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Monitors présente l'EP Notes from the aftermath

Monitors est un groupe d’électro-punk basé à Paris. Avec leurs influences, ils offrent un son dansant et libérateur.
Organisés autour de deux formations possibles, les deux artistes à l’origine du groupe sont parfois accompagnés d’un batteur et depuis 2018 ils multiplient les concerts et abordent chaque nouvelle scène avec l’énergie qui les caractérise.
Découvrez l'EP Notes from the aftermath de Monitors.

Monitors

Pouvez-vous nous présenter votre EP Notes from the aftermath ?
Les cinq titres de l’EP expriment chacun à leur manière notre ressenti sur le climat social actuel. Un peu comme une grosse semaine de travail où tu commencerais ton lundi dans le stress, ragerais devant les infos le mercredi et finirais le vendredi soir dans l'ivresse. On s'y énerve, on s'y révolte, puis on y danse en finissant par se perdre dans les excès pour se purger.

Comment composez-vous et la scène affecte-elle votre approche de faire vos titres ?
En studio, nous essayons de retranscrire nos émotions avec le plus de sincérité possible. La pureté de ce geste nous obsède et c'est sans doute ce qu'il y a de plus difficile à obtenir. En ce qui concerne notre manière de composer, nous sommes pour ainsi dire voisins à Paris et avons aménagé un studio dans l'un de nos appartements. Chris se concentre sur les paroles et le chant, je (Emil) m'occupe de la musique et de la production. En général, l'un de nous deux propose une idée de départ et la lance à l'autre qui va y apporter sa sauce, comme une partie de tennis.
En concert c'est différent. Nous voulons mettre l'accent sur l'énergie et faire le maximum pour rentrer en communion avec le public. C'est pour cette raison qu'on modifie certains titres en laissant place à de l'impro tout en donnant plus d'importance aux percussions notamment avec l'apport de Féodor Trotta à la batterie qui nous a rejoint récemment. On aime jouer dans la fosse avec le public autour de nous dès que les salles le permettent. Ça nous aide à nous sentir plus proche de notre public.

Mélanger les styles musicaux, c'est quelque chose qui vous plaît ou qui vous freine ?
On adore ça ! On se sent aussi proche de l'univers des clubs que celui des concerts et on aime en fait beaucoup trop d'artistes différents. Toute la difficulté c'est donc de ne pas se restreindre tout en restant cohérent et en ne partant pas dans tous les sens. Par exemple, sur le titre Ribs de l'EP on a beaucoup emprunté aux sonorités orientales. Je crois qu'on a trop écouté Acid Arab...

Certains de vos titres véhiculent des messages et vous évoquez par exemple les agressions. En quoi est-ce important pour Monitors d'avoir des titres porteurs de sens ?
Nous ressentons qu'il règne aujourd'hui dans plusieurs pays une atmosphère très électrique et que les gens ont envie d'en découdre à tout prix pour le meilleur et pour le pire... D'autre part, beaucoup d'idéaux obscurantistes que l'on pensait enterrés refont surface. On a le sentiment que tout est de plus en plus extrême, que ce soit en bien ou en mal et ça nous interpelle évidemment. Donc oui, nous ressentons le besoin de l'exprimer dans notre musique. Mais plutôt que d'avoir un message précis, je dirais que nous voulons surtout poser des questions.
Cela dit, à d'autres moments nous voulons simplement oublier toute cette morosité ambiante et nous amuser. Ça explique pourquoi nous avons aussi beaucoup de morceaux festifs et récréatifs comme 20/20 sur L'EP et le single Encore dans les précédentes sorties.

Parlez nous du titre No Irish No Blacks No Dogs... Pas un brin provocant et discriminatoire ?
Ce titre s’inspire des pancartes placées devant certaines pensions de familles anglaises dans les années 1950 et 1960. Ces écriteaux mettaient en lumière les préjugés de cette époque et exacerbaient la forte hostilité qui régnait entre Britanniques et Irlandais. Le titre a été choisi car nous considérons que ce fait historique rappelle de nombreux enjeux actuels comme la popularité croissante des partis politiques conservateurs et extrémistes en Europe (RN en France, UKIP et BNP au Royaume-Uni,...), la génération Windrush avec le non-respect des droits et l’expulsion de migrants antillais qui arrivèrent en Grande-Bretagne en 1948, l’accord du Vendredi Saint ainsi que les conséquences du Brexit sur la frontière entre l’Irlande et le Royaume-Uni.
Dans les paroles du morceau, Chris endosse le rôle d'un personnage violent et autoritaire qui agresse l'auditeur et on a choisi d’appuyer cette idée avec un clip outrancier dont l'esthétique s'inspire des couleurs et des typographies de certaines organisations extrémistes. Évidemment, plusieurs interprétations sont possibles comme dans la plupart de nos morceaux et de nombreuses personnes ont compris la démarche globale qui est de rappeler que la haine est malheureusement toujours d'actualité.
Cela a provoqué de nombreuses réactions positives très intéressantes mais aussi, et comme nous nous y attendions, une grosse vague de haters dans les commentaires YouTube. Certains ne s'arrêtent qu'au titre et nous traitent de gros racistes, d'autres pensent qu'on est un groupe d'antifascistes violents et puis il y a tous ceux qui sont dans la confusion car ils s'attendaient à un sens net et précis avec un tel titre,.. C'est quand même surprenant pour nous de voir à quel point les gens peuvent péter des câbles et s’embrouiller sur un seul morceau.

