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Ondine Khayat présente son roman Ils ne faisaient que rêver

Maxime Lopes Par Le mercredi, 09 mars 2022 à 07:00 0

Dans Culturel

Ondine Khayat a déjà publié de nombreux romans. Découvrez Ils ne faisaient que rêver.

Ils ne faisaient que rêver Ondine Khayat

Interview avec Ondine Khayat

Comment vous est venu le goût de la lecture et de l'écriture ?
J'ai grandi sans télévision, je lisais donc beaucoup de livres. Mon père nous racontait également des histoires et nous discutions ensemble. Etant une enfant très sensible, je m'imprégnais de ces échanges, des couleurs, des odeurs et des atmosphères de mes lectures. J'ai donc emmagasiné beaucoup de ressentis, un peu comme le font les 'nez' avec les odeurs. Ma rencontre en 2005 avec l'éditeur Robert Lafont, qui avait vendu sa maison d’édition mais restait un éternel amoureux des livres, m’a également donné confiance. Il avait lu mes poèmes et m'a encouragé à écrire le roman que je venais tout juste de commencer.

Pouvez-vous nous présenter votre roman Ils ne faisaient que rêver ?
Ce roman raconte l'histoire d'Alisha et Thalie, qui se sont promis, à l'âge de neuf ans, face au Gange pollué, d'unir leurs forces pour changer le monde.
Vingt ans plus tard, à Paris, elles organisent avec des jeunes du monde entier, des marches pour le climat  qui se déroulent simultanément dans plusieurs capitales du monde. Mais de violentes explosions mettent un terme à leurs rêves et à ceux de toute une jeunesse. Suite à ces évènements, les gouvernements prennent une décision radicale, celle d'entrer dans l'intimité des citoyens d'une manière totalement inédite. Ce roman raconte ce basculement, mais aussi les forces et les ressources nécessaires pour faire face aux tragédies de l'histoire.

Que peut-on savoir de vos personnages, Alisha et Thalie et de leurs regards sur le monde ?
Alisha est indienne, fille d'un artisan de la soie de Bénarès, engagée dès le plus jeune âge. Elle milite pour l'écologie et est écoutée par la jeunesse.
Thalie est la fille d'un avocat international et a rencontré Alisha lorsque son père s'est expatrié en Inde pour son travail. Elle est devenue reporter photographe, engagée aux côtés de son amie d'enfance. Alisha possède une force, une foi, de l'ardeur et de l'incandescence. Il y a chez elle une conscience et une force peu commune. Elle porte sur le monde un regard lucide et déterminé, certaine que tout peut évoluer. Je ne peux en dire plus sur elle, car sa présence dans le livre, du fait des évènements que je raconte, s'effectue d'une manière particulière. Je vous laisse le découvrir. Thalie, elle, est une jeune femme révoltée, en colère, très idéaliste. le monde dans lequel elle vit lui est insupportable. Les explosions portent un coup terrible à son idéal, elle devra s'y confronter et trouver des ressources en elle et dans les rencontres qu'elle va faire. Elle évolue tout au long du livre car elle est confrontée à des évènements puissants.

Qu'est-ce qui vous a intéressé d'aborder des sujets comme l'écologie ou des attentats ?
Je suis partie des thèmes qui structurent mon travail d'écriture : la valeur de la vie, le respect du vivant. Ce qui m'a intéressé, c'est de parler de l'état de notre planète, de la jeunesse et de ses rêves mais aussi de notre écologie intérieure et des liens que nous avons les uns avec les autres. L'idéalisme et l'éco-anxiété exprimés par de nombreux jeunes, les attentats que nous avons connus, provoquent des prises de conscience radicales. J'ai voulu raconter la nécessité à rêver et l'urgence à agir.

Comment l'actualité que nous vivons ces dernières années affecte votre écriture et votre inspiration ?
L'idée de ce roman est née en 2018, autour de mes réflexions sur l'écologie, le transhumanisme et des débats sur notre prétendue 'utilité' ou  'inutilité'.  En 2018, j'avais imaginé ce roman comme une dystopie, il est intéressant de constater qu'il est aujourd'hui un roman social. J’évoque également dans ce livre les points de jonction entre la science et la spiritualité en mettant en scène des scientifiques qui travaillent, à l’instar de l’institut Heartmath, sur le pouvoir guérisseur du coeur, dont le champ magnétique est 5000 fois plus puissant que celui du cerveau. A travers eux et mon héroïne Thalie, j’ ai souhaité rendre hommage à toutes les personnes qui se battent pour un monde meilleur.

Pourquoi vouloir aborder les décisions de gouvernements ou d'Etats dans la vie des gens dans Ils ne faisaient que rêver ? Manquons-nous de libertés ?
Ces deux dernières années ont constitué pour nous tous un point de bascule.
Nous avons été confronté à une maladie inconnue, confiné totalement pendant trois mois, nous avons dû nous vacciner en masse, montrer un pass pour aller dans les lieux public etc. Au-delà des débats qui se tiennent sur tout cela, mon rôle en tant qu'artiste est de pousser la réflexion là où on ne l’attend pas, de tordre la réalité, de susciter le rêve ou l’effroi, d’anticiper sur le réel, de le questionner, d’en repousser les limites. Depuis 2018 et les premières idées sur ce roman, les changements significatifs intervenus dans notre société placent plus que jamais les questions d’équilibre entre la liberté individuelle et la liberté collective, l’éthique et la sécurité au coeur de nos existences.

Vos origines ou vos voyages inspirent-ils de manière générale votre style d'écriture et les sujets abordés ?
Mon père est libanais, arménien et syrien. Ma famille a vécu le génocide arménien et la guerre du Liban. Je suis également thérapeute.  Il me paraît évident que mon histoire personnelle a structuré mon rapport au monde et mes questionnements incessant sur la valeur de la vie et du vivant.

