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Nicolas Vidal : l'album Bleu Piscine

Après Pop boy à Paris, single sorti au mois de mars, Nicolas Vidal dévoile son album Bleu piscine le 15 juin.

Nicolas Vidal Bleu piscine cover

Nicolas Vidal n’est plus tout à fait un jeune premier qui aurait découvert la synth-pop dans un lot de 33 tours au coin d’une brocante. Après une première vie dans le théâtre et la radio et une vie parallèle dans la mode, cet autodidacte considère la musique comme faisant partie d’un processus créatif, au même titre que la photographie ou l’écriture.

Son nouvel album Bleu piscine, écrit et composé en majorité au printemps 2017 entre la Corse, Paris et Bangkok, et enregistré dans la foulée, a la spontanéité des hits estivaux, totalement hantés par les figures artistiques qui ont accompagné cet Eté dandy (David Hockney, Jacques De Basher, Isabelle Adjani).

Solaire et emprunte d’une sensualité plus apparente (Roche, Sous ton ombrelle), la pop de Nicolas Vidal se fait plus dansante, tout en étant de plus en plus personnelle (Bleu piscine, La vie d’avant). Délaissant parfois les effluves lo-fi qui composaient la majorité de son deuxième album, Nicolas Vidal opte pour une pop un peu plus urbaine (« AR mon amour, « Transe »), aidé en cela par la production plus électro clash de Valentin Aubert (aka Aube) dont le travail sur le son et les arrangements a été primordial pour emmener les chansons en dehors de leur zone de confort.

Mais les amours de jeunesse ne passent pas si facilement et un détour par la case eighties était obligatoire pour parler de la fin d’une histoire d’amour façon nouvel Hollywood (Balboa) ou pour évoquer la chute d’une idole fashion façon Erasure en compagnie d’Une Femme Mariée (John). Les textes, moins autocentrés, font place à une actualité teintée d’intime (le pré Brexit Pop Boy à Paris, le manifeste sur la norme amoureuse L’amour qui penche) et constituent la bonne surprise de ce nouveau disque.

Interview de Nicolas Vidal

Pouvez-vous nous présenter votre nouvel album Bleu Piscine et vos sources d'inspiration ?
Bleu Piscine est mon troisième album, après Les nuits sereines n'existent pas sorti en 2016 et Des ecchymoses, sorti en 2011. C'est un album un peu hanté par les figures qui m'ont accompagnées pendant l'écriture du disque, notamment David Hockney dont je venais de voir la rétrospective et Jaques De Bascher donc je venais de lire la biographie écrite par Marie Ottavi qui m'a beaucoup marqué. J'avais envie d'évoquer des thématiques qui me sont chères (amoureuse, queer, pop), mais en restant léger. Musicalement, j'écoutais beaucoup Phoenix et Erasure à ce moment là, et j'avais envie de chansons catchy, de bulles pop synthétiques.

D'où vient l'idée du nom ?
Je voulais un titre solaire, qui rappelle l'été et les endroits où il avait été écrit, plutôt au bord de la mer. Et puis je trouve que la chanson Bleu Piscine synthétisait assez bien l'univers de l'album. Et puis il y avait le clin d’œil à David Hockney et ses peintures californiennes, et à Isabelle Adjani, dont j'adore la voix et l'album qu'elle a fait avec Gainsbourg.

L'album a été composé entre Paris, la Corse et Bangkok : en quoi et comment ces différents lieux vous ont inspiré ?
Je vis à Paris et je compose majoritairement ici. On a décidé avec Aube (Valentin Aubert) de travailler ensemble sur un album, mais il manquait encore quelques titres. Il se trouve que je partais en voyage à ce moment là, en Corse et en Thaïlande, et que l'inspiration est venue très spontanément là-bas. Les paysages, le fait de ne pas être dans mon environnement ont ouvert les vannes et j'ai écrit 5 titres très vite qui ont vraiment accentués la couleur que je voulais pour cet album.

Les enregistrements ont eu lieu rapidement après l'écriture. Pourquoi cette rapidité et comment se sont-ils passés ?
Valentin a commencé à produire les titres qui était déjà avancés, et j'ai maquetté en rentrant les chansons que je venais de composer. Mes albums précédents avaient été assez longs à produire, avec pas mal de recherche et de coupures, et là je voulais essayer de l’enregistrer très vite, d'un trait, de manière très spontanée. Valentin travaille assez vite et j'avais en tête l'ossature du disque. On s'est enfermé dans son studio tout l'été avec ses machines, ses synthés, et on a travaillé vite et bien.

