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Rayoru présente sa BD India Squad : Codename Mermaid

Découvrez India Squad : Codename Mermaid, une bande dessinée de Rayoru inspirée par le film de genre.

Rayoru

Crédits visuels de l'article : Rayoru

Peut-on en savoir plus sur vous et d'où vient votre passion pour le dessin et les comics ?
Je suis un jeune homme de 24 ans, élevé par la télé et une bibliothèque pleine de romans d’aventure. Dès que j’ai été en âge de lire, j’ai lu, je n’ai pas tardé à me mettre écrire quand je n’étais pas satisfait de ce que je lisais, puis à dessiner quand je n’étais pas satisfait de ce que j’écrivais, du coup, le dessin est devenu très tôt un moyen accessible de partager avec les autres toutes ces histoires que j’avais en tête.
Étant un petit frère, j’ai découvert par l’intermédiaire de mon aîné les fabuleux Strange de chez Marvel, que l’on achetait en brocantes pour un euro l’unité, voire par gros cartons, les Picsou de Don Rosa dans les maisons de la presse et les Léonard de Turk et De Groot chez mes grands-parents. C’est à l’adolescence seulement que j’ai mis pour la première fois les yeux sur la bande-dessinée asiatique, et ce qui m’a marqué à l’époque, c’était l’expressivité, et ce melting-pot de références culturelles, hautes et basses, entre Nietzsche et le roman de gare. Et ça n’est qu’en MANAA que je me suis confronté à ce qu’on appellerait l’Art. Je dirai que si le comics à l’américaine est devenu l’axe premier de ma réflexion, le cartoon, la franco-belge et l’Asie étaient juste derrières.

Pouvez-vous nous présenter votre BD India Squad : Codename Mermaid ?
India Squad : Codename Mermaid raconte l’histoire de trois jeunes femmes Navy Seals, qui se retrouvent en pleine Crimée, un peu avant les premiers combats. Elles y rencontrent des forces dont elles ignorent tout, et plus elles en découvre, plus elles se demandent si elles sont du bon côté, où même s’il y en a un.
Sur cette toile de fond de fiction, je dresse une satyre de l’Axe du Bien, une confrontation entre l’individu et son milieu, entre les convictions et la réalité.

Qu'est ce qui vous a motivé à vous inspirer du film d'action et d'espionnage pour créer India Squad : Codename Mermaid ?
Étant prolo, si on peut dire, j’ai grandi avec la télé, le cinéma de genre, le jeu vidéo. J’ai ressenti, étant baigné dans cette culture, quelque chose qui m’a fasciné, et que j’essaie de questionner dans cette BD : le mythe du guerrier. Comment se fait-il, alors que nous nous entendons tous sur la morale, que nous soyons autant divertis par le spectacle de la violence ?
J’ai compris, comme un peu tout le monde, que dès lors que l’on peut construire un axe moral, un Bien et un Mal, on prend plaisir à assister à une violence stylisée et que l’on peut estimer juste. J’ai donc choisi d’utiliser la forme du film d’espionnage, avec des lignes morales souvent plus floues, pour construire une histoire où Bien et Mal sont des notions subjectives et ainsi questionner ce mythe qui est au fondement du divertissement.

Est-il possible d'en savoir un peu plus sur le profil de vos 3 combattantes ?
Nous avons un dynamic trio très inspiré des buddy movie d’action, du genre de l’Arme Fatale et consorts.
Nous avons la chef d’unité, Mag, ‘‘maternaliste’’ avec ses deux subordonnées, plutôt bornée et diablement futée. L’inspiration est clairement Hannibal, de l’Agence Tout Risques, le cigare en moins.
On a ensuite Anda, une jeune femme dont j’explorerai sans doute le passé dans un spin-off, si jamais le public est intéressé (mais sachez que la traduction de son prénom, originaire d’Afrique Centrale, signifie ‘‘la colère’’), qui est agressive, sale caractère, mais très liée à ses compagnes d’arme.
Et enfin, Grace, on pourrait dire que c’est un peu le comic relief, elle est gentille, aimable, et a beaucoup trop de chance lorsqu’il s’agit de tirer.

