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Rodrigue prépare son 4ème album

Rodrigue est un projet de musiques actuelles en français. Le chanteur prépare actuellement son 4ème album ; l'occasion de le découvrir avec lui durant son financement participatif.

Rodrigue

Pouvez-vous nous présenter votre 4ème album et quel sera son univers ?
Musicalement, l'univers RODRIGUE est depuis le début d'oser les mariages et les mélanges de styles, le nouvel album ne trahit pas ce fil conducteur et évite naturellement les cases. Pour autant, la langue reste française. Même si les thèmes de prédilection sont toujours l'amour, le sexe et la révolution, les angles d'attaque sont toujours originaux.
C'est un album davantage à fleur de peau que les précédents, très émotionnel où je me suis davantage livré dans l'intime même si les questions que je me pose peuvent raisonner en chacun et chacune.

Dans quelles conditions composez-vous vos titres et quelles sont vos sources d'inspirations ?
Ce sont souvent des pulsions d'écriture mais pour autant comme je suis quelqu'un de consciencieux, je ne reste jamais sur la première vague et je retravaille encore beaucoup derrière pour que l'idée que j'ai en tête soit la plus fidèlement possible retranscrite. Après j'aime aussi garder une certainement sonorité de phrasé et de flow alors tout est histoire de compromis.
Mes sources d'inspirations sont très personnelles, c'est souvent des événements de ma vie ou plutôt des expériences, j'ai des moments de vie que je garde en mémoire de manière très cinématographique. Des moments de vie qui sont parfois lumineux, parfois très sombres, de ceux qui marquent et font écrire. Ca peut être une discussion avec des amis, quelqu'un, ça peut être un moment partagé, ça peut être une impression totalement intrinsèque durant un moment de solitude ou un sujet qui me tient à coeur, quelque chose qui me touche.
J'écris pour poser questions, pour dire ce que j'ai raté, pour exprimer ma colère, pour tenter d'y répondre, parfois je réponds, je me contredis, tout est paradoxal, c'est très humain comme processus. Dans tous les cas, faut que ça parte des veines et que ça me touche. Si ça ne me touche pas moi, je ne vois pas comment je pourrais toucher le public.

L'un de vos précédent album avait plusieurs morceaux sans refrains. Retrouvera-on des choses atypiques cette fois ci ?
Attends je regarde... où est ma liste ?
Ben en fait, il y a 14 titres et 6 ont un refrain. ça fait 8 titres sans refrain.
Rires... Ah ben j'suis pas quelqu'un de typique il faut dire.
Je ne fais pas exprès, ce n'est absolument pas voulu, c'est comme ça c'est tout. Les normes sont inversées, les carrés sont losanges, la fin est avant le début mais bientôt tout le monde saura pourquoi...
J'ai une relation particulière avec une création, on se dirige et on s'emmène mutuellement. La structure d'un titre est vite une évidence en fait.
Les 6 avec refrains sont sans doute davantage les singles c'est vrai mais les autres s'aventurent dans d'autres espaces de création. Pour autant c'est un album pop.
Pour ceux qui connaissent mon répertoire, Regrets, L'indien sont deux titres qui n'ont pas de refrain. Pourtant elles "avancent". Elles vont quelque part. Il faut parfois se soustraire aux dogmes. Sinon on fait des maths...
Ce qui m’intéresse ce sont les émotions, les sensations chez moi et celles que je peux éventuellement procurer... Mais encore une fois, rien n'est planifié d'avance... Parfois quelque chose de purement répétitif qui grimpe est tout aussi bon, parfois quelque chose qui va dans les ruptures emmène l'auditeur ailleurs. Wait and listen...

Parlez nous du titre Un petit mot de travers...
Tout s'est bien goupillé sur ce titre, c'est comme ça, encore une fois... C'est un titre que j'avais composé pour le deuxième album mais qu'on n'avait pas retenu avec Simon Fache, le réal du deuxième album car pas fini même si on la trouvait prometteuse. Elle est longtemps resté inachevée du coup, au 2/3 sans la fin.
J'ai remodelé, réécrit le début pour le troisième album mais il manquait toujours la fin. Arnaud Lefin avec qui j'ai réalisé le troisième album a proposé une fin musicale à la Aaron, un truc qui avance comme dans Seeds of Gold dans l'esprit. Je suis rentré chez moi ce soir là et j'ai réécouté et puis j'ai commencé à essayer de placer du texte, c'était pas prévu et là j'suis devenu comme fou, ça se prêtait grave à une grande envolée lyrique et je trouvais ça à la fois touchant, poétique et dynamique, plein d'emphase, d'émotion, de surréalisme, de sensations. Bref tout ce que j'aime...
C'est vraiment devenu la chanson à ce moment là. J'ai eu l'idée des enfants assez vite. Elle a tout de suite sonné au montage, au mixage. Et ensuite avec Alexandre Dinaut et toute une merveilleuse équipe, on a juste fait un super clip tellement classe. Parfois, tu as un titre auquel tu crois et ça s’effondre et parfois tu as des titres où à chaque étape, ça gagne en beautés à mesure que chacun met sa petite touche. De jolis petits miracles en somme.
Et comme le jour où je suis devenu fou, c'est un titre qui raisonne en moi, une sorte d'emblème de ce que je suis au monde. Et qu'il n'arrive que ce qu'il doit arriver...
Sinon de quoi ça parle, de la sincérité des émotions au contraire de la fabrication d'émotions comme le définissait Kundera par le mot "Kitsch" sortir de ce que nous sommes pour être vraiment, continuer à s'émerveiller, ne jamais être blasé, apprendre, observer, toujours être sincère comme l'est notre âme d'enfant.