Dans quelles conditions écrivez-vous vos livres (moments de la journée, lieux...) ?
J'ai longtemps écrit en me réveillant à trois heures du matin. Aujourd'hui, j'écris dès que je peux. Avant ou après mes consultations, le week-end, pendant les vacances. Leila Slimani dit qu'écrire, c'est apprendre à dire 'non'. Elle a raison. c'est un sacerdoce, un engagement, des choix à effectuer car le temps n'est pas extensible. J'ai écrit, une fois encore, le livre que je portais en moi.

Souhaitez-vous nous parler de la couverture du livre ? Quels ont été vos choix à ce sujet ?
Je souhaitais y introduire un aspect végétal, une certaine forme d'oppression et en même temps de la sérénité. La graphiste m'a fait cette proposition, avec du vert, couleur de la guérison et du jaune, celle de l'énergie vitale. J'aime le visage de Thalie, au centre, dans une attitude de recueillement, avec une certaine dimension tragique autour, portée également par le titre.

Avez-vous hâte de rencontrer les lecteurs pour échanger avec eux ou dédicacer votre livre ?
Oui ! J'aime échanger avec les lecteurs autour de ces sujets qui nous concernent tous, pour nourrir nos réflexions, dans un respect mutuel.

Dans un autre contexte, souhaitez-vous nous dire quelques mots sur le premier jeu de grattage humanitaire que vous avez créé avec la Française des jeux ?
A l'âge de 23 ans, je me suis battue, avec le réalisateur Frédéric Koskas, pour mettre en place un projet de loto humanitaire qui m’a permis de côtoyer beaucoup de personnes d’horizons très différents, personnages publics (de George Soros à Michael Douglas en passant par Nicolas Sarkozy et Christine Lagarde) et nombreux anonymes. Personne ne voulait de ce projet, mais nous nous sommes accrochés à nos rêves et nous avons réussi à donner naissance, après vingt ans de combat, au premier jeu de grattage humanitaire commercialisé par la Française des jeux en 2016, « Solidaires pour un monde meilleur ». Ce jeu, pour lequel nous avons obtenu de haute lutte tous les accords politiques au plus haut niveau, s’est vendu à 22 millions d’exemplaires. 2,6 millions d’euros, correspondant à 4% des mises, ont été reversés à WWF pour soutenir neuf projets en faveur de l’environnement et de la protection des espèces. Notre travail acharné a permis de créer un cadre légal pour que de tels jeux solidaires voient le jour, et d’ouvrir une brèche. J’en suis fière. Ce fut un long chemin, et je peux dire que je suis allée au bout de mes rêves. Ce que j’ai perdu en illusion, je l’ai gagné en expérience. Thalie m’a permis d’exprimer de nombreuses émotions et ressentis vécus tout au long de ce projet humanitaire.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
J'entends souvent mes patients, confrontés à de grandes douleurs, s'interroger sur le sens de la vie, questionnement qui fait évidemment écho au mien. Je ne sais pas si la vie a un sens, mais ce que je sais, c'est qu'elle a une valeur.

Merci à Ondine Khayat d'avoir répondu à notre interview !

Résumé Ils ne faisaient que rêver

Deux héroïnes, deux militantes écologistes. Des grandes marches pour le climat organisées au même moment dans plusieurs pays du monde. Des attentats qui arrêtent en plein vol les rêves de la jeunesse. Une décision radicale prise par les gouvernements.
Ce livre raconte ce basculement. Qu’arriverait-il si les gouvernements décidaient, à la faveur d’un évènement tragique, d’entrer dans notre intimité d’une manière inédite ?
Jusqu’où seraient-ils prêts à aller ? Quelle serait alors la place de nos rêves et de nos espoirs ? Quelles ressources et quelle force d’amour pouvons-nous mobiliser pour lutter contre les tragédies de l’histoire ?
Ce roman explore le risque des Etats à entrer dans la vie intime des citoyens et rend hommage à tous ceux qui se battent pour un monde meilleur.

En Inde, face au Gange pollué, Thalie et Alisha se font une promesse du haut de leurs neuf ans : unir leurs forces pour changer le monde.
Vingt ans plus tard, à Paris, devenues de ferventes militantes écologistes, elles organisent une grande marche pour le climat. Pour la première fois, la jeunesse défile en même temps dans toutes les capitales du monde. Mais de violentes explosions anéantissent brusquement leur espoir d’un avenir meilleur. Alisha est devenue une militante écologiste reconnue et Thalie reporter photographe.
Face à cette menace, les gouvernements prennent alors une décision radicale, celle d’entrer d’une manière inédite dans l’intimité des citoyens. Jusqu’où sont-ils prêts à aller ?
Soudain, les rêves et les promesses d’enfance deviennent plus importants que jamais.
Après le succès du Parfum de l’exil, Ondine Khayat s’empare une nouvelle fois des grandes questions au coeur de son travail : Peut on tout vendre et tout acheter ? Quelle valeur donner à la vie humaine ? Un vibrant plaidoyer pour notre humanité commune.

A propos de Ondine Khayat

Ondine Khayat, a déjà publié neuf romans, dont Le Parfum de l’exil, qui a connu un beau succès chez Charleston.
Elle a initié le premier jeu de grattage humanitaire, commercialisé en 2016 par la Française des Jeux. 22 millions de tickets de « Solidaires pour un Monde Meilleur » ont été vendus et 2,6 millions d'€ ont été reversés au WWF.
Elle est également psychopraticienne agréée dans l’Approche Centrée sur la Personne et hypnothérapeute et intervient régulièrement dans la presse et sur les plateaux de BFM TV et LCI.

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