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Noémi Boutin et le Quatuor Bela : un album sur la Quintette de Schubert

Noémi Boutin et le Quatuor Béla ont commencé l'enregistrement de leur prochain disque (Schubert / D'Adamo) qui sortira en octobre 2019.

Noémi Boutin - Quatuor Bela

Pourquoi avoir choisi de faire un album sur la Quintette de Schubert ?
Comme on l’explique sur le Ulule, nous nous connaissons, avec le Quatuor Béla depuis de très nombreuses années (tant d’années que l’un de ses membres n’est autre que mon frère… !). Nous avons beaucoup joué les uns avec les autres, au sein de différents projets. En quintette, la majorité du répertoire ne nous concernait pas : deux violons, deux altos, un violoncelle d’un côté ou quatuor à cordes et instrument à vent ou piano d’un autre côté. Le Quintette de Schubert était donc l’une des seules pièces que nous pouvions interpréter ensemble, ce que nous faisions dès que nous en avions l’occasion. C’est par ailleurs un monument de la musique classique que nous étions très heureux de jouer.
En 2017, nous avons fait le choix de passer une commande à un compositeur franco-argentin, Daniel D’Adamo, en écho à ce Quintette, pour un concert scénographié et mis en lumière qui s’appelle Quintette pour ombres et violoncelle. Le programme ainsi créé est magnifique, étonnant et émouvant et dans ces conditions, il nous apparaissait presque nécessaire de pouvoir l’enregistrer.

Comment travaillez-vous les compositions avec le Quatuor Béla pour ce nouveau disque ?
La pièce de Daniel D’Adamo nous a été livrée en grande partie au mois d’avril 2018, pour une création qui a eu lieu au Théâtre des Bouffes du Nord le 8 octobre 2018. A partir de la réception de la partition, c’est un travail en plusieurs mouvements qui est effectué (et d’intenses aller/retour entre chacun) : travail individuel, travail en quintette, et ce qui était assez exceptionnel : plusieurs séances de travail avec Daniel qui était très généreux de son temps afin de revoir avec nous sa pièce, de la peaufiner, de la retailler, d'en discuter etc... 

Est-il possible de nous partager les coulisses de vos enregistrements en studio à Grenoble ?
L’enregistrement s’est déroulé à l’Auditorium de la MC2 à Grenoble : c’est un lieu qui a une acoustique formidable pour la musique de chambre et que nous connaissons bien pour y avoir déjà joué plusieurs fois et pour y avoir été écouter des concerts.
Les coulisses ne sont toutefois pas forcément très intéressantes : l’enregistrement, qui a duré presque quatre jours, est un moment très intense et particulièrement engageant pour un-e musicien-ne qui demande une concentration très importante. C'est un peu le moment ou jamais d'être au plus près de ce qu'on voudrait transmettre de l'oeuvre. Nous avions évidemment des petites pauses, salvatrices, pendant lesquelles nous nous étions promis de nous détendre et de manger du chocolat, plutôt que de travailler, de téléphoner, de faire des mails...

Avec Julian Boutin vous avez décidé de demander au compositeur Daniel d'Adamo de faire un prologue sur la Quintette de Schubert. Peut-on en savoir plus à ce sujet ?
Comme je le disais plus haut, outre le fait de travailler ensemble, nous souhaitions construire autour de Schubert un programme cohérent, qui permette aussi de mettre en valeur notre engagement en faveur de la création musicale contemporaine. La commande à Daniel D’Adamo était la suivante : composer une forme de prologue au Quintette pour deux violoncelles, ce qui est déjà un grand défi mais en plus, il avait la demande supplémentaire de spatialiser le quintette, d’écrire pour violoncelliste exposée et quatuor dissimulé, afin d'avoir des plans sonores différents.

Vous aviez réalisé votre précédent album sur Benjamin Britten en solo. En quoi cela vous change-il ici en collaborant avec plusieurs autres artistes ?
Je fais beaucoup de concerts en solo mais heureusement, j’ai aussi des projets avec d’autres artistes, que ce soit des musiciens, des circassiens, des comédiens. Donc, avec le label NoMadMusic qui m’a accordé sa confiance depuis ce disque Britten, nous avons comme volonté de construire une discographie variée et éclectique, qui puisse présenter donc aussi bien un disque de violoncelle seul qu’un album de musique de chambre.
Ce sont deux choses incomparables, tant d’un point de vue artistique que d’un point de vue de l’énergie !

En quoi le financement participatif que vous réalisez vous sera-il utile ?
Non seulement utile… mais indispensable ! Nous avons eu une mauvaise surprise au sujet d’une demande de subvention qui, par ailleurs, est arrivée très tardivement, alors que l’enregistrement approchait. Il faut savoir que la production d’un album est très coûteuse, souvent déficitaire, mais c’est un outil essentiel pour se faire connaître auprès du public (surtout dans sa forme dématérialisée) et des professionnels (les organisateurs de concerts et la presse, notamment) donc il est difficile d’y échapper.
Donc le financement participatif servira avant tout à éviter qu’un déficit trop important nuise à l’activité de l’ensemble de la structure !

Vous pouvez soutenir l'album sur la Quintette de Schubert via Ulule.

 

Vous bénéficiez du soutien de nombreuses structures et professionnels, en quoi cela est-il important pour vous ?
C’est important car c’est la reconnaissance d’un travail artistique et de structuration professionnelle de longue haleine !

Cet album prendra toute sa place en concert. Quelle importance accordez-vous au spectacle et à sa mise en scène ?
Cet album est même né d’un spectacle ! C’est le Quintette pour ombres et violoncelle créé au Théâtre des Bouffes du Nord en octobre dernier qui est à l’origine de l’enregistrement en cours. La pièce commandée à Daniel D’Adamo est intégrée à un dispositif scénique qui a été imaginé par Hervé Frichet, avec qui le Quatuor Béla et moi collaborons régulièrement car c’est un éclairagiste de génie et qu’il a en outre une oreille très affutée ! Dans le spectacle, sur toute la pièce de Daniel D’Adamo, j’apparais seule au centre de la scène tandis que les musiciens du Quatuor Béla sont dans l’ombre, à quelques mètres derrière moi. Ils me rejoignent au moment de débuter le Quintette de Schubert, comme si, après toute une période de confrontation, de débat, de tensions, nous arrivions enfin à nous réunir. Daniel a écrit toute une note d'intention sur sa pièce qui explique très bien toute la tension dramaturgique qu'il a voulu transmettre et c'est pour nous aussi précieux à défendre que les notes de musique.
Le Quatuor Béla, comme moi-même naviguons entre des concerts "traditionnels" et des spectacles. L’équilibre entre les deux est difficile mais très enrichissant, à notre avis.

Avez-vous déjà de grandes dates de prévues prochainement pour jouer la Quintette de Schubert sur scène ?
Pour cette saison, la tournée est terminée et ne reprendra qu’à l’été où nous jouerons :

  • Le 30 juin à l’Orangerie de Sceaux (92)
  • Le 25 juillet au festival Connaissance des Jeunes Interprètes, à Gavaudun (47)
  • Les 27 et 28 juillet au festival de Chaillol (05)

Puis elle reprendra sur 2019-2020 pour une petite dizaine de représentations !

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Merci beaucoup pour cet entretien ! En espérant que cela pourra concourir à faire connaître notre projet au plus grand nombre !

Merci d'avoir répondu à notre interview !
Vous pouvez suivre l'actualité du projet sur le Facebook de Noémi Boutin et celui du Quatuor Bela.

Quatuor Béla & Noémi Boutin : Franz Schubert, Quintette pour deux violoncelles, extrait

interview Musique

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