Pourquoi vouloir mettre aux commandes 3 femmes, dans un univers généralement formé d'hommes et éviter toute sensualité ?
J’ai toujours été fasciné par les figures de femmes battantes, petit, la Princesse Leïa des premiers Star Wars m’a immédiatement marqué, ça a ensuite été Samantha Carter de la série Stargate SG1, et adolescent, le Major Kusanagi, dans l’excellent Ghost In The Shell.
Je trouve à ces personnages une aura très liée à la dualité Eros/Tanathos de la figure féminine, mais pour la majorité des cas, je trouvais la figure de la femme par trop lié à son corps, et par trop lié à une dimension du désir. J’ai été élevé par des parents qui m’ont appris à ne pas faire de distinction entre hommes et femmes, à considérer l’individu. Quand j’ai conçu India Squad : Codename Mermaid, je voulais donc que l’on considère ces personnages en tant qu’individu, montrer qu’une œuvre mettant en scène des femmes peut se passer de les mettre en scène de manière aguicheuse, et les montrer fortes, volontaires, badass, faire reposer le plaisir de lecture sur la sympathie, l’empathie et non une forme surannée de désir.
Si je ne suis pas un activiste féministe, et je ne revendique d’ailleurs pas ce titre, j’ai grand respect pour cette cause, et je ne voulais pas user une corde du personnage féminin, qui déprécie à mon sens la femme.

En quoi est-ce important de faire preuve d'humour dans votre ouvrage ?
Star Wars, Stargate, les Strange, les Picsou, la franco-belge... Je me suis rendu compte assez vite que les œuvres qui me marquaient le plus étaient celles qui surfaient entre les registres, l’aventure, l’action, la comédie, pour avoir un identité que certains qualifient d’œuvre ‘‘doudou’’.
Il était important pour moi de tenter de retrouver ce plaisir simple, du cinéma de genre ou de la bande-dessinée jeunesse, du sourire, faute d’un rire tonitruant. Retrouver ces moments de respiration qui désamorcent des thématiques souvent funestes, et se dire que ça fait du bien à cet instant précis. Somme toute, je ne voulais pas que mon lecteur se sente pris en otage, je voulais qu’il se sente simplement embarqué dans une aventure avec sa permission.

Comment dessinez-vous vos planches ?
J’ai un fonctionnement... particulier. Je dessine tout d’abord en A4, donc les pages que les gens liront sont à l’échelle 1:1, ce sont des impressions directes de mes encrages. Pour moi cela permet de mieux voir le travail fait, d’avoir le rendu qui ressemble le plus à l’original, comme si j’avais donné à chacun mes encrages originaux. Je fais mon chemin de fer et un tracé préliminaire au criterium (hurlement lointain d’un illustrateur professionnel), puis j’encre directement sur la même page (début d’apoplexie du même illustrateur) au marqueur de chantier et au stylo à encre classique, pas le matériel le plus onéreux qui soit en somme, mais surtout du matériel que je peux emmener partout dans un sac à dos. Certaines pages de la BD ont d’ailleurs été dessinées dans des cafés, dans des restaurants pendant la phase de digestion, dans des parcs aux beaux jours... J’aime travailler dans mon atelier, mais des fois j’éprouve le besoin de changer d’ambiance. Une fois les encrages faits, j’efface le crayonné à la gomme d’écolier (pas de crayonné à vendre donc, navré) et hop. Pour ce qui est du suivi de scénario, j’ai les grandes phases écrites, et je sais que je dois y être à tout prix. Mais entre ces phases, c’est du jazz. J’improvise mes ressorts scénaristiques, mes dialogues, mes rebondissements, pour que je puisse me surprendre moi-même, m’amuser, et donner au lecteur une histoire la plus fraîche et spontanée possible, comme lorsque vous rigolez avec un ami et que la blague s’échafaude au fur et à mesure. Pour moi, tout est dans le moment, et les idées subites sont souvent biens plus significatives au niveau implicite, voire freudien, que les idées les plus durement échafaudées.

