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René Aubry : l'album Petits sauts délicats avec grand écart

René Aubry compose. Il sait aussi faire surgir la splendeur des mots, comme avec le titre de son nouvel album, Petits sauts délicats avec grand écart.

Rene Aubry - Petits sauts delicats avec grand ecart

Une fois de plus, René AUBRY nous captive avec ses sortilèges paradoxaux d’une musique que l’on croit presque immobile mais qui emporte loin. Il suffit d’écouter la guitare, la mandoline… le souffle de l’accordéon et on navigue soudain d’un continent à l’autre à travers vingt humeurs.
C’est toujours ce pays-là, ce pays d’Aubry nappé d’enfance et de sagesse, peuplé de gestes discrets et de folle liberté. Un territoire à la fois onirique et quotidien, mitoyen de cent univers troublants, tangent à mille choses qui nous bouleversent – la chanson de faubourg, l’hypnose à la Philip Glass, la ritournelle façon Brassens, le feeling aigu d’Erik Satie, le refrain de l’axe Beatles-Voulzy, le Nino Rota qu’on fredonne, le Georges Delerue des insomnies, la bande-son de Robert Doisneau, les couleurs de l’automne, le noir et blanc du printemps…
Une bonne partie des thèmes de l’album proviennent d’un spectacle de Philippe Genty, Paysages intérieurs, créé en janvier 2018. Mais attention, ce n’est pas une bande originale.
Avec Petits sauts délicats avec grand écart, René Aubry ne cache pas le plaisir de revenir à une musique lumineuse et limpide, après les humeurs tendues de l’album Chaos, paru en 2017. Gamelunk danse avec un grand sourire radieux, Clear Water plane au-dessus d’un lac immense et doux, Piccola Pioggia arpente un village méditerranéen, Petite fille court un jardin fleuri… Ou rien de tout cela, après tout. « Ce qui est bien, c’est que tout le monde ne voit pas la même chose », sourit-il.

Car la musique d’Aubry est de celles qui ouvrent les portes. Quand, en 2004, Pina Bausch utilise sa musique pour son ballet Ten Chi, elle pose des images de neige étrange sur son thème Éléphant rose, composé « en pensant à San Antonio et Bérurier ».
Et les quatorze titres de Petits sauts délicats avec grand écart ont les mêmes dimensions infinies, étageant les doubles fonds émotionnels avec malice et tendresse. Qu’est-ce qu’Altitude ? Un rêve nocturne et solennel humanisé çà et là par la voix de Madeleine Røseth ou un récit de l’aube sur les cimes qu’éveille la comédienne et chanteuse norvégienne ? Que raconte Guitare bambou ? L’adieu à un Tropique déserté par l’amour ou l’impatient trajet vers les retrouvailles heureuses ? Où se situe I Feel Good ? Dans les coulisses d’une pièce de Pinter jouée, un soir de crime, quelque part en Europe du Nord ou un crépuscule d’été sur une terrasse vénitienne au temps d’Hemingway ?
On ne sait pas. Et c’est tant mieux. René Aubry ne ferme pas sa musique, sans doute parce qu’elle part toujours de plusieurs points et dans plusieurs directions à la fois. D’ailleurs, il parle volontiers d’une « écriture horizontale ».
Comme toujours, il enregistre chez lui guitares, mandoline, banjo, accordéon, violon, accordéon ou percussion, appelant Benoit Dunoyer de Segonzac pour quelques intervention à la contrebasse, Renaud Gabriel Pion pour une clarinette, quatre comédiens de Paysages intérieurs pour quelques voix enregistrées en apesanteur…

Compositeur pour les ballets de Carolyn Carlson ou les spectacles de Philippe Genty, régulièrement utilisé par la télévision pour des génériques, René Aubry est devenu familier aux oreilles de quiconque dans les années 90, avec ses mélodies, ses timbres et ses matières qui naviguent entre tradition, musique répétitive et univers de la chanson.
Une œuvre à la fois autarcique et généreuse, en son nom propre et au service d’autres créateurs, une musique qu’il a aussi portée pendant quinze ans à la scène et qui va bientôt retrouver le grand écran, puisqu’il travaille à la bande originale de La Fameuse Invasion de la Sicile par les ours, film d’animation d’après le roman de Dino Buzzati.

Compositions, guitares, mandoline, banjo, accordéon, violon, accordéon et percussions : René Aubry
Contrebasse : Benoit Dunoyer de Segonzac
Clarinette : Renaud Gabriel Pion

Bertrand Dicale

Musique

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