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Olivier Rocabois prépare un nouvel album

Auteur-compositeur-interprète, chanteur et multi-instrumentiste breton autodidacte, fondateur du groupe All If, Olivier Rocabois naît en 1974 de parents baby-boomers employés de banque. Elève plutôt doué mais turbulent, il abandonnera ses études de droit et d’histoire pour se consacrer à sa passion :  la pop anglo-saxonne, les Beatles et leur descendance.
Olivier Rocabois prépare un nouvel album solo avec le soutien des internautes.

Olivier Rocabois

D'où vient votre passion pour la musique ?
Depuis l'enfance, j'ai toujours éprouvé un vif intérêt pour la musique. A la fin des 70's, mes parents ont plongé comme tout l'Occident dans la disco donc le dimanche matin, c'était Boney M et Bee Gees à gogo. Mon père adore les Beatles du début, j'étais vite sensibilisé. Une série d'épiphanies s'ensuivit : le final de Hey Jude encore non identifié à l'époque, au cours d'un voyage en CX. Je fus frappé par cette coda interminable. Puis Paperback Writer, écouté bien fort sur un magnéto à cassettes alors que la fellinienne Alexandra (soeur de mon correspondant) et moi voguions sur un lac bavarois, sous un généreux soleil de printemps. Ou encore Woman dont je connaissais les paroles par coeur. Après un puissant joint de haschich afghan me vint l'idée folle de la chanter a cappella devant deux potes médusés. Je compris ce jour-là (à l'âge de 15-16 ans) que le chant et/ou l'humour pourraient peut-être compenser un physique anachronique. Je commençai la guitare quelques semaines plus tard.

Pouvez-vous nous présenter votre album solo que vous préparez ?
C'est la suite logique de l'album d'ALL IF Absolute Poetry (2017) et du premier single solo Ship Of Women/Somewhere In A Nightmare (2019). J'écris beaucoup et j'ai donc accumulé pas mal de nouvelles chansons. J'en ai sélectionné une douzaine. De la ballade virginale au mini-opéra pop, il y en aura pour tous les goûts !

Comment composez-vous et sur quoi attachez-vous de l'importance dans la préparation de vos titres ?
Je compose le plus souvent au piano. Je trouve une grille ou une accroche et puis je brode, je développe. Quand j'ai une structure qui tient la route, je transpose l'ébauche à la guitare (mon premier instrument) et je commence à écrire les paroles. Sauf exception, la chanson doit pouvoir se jouer sur les deux instruments car je fais pas mal de concerts seul. Je vais piocher les idées de paroles dans mes petits calepins physiques ou électroniques. Pas doué pour raconter une histoire avec un début et une fin, je privilégie une atmosphère, une pulsation, un courant. J'adore raconter des horreurs sur des mélodies primesautières (si vous regardez les paroles de près, les faits-divers sont une fréquente source d'inspiration, comme beaucoup d'artisans pop). La mélodie est au centre du projet. A défaut d'être réellement catchy (il est si difficile d'écrire un tube), la chanson doit multiplier les hooks, chemins de traverse, sorties de secours, clairières. Un savant dosage de la répétition doit garder l'auditeur en alerte. Je commence aussi à écrire des instrumentaux plus ambitieux, destinés à d'autres projets. J'adore Philip Glass, notamment Passages enregistré avec Ravi Shankar et ça va bien finir par infuser !

Est-il possible d'en savoir plus sur votre semaine de résidence prévue pour février 2020 ?
Nous allons nous enfermer pendant trois jours à la MQB de Malakoff pour travailler les arrangements des neuf titres (avec les trois morceaux déjà enregistrés, on arrive bien au total de douze). Dans le cadre de cette résidence, nous organisons avec Artsolis (l'association avec laquelle nous travaillons sur ladite résidence) des ateliers avec les enfants du quartier. Nous allons apprendre ensemble une chanson et le vendredi 14 dans l'après-midi, nous la chanterons avec les kids en ouverture du concert que nous donnerons pour clore cette belle séquence créative. L'enregistrement démarre à l'Entresol Sound Studio (Aubervilliers) juste après, la semaine du 17.

Peut-on en apprendre davantage sur la partie instrumentale ?
Les titres ont tous été maquettés à la maison, dans notre salon rebaptisé pour l'occasion Studios Michel Rocard. Sur les démos, je joue (plutôt mal) tous les instruments, y compris la basse, ma nouvelle fixette. Puis nous avons consolidé les chansons avec mes compères Guillaume Glain (batterie), Laurent Saligault (basse) et mon fidèle acolyte Jan Stümke aux claviers. Côté orchestration, je cultive une vraie ambivalence. Certains titres bénéficieront d'arrangements très écrits, Sébastien Souchois et Raphaël Elig vont apporter tout leur savoir-faire, je pense notamment aux cordes. D'autres seront interprétés de façon beaucoup plus spontanée dans le plus simple appareil du pop quartet. Il est possible aussi que j'imagine quelques ornementations comme je l'avais fait sur Somewhere In A Nightmare dont j'avais écrit l'arrangement pour quatuor à cordes. On y prend goût, c'est grisant. Dans une isba bien charpentée, je veux garder un peu de place pour la fraîcheur et les accidents.

