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Morgan of Glencoe prépare l'album Fleur du Porhoët

Morgan of Glencoe est de ces artistes qui ne s'arrêtent jamais : quand elle lâche ses romans, c'est pour prendre la harpe. Compositrice, musicienne, chanteuse, elle prépare l'album Fleur du Porhoët.

Morgan of Glencoe - Fleur du Porhoët

D'où vient votre passion pour la musique celtique ?
Aussi loin que je me souvienne,  il y a toujours eu de la musique celtique à tourner à la maison, c'est ma culture, alors je pense que c'est juste tellement profondément ancré en moi que ça a grandi tout seul, un peu comme les ajoncs. Quand je compose, spontanément, soit c'est de la musique celtique, soit, un peu plus rarement, du rock, la musique de mon adolescence (logique...).

Pouvez-vous nous présenter votre album Fleur du Porhoët ?
Bien sûr ! Fleur du Porhoët est un album 100% solo : ma harpe celtique, ma voix, et mes chansons. Enfin, mes chansons... Je n'ai pas tout composé, loin de là, mais chacun des morceaux choisis a une histoire particulière avec moi, et me touche particulièrement d'une façon ou d'une autre. C'est un album intime, doux et atemporel, avec 15 titres tirés soit du répertoire traditionnel celte (Bretagne, Irlande et Ecosse), de ma propre composition... Ou, pour la première fois dans un de mes albums, 2 reprises d'autres artistes bretons. 

Comment composez-vous et avez-vous un endroit dans lequel vous aimez écrire ?
A dire vrai j'écris et je compose dans mon bureau, la plupart du temps. Bien sûr, ça m'arrive aussi dans les transports quand je pars en tournée, mais le gros du travail c'est dans la salle de travail. J'y ai mes harpes, mon matériel, ma petite bulle. En général, je compose de nuit, à la fenêtre pour voir les étoiles, mais j'ai toujours sur moi de quoi noter ou enregistrer, particulièrement quand je vais randonner en Brocéliande, pour retenir mes inspirations. 

En quoi la ville du Porhoët vous a inspiré pour cet opus ?
Le Porhoët n'est pas une ville, c'est un "pays" breton, au même titre que par exemple le Vannetais ou le Pays Bigouden. C'est aussi de là qu'est originaire toute ma famille maternelle, et là où j'habite aujourd'hui. J'ai un attachement très fort à cet endroit, emprunt d'une beauté très particulière. Il n'y a pas de grande ville ici, mais beaucoup de vieilles pierres et la nature, particulièrement la magnifique forêt de Brocéliande... Tout un imaginaire de légendes et d'Histoire, très vivant et très présent dans notre quotidien. Facile pour une artiste de se glisser dans l'inspiration d'un endroit pareil ! 

Vous étiez accompagnée pour vos précédents albums. Est-ce une approche différente pour faire un album solo ?
Je dirais que c'est plus reposant, et plus spontané. N'avoir à penser qu'à sa propre petite bulle, juste à exprimer ce qu'on a à exprimer et pas vérifier constamment que telle prise est la bonne, que telle partie chorale est à la bonne tessiture pour telle personne ce jour-là (car oui une tessiture vocale peut varier légèrement en fonction des périodes...) que le planning d'enregistrement est bien géré, avoir fini tous les arrangements de toutes les parties instrumentales et vocales pour tout le monde à temps... C'est beaucoup de charge mentale. Fleur du Porhoët est donc un album beaucoup plus spontané, il n'y avait que moi et l'ingé son pendant les prises, on a donc pu s'amuser, ajouter des parties à la volée simplement pour le plaisir de l'inspiration, accorder plus de temps à chaque partie de chant ou de harpe puisqu'il y en avait moins, etc. Donc, c'est plus facile. Par contre, c'est aussi plus intime, et donc émotionnellement plus drainant. 

Que souhaitez-vous transmettre au public avec l'album Fleur du Porhoët ?
Un peu de rêve, un moment hors du temps. Nous vivons dans un monde qui va très vite, qui change tout le temps, où il faut être à l'heure, au courant, au présent, mais un présent instantané, un présent vite périmé, en quelque sorte. Fleur du Porhoët, c'est un présent... étalé. C'est cet aujourd'hui paisible qui ressemble à hier, c'est ce petit détail qui vous rappelle à l'enfance et vous aide à vous émerveiller à nouveau d'un petit rien. Ce n'est pas un album "passéiste" qui ferait dans la nostalgie, mais ce n'est pas non plus une musique qui se voudrait "actuelle", ou moderne pour le besoin de l'être. Je veux que ce soit un de ces albums qui, dans dix ans, sera encore là sur l'étagère, le disque dur ou le cloud, et qu'on remettra avec plaisir simplement parce qu'il est beau. 

