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Monsieur A : l'album Mâle Alpha

Rédaction Divertir Par Le lundi, 15 février 2021 à 19:00 0

Dans Culturel

Monsieur A c'est Arnold Pellegrini. Auteur, compositeur, interprète atypique tant par sa voix que sa personnalité, un de ces hommes qui ne laissent pas indifférents. Il dévoile son album Mâle Alpha.

Monsieur A

Vous avez grandi dans une famille italienne de musiciens. Comment cela influence-t-il votre parcours artistique et votre musique ?
Chez les italiens on est maçon, mafioso ou musicien de père en fils et je ne suis pas très manuel. J’ai eu la chance d’avoir des modèles familiaux talentueux autour de moi, de la musique et des concerts partout et tout le temps. On m’a donné la chance de monter sur scène dès mon enfance. J’ai conscience d’avoir été privilégié et que l’on m’a facilité la tache.

Pouvez-vous nous présenter votre album Mâle Alpha ?
C’est avant tout un album de musique fait par un musicien. Avec une volonté d’incorporer des éléments d’hier dans un son très contemporain. On obtient une pop teinté de jazz et de soul qui refuse de céder à la simplification de la musique et tente d’épouser les codes musicaux de son époque.
Dans le propos, en m’adressant tout le long du disque, avec la dévotion du prêtre pour idole, à la femme en tant qu’entité, je dévoile une palette étendue de masculinité. J’incarne, au fil des chansons, un homme qui peut être séducteur, beau parleur puis sensible, blessé. Et aussi un mec plus léger qui regarde le foot à la tv et se moque un peu de ses travers.
Et puis arrive la fin du disque, Monsieur A cesse d’incarner, il a enlevé son costume tiré à 4 épingles et Arnold, seul avec son piano, dit simplement qu’être un homme c’est bien sûr essayer d’être fort mais c’est aussi assumer sa fragilité.  

Pourquoi avoir choisi ce nom d'album et êtes-vous un "mâle alpha" ?
Non je ne suis pas un « Mâle Alpha », d’ailleurs je ne pense pas que ça existe chez les êtres humains. Il y a des hommes plus ou moins forts, qui ont plus ou moins confiance en eux, qui sont plus ou moins beau avec tout ce que ça comprend de subjectivité, mais c’est tout. J’ai vu des grands gaillards, qui étaient considérés comme tel, pleurer comme des petits garçons parce que comme le dit Ginette Reno dans sa chanson « Ça pleure aussi un homme » :  « Un homme un jour c’est vulnérable », même les plus puissants, même les plus forts.
Et j’ai choisi ce nom parce qu’en tant qu’homme blanc hétérosexuel je suis un peu dans l’œil du cyclone en ce moment et je voulais donc forcer le trait et incarner l’ennemi public numéro 1, aussi un peu par provocation et par effet de communication. Ça fonctionne plutôt pas mal et ça permet aussi de dire des choses mais l’opus est avant tout un album de musique et de divertissement.

L'album est un hymne viril dédié aux femmes... Ça ne ferait pas un peu machiste au premier abord ?
Non pas du tout, au premier abord on peut faire de mauvaise interprétations, c’est pour ça qu’il est bon d’aller plus loin. La virilité est le propre de l’homme, cet hymne viril c’est un hommage, tendre ou passionné, fraternel ou charnel à la Femme.
La société évolue, Elisabeth Badinter disait récemment que les femmes ne réussiront pas cette révolution sans les hommes, je suis complètement d’accord avec elle.
À nous d’aider nos mères, nos compagnes et surtout nos filles à construire une société plus juste et plus équitable, à nous de les accompagner dans des combats comme la parité ou l’égalité des salaires pour ne parler que de la France. Si on passe à l’international il y a des combats encore beaucoup plus graves et urgents à mener.
Il serait bon également d’apporter un éclairage lucide et sans concession à la servitude volontaire (chère à La Boétie) des femmes au sein des religions et plus spécifiquement de l’islam avant que les avancées conquises par nos aînées ne fassent un bond de 60 ans en arrière.

Dans quelles conditions composez-vous ?
J’ai la chance d’avoir un home studio très bien équipé, donc dès que je me lève tôt le matin, vers midi, je suis prêt à faire de la musique pour moi et surtout pour les autres puisque composer et réaliser pour les autres est ma principale activité en ce moment.

