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Noiss : Deafening EP

Rédaction Divertir Par Le mercredi, 15 avril 2020 à 08:22 0

Dans Culturel

Noiss, une formation grunge/punk rock/metal originaire de Chambery, dévoile son Deafening EP. L'occasion de le découvrir en interview avec Thomas, le guitariste et chanteur et David, le batteur du groupe.

Noiss (crédit JC Bellier)

crédit visuel JC Bellier

Originaire de Chambéry, le trio « grunge » Noiss dévoile son second, EP, cinq morceaux aux sonorités punk rock, métal et stoner : Deafening EP.

Noiss est une formation basse-batterie-guitare, constituée de Julien, David et Thomas. Ils composent ensemble, dans une énergie commune, au cours de leurs répets, depuis 2017. Leur premier EP éponyme sorti en 2018, leur a permis d’être repérés, d’enchaîner quelques concerts (première partie de Horskhou encore de Lane, en 2019) et leurs morceaux, diffusés en France et en Allemagne. Fans de musique, le groupe joueune musique grunge « at-its-best », brute, sans fioritures.

« Lancer un EP, le 15 avril 2020, en pleine épidémie, c’est flippant... Tous les concerts, les festivals sont annulés. Nous devions faire la scène off des printemps de Bourges. Mais, en réalité, faire face à la maladie – d’une manière générale et pas seulement dans cette situation exceptionnelle - c’est le tribut quotidien d’un grand nombre de populations sur d’autres continents. Donc, on peut bien patienter avant de reprendre notre petite vie bien peinarde. », explique Thomas, le chanteur et guitariste du groupe. Ce nouvel EP compile du rock alternatif boostépar un gros son. Noiss y est électrique, fanfaron, intense. Le groupe s’éclate à jouer ses chansons et à décliner plusieurs ambiances musicales dans son set. Ony trouve des riffs métal, croisés avec du punk rock, tout comme dans le premier EP. Le chant y est crié. Les rythmes rapides.

Pouvez-vous nous présenter votre Deafening EP et son univers ?
Thomas : Ce nouvel EP fait suite à une première production datée de 2018. Nous y avons compilé de nouvelles compositions qui constituent une partie de notre nouveau set live. Le disque a été nommé Deafening EP en référence à l’expression « Deafening noise » - « bruit assourdissant » – qu’on peut facilement transposer en « Deafening Noiss »… Ce qui illustre bien notre approche musicale !

Comment l'avez-vous composé et sur quoi avez-vous mis l'accent pour Deafening ?
Thomas : Pour la composition, les morceaux étaient déjà quasiment prêts, la plupart ayant déjà été éprouvés en live. Il s’agissait d’en accoucher des versions studio. La couleur musicale reste grunge (car on joue des trucs heavy/rock alternatif). On trouvera cependant plusieurs déclinaisons « musicales » dans cet EP : du punk rock plutôt enlevé avec Stacy lose my eye et Punch in my face et des morceaux plus heavy/sombres avec Iteration 7 et Stoner 034. Enjoy this day, la ballade instrumentale fait office d’un « bonus pop ». Nous l’avons enregistrée en fin de session, sans être complètement sûrs des arrangements. Et ça l’a fait.

Souhaitez-vous nous parler de la partie instrumentale ?
Thomas : On est guidé par une approche punk rock, très spontanée et qui doit communiquer une énergie. Les morceaux naissent en répet et sont généralement assez rapidement orientés pour être joués en live. On enregistre d’ailleurs de cette manière, « live » (en jouant tous ensemble, dans la même pièce) pour ne pas perdre l’intention. Comme en répet ou en concert. En studio, pour les 2 EP produits, on fait appel à quasiment aucun « effet », si ce n’est le doublage des guitares et les harmonies vocales.
David : L’enregistrement live est un vrai parti pris. C’est une méthode moins présente aujourd’hui, mais qui nous ressemble bien. Ce qu’on perd en précision, on le retrouve en énergie et en spontanéité. Il n’y a pas de tricherie.

Que souhaitez-vous transmettre au public avec cet opus ?
Thomas : Je pense qu’il s’agit d’ « asseoir » notre présence dans la « scène » actuelle. On a « lancé » le premier EP un peu pour prendre la température. Les retours ont été bons sans qu’on soit obligé d’en faire des tonnes, en se débrouillant avec nos quelques connaissances de rockers provinciaux, sans être des acharnés du live non plus. On a passé deux ans à promouvoir le premier EP, à jongler avec nos vies persos et le groupe… Et on attendait d’avoir un créneau pour aller enregistrer de nouveaux morceaux suffisamment aboutis, c’est chose faite. Cette nouvelle production va enrichir le contexte du groupe : des disques, des vidéos, des concerts… En route vers la gloire ! (rires). J’espère que comme pour le premier EP on va continuer à toucher un public assez large, en France et ailleurs, et susciter un certain intérêt : on n’est pas beaucoup sur ce créneau musical après tout !

Faites nous entrer dans les coulisses des enregistrements en studio...
Thomas : On prend ça comme des répets en fait. A la différence qu’on va faire une répet dans un autre lieu. Et que les divagations/impro/jam session sont plutôt à proscrire car le compteur tourne (rires). On voulait aussi quelqu’un d’un peu directif, pour nous éviter de nous éparpiller, ou pour nous dire de rejouer une nouvelle fois ce morceau car « on n’était pas dedans » (rires). Il y a aussi toute la phase préparatoire du passage en studio : la réservation du studio, le travail de répet pour « figer/arranger » les morceaux, le coup de speed pour « pondre » des textes, prévoir le travail de post-production (tout ce qui se passe après la fin de l’enregistrement : séances de mixage, mastering), le budget… Et une fois sur place, ne pas arriver tendus comme des arbalètes et savoir se laisser aller, en se mettant dans une ambiance un minimum studieuse et en trouvant ses marques…
Tout ça dans un timing assez réduit ! Au Purple Sheep, ce qui était génial : on était quelques jours au vert, entre nous, on ouvrait une porte du studio et on se retrouvait en face des collines verdoyantes du Lyonnais. Expérience extra-musicale très plaisante !

