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Octantrion : l'album II

Maxime Lopes Par Le vendredi, 10 décembre 2021 à 15:36 0

Dans Culturel

Octantrion, le groupe français de musique nordique, vient de sortir un nouvel album intitulé "II".

Octantrion

La couleur de ce nouvel opus est résolument nordique, avec des accents pop qui rendent la musique plus moderne et accessible. La thématique du corbeau, comme symbole des cultures païennes nordiques/vikings, a été choisie et sert de fil rouge à ce disque qui comprend 15 morceaux, 10 compositions originales ainsi que 5 traditionnels suédois et islandais réarrangés.

L’histoire discographique de Octantrion a débuté en 2014 avec l’album éponyme. Ce premier opus venait graver dans le marbre des morceaux bâtis pour et par la scène. Devant le succès de cet album auto-produit, qui s’est hissé un temps dans le classement des meilleures ventes après, entre-autres, le passage du groupe sur France 2 (La boîte à musique de Jean-François Zygel consacrera une part importante de l’émission au duo et à son instrument emblématique, le nyckelharpa, en juillet 2015), une édition remasterisée et augmentée de 4 nouveaux morceaux baptisée 8 est sortie en 2018 chez Quart de lune/UVM.

L’album II (Quart de lune/UVM) a été pensé de manière très différente. La thématique du corbeau, comme symbole des cultures païennes nordiques/vikings, a été choisie et sert de fil rouge à ce disque qui comprend 15 morceaux, 10 compositions originales ainsi que 5 traditionnels suédois et islandais réarrangés.

Alors que l’album Octantrion et sa déclinaison 8 étaient des épures faisant la part belle aux timbres des extraordinaires instruments joués par Eléonore Billy (nyckelharpa suédois, hardingfele norvégien) et Gaëdic Chambrier (cistre basse nordique, mandoloncelle, guitare-harpe), tout juste soutenus par la contrebasse de Jean-Philippe Viret (lauréat d‘une victoire de la musique en 2011 et d’une victoire du Jazz en 2020) ainsi que par quelques percussions, II est servi par des orchestrations beaucoup plus denses, l’intervention de 6 musiciens additionnels ainsi que par l’apparition de la voix et du chant sur 4 morceaux.
Après avoir été adoubés par de grands musiciens scandinaves et être devenus la référence française des musiques d’inspiration nordique avec Octantrion/8, l’album II a été composé et réalisé dans une optique plus accessible au grand public. Les mélodies trottent dans la tête, les morceaux se dansent et se fredonnent emmenant l’auditeur en voyage vers un Nord rêvé, terre d’évasion et de légendes.

Le duo composé de Gaëdic Chambrier (cistre basse nordique, mandoloncelle, guitare-harpe) et Éléonore Billy (nyckelharpa suédois, hardingfele norvégien) présentera ce nouvel opus sur la scène du Studio de L'Ermitage le jeudi 3 février 2022, ainsi qu'à l'occasion d'une tournée de concerts à travers la France :
- 28 janvier : Concert à l’ECFM, Canteleu (76) // en 1re partie de Josef Van Wissem
- 5 février : Salle du Cèdre, Bazemont (78)

Octantrion a remporté le Pégase du meilleur univers sonore en 2020 pour le jeu vidéo “A Plague Tale Innocence".
Ils seront en concert à Paris le 3 février 2022, au Studio de l’Ermitage.

Track by Track

1. Bältares långdans (Eléonore Billy/Gaëdic Chambrier/Trad. Suède)
Tout l’esprit d’Octantrion est dans ce morceau porté par des voix épiques. Énergique, la musique part du sol et s’élève progressivement dans les airs, On se prend à accompagner de la voix ces Hé Ho Ha jubilatoires, en frappant dans les mains.
2. Hugin (Eléonore Billy/Gaëdic Chambrier)
Hugin (associé à l’esprit/la pensée) est l’un des deux corbeaux que le dieu Odin envoie parcourir le vaste monde. Ce morceau, au départ simple et direct, s’enroule et se décale pour finir dans une transe frénétique. La musique se fait symbole de la vie, des destins contrariés, de la force qui nous guide de nouveau dans le droit chemin.
3. Ragnarök (Trad. Islande, Gaëdic Chambrier)
L’origine de ce morceau se perd dans la nuit des temps. L’Islande n’était alors peuplée que de quelques colons venus de Scandinavie luttant dans une nature souvent hostile. Malgré la force des éléments, ils ont fondé une société exemplaire pour l’époque. Ce morceau s’inspire de leur courage et de leur résilience.
4. The dead King (Gaëdic Chambrier)
Dans une ambiance douce-amère, ce morceau traite en ellipse du passage d’un monde à un autre. L’avènement du christianisme a eu une vocation et un effet politiques: unifier les royaumes scandinaves. Cependant, la richesse culturelle et le fonctionnement symbiotique avec la nature, les éléments, s’en sont trouvés bouleversés. Le corbeau, animal mythifié/déifié, est passé du statut d’animal sacré à celui de symbole des enfers...
Et si le monde qui nous entoure n’était qu’une projection de nos croyances et de nos peurs? Now, apole is the throne of a dead King/Maintenant-désormais, un pieu est le trône d’un Roi défunt-mort-occis  
5. Element [vilya] (Gaëdic Chambrier)
Vilya signifie air ou ciel en langage elfique (le Quenya ou haut-elfique pour être précis. Idiome développé par J.R.R Tolkien). Element est un motif mélodique qui revient à 3 reprises dans le déroulé de l’album. Interprété par 3 musiciens sur 3 instruments différents, il est donné ici dans sa version au nyckelharpa par Eléonore Billy.
6. Strömkarlen spelar (Trad. Suède/Eléonore Billy/Gaëdic Chambrier)
Polska peu connue dans le répertoire suédois qui évoque un personnage de légende. Également nommé Näcken en Scandinavie, Strömkarlen est l’être de la rivière. Qui entend ses mélodies au violon est irrémédiablement attiré dans les flots. À moins, peut-être, de lui offrir trois gouttes de sang ou un animal noir. Il sera alors prêt à enseigner sa musique enchanteresse au chanceux miraculé.
7. En gång när jag ska dö (Trad. Suède/Gaëdic Chambrier)
Un jour, quand je serai mort, les gamins viendront sur ma tombe et me diront quelle fille m a aimé. L’amour et la mort sont les thèmes récurrents des chansons et comptines populaires. On peut également interpréter de plusieurs façons le fait que des gamins puissent venir révéler au défunt le nom d’une soupirante qu’il n’a pas su/pu voir ou trouver: trop de travail ? Différence de classe sociale ? Ces chansons populaires sont souvent bien moins naïves que ce qu’elles paraissent être...
8. Dans [när] (Gaëdic Chambrier)
När signifie feu en langage elfique. C’est une valse qui pourrait emporter les danseurs du soir au matin dans une transe virevoltante et effrénée. Ils se lanceraient, dans le cercle de lumière du brasier, à la poursuite des doigts des musiciens.