Sur quoi attachez-vous le plus d'importance dans la musique ?
Je vais essayer de faire des réponses plus courtes non ?
Pour moi tout est important. Si c'est en anglais ou langue étrangère, le texte a peu d'importance. Si c'est en français, ça peut l'être. Et comme il n'y a pas de règles pour moi, j'aime être surpris, j'aime quand les artistes sont sincères, ça se sent, c'est indéfinissable. J'aime quand c'est original, j'aime quand c'est mélodique pour autant.
Pas de règles, j'aime quand ça me fait danser, autant que lorsque ça me fait pleurer.
Bref je réponds maintenant ! Je digresse... Le plus important : c'est que ça me procure un truc. Si je reste de marbre ou si je m'ennuie, c'est pas bon...

En quoi le financement participatif que vous réalisez va vous être utile ?
Ca c'est pas une question fun, parait que les gens ont besoin de rêver en ce moment...
Bon allez je ne me dérobe pas... Casquette manager on... Je suis lucide sur ce monde, je sais comment ça marche...
Est-ce qu'il y a quelqu'un d'ailleurs qui ne sait pas ? (Si oui, restez dans l'insouciance, c'est mieux...)
C'est tellement l'Adn de la société... J'observe en tant qu'artiste... J'espère que ça changera... qu'avant ma mort, les choses évolueront peut-être autrement.
Reste qu'à l'instant de ce monde, on en est là... donc... Pour beaucoup de choses et l'art y compris, c'est cruel mais l'argent reste un peu le nerf de la guerre. Certes, il faut un moteur, un univers, avoir beaucoup travaillé, bref faut que la came soit bonne. sourire
Ma came est subjectivement très bonne ;)
Mais aujourd'hui, tout le monde fait de la musique et des centaines de titres sortent chaque jour. Alors ? Ben si l'album est bon et ça c'est le minimum, encore faut-il qu'on puisse le goûter, y accéder. Voir le projet en concert, voir le projet exposer un peu dans les médias et sur le web.
En fait, c'est simple, j'ai bossé sur cet album pendant trois ans et chaque album est pour moi, comme un bébé, un enfant, il mérite une belle vie, mérite de grandir et qu'un max de personnes soit au courant, juste et tout simplement sache qu'il est né et qu'il va faire ses premiers pas. Et tout marche alors en cercle virtueux ou visqueux, c'est selon, plus il y a de concerts et plus il y a de... concerts... Et plus on en parle... et plus on en parle... et alors plus il y a de concerts... et plus on en parle...
Alors à quoi ça va servir ? Répond à la question ! Je finance à peu près les 3/4 avec mon label Fragments des Arts, l'enregistrement studio, le mixage, le mastering. La partie crowfunding va donc servir à la fabrication concrète du cd, c'est presque une sorte de pré-achat en fait du cd et c'est pas plus mal parce qu'en plus, je suis généreux en cadeaux lorsque je fais les envois et comme on est aussi beaucoup sur une écoute streaming de nos jours, j'essaie toujours de m'appliquer concernant "l'objet musical" qui doit offrir un plus. ça va servir aussi en partie à la communication (photos, affiches, flyers, presse, plaquette, clip, mise en avant web) et aux concerts (production et chargé de diffusion). Bref c'est beaucoup de choses qui entourent la sortie d'un album pour qu'il soit sous les projecteurs et ne reste pas dans la confidentialité.

Vous pouvez soutenir l'album de Rodrigue sur Ulule.

 

Vous comparez le financement de la musique à un puzzle et à une déclaration de confiance... C'est si difficile au point d'en devenir un poids ?

Oui et c'est aussi joyeux qu'une déclaration d’impôt d'ailleurs... ;)
Mais oui oui vraiment parce que lorsqu'on sort un premier album, on ne sait pas comment faire et du coup, on fait et on ne se pose pas de questions.
Quand on a déjà fait 3 albums, on sait toutes les étapes importantes à ne pas louper et on sait que s'il manque un maillon à la chaîne, ça peut dérailler. Tout ça n'est pas très youpichalala à expliquer et ça manque cruellement de magie mais en même temps, il y a une autre magie, celle de relever des défis, l'engagement, le partage avec une équipe motivée. Bref tout ça est à la fois lourd mais excitant.
Sinon le puzzle peut-être beau... mais ça reste un puzzle, un 5000 pièces sans l'image ;) Mais bizarrement même dans la communicaionamarketingmachinpromo, je sais qu'on peut être artistique, fou.
D'ailleurs concernant la prochaine promo et dans la mesure où je n'ai franchement pas grand chose à perdre, j'espère qu'elle sera à l'image de ce 4ème album !
Wait and see...
Je suis quelqu'un qui a tendance à voir plutôt le verre à moitié plein j'avoue.
Sinon l'aide à financement fait partie du puzzle en tout cas pour un artiste comme moi, qui a un public fidèle et qui aime sincèrement le projet (et heureusement qu'il est là) mais qui en même temps a davantage un succès d'estime que grand public. En vérité, je serais pour ma part content si le public que j'ai dans les Hauts de France, pouvait avoir un reflet identique dans chaque région. C'est une ambition qui me semble honorable et noble...

