : rester au chaud dans le liti J’entends encore ma mère nous crier dessus pour nous lever… je sens encore l'odeur du café, j’aperçois une cousine qui vole des raisins dans le frigo... Des souvenirs qui sont gravés à jamais dans ma mémoire et mon corps.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Simplement parce qu'on a besoin de soutien ! Enregistrer un EP, le mixer, masteriser, presser des cds, faire de la communication etc, ça coûte cher ! Et malheureusement on a pas ces moyens, et encore moins après ces derniers mois de restrictions...
Ca permet aussi de parler de notre projet au public et on est déjà hyper touchés car on voit qu'on fait du bien aux gens, ils répondent présents et nous encouragent !
Je participe à beaucoup de financements pour que ça puisse continuer alors pourquoi pas le faire dans l'autre sens... C'est aussi une façon pour nous d'être chez vous car dans les contreparties vous recevrez l'EP (entre autres !). On sait qu'on fait du bien et on veut que ça perdure... 

Que souhaitez-vous apporter au public avec ce premier projet ?
On souhaite leur dire qu'après tout ce qu'on a vécu ensemble pendant ces dernières années nous avons toutes et tous ressenti les mêmes émotions pour les mêmes choses. On est tous liés malgré nos différences, nos façons de penser, d'agir... alors quand vous écouterez cet EP, on aimerait juste que vous puissiez ressentir cette force que nous avons toutes et tous de vouloir vivre, d'aimer la vie et d'en profiter ! 

Quels seront vos choix pour l'univers de votre projet (clip, pochette...) ?
Un clip sortira d'ici la fin d'année sur la chanson "Nodeh" -lève toi- , le mouvement et le corps seront bien présents graphiquement. La pochette, nous en parlons encore... surprise !!!

Des concerts sont-ils prévus et en quoi sont-ils importants ?
Difficile ces temps-ci de trouver des dates n'est-ce pas ? Elles seront toutes importantes car le fait simplement de jouer devant un public sera exceptionnel. On cherche, on cherche... on espère. 

Est-ce qu'il y a un lieu particulier où vous aimeriez présenter votre premier EP et aimeriez-vous aussi aller en Afrique ?
Je suis déjà allée en Algérie une dizaine de fois dans ma famille mais j'aimerais la découvrir à ma façon, plus longuement et peut-être avec mes sœurs. Mais je suis une éternelle curieuse et aimerait faire tous les pays, découvrir et explorer, rencontrer les autres !
Pour l'EP, j'aimerais le présenter à Sète dans la rue comme un retour au source, là où tout a commencé avec Saf Feh !

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Ca sortira à l'automne 2022 ! Et on vous promet une ou deux surprises de plus !

Merci à Saf Feh d'avoir répondu à notre interview !

ACFA Part en Live 4 - Saf Feh - Chouiya

Musique interview Crowdfunding

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