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Pauline Chagne prépare l'EP Nuit Pauline

Maxime Lopes Par Le mercredi, 10 février 2021 à 11:18 0

Dans Culturel

Pauline Chagne est une actrice et musicienne parisienne. Elle prépare l'EP Nuit Pauline.

Pauline Chagne

D'où vient votre passion pour la musique et que vous procure-t-elle ?
J'ai la chance d'être née au sein d'une famille de musiciens de jazz et d'avoir toujours baigné dans une grande diversité musicale.
A l'âge de 3 ans j'ai dit à mes parents que je voulais jouer de la harpe, ils n'ont pas vraiment compris pourquoi, mais j'ai beaucoup insisté et à 4 ans je commençais cet instrument. Ma rébellion familiale a été de jouer de la musique classique et non du jazz en quelque sorte !
J'ai étudié la harpe à niveau professionnel pendant 15 ans et à 19 ans je me suis consacrée à la scène mais différemment. Je suis devenue actrice et c'est il y a deux ans que j'ai découvert une nouvelle harpe électrique inouïe qui m'a fait revenir vers cet instrument.
Jouer de la musique et chanter est une façon pour moi de me mettre à nu, c'est un exutoire, un endroit où tout est permis, c'est mon lieu de liberté. Je m'évade et pourtant je regarde le présent avec beaucoup de clairvoyance à ce moment là. La musique est un moyen de parvenir à tous mes sens en même temps. C'est une façon de me connecter à mon intimité tout en étant dans le partage.

Pouvez-vous nous présenter le premier EP que vous préparez : Nuit Pauline ?
Nuit Pauline est un EP dont la musique est composée et arrangée par Antonin Tardy et dont j'écris les paroles et interprète.
Ce petit album sera mixé par Mick Guzauski l'ingénieur du son de Prince, Earth Wind and Fire, Michael Jackson, Daft Punk, Barbra Streisand et bien d'autres encore...
C'est un EP dont les textes sont très intimes et personnels sur une musique à la fois libérée, extériorisée et sensible.

Quelles icônes de la chanson française aborderez-vous dans cet EP ?
Notre musique est très imprégnée de la variété des années 70 et 80.
Au niveau des texte je suis très inspirée par William Sheller, Mylène Farmer, Etienne Daho, Alain Bashung.

Comment travaillez-vous avec Antonin Tardy à la création de cet opus ?
Nous travaillons l'un pour l'autre et bien sûr pour les autres.
Souvent je confie un texte à Antonin qui ensuite écrit la mélodie. Mais il peut arriver qu'il ait une idée de mélodie qui ensuite m'inspire des paroles. A la suite de ça nous faisons ce travail "l'un pour l'autre"  j'adapte quelques mots pour coller au mieux à la musique, il change l'arrangement ou quelques notes pour être collé aux mots...
Nous faisons tout ensemble, je suis présente à toutes les étapes musicales. Cependant je préfère être seule pour écrire.

Qu'avez-vous apprécié dans la harpe et pourquoi avoir quitté cet instrument ?
J'ai toujours voulu jouer de cet instrument. Je ne sais pas vraiment pourquoi je l'ai choisi. C'est un instrument au son très pur mais aussi très vibratoire. Quand on joue de cet instrument on est enivré par le son, la table de résonance traverse tout le corps, c'est une expérience physique incroyable en plus du son que j'aime énormément. Je crois profondément à l'importance du plaisir physique quand on travaille un instrument. La douleur ne devrait pas en faire partie. C'est justement pour ça que j'ai quitté la harpe. J'ai fait une mauvaise rencontre, une professeure de harpe s'est attelée à briser physiquement et psychologiquement ce rapport formidable que j'avais à mon instrument.

Quel sera l'univers instrumental de cet EP ?
La harpe est au centre tout, après la voix bien entendu.
Nous faisons un travail très particulier sur cet instrument, car tout en exploitant son esthétique caractéristique, nous cherchons à briser les codes et à révolutionner l'image et le son de cet instrument.
La harpe peut jouer des gimmick très dansants, des lignes de basses, pour sortir de son carcan et de son piédestal.
Nous travaillons avec des synthés vintages également, des batteries acoustiques et électroniques, des basses qui groovent.
La voix est au centre de tout, dans une esthétique variété des années 70-80.