A vos sonorités pop s'ajoutent l'électro de Valentin Aubert, comment se sont passés vos échanges sur cet album ?
J'avais demandé à Valentin de remixer Teenager, un titre de mon deuxième album, suite à l'écoute d'un EP qu'il avait réalisé sous le nom de Swush, et j'avais trouvé sa relecture super, très différente de ce que l'on avait fait sur la version initiale. Il a ensuite travaillé sur un autre titre AR (mon amour), et là je suis tombé amoureux de sa production, il avait emmené le titre beaucoup plus loin que la maquette tout en respectant la chanson. C'est un véritable allié qui n'a pas peur de proposer des choses différentes mais qui est avant tout très à l'écoute. On a pas forcément les mêmes références musicales, et je suis un peu obsessionnel parfois sur des sons mais c'est quelqu’un de très ouvert, spontané qui a subtilement emmené les chansons en dehors de leurs zones de confort. J'espère collaborer de nouveau avec lui.

Le titre Pop boy à Paris revient sur votre vie et votre personnalité. Peut-on en savoir plus sur le clip que vous lui avait créé ?
C'est un titre qui mélange plusieurs choses et qui m'a été inspiré en premier lieu par un ami très féru de culture anglaise, qui se définissait ainsi sur les réseaux sociaux. Je trouvais que c'était un super titre de chanson. Ensuite j'y ai mis mes obsessions pour la culture pop anglaise et mes complexes de musicien français, en essayant d'être un peu ironique. Après le Brexit, la chanson a encore pris une autre couleur. Pour le clip, c'est Sébastien Navosad, qui se charge de mes visuels et dont j'adore le travail, qui a eu l'idée de créer des natures mortes à partir de mes objets culturels british, et d'avoir ce bus anglais qui fait le lien, comme un voyage pop dans mes influences.

L'amour qui penche est un titre sur les normalités amoureuses. Est-il possible d'en savoir plus à son sujet et que pensez-vous des différents scandales qui ont défrayé le monde culturel ces derniers mois ?
En tant que chanteur homosexuel, je n'ai pas envie de faire l'impasse sur certains sujets, et je pense que si les artistes revendiquaient les choses de manière naturelle, il y aurait moins de problèmes avec tout ça. On le voit bien avec Chris ou Eddy De Pretto qui ne font pas l'impasse là dessus et qui ont quand même beaucoup de succès. Tous les débats autour du mariage pour tous, les questions de genre, la transidentité, et surtout l'hypocrisie qui en découle m'ont donné envie d'écrire sur ces sujets de manière positive, poétique et politique. J'ai cherché une formule qui pourrait évoquer cela et L'amour qui penche m'a paru être une bonne définition.

Une indiscrétion à nous donner sur Bleu piscine ?
Le titre Roche a été écrit sur un petit bateau en visitant la Corse. J'ai écrit le texte en 10 minutes sur mon téléphone. La mélodie est arrivée immédiatement, mais ne pouvant pas chanter comme ça, je suis allé enregistrer la mélodie sur mon téléphone dans les toilettes du bateau.

Qu'est ce qui vous plait le plus dans les concerts et peut-on en savoir un peu plus sur les scènes que vous donnerez prochainement pour l'album Bleu Piscine ?
Pour être tout à fait honnête, je préfère le studio à la scène. Mais là, j'ai très envie de faire découvrir les nouveaux titres, surtout que je serai sur scène avec Constance Petrelli avec qui j'ai composé et qui chante avec moi le titre John sur le disque et qui sera aux claviers avec moi. J'espère que ce sera dansant et festif. On est en train d'organiser des concerts pour la rentrée.

Vous avez plusieurs activités ; journaliste, comédien, chanteur... qu'est ce qui vous plait dans ces différentes activités et avez-vous prochainement des projets de théâtre ?
Je ne suis pas vraiment comédien. J'ai fait des études de théâtre, mais je n'ai pas joué depuis longtemps. Après, entre le "journalisme" et la musique, le point commun c'est l'écriture. J'ai crée un webzine qui s'appelle Faces car j'avais envie de photographier et d'écrire sur mes camarades musiciens. Je fais des portraits à travers des interviews, des photos, des collages. J'adore ça et ça me permet de parler boutique avec mes collègues. On est un peu isolé quand on fait de la musique, donc c'est bien de pouvoir aller vers les autres avec un projet musical, ou je fais complètement autre chose que de la musique.

Dans votre actu, on  retrouvera également votre patte dans le futur album d'Emma Solal qui sortira à la rentrée. Peut-on en savoir plus à ce sujet ?
Oui, nous avons, avec Valentin Aubert, produit et arrangé le nouvel album d'Emma Solal qui s'appelle L'amour et c'est tout. Emma m'avait demandé des chansons pour son album et elle en avait sélectionné quelques unes. Et après avoir entendu notre travail sur Bleu Piscine, elle nous a proposé de faire tout l'album avec elle. C'est un chouette album, avec plein de collaborations (Constance Petrelli, Jérémie Kisling, Eric Chemouny, Pierre Faa, Gregory Gabriel). Le premier extrait s'appelle Baisers illicites qu'on chante en duo, et qui vient de sortir.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci pour cette interview !

Merci à Nicolas Vidal d'avoir répondu à nos questions !
Retrouvez le également sur Facebook.

Clip Pop Boy à Paris

Nicolas Vidal // Pop boy à Paris

Musique interview

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