Publicité

Psykokondriak : l'album Machines

Le sextet Psykokondriak sortira son deuxième opus Machines le 30 avril 2018 en version digitale ; et le 09 mai en version physique, avec un pressage vinyle. Comme aperçu, le groupe a dévoilé un clip pour leur single Psyko Waltz Vol. 2, issu de leur deuxième album.

Psykokondriak

Pouvez-vous nous présenter votre album Machines ?
Machines est notre deuxième album après Gloomy Days en 2016. Le premier était un album rock aux influences rap, celui-ci est un disque de rap aux influences rock. C’est donc assez différent de ce qu’on a fait jusque là, mais on a tendance à penser que ce sont les deux faces d’une même pièce. On a mis à l’honneur la part hip-hop de notre musique avec le sampling et les scratches, sans pour autant délaisser sur les guitares électriques et notre culture amplifiée. Quand on écoute Machines, on mange un peu de punk, de hardcore, de funk, de hip hop old school et de hip hop moderne en huit pistes… Par ailleurs, le propos s’affine, mais ne perd pas ses deux axes de vue : la critique sociale et le fun. En plus c’est une véritable auto-production : on a tout fait nous même, sauf le Mastering (par le lillois R3my Boy).
On est très marqué par la musique des Beastie Boys, qui ont commencé par jouer du punk hardcore avant de dériver vers un rap de plus en plus libre dans la forme. Le fait qu’ils jouent leurs beats sur des vrais instruments, en formation rock (guitare/basse/batterie) crée par la force des choses des similitudes avec Psyko. Machines veut aller vers cette liberté là.
Sinon, en général, disons le bien, le rap des années 80/90 nous parle, les débuts de la fusion, le funk de James Brown ou Funkadelic font partie des points communs de tout le monde. Ça donne des horizons musicaux assez larges finalement et c’est dans cette largesse culturelle que se place justement Machines, qui matérialise la rencontre entre nos références et notre sens de la composition collective.
Les morceaux de l’album sont le fruit d’un long travail d’arrangement et de nombreux va-et- vients entre nous. Le Doc Florkin, notre beatmaker/guitariste a pondu quelques instrus de A à Z, mais la plupart partent d’un sample de basse ou de batterie qu’on a d’abord joué. Après plusieurs maquettes de voix qui ont servis à arranger les instrumentaux, on est passé aux prises finales avant que DJ Stamiff ne vienne scratcher tout ça.

En quoi est-ce important d'avoir des titres festifs et joyeux, c'est important de transmettre une bonne humeur ?
Comme vous le savez, on aborde beaucoup de thèmes “sérieux” dans nos paroles (politiques ou sociétaux), et on aurait du mal à faire autre chose. Mais ça ne veut pas dire qu’on est pas joyeux au quotidien, qu’on se marre pas ou autre. On attire l’attention des gens sur des sujets qui nous tiennent à coeur, libre à eux de creuser ensuite. On est lucide sur ce qui se joue dans un concert : on vient d’abord faire la fête et créer un moment de cohésion et ça fait aussi partie des choses importantes pour nous. On a été marqué par des groupes comme Fishbone ou Sly and the Family Stone sur cet aspect là: des morceaux dansants sur des thèmes sérieux. Ça relativise aussi l’importance de ce qu’on dit : quand on vient faire les dingues sur scène on est clairement pas en train de se prendre pour des leaders d’opinion.

