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No es no d'Anne Etchegoyen annonce l'album Emazte

Anne Etchegoyen, est une jeune chanteuse Basque, incarnant par sa voix atypique, douce et aérienne la nouvelle génération du chant basque. Elle évoque volontiers dans ses chants, l’amour, la terre et les peuples. Son attachement profond à la culture de sa terre natale, donne tout son sens à la particularité de sa voix, dans ses enregistrements ou sur scène.

L'artiste Anne Etchegoyen a dévoilé le single NO ES NO qui porte l'album Emazte (disponible le 7 février 2020).

Anne Etchegoyen (crédit Marie Etchegoyen)

crédit visuel : Marie Etchegoyen

Pouvez-vous nous en dire plus sur le single NO ES NO que vous avez sorti récemment ?
C’est un titre que j’ai enregistré en duo avec Itziar Ituño chanteuse et actrice du Pays Basque Sud (côté espagnol) reconnue internationalement pour son rôle actuel dans la série La Casa de Papel (Raquel/Lisbonne). Un titre contre les violences sexuelles et sexistes faites aux femmes. Qui appelle au respect et l’égalité entre hommes et femmes. Qui rappelle le droit à disposer de son corps également.

Pourquoi avoir voulu faire un titre sur les violences sexuelles et sexistes ? D'ailleurs en quoi l'affaire de la Manada en Espagne a été un déclencheur pour en parler ?
Parce que cette affaire a été source de polémique en ce sens que la jeune fille a été victime d’un viol qui a été qualifié d’abus sexuel en 1ère instance, au motif qu’elle n’avait pas exprimé le non consentement. Hors en 2008, pendant les fêtes de Pampelune également, une jeune fille a été victime de viol, elle s’est défendue et son bourreau l’a tuée.
Dc en somme, si la victime dit non, elle meurt, si elle ne dit rien, ça n’est pas un viol…
!!
Cela a été à l’origine d’une vraie vague de contestation en Espagne et au Pays Basque Sud.
Les fêtes sont hélas un lieu propice à ce genre d’agressions, hors on doit pouvoir festoyer en toute tranquilité sans devenir l’objet de gestes déplacés ou d’agressions, souvent galvanisées par une surconsommation d’alcool.

Comment avez-vous travaillé et échangé avec Itziar Ituño (La Casa de Papel) sur ce titre ? D'ailleurs, comment l'avez-vous connue ?
Je l’ai connu par mon ancien Comunity Manager. Lui avait déjà mis en place une opération pr la ville de Bayonne avec elle. J’ai donc pris contact avec sa manageuse et on a avancé ainsi. Sachant qu’elle est basque et vit pas loin de Bilbao.
Itziar fait partie d’un groupe de rock et sa voix était parfaite pour ce titre un peu plus rock que mon répertoire habituel.
On s’est donc vu en studio et tout s’est fait naturellement. Elle est très cool et naturelle. Et investie dans la cause féminine.

Quels ont été vos choix sur le clip de No es No et était ce facile de réunir Maitena Biraben, Jean-Pierre Pernaut ou Jean-Pierre Papin ?
Des choix naturels car j’ai fait appel à des gens dont j’avais le contact. Et qui étaient sensibles à mon travail pour la plupart :-) Et des amis pour d’autres.

La présence de célébrités est-elle importante pour renforcer votre message et quelle importance occupe l'image dans la musique selon vous ?
Bien sûr, ça sert à étendre la portée du message. L’image devient aussi importante que le son… Disons que c’est qui fait la différence entre le quotidien et le spectacle, le rêve engendré par l’image.

Vous est-il déjà arrivé de dire "Non, c'est non" dans la vraie vie ?
Oui ! et mon choix a été respecté.

Ce single est tiré de l'album Emazte (sortie prévue le 7 février), peut-on en savoir plus sur ce nouvel opus et sur quoi mettrez-vous l'accent ?
Sur la condition de la femme en général :
Cet album est né suite à ma maternité (j’ai eu un fils il y a 2 ans) et à l’affaire de la manada.
On célèbre la femme dans cet album.
On évoque des choses gaies comme l’amour, la passion pour un être ou une cause, la transmission, la maternité, etc.
Et des choses qui sont le reflet de la triste actualité…les violences sexuelles, sexistes et conjugales.