Monitors - No Irish No Blacks No Dogs

J'ai cru comprendre que l'ambition de Monitors était d'abolir les frontières musicales. Quelle serait la rencontre inattendue où l'on vous retrouverait sur un titre ?
Il est possible que l'on injecte de plus en plus de genres musicaux comme la disco, le funk et la techno dans nos prochains morceaux. Nous aimons aussi beaucoup les musiques orientales et les rythmiques africaines que l'on a pu entendre dernièrement chez des groupes comme Tshegue qui nous ont beaucoup impressionné ces derniers mois. Et puis on va faire des collaborations avec des amis comme Nor Belgraad et les géniaux 2PanHeads qui vont sortir leur nouvel EP ce mois-ci. Ça nous plairait aussi de participer à des soirées avec des groupes aux styles très variés et avec un public qui suivrait le délire mais c'est difficile à mettre en place.

Quelle place occupe la partie visuelle dans la musique selon vous ?
Nous la considérons comme le prolongement naturel de notre musique. On aime réaliser nous-même nos clips et notre artwork. Le rouge, qui est omniprésent sur cet EP, fait écho à l'expression « j'ai vu rouge » et puis c'est une couleur violente mais aussi élégante et sensuelle. Elle s'est imposée naturellement dans nos esprits pendant les phases de composition.

Peut-on en savoir plus sur World of Mirrors et son clip ?
C'est toujours troublant de constater que l'on retrouve aujourd'hui certaines choses exactement sous la même forme mais à divers endroits du monde. Par exemple, les grands mouvements sociaux de révolte avec leur même type de répressions violentes dans des pays aussi différents que la France et la Chine. Les mêmes polémiques sur le stress au travail aussi bien au Japon, en Europe, qu'aux États-Unis... Cette chanson dépeint ce constat.
C'est ce même monde qui nous pousse à consommer uniquement des produits qui nous ressemblent et à nous rassembler qu'entre individus similaires. On se regroupe entre clones pour le meilleur et pour le pire jusqu'à qu'il n'y ait plus que des miroirs de nous-même. Le clip illustre ce propos avec ces deux silhouettes clones et avec des effets de miroir.

Vous dîtes être le fruit entre Liverpool, Paris et l’ex-Yougoslavie. Quel en est le lien et aimeriez-vous jouer votre musique dans ces différents endroits ?
Chris est né à Liverpool avec des origines irlandaises et moi en Bosnie-Herzégovine avant la guerre quand c'était encore l'ex-Yougoslavie communiste. Nous avons tous les deux été durablement marqués par notre passé et avons fini par tomber amoureux de la France et de Paris où nous vivons actuellement. C'est aussi là que nous avons rencontré notre batteur sans qui il nous semblerait difficile de continuer. Évidement nous aimerions beaucoup avoir l'occasion de jouer dans tous ces endroits et on y travaille mais on veut bien des plans si vous en avez !

Une indiscrétion à nous donner sur Notes from the aftermath ?
En faisant le morceau Clocks on avait complètement oublié que Coldplay l'avait en fait déjà fait... (Rires).

Quelle est l'ambiance lors des concerts et comment ressentez-vous ce moment ?
On a beaucoup de chance car notre petit public naissant nous est très fidèle et se donne énormément à chaque concert donc ça donne envie de continuer à en faire autant. On aime voir les gens alterner entre danse et gros bordel, surtout quand on finit par se mêler à eux. Il y a aussi eu une date où une dizaine de personnes se sont jointes à nous sur scène. C'était magnifique !

Où pourra-on vous voir prochainement sur scène et dans quelle salle mythique aimeriez-vous jouer ?
Il y a plein d'endroits mythiques qui nous font de l’œil, à Manchester par exemple. Certains de nos groupes préférés comme The Smiths y sont issus et c'est vrai que quand on s’y ballade, il y a quelque chose d'unique qui s’en dégage. Bien sûr, il y a aussi Londres, New York, Berlin... Et puis on aimerait beaucoup aller jouer en Irlande et dans mes terres natales de Bosnie comme dit plus haut. Cela dit, on adore voyager et il y a peu d'endroits qui ne nous attire pas.
Et pour ce qui est des prochains concerts on sera :

  •  Ce vendredi 17 janvier à l'International à Paris avec Pussy Chérie et Bellevillaine
  • Le vendredi 6 mars au HMS Victory à Bordeaux
  • Le vendredi 20 mars au Truskel à Paris avec les 2PanHeads

Et d'autres dates arrivent !

2020 arrive, qu'avez-vous dans les cartons comme projets pour cette nouvelle année ?
On aimerait trouver une structure et un label solide pour nous accompagner car on a déjà de quoi sortir 2 albums...

Que souhaitez-vous dire pour conclure ?
Un grand MERCI de nous avoir lu jusqu'ici !

Merci à Monitors d'avoir répondu à notre interview !
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Monitors - World of Mirrors

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