Votre futur album a-t-il déjà un nom ?
Oui mais je garde la surprise.

Peut-on en savoir plus sur le clip de Regrets ?
Réalisé avec un ami Gregory Szusciak, ce fut un beau partage humain déjà, ça me parait fou maintenant que j'y repense. Parce qu'on a sérieusement passé du temps à l'affaire. Le tournage s'est étalé, c'était assez agréable parce que cela m'a permis de changer d'apparence capillaire sourire mais surtout de préparer méticuleusement chaque scène.
Le montage a duré une semaine. Il y a beaucoup d'archives en plus des scènes tournées. C'est clairement un clip destiné au web donc ça tombait bien. Le clip et le titre n'a pas pris une ride au vu des derniers mouvements sociaux je trouve.

Une indiscrétion à nous donner sur votre nouvel album ?
Je dois avoir un truc avec les animaux, je ne sais pas pourquoi ça revient à chaque album, encore une fois ce n'est absolument pas prémédité mais c'est comme si chaque album avait son animal totem. Celui ci ne va pas déroger à la règle. Sauf qu'il en a peut-être même plusieurs.

Le titre Le jour où je suis devenu fou est le plus écouté de votre répertoire, comment vous l'expliquez-vous ?
C'est parce que nous sommes dirigés par des ordinateurs et que peu à peu notre libre arbitre est entièrement contrôlé par les machines... Je rigole... Ceci dit, ben oui forcément, c'est toujours cette foutue histoire de cercle, c'est le titre le plus écouté donc forcément quelqu'un qui veut découvrir va tomber ben sur les titres les plus écoutés, et du coup les titres les plus écoutés restent souvent les plus écoutés. A moins d'une nouveauté qui cartonne... Bon sinon allez je prends un peu de poussière d'étoile et j'oublie ma logique implacable et froide, c'est un titre qui peut parler à tous, transgénérationnel, empreint d'âme enfantine, de folie, de désinvolture assumée tout ça dans une sorte de douceur de manga japonais, c'est un alliage étrange en fait. C'est un titre qui joue entre les lignes, ni rap, ni pop, ni chanson, ni rock mais entre tout ça. Niveau structure, c'est un ovni ce titre. Les gens aiment le bordel artistique peut-être ;)

Que représente la scène pour vous et quelle importance accordez-vous à la mise en scène ?
Je connais des gens qui sont beaucoup plus audiophiles que moi, qui ne peuvent pas rester dans le silence. Je ne suis pas comme ça mais j'aime penser à eux quand je crée et quand j'enregistre car je trouve ça très beau ce rapport à la musique. Mais pour moi, la musique s'incarne avant tout. Elle se vit sur scène, c'est un tout. Il serait inconcevable pour moi de ne pas présenter en live les morceaux.
Il y a plusieurs époques dans le projet au niveau de la mise en scène. Il y a eu des périodes très théâtralisées, depuis le troisième album, c'est plus sophistiqué, il me semble, ça fonctionne plus par tableaux avec la lumière et la vidéo. Mais je reste attaché à la mise en scène, elle est juste plus subtile.
Ceci dit pour moi, un bon set en tant que spectateur comme en tant qu'artiste est un set où je traverse plusieurs émotions différentes et ça, ça n'a pas changé j'ai l'impression depuis le début.

Je crois que vous aimez aussi beaucoup les versions acoustiques, qu'appréciez-vous dans ce type d'interprétation ?
J'aime surtout varier les plaisirs ;) J'aime que de très bons musiciens cassent les structures des morceaux et les emmènent autre part. Le dernier set acoustique est un set où l'instrument a le dernier mot, où la musique guide plus que le texte. Pas de synthés, pas de séquences, juste des musiciens qui s'approprient les morceaux et chaque set acoustique est différent je trouve car il y a une part d'improvisation dans le jeu.
Nous jouons d'ailleurs prochainement une date de cette belle tournée UNPLUGGED LIVE. Le Vendredi 10 Mai - Espace Culturel Grossemy de Bruay la Buissière, une très chouette salle.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci de m'avoir proposé cette interview, d'être venu me trouver tout simplement...
Et pour le reste : Ici et maintenant de toute urgence et à jamais...
Je retourne à mes fourneaux musicaux pour préparer tout ça...
A bientôt.

Merci à Rodrigue d'avoir répondu à notre interview !
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RODRIGUE - Regrets - Clip Officiel

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