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Personne ne gagne dans le futur album de Fabrice Falandry

Maxime Lopes Par Le vendredi, 18 décembre 2020 à 10:16 0

Dans Culturel

Fabrice Falandry prépare l'album Personne ne gagne grâce au soutien des internautes. Découvrez son blues en français et sa guitare Hawaïenne dans son premier album.

Fabrice Falandry

D'où vient votre passion pour le blues et la musique en général ?
Ma passion pour la musique vient de la collection de vinyles de mon père. Il y avait beaucoup de disques à la maison. Beaucoup de chanson Française, mais aussi des compilations de musique américaine, des vieux rock comme Elvis Presley, Buddy holy etc.
Et sur un des disques j'ai pris une claque en écoutant That's what I say de Ray Charles. Je pense que c'est à ce moment que la graine s'est plantée. Elle a germé des années plus tard en se mélangeant à beaucoup d'autres influences rencontrées sur le parcours :)

Pouvez-vous nous présenter votre premier album, Personne ne gagne, que vous préparez ?
C'est mon premier album. Il fait suite à un EP Le Goût de l'Effort sorti en 2019 sous le label Yokatta Records.
Le confinent a eu cela de positif, c'est que j'ai pu écrire et composer. Je voulais avoir une collection de chansons avec des sujets variés et des textes que j'étais prêt à défendre.
Nous avons enregistré 14 chansons dont 11 figureront sur l'album. Pas mal de titres à la Slide guitare mais aussi des ballades Folk ou Country blues. C'est donc un album de Blues-folk Francophone auto-produit.
C'est un album qui est essentiellement présenté guitare voix, car c'est ainsi que je présente sur scène. Ce qui n'exclue pas la présence de quelques amis musiciens qui sont venus colorer ces compositions.
L'autre facette de la production de cet album c'est qu'il était important pour moi aligner les actes et les mots. Je parle beaucoup de sujet de société et notamment d'environnement. Je voulais être dans une démarche 100% authentique et voir ce qu'il était possible de faire.
Pour le moment cela démarre pas mal !

Comment composez-vous et quelles sont vos sources d'inspirations ?
J'ai essayé longtemps de me poser et composer mais pour moi, cela ne fonctionne pas comme ça.
Je pratique la guitare tous les jours et quand un bout de musique s'accroche à mon oreille, je ne fais que ça pour m'en imprégner et pour raconter quelque chose autour.
Des fois, c'est un autre artiste dont la démarche m'a inspiré, des fois, un riff de blues ou une suite d'accords.
Pour les textes c'est plus compliqué. Je ne me fixe aucune limite, ni sujet (ou c'est rare). C'est la beauté des mots qui s'entrechoquent ou leur rythme qui me plait. Du coup, je stocke dans mon téléphone des centaines de phrases qui sonnent bien à mon oreille. Parfois, je les lis et j'essaie de les mettre en face l'une de l'autre et quand 3/4 phrases se répondent bien, je fais comme avec la musique, je me demande quelle histoire est cachée derrière ces mots. Je crois que nos égos ont tendance à cacher le fait qu'il y a beaucoup d'inconscient dans l'acte de création et que souvent il suffit de laisser les choses remonter à la surface, de ne pas les juger et d'y apporter le plus d'authenticité possible vis à vis de sa propre histoire.
Et puis, ensuite, vient la phase + cérébrale où je dois structurer les mots sans qu'ils perdent leur substance pour qu'ils rentrent dans le format rythmique de la musique sur laquelle ils vont se poser.