Dans quel endroit aimez-vous particulièrement composer ? Est-ce qu’il y a un grigri qui accompagne le groupe ?
On a un panneau routier avec le logo du groupe dessus, mais comme on l’oublie une fois sur deux je suis pas sûr qu’on puisse parler de grigri ou de fétiche...
En réalité le grigri du groupe, c’est notre guitariste ! Surnommé parfois « Redfish », pour son aptitude à oublier instantanément des riffs géniaux qu’il joue sans réfléchir. ( « Moi, j’ai joué ça ? - Mais ouais, à l’instant Tristan refais le ! - Refaire quoi ? »). On a pas réalisé tout de suite comment il fallait s’y prendre avec lui, mais depuis on a compris le truc : on ne lui demande plus ! L’un de nous déclenche un enregistreur pendant qu’il joue le regard vers le ciel, et nous on en fait des nouveaux morceaux en exploitant son imagination abyssale.
Donc… on compose beaucoup en répète, comme la plupart des groupes, dans notre bon local du Virolois à Tourcoing. Pour Machines, les instrus rap nous ont obligé à passer du temps devant un ordi, chez nous notamment. On s’est rendus compte qu’un quotidien à la Docteur Dre, ça devait être rudement cool ; c’est aussi comme ça que Machines est né.

Faites-nous entrer dans les coulisses des enregistrements en studio…
Il faudrait venir nous filmer pendant qu’on travaille ! Il y a un peu de tout dans notre manière de charbonner.
Du rire, des gouttes de sueur, des larmes, beaucoup d’implication et d’exigence personnelle pour viser le top.
Après, on va casser le mythe, mais c’est surtout long et chiant le studio : beaucoup d’attente, faut être au taquet sur chaque prise, c’est fatiguant, il peut y avoir de la tension etc. Après c’est aussi le moment où tu découvres tes morceaux comme un auditeur, et si tu as bien fait le taf, tu vois que tes intuitions étaient bonnes. Ou que tu t’es obstiné sur un truc nul qui finira jamais sur l’album. Dans tous les cas c’est le passage à un nouveau segment de la vie du groupe.

Comment vous est venue l'idée du nom de l'album ?
Machines c’est d’abord l’idée des engrenages, des mêmes causes produisant les mêmes effets dans une société inégalitaire. La répétition infinie des mêmes codes sociaux qui mènent aux mêmes frustrations, aux mêmes rapports de force. Notre machine à nous est rouillée, elle tremble, elle perd des boulons, mais elle continue à broyer implacablement. L’automatisation de nos vies et de notre quotidien, la prégnance des écrans, la marchandisation des données numériques… On croit vivre mieux grâce aux machines, mais on se transforme peut-être aussi en rouages petit à petit.
Sur une note plus fun, le titre était aussi une manière d’annoncer la couleur aux gens qui avaient écouté le premier : celui là c’est l’album rap, fait sur machines.

Peut-on en savoir plus sur le titre Psyko Waltz Vol. 2 et son clip ?
C’est un morceau au thème assez libre pour le coup, ça parle du groupe, des bons et des moins bons moments, de faire la fête. C’est le premier morceau rappé après l’intro sur l’album, on trouvait ça cool de le balancer en premier. Le titre souligne ce qu’on disait sur la fusion de deux groupes à l’origine de ce line up de Psykokondriak : les BodyBoyz (les deux MCs) jouaient avant dans Wes Waltz, et on avait fait pas mal de dates ensemble. Le clip a été réalisé par le studio Treepix (Laurent Jaffier et François Kerkhove), et c’est une petite prouesse de montage, on est vraiment content du résultat.

Ce titre est la suite de celui que vous aviez créé sur le 1er album. Qu'est-ce qui vous a motivé à faire une telle transition avec Gloomy days ?
Déjà, l’idée de souligner la continuité avec le premier album était importante. C’est peut-être un peu différent de ce qu’on a fait jusque là, mais c’est joué avec la même envie.
Ensuite ça parle de nous, du groupe, c’est un peu comme donner des nouvelles : depuis la dernière fois il s’est passé ça ou ça. C’est pas exclu que le Vol. 3 soit sur le prochain album. Mais c’est vraiment une continuité de thème plus que musicale.