Souhaitez-vous nous parler des invités présents sur l'album ainsi que la présence de John Howard ?
J'admire beaucoup le travail de John. On échange régulièrement, c'est un vrai gentleman. Nos voix se ressemblent un peu et je suis très fier de ce duo dont la démo sonne déjà super bien. Helen Ferguson (Queen Of The Meadow, The Last Detail) devrait chanter sur Let Me Laugh Like A Drunk Witch, un des titres phares du disque. Je compte aussi sur mes amis Olivier Popincourt et François Dorléans pour balancer quelques riffs bien sentis. Et le very special guest sera Antoine Pinchot-Burton qui posera des choeurs extra-terrestres.

Pouvez-vous nous parler du titre Ship Of Women et de son clip ?
Soyons honnêtes : cette chanson a changé et sauvé ma vie ! Je voulais (me) prouver que je pouvais écrire un titre simple et accrocheur. Bon, c'est une ballade certes. Et il y a beaucoup d'accords (on ne se refait pas même si je revendique la paternité du chamber punk !) mais ils sont simples. Trop simples selon un auditeur aviné rencontré sur une émission de radio ! Plus sérieusement, la chanson s'est construite pendant tout un été. Le premier jet m'est venu à New York et je la jouais tout le temps sur ma Takamine de voyage. Initialement, c'était vraiment conçu comme un petit poème à la Leonard Cohen. Refrain super classique en Ré majeur - Mi mineur - Fa# mineur - Sol majeur. Et puis, j'ai voulu corser l'affaire avec plusieurs parties et des envolées bowiesques. Mon obsession pour les femmes est le moteur, que dis-je, la matrice de cette chanson. Matrice, chanson : féminin. Une fois qu'elle tenait debout, je l'ai joué à mon producteur, le regretté Yves Medveski, qui a adoré. On l'a enregistré dans son studio près de l'Etoile avec les cordes etc. Seuls Jan et moi jouions sur le titre jusqu'à l'arrivée de Guillaume qui pose cette batterie libératrice à mi-parcours. Puis mon vieux copain Christophe Alexandrie a proposé de réaliser un clip, produit par mon pote d'enfance Stéphane Quester. Super tournage au Motel, club pop culte sis passage Josset, à deux pas de la Bastille. Une vingtaine de copines comédiennes y ont bénévolement participé, je les remercie encore.

Pourquoi réalisez-vous un financement participatif ?
Tout simplement parce que je n'ai pas encore de label ni les moyens de financer un disque seul ! Je remercie encore la centaine de contributeurs qui a déjà participé. Et puis, j'aime cette idée de la précommande, de la contrepartie sur mesure. Il y a un échange, une confiance mutuelle tacite. Les "paniers" proposés sur la page Ulule furent très amusants à créer. Je me suis basé sur des choses existantes en m'inspirant des camarades jouant dans la même cour. Tout en essayant d'y insuffler cette folie qui façonne mes chansons ! La totalité du budget avoisine les 20 000 euros, on part donc sur un montage financier en additionnant la collecte et du mécénat puis je ferai un prêt pour boucler.

N'est ce pas trop dur en tant qu'autodidacte de se lancer dans la création d'un album ?
Non, pas vraiment. Autodidacte, c'est un atout et un frein. Un avantage car tout est permis, tu gardes la candeur et l'excitation de l'enfant perdu dans l'usine Haribo. Mais aussi un handicap car tu peux facilement te répéter dans les structures et les grilles d'accords, rejouer tout le temps les mêmes écarts, les mêmes harmonies... Antoine Pinchot-Burton m'avait mis en garde à l'époque d'Absolute Poetry, j'essaye de faire gaffe, j'y pense tout le temps ! Je suis ultra flippé mais vraiment bien entouré, ça crée un équilibre : les musiciens, les arrangeurs, l'ingé son Olivier Bostvironnois et le patron du studio Laurent Lavaur.