Sur les quelques illustrations que j'ai pu voir, elles sont en noir et blanc. Pour quoi un tel choix et ne pas l'avoir colorisée ?
Le choix du noir et blanc est né dans les phases de recherches graphiques. J’ai un amour inconditionnel et inexplicable pour les dessins précis, géométriques, d’architecture ou de communication visuelle, je suis fasciné par Sant’ Ellia par exemple. Le deuxième amour irréfléchi, c’est l’œuvre de Pierre Soulage, et ses travaux sur les noirs-lumières. Lorsque j’ai commencé à dessiner India Squad, je voulais un impact esthétique héritier de ces œuvres, réussir à l’enrober dans une œuvre de genre agréable à lire et ainsi transmettre un peu de ma jubilation à mes lecteurs.
Le noir et blanc, même si je devrai plutôt parler de niveaux de gris, me permettait de texturer mes aplats de noir à la Soulage, grâce à l’encre foncée, mais pas noir, des marqueurs de chantier. Tramer mes aplats, construire les obscurités. Le dessin d’architecte se traduit dans les détails fins, au stylo encre, très précis, très géométriques, permettant de créer un choc esthétique plutôt efficace.

Sur quoi mettrez-vous l'accent sur votre bande dessinée India Squad ?
Au niveau conceptuel, mettre un coup de surin à toute illusion de manichéisme. En finir avec des visions binaires tels que le bien ou le mal inconditionnels, l’homme et la femme bien rangés dans des jolies petites cases, parce que pour moi ce sont des limitations et des fermetures d’esprit. Le monde dans lequel nous vivons est bien plus riche et complexe. Au niveau esthétique, j’espère surprendre et susciter des curiosités intellectuelles, éveiller des appétits serait pour moi merveilleux. Mon plaisir coupable c’est de découvrir et d’être surpris.
C’est extrêmement idéaliste, mais je pense que la BD est un lieu d’échange et de plaisir dans la bonne humeur qui devrait permettre de faire naître des questions de la sorte.

En quoi le financement participatif que vous avez lancé va vous être utile ?
Le financement participatif me permet tout d’abord d’évaluer l’intérêt du public pour l’œuvre que j’ai élaboré. L’idée du pari ‘‘tout ou rien’’ du fonctionnement d’Ulule m’a plu, et l’aventure participative, permettre aux gens de s’investir dans la naissance d’un rêve, m’a sérieusement botté. Ce financement me sert donc à échanger, à impliquer, à devoir à chacun ma réussite, puisque c’est grâce à tout ceux qui y ont cru, que le projet verra le jour.
Au niveau réalités matérielles ensuite, l’argent récolté me permettra de payer l’impression de trois cent-exemplaires d’India Squad, ainsi qu’ une partie de la fabrication de jolis polos brodés auprès d’Abeel Sport, un partenaire de ma région, c’était important pour moi.
Enfin si le pari est rempli, quelle réussite ! Je ne suis jamais allé démarcher la moindre maison d’édition, mon premier choix a été le financement participatif, pour montrer que nous pouvions le faire tous ensembles. Non pas que j’ai le moindre grief contre les maisons d’éditions non, je préférai simplement être responsable de la réussite ou de l’échec potentiel de ce premier projet, ne mettre personne d’autre que moi en première ligne, et pouvoir apprendre de cette aventure pour mes potentiels échanges futurs avec le monde de l’édition.

Vous avez déjà lancé l'impression de 300 exemplaires d'India Squad : Codename Mermaid. Peut-on en savoir plus sur vos choix d'impression et de papier ?
Pour ce qui est de la couverture, nous avons un beau visuel couleur enrobant (de la première à la quatrième de couverture) sur une couverture semi-rigide aux graines de sésame (j’ai un très mauvais sens de l’humour). Le pelliculage choisi sera brillant avec un finish doux au toucher, qui peux rappeler celui des cartes à jouer à effet holographique niveau sensation.
L’intérieur sera en papier mat d’imprimerie, ce qui devrait donner un touché satiné.