Pourquoi avoir choisi le nom de Personne ne gagne pour votre album ?
Personne ne gagne traduit une certaine notion d'équilibre. Personne ne gagne à s'approprier un maximum de richesse vis à vis des autres être humains. Car une fois que tu as tout accumulé tu fais quoi tout seul ? Je pense que tout dans la vie est régit par le principe de réciprocité et que dans chaque relation, tu as toujours une chose à apporter que l'autre n'a pas. Personne ne gagne est également le Titre d'un livre autobiographique de Jack Black qui a choisi une vie de vagabond et de brigands tout en ayant des valeurs très humaines. A la fin, il est capable de démonter que d'un côté comme de l'autre de la balance personne ne gagne.
Je trouve que c'est le genre mantra qu'il est bon de se répéter le matin avant de démarrer la journée :)

Peut-on en savoir plus sur la partie instrumentale et quelle guitare utilisez-vous ?
Bien sûr :)
J'utilise principalement des guitares acoustiques. Je joue énormément sur ma Weissenborn qui est une guitare hawaïenne qui se joue à plat sur les genoux.
Ces guitares font parties de la famille des LapSteel. La mienne est une guitare fabriquée par un luthier des Côtes d'Armor qui, à mon avis, fabrique les meilleures Weissenborn en France. Il s'appelle Florian Château.
Sur l'album j'ai également utilisé une Lapsteel électrique fabriquée par Mélophonic's Guitars un luthier basé au Mans, qui est lui, d'avantage spécialisé dans l'électrique.
Pour les guitares standards, j'ai une Taylor 114E qui m'accompagne depuis plus de 10 ans. Une petite Parlor Martin 0017.
Pour finir, j'ai aussi utilisé un dobro National qui appartient à Mathieu Pesqué qui a produit l'album.

Vous dites que vous souhaitez être le moins impactant possible pour l’environnement. Qu'est ce que cela signifie concrètement ?
Concrètement, le but n'est pas de me limiter mais c'est : un studio pas loin de chez moi, un imprimeur de ma ville avec qui je travaille et qui utilise des matériaux recyclés et non impactant pour les pochettes, livrets, affiches etc... C'est faire fabriquer les CDs le plus près possible de chez moi. C'est ne pas faire des quantités qui me resteront sur les bras (et donc à la poubelle), beaucoup de quantités limitées, fabriquer des contreparties nous même, comme des portes clés dont le bois provient directement de celui qui servit à fabriquer ma weissenborn (qui est lui même éco-labelisé). C'est pas grand chose mais cela implique de se poser et d'aligner ce qui est nécessaire et ce qui est du "luxe écologique".

Souhaitez-vous nous parler des enregistrements en studio et comment avez-vous travaillé avec Mathieu Pesqué ?
Je rêvais de travailler avec Mathieu depuis que j'ai écouté son album Im not here. J'ai tout de suite su qu'on avait des influences communes, mais aussi la même façon de concevoir un album "qui sonne".
Il travaille presque en analogique et à la roots, c'est à dire, des micros bien placés et le reste c'est les mains et la voix de l'artiste qui font le boulot. Ca met la barre haut direct et il a su me pousser dans mes retranchements pour ne pas être dans l'exécution parfaite mais dans la prise la plus incarnée possible. Mathieu est un grand auteur compositeur et un sacré guitariste et chanteur. Le fait qu'il s'implique dans mon projet de cette façon est un honneur pour moi.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
La question s'est posée. Label ou pas label ? La vérité c'est que je fais un style de musique qui n'est pas le plus rentable possible et que c'est un gros risque pour un label, surtout sur un premier album. Puis je me suis dit que compte tenu de ma démarche (écologique) cela serait plus intéressant de mobiliser des gens sensibles à ces sujets autour du projet. Et puis de faire les choses moi même, de m'entourer de personnes qui ont envie de partager l'aventure c'est bien plus motivant car tu dois y mettre tout ton temps et ton énergie.

Quelle sera la partie visuelle de l'album et un clip est-il prévu ?
Hooo ! Mais je ne vais pas te le dévoiler comme ça ;) Au moment où je t'écris, j'ai 3 versions de la pochette dont une sort clairement du lot.