En quoi est ce important de faire appel à des professionnels locaux pour cet album et peut-on en savoir plus sur les enregistrements studio ?
Je suis très engagée dans le "vivre local". À quoi bon aller chercher un studio d'enregistrement ou une photographe à plusieurs heures de route de chez moi quand j'ai un excellent ingé son dans le village d'à côté et une photographe merveilleuse pas beaucoup plus loin ? Et si moi je ne vais pas les voir, qui ira ? Je vis en milieu rural, et nous n'avons pas toujours une "bonne image" auprès des citadins, qui s'imaginent souvent que la culture est réservée aux villes et que les ruraux sont surtout des ouvriers, des agriculteurs etc. mais c'est faux. Nous avons ici des ingés sons, des salles de concert, des théâtres... alors les faire vivre, c'est bien un minimum en fait. 

Qu'est ce qui vous a motivé à faire un financement participatif ?
... le confinement ! A la base, Fleur du Porhoët devait avoir un concert inaugural qui aurait permis, au sein d'une tournée plus grande de festivals d'ailleurs, de rembourser les investissements assez rapidement. En raison de la pandémie et du confinement, ce ne sera pas possible. Alors, plutôt que de reporter aux calendes grecques, j'ai préféré proposer l'album au financement participatif, et pour le moment, le succès est au rendez-vous bien que nous soyons encore loin des derniers paliers.

Des clips sont-ils prévus et quel sera l'univers visuel de Fleur du Porhoët ?
Un clip de la chanson-titre, Les Fleurs du Porhoët, est prévu si on atteint le dernier palier du crowfunding. Il sera réalisé par Whitewood Compagny, un studio de création vidéo local avec lequel j'ai déjà travaillé notamment sur d'autres clips et une partie de ma chaîne Youtube. L'univers visuel a été créé par la photographe Laureen Keravec, avec qui nous avons réalisé un shooting au coeur de la forêt de Brocéliande, intime et doux, à l'image de l'album. La dominante bleue et jaune est liée, d'un côté à la couleur du ciel et de l'autre à celle de l'ajonc, car s'il est une fleur emblématique de la Bretagne et des immenses landes du Porhoët, c'est bien cette fleur jaune pleine d'épines. 

Quelle place occupe les réseaux sociaux dans votre relation avec le public ?
J'y suis très présente car j'ai une communauté de fans aussi active qu'adorable ! J'ai une chaîne Twitch sur laquelle je suis en live tous les matins pour ma routine technique de harpe, ça fait découvrir aux gens le métier de musicien professionnel... Je suis également présente sur Youtube, où j'ai une chaîne consacrée à la musique celtique et à l'analyse de fiction, ainsi que sur Facebook, Instagram et Twitter. J'aime beaucoup faire découvrir mon travail aux gens !!!

Comment ressentez-vous la scène ?
J'adore ça. Pour moi, la scène est le moment privilégié d'offrir, le plus sincèrement, le plus intensément, le fruit de mon travail aux gens. Et quand je dis "aux gens", c'est vraiment : à chacun. Je pourrais dire "au public" mais j'aime à penser que chaque personne présente va vivre un concert unique et personnel, que mes chansons vont résonner différemment avec chaque individu, avec chaque vécu, chaque intimité. Alors, dès l'instant où je pose un pied sur scène, je donne. Tout ce que j'ai en moi de musique, de rêve, de passion, et jusqu'à ce que j'ai quitté la lumière des projecteurs, je le donne à chaque personne présente. 

Avez-vous un lieu dans lequel vous aimeriez défendre Fleur du Porhoët devant le public ?
J'aime tellement jouer que tant qu'on me donne une scène et des conditions décentes, je suis heureuse de jouer. Le spectacle est déjà programmé dans plusieurs villes et villages des cinq départements bretons, mais aussi et bien sûr au-delà... S'il n'y avait qu'une seule ville dont je devrais déplorer l'absence, c'est tout simplement Ploërmel, qui est au coeur du Porhoët mais où je n'ai pas pu être programmée. C'est un peu dommage, mais ce n'est que partie remise ! 

Vous êtes également écrivaine, souhaitez-vous nous dire quelques mots sur les romans fantasy que vous écrivez ?
Bien sûr ! Je suis publiée aux éditions ActuSF avec la saga La Dernière Geste. Le premier tome, Dans l'Ombre de Paris, est sorti en septembre 2019 et a été nominé à plusieurs prix littéraires, à voir s'il sera finalement récompensé... En tout cas, il a eu un joli succès dans le monde de la Fantasy française, qui était visiblement tout à fait prête à accueillir un univers multiculturel peuplé de fées celtes, de trains géants et d'une princesse japonaise pour une petite virée dans les égouts de Paris... Car oui, c'est une dystopie pas du tout médiévale mais assurément haute en couleurs et en émotions fortes ! Le tome 2, L'Héritage du Rail, sortira en septembre 2020, et il y aura aussi un événement de sortie... Si un certain virus veut bien se tenir tranquille. 

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
Et bien tout d'abord merci pour cette interview très intéressante, et j'espère qu'elle donnera à vos lecteurs et lectrices l'envie de faire un petit tour dans mon univers !

Merci à Morgan of Glencoe d'avoir répondu à notre interview !
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La Marche de Taliesìn - Morgan of Glencoe (clip officiel)

Musique interview

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