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Plongez au coeur de l'Arctique avec le futur EP d'Archibald

Après un premier album en 2016 sur le thème de l'aventure, un EP vidéo inspiré de l'enfance, Archibald s'apprête à sortir un nouvel EP inspiré de l'Arctique. C’est à bord d’un petit bateau prisonnier des glaces de la banquise, au-delà du cercle polaire,que Roxane Terramorsi est allée chercher l’inspiration aux confins de notre monde !

Archibald (crédit Jean-Baptiste Millot)

Crédit visuel : Jean-Baptiste Millot

Pouvez-vous nous présenter votre futur EP ?
Dans cet EP nous avons créé tout un univers musical sur mesure, après que Roxane ait participé à la résidence Artistes en Arctique. C’est une résidence de création qui accueille, sous forme d’expédition polaire, quelques artistes de toutes disciplines prêts à se laisser emprisonner sur la banquise à bord d’un petit bateau. Roxane est rentrée renouvelée, chargée de sensations, de paysages et ils ont décidé de composer avec Nicolas un nouvel EP spécialement dédié à l’Arctique.
Chacune des chansons est un conte. L’Arctique est un milieu fascinant, absorbant, quasiment irréel et extrêmement rude. La culture inuit regorge d’histoires magiques, bouleversantes, parfois cruelles où l’homme, la nature et les animaux se confondent.
Pour préparer cet EP, en plus du séjour d’un mois au Groenland, Roxane s’est inspirée de la mythologie inuit et s’est documentée sur le sujet. Pour écrire nos propres histoires, on puise dans ses souvenirs, ses sensations, les images rapportées de ce voyage, mais aussi dans les petites choses qui appartiennent au quotidien des groenlandais. 

Comment composez-vous et avez-vous un endroit particulier dans lequel vous aimez écrire ?
Roxane : Nous composons à deux. Parfois nous commençons séparément. Nicolas enregistre une idée à la guitare qu’il m’envoie et que je complète avec ma voix. Parfois, c’est moi qui propose une mélodie et c’est lui qui y ajoute les accords. Nous enregistrons nos idées dans nos smartphones et les retravaillons ensuite ensemble, s’essayant à différentes versions dans notre home studio, jusqu’à obtenir la maquette de nos rêves. Ensuite nous le morceau prend vie en répétition avec l’ensemble des musiciens.

Quelle influence apportera l'Arctique sur votre EP ?
Roxane : A travers ces nouvelles chansons, j’ai choisi de ne pas simplement livrer la mythologie d’une culture que je découvrais à peine,  mais de raconter, à travers mes propres légendes et mes propres contes, une rencontre, un choc entre moi, européenne issue d’un milieu tempéré, et la culture inuit et son écosystème polaire. Avec ces histoires, je peux raconter à quel point j’ai plongé dans le monde arctique, à quel point j’ai la sensation de lui appartenir désormais, à quel point il m’a fait rêver… La plupart des contes qui figurent sur l’EP sont donc issus de mon propre imaginaire, tout en respectent les codes habituels de la mythologie inuit. Cependant je n’ai pas pu résister à l’envie de parler du véritable mythe de Sedna, célèbre déesse de la mer appartenant au panthéon inuit.

Roxane, en étant biologiste éthologue, qu'est ce qui vous a poussé dans l'aventure musicale ?
Roxane : Mes parents sont musiciens de jazz et dès mon enfance j’ai baigné dans la musique. A l’âge de 18 ans, nous avons d’ailleurs enregistré un album en famille, mes parents, ma soeur, son parrain et moi. La musique n’a pas été un choix, elle s’est imposée à moi. Alors même que je poursuivais mes objectifs propres, avec ma passion pour la biologie en vue de devenir chercheur, la musique faisait toujours partie de mon existence, en toile de fond. Parallèlement à mes études, je multipliais les aller-retours pour donner des concerts, des spectacles et monter des projets musicaux. La musique faisait naturellement et intégralement partie de ma vie. La bascule s’est donc faite assez naturellement.

Que souhaitez-vous apporter de nouveau dans votre musique avec cet album ?
Dans cet EP, nous avons changé d’instrumentation comparément aux créations précédentes. Si nous avons conservé la chaleur acoustique de la guitare et des cordes (violon et violoncelle), le reste de la musique est d’avantage électrifiée avec l’ajout d’une guitare-basse, d’effets, du pad et de synthétiseurs. La voix est exploitée avec encore plus de simplicité et de profondeur.

En quoi votre concert au Pan Piper fin novembre a-il pu vous aider et les retours du public vous ont-ils été utiles ?
C’était une soirée dont nous nous souviendrons. Il y avait une osmose sur scène… Nous avons pris beaucoup de plaisir à donner ce concert. Nous avons reçu d’excellents retours de cette soirée : à la sortie le public parlait de rêves, de voyage, de « reine des neiges »…  La plupart n’avait jamais mis les pieds au Groenland mais semblait s’y être transporté le temps d’une soirée ! Nous ne pouvions pas espérer mieux.

