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Nicolas Jules : l'album Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques

Rédaction Divertir Par Le dimanche, 06 décembre 2020 à 08:12 0

Dans Culturel

Nicolas Jules dévoile son album Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques.

Nicolas Jules - Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques

D'où vient votre passion pour la musique ?
L’enfance, les voyages immobiles, le teppaz dans la chambre, la radio la nuit sous l’oreiller. Au départ c’est ça. Après on cherche à retrouver les premiers émois. Ils se transforment, grandissent, se superposent, se multiplient, bifurquent mais ne changent pas.

Pouvez-vous nous présenter l'album Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques ?
C’est le nouveau né et je suis heureux de l’avoir fait. Aujourd’hui ce qu’il va devenir ne m’appartient plus. Un disque naît adulte et il vous quitte aussitôt.
Sincèrement je préfère chacun de mes disques au précédent et je suis conscient que cet avis ne peut être partagé par tous. Je crois sans croire qu’un jour je ferai un disque dont la beauté imparable me laissera dans un état d’hébétude intense tant il se rapprochera de mon graal intime. En attendant je fais ce que je peux avec sincérité, en luttant contre ma propre banalité sans vraiment lui faire mal et avec le sentiment de faire mieux à chaque fois mais la conviction de ne pas lancer les cailloux bien loin. Du coup je suis toujours à peine content de ce que j’ai fait mais je suis heureux à mort de ce que j’envisage de faire.

Dans quelles conditions avez-vous composé cet album et quelles ont été vos sources d'inspirations ?
Rue de Bosnie à Bruxelles où je venais de poser une valise et quelques guitares en mars 2020. Une seule fenêtre avec vue sur un mur. Confinement et du coup plan d’évasion indispensable pour la santé mentale. Des chansons réécrites à partir de vieux brouillons, d’autres inventées en marchant dans les rues et avec une mélancolie de bistrot fermé. Puis des musiques instinctives les yeux clos. Pour escalader le mur. J’ai joué seul tous les instruments avec l’exaltation particulière et joyeuse du gars qui réussit son évasion. Puis j’ai déménagé et achevé l’aventure en m’attelant au mixage pour la première fois. Pour clore et pour aller jusqu’au bout d’une traversée en solitaire j’ai dessiné la pochette.
Quant aux sources d’inspirations elles sont toujours les mêmes. Ce sont des histoires de bifurcations, de chemins de contrebandiers, de nuit et de lumière, d’amour. Tout en essayant de provoquer l’inattendu.

Quelle importance accordez-vous aux textes ?
Une importance cruciale et subjective. Pareil pour la musique. Avec l’espoir de prolonger l’un par l’autre.

Qu'est ce qui vous a plu dans le fait d'incorporer des voix supplémentaires sur certains morceaux ?
Ça m’a amusé de remplacer un solo de guitare par la voix de Boris Karloff ou de Danielle Darrieux. Les mots dits par leurs voix c’est de la musique.

Souhaitez-vous nous parler de la partie instrumentale ?
Longtemps je me suis demandé quel métier j’allais faire avant de décider de m’arrêter au verbe jouer. Je joue à faire des chansons. Ma méthode est simple : imaginer une musique dans ma tête, attraper une guitare, jouer la musique, ne pas y arriver faute de savoir gratter comme Charlie Christian (mettez le nom que vous voulez) et hop, ça donne autre chose, certes moins virtuose mais qui a l’intérêt d’être autre chose que ce qu’on imaginait au départ. Les surprises ça fait toujours plaisir.

Comment se sont passés les enregistrements de cet opus ?
Dans la solitude et la joie. Avec deux micros, un noir et un gris, une guitare parfaitement réglée et une autre cassée, une basse tordue que j’aime beaucoup. Un ami m’avait aussi donné une clef qui ouvrait une salle momentanément abandonnée où s’emmerdait un piano à queue. Je lui ai tenu compagnie car je sais jouer du piano quand je n’utilise qu’un seul doigt. J’envisageais de prendre mon temps pour faire tout ça car du temps j’en avais. À ma grande surprise, c’est allé très vite. Alors j’ai commencé à mettre les doigts (ceux qui n’étaient pas sur le piano) dans l’album de l’année prochaine. On en reparlera si vous voulez.

Que souhaitez-vous apporter au public avec l'album Douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques ?
J’apporte douze chansons telles que je les imagine dans l’époque telle que je la vois, autrement dit, douze oiseaux dans la forêt de pylônes électriques.

Parlez nous du titre Au Bord De L'écluse...
Je pensais à Paris où j’ai vécu cinq années. On peut penser à d’autres villes. Je pensais aux balades que je faisais le long du canal Saint-Martin, Je pense à ce que deviennent les villes et à comment s’y abiment les gens. Et j’y colle une musique joyeuse. J’étais en train d’écouter Mississippi John Hurt et j’essayais de le jouer sans y arriver (il est beaucoup trop subtil pour mes doigts). Alors je me suis mis à jouer vite et énervé. Ce faisant ça donnait un côté Johnny Cash de cuisine (j’enregistrais dans le salon qui était aussi la cuisine) et j’ai gardé ça.

Des clips sont-ils prévus et comment les imaginez-vous ?
Un clip est prévu pour la série Scopitone is not dead de David Vallet. Pas encore tourné à l’heure où je vous parle. En général on improvise et on va vite. Je lui ai parlé de lumières crues et de découpage rapide, il m’a parlé de son envie de me maquiller en zombie. J’ai accepté. Nous verrons... et vous verrez.

Est-il possible de nous parler de l'artwork de votre opus ?
J’ai dessiné tous les jours jusqu’à l’âge de 25 ans et stoppé net. Depuis je dessine une fois tous les 1352 jours et la dernière fois c’était pile le jour où je devais penser à un visuel. Après quoi je voulais un titre en vert. Comme des lettres végétales. Audrey Lehembre, graphiste des deux disques précédents a finalisé le tout.

Une indiscrétion à nous donner sur l'album ?
Il y a une chanson où je joue de la basse entièrement nu mais ça ne change pas la nature du son.

Le fait de ne pas pouvoir présenter cet album sur scène ne vous gêne-il pas ?
Non. D’ailleurs quand je fais un nouveau disque je ne me sens pas obligé de le jouer sur scène. C’est vrai que c’est une habitude dans ce que certains appellent le métier. J’évite les habitudes. Je chanterai peut-être une ou deux chansons de ce disque, et d’autres plus anciennes, et d’autres à venir. Ou je danserai.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Que je suis ravi que vous me donniez la parole car si les magazines, les blogs, les journaux qui parlent de chansons hors-pistes existent, ils sont peu nombreux.
Merci de me soutenir comme je vous soutiens et au plaisir de vous rencontrer dans la vie sans écran.

Merci à Nicolas Jules d'avoir répondu à notre interview !
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