Des mouvements comme MeToo ont-ils influencé votre façon d'écrire ?
Le mouvement « MeToo » est une avancée extraordinaire au niveau de la libération de la parole et de l’émancipation de la femme, en même temps, comme souvent quand il y a des bouleversement dans la société, il y a des amalgames qui sont faits, de nouveaux extrémismes qui naissent. Le danger c’est de cibler l’homme comme l’ennemi, c’est pour ça qu’il m’est apparu nécessaire d’apporter non pas une réponse mais une nuance importante avec la chanson « Mi-tout » (la moitié d’un tout) qui évoque le mythe d'Aristophane (« Le banquet » de Platon).

On vous retrouve en duo avec plusieurs artistes : Canone, Clara, Angie Cottermo. Comment se sont passés vos échanges ?
Pour Angie Cottermo j’étais en train de réaliser son premier EP (PRESQUE IL) et j’avais déjà enregistré ce titre « Bla-bla-bla au jazz club » sur lequel je faisais les 2 voix. J’ai profité de l’enregistrement de son disque pour lui faire poser sa voix très douce et nuancée sur le titre et la magie a opéré immédiatement. Un gros + pour la chanson.
Pour Canone c’est un artiste très talentueux, et je ne dis pas ça parce qu’il est de ma famille, avec beaucoup de second degré, il est aussi très calé en foot, j’avais besoin sur le titre Di Meco de quelqu’un qui ait des références et de l’humour, il a tiré, il a marqué !
Sur Muchacha je cherchais une belle latine qui puisse chanter en espagnol et la meilleure que je connaisse s’appelle Clara Carmen Garcia, elle est venue enregistrer au studio, 2 prises et c’était réglé. Et pour finir Julie et Tifène du groupe les Z’Enchanteuses sont aussi venues enregistrer chez moi avec beaucoup de gentillesse, je trouve que le titre La mode leur correspond, elles sont lookées, elles sont solaires, rieuses, dynamiques et ont toutes les deux des voix incroyables.

Quels ont été vos choix concernant les instruments utilisés dans vos titres et quelle place occupent-ils ?
J’ai envie de dire que la chanson choisit elle-même les instruments qui la composent, elle dicte sa loi, moi je choisis juste les gens c’est pour ça que, même si j’ai quasiment tout joué sur l’album, sur quelques titres des amis sont venus en renfort : Patrick Liotard, Lionel Espitalier, Eric Francavilla et François Diaz. Bravo et merci à eux !
Et chez moi les instruments occupent toute la place, on a même du mal à circuler.

Quelle place occupe la voix lorsque vous chantez ?
Je  ne suis pas sûr de bien comprendre la question mais pour moi la voix est un instrument comme un autre, capricieux comme certains et vecteur d’émotion comme la plupart. Elle fait parti d’un ensemble. C’est mon instrument de prédilection car c’est celui que j’ai le plus travaillé et que donc je maîtrise le mieux mais je ne suis pas le style de personne qui va faire soirées karaoké ou utiliser l’application Smule.

Parlez-nous du titre 68...
J’avais envie de faire un titre qui puisse incorporer les playlists « Sweet & sexy », une chanson qui donne un peu chaud mais sans se prendre non plus trop au sérieux.
Comme je suis assez anticonformiste, que, comme disait Rimbaud, « L’’amour est à réinventer » et que le morceau est en 6/8 (6 croches par mesure) la chanson est arrivée comme une évidence. J’espère qu’elle est dans la lignée de « …Til the Cops Come Knockin’ » de Maxwell, de « Je t’aime moi non plus » de Gainsbourg ou de « The Secret Garden » de Quincy Jones sinon j’ai raté mon coup !

Quels ont été vos choix sur l'artwork de l'album Mâle Alpha ?
Déjà toujours mettre en avant mon logo, qui est la représentation graphique de ce que je fais et m’identifie.
Sur la pochette le titre Mâle Alpha est proposé de manière à ce que les 2 mots se croisent sur la lettre « L » (ELLE) et la photo me montre le menton haut mais déstructuré en surface, avec des failles.
La photo est de Romain Fox photographie qui a un oeil et le don de saisir l’instant.