Quel soutien votre nouvelle équipe vous apporte-elle dans la préparation de l'EP ?
Nous avons toujours eu la chance d’être formidablement entourés, par des musiciens talentueux et dévoués, au service de la musique, prêt à peindre avec leur propres couleurs les tableaux que nous ramenions de voyage ou des profondeurs de notre imaginaire. C’est merveilleux de travailler avec des personnes motivées et confiantes, prêtes à embarquer avec vous, sans toujours connaître la destination ! C’est incroyablement inspirant. Leur confiance nous porte et nous donne envie de toujours aller plus loin.

Peut-on en savoir plus sur le titre Lady Cairn et son clip ?
À la façon d’un conte inuit, la chanson raconte la vie d’une aventurière échouée en Arctique qui aurait épousé le paysage et ne ferait qu’un avec la montagne. Devenue pierre, elle épargnerait aux voyageurs égarés de subir son funeste sort, en les guidant depuis le haut des collines. Cette chanson s’inspire de la présence au Groenland de gigantesques cairns de pierre, points de repères essentiels, dont on croirait au loin qu’ils ont taille et forme humaine.
J’ai tourné le clip seule, à la fois devant et derrière la caméra. Mes journées étaient ponctuées de longues marches, en costume, au cours desquelles l’histoire de la chanson et le clip ont émergé par des séquences d’improvisations successives dans la nature. Le paysage m’inspirait sans relâche. J’étais happée, c’était comme s’il me dictait ce que je devais faire, où je devais m’arrêter et tourner…   Alors j’enclenchais la caméra, laissait tomber la parka, et vêtue d’une simple robe noire dans l’hiver arctique, je m’en allait donner naissance au personnage de Lady Cairn.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif et quelle importance accordez-vous à ce moyen de financement ?
Bien que nous soyons nos propres producteurs et que nous financions une très grande majorité de ce que nous produisons, nous sommes comme toute structure à la recherche de financements pour mener nos idées jusqu’au bout. Un financement participatif est un événement important et un acte fondateur. Cela permet de créer une émulation autour de la création et pas simplement d’utiliser l’argent d’une structure privée, publique ou de particuliers. Il y a d’avantage de rapport humain dans cette façon de procéder. Un financement participatif permet de créer une proximité avec notre public, de raconter le projet à ceux qui nous suivent, et le faire découvrir à ceux qui ne nous connaissent pas encore. Cela permet au public de suivre la progression dudit projet et faire plus que simplement consommer la musique ou le clip comme un produit fini. C’est une façon pour le public de se plonger dans la vie d’un artiste, dans l’acte même de création.
Roxane : En tant qu’artiste pluri-disciplinaire la plateforme de financement participatif à aussi cet intérêt de pouvoir proposer plus que la musique. Certaines des mes oeuvres (photo, gravures, badges…) ne sont disponibles qu’à la sortie des concerts. Je n’ai pas de boutique ou de site de vente en ligne, mais par chance ces oeuvres sont disponibles parmi les contreparties !

Vous pouvez soutenir l'EP sur l'Artique d'Archibald sur Ulule.

 

Pouvez-vous nous en dire plus sur la gravure et les cartes postales proposées dans les contreparties ?
Roxane : La gravure… c’est un beau souvenir. Un soir vers la fin du séjour, Cléa Darnaud, artiste graveur à bord du bateau, nous a prêté son matériel et initiés à la gravure ! Je n’avais jamais fait ça auparavant. Je ne dessine pas souvent non plus. Mais ce soir là, tout est venu d’un coup. J’ai eu envie de dessiner mon aventurière… Lady Cairn. J’ai suivi les quelques conseils de Cléa, et en quelques mouvements la gravure a prit forme, assez spontanément. Cette gravure représente beaucoup de choses : d’abord un merveilleux souvenir de bord, car cette gravure a été littéralement faite au delà du cercle polaire, en plein hiver, dans la chaleur du carré, chauffé par le poêle… Et puis c’est Lady Cairn ! Mon aventurière… une partie de moi-même encore présente là-bas. L’image de Lady Cairn est une invitation à l’exploration, à l’aventure, au courage. C’est une figure féministe, humaniste. C’est un symbole de liberté et de rêve.
Les photos ont également été prises la-bas, dans la baie de Qammavinguaq. Ce sont deux photos que j’ai sélectionné spécialement et qui n’ont pour l’instant jamais été publiées ailleurs. Elle sont proposées en exclusivité sur la plateforme. Pour l’une, il s’agit de l’iceberg qui flottait au large du village et que nous avons eu le plaisir de voir évoluer et changer de couleur au grès des jours. En Arctique, il y a des moments de la journée où le ciel devient rose bonbon. Pour l’autre il s’agit d’une fracture de la banquise, à travers laquelle on devine le bleu céladon de la glace.