Peut-on en savoir plus sur le titre Punch in my face et son clip ?
Thomas : Punch in my face, comme d’autres vidéos qu’on a posté, est la combinaison d’un film ou d’extraits de film, qui illustre la chanson. Pas le truc le plus créatif/original du monde, mais il s’agit de trouver une idée sympa qui permet de ne pas passer quinze plombes sur le projet d’une vidéo.
C’est David le batteur qui trouve les idées (les vidéos des chansons Neuroine, Nouvel orient et Punch in my face). Cette fois, le lien a été fait entre le titre de la chanson (« pain dans la g… »)… et un film à baffes de Bud Spencer et Terrence Hill. Un « classique » du cinéma pour illustrer l’une de nos compos vitaminées, c’est sympa comme idée non ?

Une indiscrétion à nous donner sur l'EP Deafening ?
Thomas : Heu… On n’utilise pas de vocoder pour la voix… C’est croustillant ça ?

Quelle place occupe les réseaux sociaux dans votre relation avec le public ?
Thomas : J’ai personnellement beaucoup de mal avec les réseaux sociaux. Déjà parce que ce n’est pas dans mes habitudes de vie : pas de compte perso, pour raisons médicales (rires). Et ensuite parce que c’est conçu comme un engrenage sans fin (de la part des concepteurs… mais aussi des consommateurs). Maintenant, on ouvre un facebook avec des vidéos et des photos avant même de
faire du live, ou d’avoir enregistré un bout de disque potable… C’est cependant devenu un « incontournable » dans le réseautage et la constitution d’une fanbase, ainsi que dans la création d’un « contexte » autour du groupe (avec, tu n’es rien, mais sans, tu n’es rien non plus). Donc on s’est équipé consciencieusement avec ces outils, comme tout le monde…
Il faut de toute façon appréhender le côté moins « fun » (de mon point de vue) de jouer dans un groupe : déjà qu’il faut être prêt à y consacrer du temps (composer, répéter et faire des concerts)…
Mais pour exister ou faire de la scène, il faut aussi passer par la communication… Dans l’absolu, rien de nouveau, j’imagine que les réseaux sociaux ont remplacé les séances de distribution de flyers à la sortie des concerts, ou les magazines spécialisés… Les outils proposés par internet procurent certainement un certain confort. Mais quand tout le monde peut parler de son projet, qui est forcément « le-plus-mieux », c’est la surenchère de partout et forcément ça devient difficile de faire adhérer les gens pour qu’ils deviennent ensuite un « public ». En termes de repérage et de programmation, les places sont devenues chères pour les concerts, beaucoup de demandes et une offre réduite… J’ai vu des programmateurs choisir des groupes en comparant simplement le nombre de like sur Facebook… Dur.
On essaye en tout cas de ne pas être dans la surenchère, de communiquer à bon escient… Il faut être quand même un peu roué à l’utilisation de ces outils, et à la dimension qu’on souhaite leur faire prendre dans le paysage du groupe.

Vous aviez prévu des scènes et festivals qui ont été annulé à cause du Coronavirus. Comment vivez-vous ce confinement au niveau du groupe et espérez-vous reprogrammer rapidement quelques scènes ?
Thomas : Oui, on a essuyé des annulations comme tout le monde. Notamment les quinze ans du Brin de Zinc (Chambéry) et une scène off au Printemps de Bourges 2020. Mais il faut aller de l’avant. En janvier on avait déjà des propositions pour jouer en octobre ou novembre, donc on peut se projeter au-delà de cette période. Pour les reprogrammations, on fait confiance aux programmateurs qui sauront – on l’espère ! – de nouveau penser à nous après tout ça !

A défaut de vous voir en live, souhaitez-vous nous partager - remémorer quelques uns de vos meilleurs moments de scène ?
Thomas : Le festival des Rockailles (2018) en Haute Savoie, où j’avais l’impression de jouer entre deux barres rocheuses (et dans la forêt), on a commencé le set devant quasiment personne… et on a fini plein. On a même rejoué deux, trois chansons du début du set pour ceux/celles qui n’étaient pas là au départ. Le concert à Epinal à La Souris Verte (octobre 2019) est un chouette souvenir aussi : remplacement de dernière minute, le trajet en fourgon, l’accueil, l’organisation, le concert avec LANE (ex Thugs et Daria). Si tous les plans concerts pouvaient être comme celui-là !
David : Je garde un très bon souvenir aussi de notre passage au magasin Urgence Disk à Genève : on avait joué dans un endroit atypique : disquaire indépendant la journée, et mini (très mini) lieu de concert en fin de journée. Il y avait en gros dix personnes et c’était blindé ! (rires) Un mec était collé aux cymbales, il a dû finir le concert avec une otite ! (rires)
Thomas : Je crois que c’était Julien oui (rires)

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Thomas : Merci de votre intérêt, c’est sympa de nous accorder cette tribune. On espère avoir partagé des choses sensées, et ne pas s’être trop égarés dans les lieux communs (et les tournures de phrases compliquées).
David : Et venez liker notre page Facebook ! (rires)

Merci à Noiss d'avoir répondu à notre interview !

NOISS | Punch in my face

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