Ça vous ferait plaisir d’avoir votre personnage principal en figurine 3D ?
Ah, ça serait merveilleux. C’est une idée qui me trotte dans la tête, j’aimerai beaucoup une statuette de Mag, d’une vingtaine de centimètres. Mais il me faudrait l’appui d’un sculpteur 3D, car ça dépasse mes compétences actuelles, ainsi que l’accès à une imprimante 3D, mais j’apprécierai beaucoup.

On dirait que vos polos proposés aux contributeurs vous tiennent à coeur. Souhaitez-vous nous en parler et nous en dire plus sur les illustrations qui figureront dessus ?
J’avais l’envie de proposer des produits dérivés sympathiques à mes contributeurs, la rencontre avec Anthony Bartheau, le gérant d’Abeel Sport, a été décisive. Une équipe locale de professionnels vendéens, un travail de qualité, des produits très bien finis. Au niveau valeurs, c’était une évidence.
Vous trouverez, brodé à l’emplacement cœur, la signature Rayoru et dans le dos sur trente centimètres de large un dessin représentant Mag, la chef d’escouade. Le tout sera en noir sur polo blanc, rappel couleur des pages intérieurs de la BD.

Une indiscrétion à nous donner sur votre bande dessinée India Squad ?
La construction du personnage de Grace a beaucoup changé, et ce dès la première ligne de dialogue que je lui ai donné. Le premier échange entre elle et Anda devait se faire sur un ton sérieux, mais au moment de la réalisation je n’ai pu m’y résoudre. C’est ainsi que Grace est devenu le personnage comic relief, sympathique, charmant, celle qui désamorce par de gros coup de bols les pires situations.
Sinon, vous trouverez en marge de certaines pages de la BD des indications, un hommage à l’œuvre de Keith Flint, mort en 2019, et de son héritage musical. Mais c’est une surprise.

Souhaitez-vous nous parler de votre chaîne Twitch où vous faites des dessins participatifs en live ?
Ma chaîne Twitch a été créée dès la mise en place du projet. Réfléchissant à des moyens de communiquer de manière informelle avec mes contributeurs, l’idée d’un live participatif m’est venue. J’ai donc investi deux mois de travail dans l’équipement qui me sert à faire ces lives, et encore quelques jours à me former sur comment mettre en place les dits live.
Le concept est simple, une foire aux questions où chacun me demande ce qui lui trotte dans la tête en direct, et des cadavres exquis de dessin. Le concept : chacun donne un mot, une idée, un adjectif, etc... Je pioche au hasard et je m’emploie à en faire un seul dessin. Les résultats sont assez drôles et l’ambiance est toujours très détendue. Le rendez-vous c’est chaque dimanche à 14h sur la chaîne Twitch rayorucomics et tout le monde est le bienvenu !

Aurez-vous l'occasion de retrouver vos lecteurs pour des dédicaces ?
Courant février je compte prendre contact avec des expositions partout en France. Ayant passé mon adolescence en banlieue parisienne, dans l’Essonne, j’aimerai avoir la chance d’y avoir une date. Dans tout les cas, toutes mes apparitions seront communiquées via mon Twitter, ma page Facebook et mon Instagram.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
J’espère qu’India Squad trouvera son public, et que vous n’hésiterez pas, vous, lecteurs, à me donner votre avis via Twitter. Comme je l’ai dit durant cette interview, le plus important était à mes yeux de vous proposer un bon moment de lecture, donc votre avis compte !
Pour ce qui est de la suite, j’ai déjà commencé à mijoter un projet qui me plaît beaucoup. Il comptera moins de page, mais sera en couleur, avec une ambiance que l’on pourrait qualifier de... grunge.

Merci à Rayoru d'avoir répondu à notre interview !
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Découvrez en exclusivité les 3 premières pages de India Squad Codename Mermaid liées en triptyque

Présentation du projet India Squad Codename Mermaid !

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