Peut-on en savoir plus sur le clip que vous préparez et son univers ?
Le scénario du clip raconte comment une jeune européenne entre soudainement en communion avec Sedna, déesse de la mer, dont elle ne connait pas nécessairement l’existence et l’histoire au préalable. Enfouie dans l’eau de son bain, la jeune femme voit alors à travers les yeux de Sedna et découvre son triste sort, solitaire au fond de l’eau. Dans sa chevelure, sont prisonniers des animaux marins (phoques, baleines, narvals, ours polaires). Accompagnant un changement musical, les animaux sont enfin libérés et la jeune femme européenne se redresse, alors consciente de sa responsabilité quant au sort de l'Arctique, qui ne dépend plus que des peuples autochtones, mais de l’humanité toute entière.
Ces espèces animales sont menacées et souffrent pour une bonne part du réchauffement climatique. La famine, provoquée par Sedna dans l’histoire inuit originelle, qu’elle soit alimentaire ou métaphoriquement sociale, culturelle ou environnementale, s’abattra sur nous tous. L’européenne, dans une communion quasi chamanique avec la déesse de la mer, se voit porte parole d’un message adressé à tous.

Selon vous, quelle place occupe l'univers visuel dans la musique ?
Il arrive très souvent qu’une idée visuelle précède la musique. La vision préalable d’une photo que nous pourrions faire, d’un clip, d’un costume ou d’un dessin peut-être un déclencheur pour la composition. Roxane peut avoir envie de composer un morceau rien que pour tourner le clip qui irait avec !
Roxane : Il m’est même quasiment impossible de décrire la musique et les intentions de jeu aux musiciens qui nous accompagnent sans leur décrire l’univers visuel et sensoriel que je me représente en chantant !
Les frontières entre les différentes disciplines artistiques et les sens sont très perméables. Chaque élément, des paroles à la pochette, en passant par le clip sont inter-connectés et sont pensés dans un même geste créatif.

Souhaitez-vous nous parler du livre Artistes en Arctique ?
L’ensemble des artistes de la résidence, ainsi que le capitaine du bateau, sommes très fiers de présenter le catalogue Artistes en Arctique 2019 qui regroupe l’ensemble de nos travaux respectifs. En feuilletant ce magnifique ouvrage, on retrouve des dessins, des croquis, des céramiques, des gravures, des photos, des paroles, des musiques, un clip…. Chacun y livre ses impressions, ses sensations, le contexte et la genèse de ses créations… Chacun raconte comment l’Arctique l’a changé. Et les photos des oeuvres accompagnent et illustrent ces instants de vie qui résonnent pour nombre d’entre nous comme le plus fabuleux des voyages.
Si cette résidence permet à des artistes de découvrir le monde polaire et d’en faire un terreau de création, elle a également pour objectif de favoriser la rencontre avec les personnes natives du Groenland. Ainsi on découvre dans ce catalogue le travail photographique d’une des habitantes inuit du village d’Akunnaaq, village le plus proche du bateau, qui à travers ses clichés raconte de l’intérieur l’alternance des saisons, la présence de la faune sauvage et la vie quotidienne dans ce coin du monde si différent du notre.

Comment voyez-vous l'évolution de l'Arctique face au changement climatique ?
Je la vois comme les scientifiques la voient. Il est primordial de comprendre que les milieux polaires participent à la régulation du climat terrestre, et que leur disparition accélérée, en plus de nuire à toute les populations humaines, animales et végétales qui y vivent, aura d’énormes répercussions sur l’ensemble du globe. Il est naturel que ce qui se passe ici, ait des conséquences ailleurs. La mondialisation n’est pas qu’une question économique, c’est une réalité écologique.

Pourquoi vouloir sortir cet EP au format vinyle ?
Pour voir enfin une de nos pochette en grand format !
Même si l’écoute en ligne est devenue prédominante, quand on aime un groupe on aime se procurer l’objet qui va avec leur musique et le vinyle est le support musical par excellence.

Une indiscrétion ou une anecdote à nous donner ?
Avant de partir au Groenland, je croyais que je pourrait chanter un morceau en Groenlandais dans l’une de nos chansons. Sur place j’ai découvert que le Groenlandais était une langue absolument incroyable et surtout extrêmement difficile… J’ai renoncé… momentanément !

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Nous mettons tout notre coeur, tout notre imagination, notre créativité dans nos enregistrements et dans nos concerts… Nous sommes très heureux de bénéficier cet espace de liberté totale sans contrainte ni format imposé : Archibald c’est de la liberté, de l’exploration, de l’aventure !

Merci à Archibald d'avoir répondu à notre interview !
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LADY CAIRN (Clip) - Archibald / Lady Cairn

Musique interview

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