L'image occupe-t-elle une place importante dans la musique selon vous et sortirez-vous un clip ?
L’image, il me semble, occupe une place importante dans la vie en générale. C’est une fenêtre qui donne envie qu’on l’ouvre ou pas. Maîtriser son image c’est permettre de faire découvrir ce qu’il y a derrière la fenêtre.
Les clips arrivent ;)

Une indiscrétion ou une anecdote à nous donner sur l'album ?
Il a laissé 6 titres sur le bord de la route.

En quoi les réseaux sociaux sont-ils importants pour vous ?
Je vois ça comme un lien et un outil de communication formidable que j’essaie d’utiliser au mieux sans que ça prenne une place trop importante dans ma vie. Je reste un homme du 20ème siècle, j’aime les livres en papier, les discussions les yeux dans les yeux et les rencontres sans filtres.

Aimeriez-vous enfin pouvoir retourner sur scène et que représente-elle pour vous ?
Je ne suis pas vraiment du genre à me nourrir et me gargariser d’applaudissements mais la scène est comme une deuxième maison pour moi, j’y ai grandi et me suis construit avec elle. De plus la musique se partage. Le vrai lien avec les gens, avec les autres musiciens, c’est la scène.

Avez-vous un souvenir de concert à nous raconter ?
Un souvenir de spectateur : Les arènes de Vienne, une jeune chanteuse très peu connue qui s’appelle Alicia Keys est au piano. Elle teste une nouvelle chanson qu’elle n’a pas encore sortie et pour la première fois de ma vie en écoutant de la musique une larme glisse lentement le long de ma joue.
Une émotion incroyable, un instant inoubliable, la chanson c’était If i ain’t got you, elle sortira 2 ou 3 ans plus tard.

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Merci beaucoup de m’avoir donné l’opportunité de m’exprimer et de m’expliquer et puisque qu’on est sur « Divertir » j’en profite pour apporter mon soutien à tous les acteurs du monde de la culture et du divertissement.

Merci à Monsieur A d'avoir répondu à notre interview !
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A propos

C'est dans la diversité que cet amoureux des arts et des lettres s'épanouit et c'est avec délice qu'il s'amuse et se complaît à brouiller les pistes.
Formé au chant jazz/variété, fils d'un trompettiste de Rhyhtm'n blues, Arnold aime se muer et mettre son amplitude vocale (4 octaves) au service de tous les genres musicaux.

Si la voix est étonnante, il considère que ses oreilles, en quête d'absolu, sont ses meilleures alliées. Une acuité peu commune qui lui permet d'arranger tous les styles de musique, sans lire ni écrire une seule note.
Véritable spécialiste de la polyphonie, les harmonies vocales font partie intégrante de son processus de composition.

Si la musique a toujours été son unique compagne, la "Femme" est indéniablement sa grande passion ou plutôt une certaine idée de la femme : La femme libre, féminine, curieuse, espiègle, passionnée et qui, forcément, aime les hommes qui lui ressemblent.
Arnold revendique un mode de vie quelque peu désuet, une liberté de pensée singulière, un monde où galenterie et élégance s'érigent comme art de vivre.
C'est avec ces convictions enracinés et ses principes surannés que le dandy urbain se confronte au 21ème siècle.

En 2021 arrive donc ce second opus Mâle Alpha dans lequel la musique revient au centre du projet et dévoile, avec ironie et tendresse, une palette étendue de masculinité. Lettre ouverte à celles qui veulent bien le lire, cet album est avant tout l'album d'un musicien qui livre enfin sa pleine mesure.

Mâle Alpha est un hymne viril dédié aux femmes !

Très influencé par la scène Neo Soul / Nu jazz américaine, Monsieur A tente d'adapter ce style assez peu exportable à la langue et la culture francophone. On retrouve une couleur jazzy évidente dans quasiment chaque titre qui, mélangée à la touche urbaine et aux sons éléctros utilisés, rend cet opus quasiment inclassable. Monsieur A aime le swing, les harmonies riches, les grooves complexes, les choeur en cascade, tout ce qui devrait rendre cet album difficile d'accès et inadapté à notre époque. Pourtant il n'en est rien. Par un tour de force, ou plutôt avec douceur, Arnold parvient à concocter, avec des ingrédients d'un autre temps, un son étrangement contemporain.
Monsieur A, comme son opus, ne choisit jamais la facilité, n'évite pas les difficultés mais n'oublie pas non plus sa mission première : Divertir, enthousiasmer, émouvoir. Dans le propos on assiste à une véritable déclaration d'amour.

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