9. Element [nén] (Gaëdic Chambrier)
Nén signifie eau en langage elfique. Cécile Corbel (double disque d’Or, sociétaire perpétuelle de la Sacem) distille ici ses notes, limpides comme l’eau pure, sur la célèbre harpe celtique avec laquelle elle a fait le tour du monde.
10. Munin (Eléonore Billy)
Munin (associé à la mémoire) est le second corbeau d’Odin. Ce dernier a la crainte que ses deux émissaires ailés ne reviennent pas de leurs périples autour du monde. Et s’il craint pour Hugin, il tremble surtout pour Munin. Ce dernier est en effet associé à la mémoire. Il faut se souvenir que cette dernière est le fondement des civilisations de tradition orale, comme c’était le cas des scandinaves pré-chrétiens. Sans mémoire (Munin), il n’y a pas de pensée (Hugin).
Comme une ellipse, le morceau s’enracine dans un motif mélodique plusieurs fois répété puis se ramifie, revient au départ, se complexifie, s’accélère, symbole de ce chemin qui mène de la mémoire vers l’esprit/la pensée.
11. Against the wind (Anne Hytta)
Composé par notre grande amie norvégienne Anne Hytta, une des musiciennes majeures de la scène folk de Scandinavie (deux Grammy Awards à son actif), ce morceau évoque une marche pesante et déterminée contre le vent et les éléments et personnifie le triomphe de la volonté sur l’adversité.
12. Father (Olivier Derivière)
Olivier Derivière est l’un des compositeurs/sound designers les plus en vogue dans l’univers du jeu vidéo, trustant les récompenses tout autour du monde. Il a fait appel, en tant que solistes, à Eléonore Billy et Gaëdic Chambrier pour personnifier en musique (à la manière de Prokofiev pour Pierre et le loup) les deux enfants-héros de A plague tale: Innocence.
Ce jeu a remporté 6 des 7 Pégases (dont celui du meilleur univers sonore) lors de la cérémonie 2020 de ces Awards du jeu vidéo. Voici une version alternative, approuvée par le compositeur et arrangée par Octantrion, d’un des morceaux phares de l’O.S.T du jeu.
13. Element [cén] (Gaëdic Chambrier)
Cén signifie terre en langage elfique. Gaëdic Chambrier clos le triptyque Element en s’appuyant sur les basses profondes de sa guitare aux cordes de bronze.
Cette déclinaison en 3 chapitres du morceau Element est un symbole d’ancrage, d’appel à la mémoire, tout en étant le ferment de la liberté. Chacun des 3 artistes a interprété la partition sans connaitre la version donnée par les 2 autres. L’attribution de la nature de l’élément/Element (eau-air-terre/Nén-Vilya-Cén) a coulé de source, comme une évidence...
14. Chaman (Eléonore Billy/Gaëdic Chambrier/Trad. Islande)
Ce morceau, spécialement composé pour la vidéo du même nom (qui a déjà été regardée des dizaines de milliers de fois en quelques semaines sur les plateformes dédiées) est la combinaison de l’introduction de Munin et d’une version augmentée de percussions massives de Ragnarök. Les deux morceaux sont liés entre-eux par une mélodie hypnotique jouée au mandocello.
15. The dead King [Radio edit] (Gaëdic Chambrier)
Voici une version de ce morceau entièrement remixée, remasterisée. La batterie de Christophe Piot et la basse électrique de Blandine Champion viennent souligner la couleur moderne et intemporelle de cet hymne folk.

Musique

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