En quoi la crise du Covid que nous traversons affecte votre parcours artistique ?
Cela a été et est encore aujourd'hui très déroutant. Au départ je me suis sentie assommée, je devais beaucoup jouer en tant qu'actrice. Cela a mit un grand coup d'arrêt. Je devais sortir un autre single à la place d'Orange Sanguine.
Durant le premier confinement j'ai commencé quelque chose que je n'avais jamais fait auparavant : chanter tous les jours une chanson en m'accompagnant à la harpe, au choix des mes ami.e.s Facebook. Cela m'a beaucoup amusée et m'a connecté à mon instrument d'une autre manière. Aujourd'hui je suis dans une démarche de résistance. Je créé, je travaille beaucoup, je ne sais pas de quoi demain sera fait, et c'est très perturbant mais ne pas travailler me met trop en colère.
J'attends avec impatience de pouvoir à nouveau fouler les planches. Quel manque !

Parlez-nous du titre Orange sanguine...
Orange Sanguine est née pendant le 1er confinement, j'étais transportée par une vague d'espoir et j'avais un grand besoin d'une chanson libératrice, dansante, disco ! Je voulais parler des menstruations sous un angle festif, engagé, coloré et sans-concessions.
Pour une fois nous avons du travailler séparément Antonin et moi (à cause du confinement). La préparation a ensuite été très vite, l'enregistrement, le clip aussi. J'ai travaillé avec une jeune réalisatrice, Anouk Trégan, très engagée elle aussi et qui partageait mes envies d'engagement et esthétiques sur ce film.
Tout a été très fluide, très évident.

A quoi correspond le clip de vos rêves ?
Le clip qui accompagnera la sortie de l'EP sera Nuit Pauline.
J'ai plusieurs idées de réalisateurs et réalisatrices avec qui j'aimerais travailler.
J'aime la démesure que la pop-variété permet. J'aime les clips colorés, aux univers très forts visuellement. J'aime les clips sans tabous, les costumes très travaillés et originaux, beaucoup de costumes dans Orange Sanguine ont été créés pour le clip. La robe Vulve et les mascottes de serviettes hygiéniques ont été réalisées par Bérengère Roland une merveilleuse costumière.
Le clip sera inspiré des clip des années 70-80 : Madonna, les Rita Mitsouko, David Bowie, Prince, Dalida, Mylène Farmer...
J'aimerais travailler à nouveau avec des danseurs et des danseuses et pourquoi pas tourner en pellicule.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Je porte ce projet avec mes moyens personnels depuis le début, j'ai envie de continuer à créer du mieux possible, mais je ne peux plus continuer seule. Pour l'instant je ne suis pas accompagnée par un label ou une maison de disque.

Vous avez également été actrice. Qu'est ce que cela vous a apporté artistiquement et personnellement ?
Je suis toujours actrice, je joue (si tout se passe bien) au Théâtre du Rond Point à Paris à partir du 11 mai dans une pièce intitulée Je te pardonne (Harvey Weinstein) de et mise en scène par Pierre Notte.
La scène en tant qu'actrice m'apporte la folie qui me manquait tant dans la musique classique. Le partage avec le public que je retrouve aussi dans la pop. Je ne suis plus moi-même, ou en tout cas une certaine partie de moi-même que je ne peux être nulle part ailleurs.

Espérez-vous pouvoir défendre cet EP sur scène et en quoi est-elle importante culturellement ?
Je garde espoir, cela sera possible dans quelques temps... Je défends une musique sincère et festive. j'espère pouvoir très bientôt danser avec le public sur nos doutes, nos fragilités et nos manques !

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci de tout coeur de m'avoir invitée à répondre à ces questions, j'en suis très touchée.

Merci à Pauline Chagne d'avoir répondu à notre interview !
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Pauline Chagne - Orange Sanguine

Musique interview Crowdfounding

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