Etre parolier pour d'autres artistes nécessite-il une approche différente que de faire des compositions pour soi et que retenez-vous de cette expérience ?
J'adore écrire pour les autres, les commandes. Attention parfois, c'est une bonne petite claque. Hang On To Your Ego ! Quand tu as bossé des jours entiers sur un truc que tu trouves irrésistible et que l'on te dit "bof...", c'est rude ! Mais c'est très formateur. Pour Plaisir de France, je me suis remis à écrire en français. Avec Popincourt, le brief était simple et précis : je devais me mettre dans la peau d'Olivier, la sienne. Pour le duo avec Christophe Vaillant du Superhomard, j'avais carte blanche sur les lyrics mais la mélodie était presque toujours existante : encore un autre exercice! En 2019, j'ai autant appris qu'en 10 ans !

Ca fait quoi d'être soutenu par le fondateur du label Tricatel, Bertrand Burgalat ?
Soutenu, c'est un grand mot. Mais je sais que Bertrand apprécie mon travail et c'est hyper gratifiant car j'admire son oeuvre depuis toujours. C'est vrai qu'il appelait à me signer dans un récent Rock&Folk alors tu te dis que tout est possible !

Peut-on en savoir plus sur l'univers visuel que vous souhaitez pour cet album ?
C'est encore très ouvert. J'en discute avec Pascal Blua qui réalisera de nouveau la pochette. J'en parle aussi volontiers avec mon fils Paolo qui est un excellent dessinateur. Tout ce que je peux dire pour l'instant : l'inspiration sera russe et florale. Fausse piste ? Confession ? Infox ? Who knows ?

Qu'est ce que vous vous êtes dit quand une fan vous a annoncé être "La voix de Paul McCartney dans le corps de Philippe Katerine" ?
J'ai explosé de rire mais j'étais hyper flatté. Dans deux registres bien différents, ils représentent des modèles pour moi depuis la fin de l'adolescence.
Philippe pour sa poésie et sa tendresse, Macca pour son génie et sa folle créativité. Sans lui, les Beatles auraient sans doute arrêté juste après Pepper, à la mort de Brian Epstein. Imaginez un monde sans le Double Blanc et Abbey Road ! Je le répète souvent en concert, quand je reprends un titre des Beatles : ils représentent la plus grande joie collective du XXème siècle et au-delà, un trésor international.

Aurez-vous des concerts prochainement et comment vivez-vous la scène ?
Oui, le prochain concert en groupe aura lieu le 14 février à la MQB de Malakoff mentionnée plus haut. Et je jouerai le 12 mars en solo pour le vernissage d'une amie artiste, Elisabeth Liu, à l'Orangerie de Conflans Sainte Honorine, notre fief. J'espère ensuite que ce sera mon dernier été sans festival ! Je prends beaucoup de plaisir sur scène, une activité vitale pour un musicien. J'adore jouer en groupe ou en solo et je souhaite que cet album m'ouvre de nouvelles perspectives.


Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Faites l'amour et du jardinage, voyagez, faites rires vos enfants, vos parents, vos amis. N'hésitez pas à engager la conversation quand un(e) inconnu(e) vous adresse la parole, ce n'est pas nécessairement Francis Heaulme. Il n'est jamais trop tard pour apprendre à chanter ou jouer d'un instrument. Et n'oubliez pas de précommander votre album sur UIule. Je promets qu'il ne s'appellera pas Absolute Prose et je pense avoir trouvé un titre qui vous plaira. Merci à tous !

Merci à Olivier Rocabois d'avoir répondu à notre interview !
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Olivier Rocabois - Ship Of Women (official music video)

A propos d'Olivier Rocabois

Polythéiste et ventriloque, il demeure une énigme pour son entourage. Philanthrope égocentrique, il monte une myriade de groupes à Rennes puis à Paris. Tous ces projets se heurtent à une indifférence polie malgré un vrai talent d’écriture. Olivier crée donc le projet All If, en 2008.

Nourris au songwriting protéiné d’albums cultes (Ram de Paul McCartney, Giant Steps des Boo Radleys, The Soft Bulletin des Flaming Lips, The Love Below d’Outkast, etc...), ces sorciers du puzzle mégalo-pop, fans absolus du David Bowie transformiste des 70’s, délivrent leur set d’un classicisme insolent. Un orchestre de poche au service de compositions baroques sous influence Beatles / Bowie / Beach Boys. Ou encore Divine Comedy. Jamais avare de mélodies raffinées et d’arrangements luxuriants, le groupe offre sur scène des prestations assez jouissives, mêlant grand élan populaire (on pense à Dexy’s Midnight Runners) et élégance.

Finis les pseudonymes et les prête-noms, il est venu le temps d’arborer fièrement cet étrange patronyme. Le single Ship Of Women / Somewhere In A Nightmare est publié mi-2019 sous son nom de naissance, en prélude à un premier album en solo.

interview Musique

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