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Pandore : un single engagé pour l'environnement

Maxime Lopes Par Le lundi, 11 octobre 2021 à 11:51 0

Dans Culturel

Pandore est un slam coup de poing pour une écologie solidaire mené par un groupe d'artistes.

Pandore single

Qui se cache derrière votre groupe d'artistes ?
Il s’agit d’un trio, je dirais, de circonstance. Romancier de métier, j'ai eu cette drôle d'idée, un lundi en début d'après-midi, crasseux en diable avec des nuages si bas qu'on aurait pu s'en faire des bonnets, de coucher sur papier une sorte de poème sur toutes les choses qui me révoltaient depuis des années. Un poème qui, me suis-je rendu compte, sonnerait bien en musique. Vu la densité du texte, le slam s'est imposé tout de suite. Puis il a fallu persuader mon ami compositeur, Christophe Houssin (le chef d'orchestre des albums de Myrihandes financés sur Ulule) et un autre grand ami - dans tous les sens du terme - Pascal Prunier (l'un des interprètes de ma comédie musicale de l'époque, Isabelle et le Roi, oui oui, je suis un vrai Couteau Suisse !).

Pouvez-vous nous présenter le single Pandore ?
Il fait bien sûr référence à la fameuse boîte de Pandore, qu’il faut éviter d’ouvrir sous peine de la voir vomir les pires calamités. Bon, il se trouve qu’on l’a ouverte malgré tout, et depuis longtemps. En gros, depuis la révolution thermo-industrielle. Pandore est un slam coup de poing qui vient exprimer un grand ras le bol de ce monde inégalitaire et destructeur qu’on voit enfler sous nos yeux depuis 50 ans.

Pourquoi avoir voulu faire un single militant sur l'écologie ?
Parce que la préservation du vivant et les conditions pour que le vie ne s’éteigne pas sur cette bonne vieille planète éclipse toutes les autres priorités. On ne cesse de le dire sans qu’aucun dirigeant ne prenne des mesures proportionnelles aux périls qui nous menacent : nous sommes entrés dans la sixième extinction de masse (la précédente remonte à la bagatelle de 66 millions d’années), extinction causée pour la première fois de l’Histoire de notre planète par son espèce dominante : la nôtre. C’est pour cela qu’on parle d’Anthropocène pour qualifier notre époque. Bref, plus qu’une question de militantisme, c’est une question de survie pour les jeunes générations et celles à venir.

Quelle importance accordez-vous au texte ?
Une grande importance : il a été le moteur du projet. Il devait être percutant et sans concession. On a d’ailleurs vite fait de comprendre que le tutoiement employé tout du long ne s'adresse pas à monsieur ou madame tout le monde. Il est bien question de ces gens qui nous dominent, qui nous écrasent parfois, de leurs pieds d'or ou de fer. De ces élites qui ont hissé l'argent au-dessus de toutes les autres valeurs : solidaires, éthiques ou spirituelles.
Quelqu'un a écrit un jour : "Ils ne sont grands que parce que nous sommes à genoux." Alors qu'il suffirait de se relever. De nous relever tous ensemble... pour bâtir un monde qui nous ressemble. C'est cet espoir, cette étincelle de vie qui anime la chanson.

Que peut-on savoir de la partie instrumentale ?
Qu’elle a été écrite à l’origine pour un tout autre projet. Christophe Houssin, le compositeur, a travaillé sur la bande originale de ma saga littéraire entre 2017 et 2018. Le titre utilisé dans Pandore faisait partie du premier album. Une sorte d’hymne épique dans lequel j’ai puisé l’inspiration pour écrire le texte. Il a tellement adoré qu’il a retravaillé la bande son pour lui donner une couleur plus électro qui donne une touche plus moderne à l’ensemble.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Pour réaliser le clip. Ce qu’on a produit pour l’instant sous forme d’extraits a été tourné avec des bouts de ficelle. Mais ce que nous visons, c’est un clip professionnel, tourné avec le matériel adéquat et sur des lieux choisis, qui plus est selon un scénario précis.

Quel impact a l'univers visuel sur la musique et des projets environnementaux comme celui-ci ?
C’est essentiel pour capter l’attention des gens. Quelque soit le secteur, nous vivons une époque de l’image. Il n’y a qu’à voir le succès des réseaux sociaux, d’Instagram, YouTube, Tik Tok… Sans image, avec la qualité, le rythme qui vont avec, c’est le coup d’épée dans l’eau assuré. Quel que soit le message qu’on a à transmettre, on a besoin de passer par l’audiovisuel. Peut-être parce que nos générations, avec l’accélération technologique, sont devenues plus impatientes et paresseuses. On veut consommer vite. Il faut se plier à cette loi si on veut être vu… et entendu.

Espérez-vous réellement qu'en ouvrant la boîte de Pandore, votre single fasse réellement bouger les choses ?
J’ai la prétention de croire qu’on peut apporter notre grain de sel. Et qu’à force de saler les yeux des gens, ça va finir par piquer et leur faire réaliser des choses. D’autant que Pandore ne parle pas que d’écologie. Il est aussi beaucoup question d’inégalité de classes, du fossé qui s’est creusé entre une poignée d’ultrariches et le reste du monde. Et de toutes les conséquences désastreuses que cela peut avoir sur nos vies comme sur l’état de la planète. Le problème est systémique : un grain de sel seul ne peut rien, mais une montagne de sel peut stopper le cours des choses si chacun, à son niveau, décide de faire sa part.

En quoi est-ce important de proposer un projet avec une association comme la LPO (ligue de protection des oiseaux) et comment allez-vous travailler ensemble ?
Lors d’un précédent projet mené également sur le modèle du financement participatif, j’ai créé un partenariat avec un Institut pour enfants hospitalisés, ce qui m’a permis de leur offrir des romans et d’organiser une rencontre en collaboration avec les membres de la Fondation.
Je suis parti du même principe sur le projet Pandore : puisque nous militons pour l’écologie et la préservation des espèces animales et végétales, rendons-nous utiles pour de bon en reversant une partie des sommes récoltées à une association qui en vaut le coup. La LPO existe depuis longtemps, c’est une association sérieuse, efficace, qui rencontre des difficultés du fait même de ses combats. Aussi j’ai discuté avec le directeur de sa délégation de l’Hérault, qui a accepté de collaborer. L’une de nos contreparties permet ainsi de faire un don à la LPO de l’Hérault tout en nous aidant à financer le clip.

Aurez-vous l'occasion de présenter votre single en public ?
Nous l’espérons. J’ai l’idée d’un cinéma près de chez moi qui organise beaucoup d’événements… Je n’ai pas encore eu le temps de me lancer dans d’autres recherches mais ça viendra !

Pensez-vous déjà à réaliser d'autres titres engagés à l'avenir ?
J’écris déjà des romans pour sensibiliser la jeunesse à certains enjeux écologiques. J’ai écrit plusieurs tribunes engagées sur des quotidiens. La chanson est (re)venue me titiller par ce biais. Donc oui, c’est possible, si je trouve le bon sujet. Et si Pandore rencontre son public.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Que la campagne Ulule pour Pandore soit un succès. Mais surtout que toutes celles et ceux qui s’engagent au quotidien pour un monde plus juste, plus durable, fassent chaque jour de nouveaux émules. Qu’ils soient davantage entendus, imités, soutenus, quel que soit leur champ d’action.

Merci à Guilhem Méric d'avoir répondu à notre interview !
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interview Musique Crowdfunding

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