Parlez-nous de la pochette du disque Machines réalisée par Geoffroy Triacca…
Geoffroy est animateur en dessin animé dans la vraie vie, c’est un pote de bar et de musique, fan de hip hop. Il avait déjà réalisé la pochette de Gloomy Days et on est vraiment fan du niveau de détails qu’il arrive à mettre dans ses dessins. Il capte très bien l’ambiance des albums. Après notre premier qui était d’un style plus dessin animé, il a eu l’occase de faire d’autres pochettes pour des groupes lillois, on est content d’avoir ouvert la voie. Pour ce deuxième boulot commun, on avait envie de changer de style graphique.
Mettre une vieille machine rafistolée en gros plan, sans qu’on puisse vraiment savoir de quel type d’outil il s’agit, ça nous paraissait vraiment coller à l’idée générale développée sur l’album. On ne sait pas vraiment ce que c’est, mais pas le choix, ça s’impose à nous, on en fait presque partie.

Une indiscrétion à nous donner sur Machines ?
Heu… ça aurait pu s’appeler Senihcam mais ça poussait trop loin le concept ? Ou alors Bouton… Mais les boutons, c’est obsolète.

L'album sera également disponible en vinyle (que vous avez d'ailleurs substitué au CD), que représente ce support pour vous ?
On a un scratcheur parmi nous, DJ Stamiff, du coup les vinyles font partie du quotidien du groupe. C’est aussi partie intégrante de l’histoire du hip-hop, et on peut pas faire n’importe quoi avec l’histoire du hip-hop.
C’est un bel objet, plus solide que le CD. On a pas pu sortir le premier disque en vinyle, on voulait mettre en valeur le boulot visuel de Geoffroy cette fois-ci.

Des concerts sont-ils prévus et comment Psykokondriak vit-il l'expérience de la scène ?
C’est clairement le moment où on s’éclate le plus, les concerts sont explosifs, on essaye de créer les conditions d’une fête de ouf à chaque fois. On laisse une grosse part d’improvisation dans le show. On essaye de rester imprévisible, prêt à s’engouffrer dans les péripéties du concert. Ce qui fait que même nous, on ne sait jamais à l’avance ce qui peut se passer. Et du coup le public ne voit jamais deux fois le même concert.
Les prochaines dates :
5 mai : Lille, anniversaire de l’Amul Solo
31 mai : Lille, café Jean (Wazemmes le Hip-Hop)
1er juin : Festieux (02), Plouckstock Festival
2 juin : Le Puiset Doret (49), Qué P'asso fest
22 juin : Lille, Le Biplan
27 Juin : Lille, Aéronef, Aéro Easy Tour
25 août : Cuisiat (01), Mad Fest
12-14 septembre : Roubaix, La condition Publique, Crossroad Festival
22 septembre : Cambrai, Garage Café

En tant que lillois, le groupe se rend souvent à l'étranger. Ça vous plait que votre musique dépasse ainsi les frontières ? Le public interprète-il différemment votre musique ?
L’étranger pour nous c’est surtout la Belgique, et plus précisément la Wallonie. Du coup c’est pas très différent de ce qu’on connait, même si les Belges sont super cools et extrêmement accueillants. Mais bien sûr, aller jouer loin de chez soi c’est toujours cool !
Sinon, on a cassé la barrière de l’interprétation avec la machette de la clarté d’intention… Le stage diving (ou slam pour les intimes) est une langue plus internationale que l’anglais, l’espéranto et la Pills réunis (à nuancer pour la dernière catégorie).
Avec un bon riff, deux trois plongeons aléatoires et des grognements, on est finalement plus clairs qu’une mauvaise traduction de Guerre et Paix.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
En cinq points ?

  1. Merci à Divertir et à nos fans de prendre le temps de parler de notre musique
  2. Prenez soin les uns des autres
  3. Pensez à lire des livres et à fréquenter les bars-concerts.
  4. Venez donc faire la teuf avec nous
  5. Allez écouter l’album !

Merci à Psykokondriak d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez les également sur Facebook.

Psykokondriak - Psyko Waltz vol.2 (Clip)

Musique interview

Tom Leeb : le clip Go On Tom Leeb : le clip Go On
Go On, voilà le premier titre qui met en lumière le talent musical de Tom Leeb qui d&#...
  Succès pour la Formule E à Paris
Pour sa troisième édition, le ePrix de Paris a confirmé le succès popula...
Succès pour la Formule E à Paris

Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire