Publicité

Olivier Rocabois présente l'EP The Pleasure Is Goldmine

Maxime Lopes Par Le vendredi, 03 juin 2022 à 08:27 0

Dans Culturel

The Pleasure Is Goldmine EP pose les bases d’un néo-psychédélisme breton. Une collection de cinq chansons, soit trois compositions inédites, une improvisation chamanique et une brillante relecture d’ I’d Like To Make My Exit With Panache signée du compère Christophe Vaillant aka Le SuperHomard.

Olivier Rocabois - pleasure goldmine

Les conflits de loyauté, la vie dans une cité fluviale, la prédestination dans les classes moyennes, les amitiés que l’on croyait indestructibles : autant de sujets survolés avec la superficialité qui caractérise cet auteur-compositeur-arrangeur-producteur-chanteur aux béances narcissiques dignes de la faille de San Andreas.

Pouvez-vous nous présenter l'album The Pleasure Is Goldmine et son univers ?
Pour être précis, The Pleasure Is Goldmine est un EP qui compte 5 titres ! Un mini-album en somme. Je le vois comme une carte postale, un Polaroïd envoyé à mes fans et au monde car je souhaite aussi élargir mon auditoire. De la pop de niche certes, mais globale ! Même si elles sont relativement longues (3 titres avoisinent les 6 minutes), ces chansons sont plus directes, sans filtre. D'après mes standards, tout du moins ! Il était nécessaire pour moi de publier de nouvelles choses. Sans précipitation mais sans qu'elles aient le temps non plus de prendre la poussière ou d'être surarrangées. Je voulais capter ce moment singulier. Instant karma ! Son univers est dans la lignée d'Olivier Rocabois Goes Too Far, peut-être un peu moins touffu. Je veux proposer une musique un peu barrée mais accessible. Le prochain LP est déjà en chantier, je dois trouver un financement et un lieu de résidence mais il y a déjà un bassin de nouvelles chansons. A l'air libre, à ciel ouvert. Et les eaux sont très poissonneuses, il suffit d'être attentif/vigilant. La musique est un sanctuaire, je vois la composition comme une corne d'abondance, mes chansons sont des offrandes.

Quelles ont été vos sources d'inspiration pour cet opus et dans quelles conditions l'avez-vous écrit ?
Je l'ai écrit et composé dans une période assez faste pendant laquelle je réalisais que l'album m'avait sorti un peu de l'anonymat. Une euphorie inquiète, pour employer un oxymore !
Les sources d'inspiration sont souvent les mêmes : mon environnement immédiat et ma boîte à fantasmes. Prenez un shaker, mélangez bien toutes ces angoisses/frustrations/joies/désirs/projections et vous obtiendrez une pop bien corsée. Sunshine pop tempérée, s'il fallait créer un bac chez les disquaires. J'aime ce balancier entre personnel et universel. Certaines paroles sont très impudiques mais j'espère qu'elles toucheront le public. Mouvement pendulaire.

Quels ont été vos choix sur le plan instrumental ?
J'ai travaillé peu ou prou avec la même équipe : Jan Stümke aux claviers, Guillaume Glain à la batterie et aux percussions, Laurent Saligault à la basse, François Dorléans à la guitare électrique. L'ingé son est Olivier Bostvironnois, brillant compositeur par ailleurs. La différence majeure avec l'album : l'absence de cordes et cuivres et je fais tous les choeurs cette fois. Pour Olivier Rocabois Goes Too Far, on avait passé une semaine en résidence à élaborer ensemble les 9 titres avant d'entrer en studio. Cette fois, j'ai maquetté à la maison comme d'habitude mais ces démos sont devenues le canevas sur lequel on a bâti stricto sensu les chansons. Les prises de studio ont été enregistrées avec les démos dans le casque. Je publierai lesdites maquettes dans le boxset des 10 ans, vous verrez : les structures sont quasiment identiques, on a respecté les tempi, transitions et mes couches de synthés : je voulais créer ce côté enveloppant, comme une membrane protectrice.

Parlez-nous du titre Watch the Seasons Come and Go...
Je l'ai écrit à l'automne dernier, dans notre salle à manger qui devient plusieurs heures par jour mon laboratoire. On a une vue imprenable sur la Seine, le rêve pour un contemplatif. Je venais de tomber sur une interview de George Harrison à la BBC datant des 80s : il y expliquait qu'il se sentait au fil du temps plus jardinier que musicien. Comme souvent avec Giorgio, c'était drôle et passionnant. Et il dit à un moment "You can watch the seasons come and go". Bip bip, alerte chanson pour moi. Je me suis jeté sur le piano et j'ai commencé à développer cette grille toute simple façon Carole King. Je consulte toujours mon épouse pour avis sur les premiers jets : elle me gratifia d'un classique "bof ouais, pas mal" qui devint "ah oui, c'est beau" après deux-trois heures passées à sculpter le truc. J'ai maquetté dans la foulée. Quatre changements de tempi, je me suis amusé sur les transitions : des samples de cloches (cathédrale Saint-Paul de Londres), de la 12-cordes saturée, des sons de sitar bricolés etc..

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
Très sereinement, je suis bien entouré. Batterie/percussions + basse/gtr elec + voix/choeurs à l'Entresol Sound Studio (Aubervilliers) où fut gravé l'album précédent. Les pianos joués par Jan chez notre ami Raphaël Elig (avec lequel j'avais travaillé sur Ever Your Friend et Ship Of Women) et les guitares acoustiques chez mon frère d'armes Olivier Popincourt. Il a notamment chez lui un orgue Philicorda qu'il m'encourageait à utiliser. Je sentais bien qu'il manquait un élément pour que la sauce prenne sur la fin de (...) Seasons et bim, une première prise pas virtuose mais jouée avec le coeur était dans la boîte. C'est vraiment l'esprit des séances : le rire est un vrai moteur créatif et mes potes sont drôles et inspirés donc une grande place est laissée aux impros/accidents. E la nave va !

Que souhaitez-vous procurer au public avec l'album The Pleasure Is Goldmine ?
De la jouissance. J'ai pris un plaisir immense à enregistrer ces nouveaux titres et je prie pour que mes visions traversent les ondes et touchent les cerveaux/âmes/coeurs. Je veux les emporter loin. Alors oui, je veux susciter des sensations fortes, que les gens qui écoutent l'EP aient envie de pleurer, faire l'amour, se baigner dans l'océan, faire du trampoline etc.

Avez-vous une anecdote à nous raconter ?
Avec cet EP, je voulais créer un continuum entre le dernier album et le prochain, comme un sas de décompression, les salles de chill out dans les rave parties, une clairière sur laquelle on tombe au cours d'une randonnée. Pour ce faire, j'ai demandé à mon camarade Christophe Vaillant aka Le SuperHomard quel était son titre favori de l'album. Il me répondit I'd Like To Make My Exit With Panache. "Tu serais partant pour en faire un remix ?" lui demandais-je. Il n'est pas du genre à tergiverser, c'est oui ou non ! J'adore sa version car il recalibre complètement la chanson qui est au départ un appel au secours et/ou un cri libérateur. Et toujours dans cette démarche, je précise qu'I Would Have Loved To Love You peut-être vue comme la suite de (...) Panache. Nous les enchaînons tel un diptyque en concert. Je veux créer comme un palais des glaces mais sonore/sonique.

Des concerts sont-ils prévus et avez-vous hâte de retrouver le public ?
Ah oui, j'adore les échanges avec le public. Mes fans sont hyper fidèles et me soutiennent, je suis très touché. J'aime aussi l'idée de conquérir un nouveau public qui n'en a virtuellement rien à cirer des quadras pop dégarnis. Récemment, j'ai joué dans pas mal de contextes différents et j'étais ravi de voir que des kids de 16-18 ans étaient intéressé(e)s par ma musique. Quel fol espoir !
Prochains concerts à ce jour :

  • 10.06 Gibert Disc - Paris (release party EP)
  • 19.06 Walrus - Paris (+ Nick Wheeldon) - Sessions Le Village Pop & Froggy's Delight
  • 26.06 house show - Paris
  • 02.07 house show - Amiens (+ Popincourt)
  • 08.07 L'Avant-Scène - Bordeaux (+ Donald Pierre)
  • 09.07 Total Heaven - Bordeaux
  • 21.07 Coef 121 Festival - VEULES LES ROSES
  • 07.08 Le Chaland Qui Passe - Binic

 

Que faites-vous juste avant de monter sur scène ?
Je me chauffe la voix, je suis hyper flippé, je bois du thé par hectolitres. Et du sirop aussi. Une potion à base de plantes dont je tairai le nom. Tout le monde a ses secrets, surtout les druides ! Molto buono per la voce.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci aux dieux, aux déesses et à mon père de m'avoir donné ce goût prononcé pour la musique. C'est la seule addiction dont je ne veux jamais, ô grand jamais, me défaire.

Merci à Olivier Rocabois d'avoir répondu à notre interview !

Watch the Seasons Come and Go

Musique interview

  • Aucune note. Soyez le premier à attribuer une note !

Ajouter un commentaire

Anti-spam