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un livre de 32 pages autour du projet ?
En fait, j'ai fait un sondage sur Facebook pour savoir si les gens achetaient toujours des CDs, si ils préféraient des clés usb, avec du contenu, des vinyles ou autre... Et il s'avère que les CDs l'emportent haut la main. Ce que j'en ai conclu c'est qu'après un concert, les personnes qui ont aimé, veulent repartir avec un souvenir de ce moment.  En tant, qu'artistes nous vendons une escapade temporaire dans un univers particulier. Mon univers à moi ce sont les mots, des sons qui font voyager. Alors l'idée d'un livre avec les textes et des photos, ajouté à cela un code de téléchargement de l'album en digital, me paraissait une alternative nouvelle à proposer au public désireux de repartir avec un souvenir du moment passer ensemble.

Avez-vous une indiscrétion à nous raconter sur l'album Personne ne gagne ?
Le premier jour d'enregistrement j'ai du chanter 9 heures d'affilé, je pense que Mathieu voulait que je me chauffe et relâche la pression. On a presque rien gardé de cette première journée mais ma voix le lendemain n'aurait pas été la même sans cela. Il m'a fait également fait ralentir un morceau, une reprise dont je tairais le nom, j'ai du réécrire mes parties mais le résultat est au delà de nos espérances.

Quelle importance accordez-vous à votre relation avec votre public et quelle place occupe les réseaux sociaux ?
En tant qu'artiste indépendant, la seule relation que j'ai pour faire vivre ma musique c'est le public et les programmateurs (radio, concert etc.). Ma position par rapport au public est d'être moi, le plus possible. Ne pas chercher à séduire ou flatter et finir par être faux. Je donne tout, je bosse beaucoup, je ne m'exprime que lorsque j'ai quelque chose à dire.  Sur scène je viens seul avec mes guitares, exposé et seul mais c'est à ce prix que je peux donner un moment de sincérité extrême sans les artifices habituels de la scène. je fais une musique intimiste et pas facile d'accès de prime abord, alors les gens qui me suivent le font parce qu'ils se retrouvent quelque part dans ma démarche. C'est ça le plus important pour moi et ensuite j'essaie de montrer digne de cette relation.

En quoi la scène est-elle importante pour vous et avez-vous un souvenir de concert à nous raconter ?
La scène c'est la priorité pour moi. Cela représente un tout. Le voyage, l'installation, le concert et la rencontre avec le public, puis rentrer seul dans ma chambre et recommencer... C'est comme ça que je me sens le plus vivant. C'est là que tout prend son sens.
Et puis je suis Skateur, pour moi la scène c'est comme une session de Skate, tu viens avec tes tricks mais tu ne sais si tu auras la conditions pour que tout passe à l'aise. Alors, à partir du moment où je m'assoie pour jouer je lâche prise, j'accepte et réponds à tout ce qui se passe. C'est également pour cela que je travaille dur la guitare car je peux être plus spontané et ne pas jouer les choses tous les jours de la même façon. il y a encore du boulot ! Une fois j'étais programmé pour la clôture de saison dans une guinguette au Mans où j'ai l'habitude de jouer. C'est souvent blindé, mais ce soir là il faisait un froid de canard et il y avait 5 personnes à tout casser. Je parle avec les gens présents, on partage un verre et puis je leur propose de leur jouer 2/3 morceaux. Au bout de 2H je jouais encore il n'y avait pas plus de monde, mais quelle soirée !!! C'est ça un concert pour moi, tu t'adaptes, 5 personnes, 600... tu fais avec le moment et ce qui se présente.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci à toutes les personnes qui ont soutenu la campagne et qui partagent les posts et vidéos. Merci à ma famille et mes amis qui me soutiennent depuis mes débuts (les pauvres) et qui sont encore là à mes côtés. Merci à ceux qui, sur la route se sont accrochés à la caravane et qui sont toujours présents aujourd'hui. Merci à Yokatta et Stephan Bihan pour sa confiance pour mon premier EP, à Paul Moulènes, Paul personne à qui je dois la visibilité dont je bénéficie aujourd'hui, tous le réseau blues pour leur confiance et leur accueil dans cette communauté.

Merci à Fabrice Falandry d'avoir répondu à notre interview !
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Fabrice Falandry - Personne ne gagne

interview Musique

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