Comment composez-vous et est-ce qu'il y a un lieu dans lequel vous aimez particulièrement écrire ?
Chez moi à Bidart et à Paris (Bagneux et Montrouge) avec mon guitariste et réalisateur de l’album.

Qu'est ce qui vous plait dans le fait de chanter en basque et vous attendiez-vous à d'aussi bons retours du public ?
C’est juste naturel car j’ai baigné dans cette identité culturelle depuis mon enfance.
Je ne m’attendais pas forcément à avoir une visibilité nationale et c’est une très bonne chose pour que vive cette langue, en se diffusant un maximum.

Je crois qu'un duo avec la chanteuse Corse Francine Massiani est également prévu. Quelle place occupe les langues régionales selon vous et aimeriez-vous qu'elles soient mieux reconnues au niveau national ?
J’aimerais en 1er lieu que les radios respectent le quota de diffusion de nos langues, sachant que les langues dîtes « régionales » entrent dans les quotas de langue française…
A la place de repasser toujours les mêmes tubes, ils pourraient laisser place à la création, aussi dans les musiques régionales.
Les médias ont parfois une image un peu réductrice de cette musique, on souffre parfois d’un peu de parisianisme alors qu’il y a beaucoup de professionnalisme chez nous aussi.
Francine Massiani est une des rares femmes qui chantent en corse. Le chant corse comme le chant basque est un chant fort de sa spécificité masculine. C’est une très belle artiste, épanouie dans sa condition de femme et une vraie « transmetteuse » de sa culture et sa langue puisqu’elle est aussi présentatrice tv sur Via Stella (France 3 Corse).

Souhaitez-vous nous parler de la présence du Chœur des Voix Basques sur l'album Emazte ?
On a formé un nouveau chœur composé de jeunes chanteurs professionnels issus du conservatoire de Saint-Sébastien (Musikene).
Il y a essentiellement des chœurs amateurs au Pays Basque, et même si certains ont de très bon niveaux, un chœur de 4 choristes professionnels est plus réactif, il lit les partitions et les écrit. Et puis ce sont eux l’avenir de la chanson basque :-)

Quels ont été vos choix sur la partie instrumentale d'Emazte ?
Toujours cet univers folk avec des accents hispanisants puisque nous accompagne sur scène et en studio, Antonio Jimenez, guitariste flamenco. Et le réalisateur de l’album, Jérôme Levatois, lui est multi instrumentiste, guitare folk, classique, basse, percussions etc. Le tout avec quelques touches d’instrument traditionnel, la txalaparta (percussion basque), sur certains titres.

Vous considérez que la femme n'est pas assez présente dans le milieu culturel et sportif basque. Qu'aimeriez-vous voir changer concrètement et avez-vous des idées pour y parvenir ?
Approcher la parité en terme de visibilité. Continuer de chanter et diffuser mon discours :-)

Pour vous quelle place occupent les réseaux sociaux ?
Une place incontournable dans le milieu du disque, puisqu’il est de plus en plus difficile de compter sur un investissement tv pour promotionner un album. Les coûts sont exhorbitants. Les réseaux sociaux ouvrent la proposition musicale et les possibilités de communiquer à des prix accessibles.

Aurez-vous l'occasion de donner des concerts prochainement et que représente la scène pour vous ?
Oui dont les 3 premiers officiels pour présenter le nouvel album :
25 février à Paris à L’Européen
5 mars à Pau au Théâtre St-Louis
8 mars au Théâtre du Casino Municipal à Biarritz à l’occasion de la journée de la Femme.

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Achetez mon disque ! Erosi behar da (en basque) ! … :-)

Merci à Anne Etchegoyen d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez la également sur Facebook.

Anne Etchegoyen, Itziar Ituño - No Es No (Clip Officiel)

interview Musique

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