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Mira Cétii : l'album Cailloux & Météores

Mira Cétii revient le 31 janvier 2020 avec un album 11 titres intitulé Cailloux & Météores. Entrez dans son étrange univers aussi onirique que magnétique.

Mira Cétii (crédit Thomas Guerigen)

crédit visuel Thomas Guerigen

Mira Cétii c’est le nom d’une étoile.
Avec deux « i » et deux poings sur les hanches, c’est le nom de la chanteuse autrice et compositrice : Aurore Reichert.

Après ses précédents EP portant des noms de constellations et chargés de mythologies célestes, Mira Cétii décide d’atterrir sur le sol (mais est-ce le sol de la Terre ?) avec une douceur fracassante pour son premier album « Cailloux & Météores ».

De comptines poétiques susurrées au creux de l’oreille, en chansons plus rythmées, ironiques ou revendicatrices, sa voix dépose ses mots doucement ou bien les projette en avant comme pour mieux avancer sur son chemin intérieur.

Inspirée par des artistes aux musiques organiques et minimalistes telles Camille et Kate Bush pour le côté expérimental ou comme Alain Bashung pour la poésie, Aurore utilise dans cet album toutes les nuances de sa voix, suspendues entre mélodies diaphanes et refrains plus rocailleux.

En solo ce sont ses double voix et le fil de la guitare qui la porte mais il y a aussi ses machines : sur la lignée d’Émilie Simon ou de Björk, Aurore ancre ses morceaux avec des sons électro, sorte de cailloux cubiques qui construisent brique par brique la plupart des rythmiques et des ambiances étranges et lunaires.

Laissez-vous emporter dans l’univers étrange de Mira Cétii tout au long des 11 titres de son premier album aussi onirique que magnétique (avec la participation exceptionnelle de Christian Décamps/Ange sur une chanson).

Mira Cétii cherche peut-être à ne pas se perdre en semant des cailloux… à moins que ce ne soit une invitation à la suivre sur sa planète ?

Interview avec Mira Cétii

Pouvez-vous nous présenter l’album Cailloux & Météores ?
Cailloux et Météores est mon premier album en tant que Mira Cétii, c’est-à-dire mon premier album solo. Il y a un an je n’aurais pas cru sortir un album, c’était une envie mais à ce moment-là j’étais encore dans l’énergie de mon dernier EP Cetus qui venait de sortir en autoproduction en octobre 2018 et je me disais que j'avais encore le temps de réfléchir à la suite... Puis j’ai rencontré l’équipe du label ArtDisto et tout c'est accéléré : ils m’ont proposé de me soutenir et de produire mon album... c’était fou, inattendu mais évidemment je n’ai pas hésité une seconde !
J’ai donc recommencé à écrire au printemps et surtout durant tout l’été dernier, avec l’aide précieuse du musicien avec qui j’avais déjà collaboré auparavant : qsb.
On s’est enfermé et on a composé plus de 20 chansons en tout (j'ai écris tous les textes mais niveau musique il y a un mélange entre mes compos, les siennes et nos co-travaux).
Cet été je pensais encore appeler mon album Lumière nuit qui est d’ailleurs le nom d’une des 11 chansons qui le composent. Puis m’est apparu le fait que j’avais beaucoup tourné autour de l’idée des "cailloux" et de ce qu’ils représentent : de petites choses anodines et modestes qui peuvent soit nous gêner  comme "un caillou dans la chaussure", soit nous émerveiller  telle une « pierre précieuse » soit encore nous permettre de retrouver notre chemin comme dans le Petit Poucet... J’étais concentrée sur l’écriture sans forcément savoir où j’allais, alors avec le recul je crois que je cherchais à me perdre pour mieux me retrouver dans mon propre travail : je suivais les météores tout en semant des cailloux derrière moi ! Et ces cailloux sont autant une aide à ne pas me perdre qu’un chemin tracé pour ceux qui voudraient venir à ma rencontre...

En quoi l’univers vous inspire ?
Si vous dites  « univers » en tant que  «cosmos » alors il m’inspire beaucoup car penser à l'immensité me fait du bien : ça me permet de relativiser, de retrouver la beauté de cette incroyable planète esseulée sur laquelle nous tentons de bien vivre.
En plus la beauté du ciel étoilé est absolument saisissante, bien qu’on ne le voit plus très souvent, tout dépend de là où l’on vit.
Je crois que je suis en quête d’absolu, il me faut le ciel pour me  « brancher » à ma source d’inspiration afin de parler des choses  « plus petites » qui évoluent en lui.

Avez-vous un lieu ou un moment particulier dans lequel vous aimez écrire et composer vos titres ?
J’aimerais dire la nuit, ça serait plus romanesque, mais ce ne serait pas tout à fait vrai... En réalité, il n’y a pas de moment particulier. Il faut que je sois seule mais ça peut être le matin, l’après-midi, au milieu de la nuit, n’importe quand ! Les idées de textes arrivent n’importe où, même (et souvent) quand lorsqu’il y a du mouvement : quand je conduis, quand je marche ou dans le train... Il me faut un carnet ou un dictaphone en permanence près de moi car j’ai peur de rater ou d’oublier les  « fulgurances ».
En revanche pour transcrire les idées de composition ou d’arrangement musical – que ce soit à la guitare ou via mon ordinateur – je dois me poser, me concentrer, prendre le temps de trouver la  «couleur » qui accompagnera les mots.
Il m’arrive aussi de composer dans l’autre sens : la musique puis les mots. Dans ce cas je suis souvent dans mon bureau  « de répétition » et je bidouille pendant des heures !

Sur quoi attachez-vous de l’importance dans vos compositions ?
J’attache de l’importance à tout : la musicalité des mots, le sens du texte, les images qu’il provoque, les couleurs harmoniques qui lient tout ça, les arrangements autour : avec un ordinateur on peut faire beaucoup de choses, c’est génial de choisir l’instrument qui apportera un petit plus. Il me faut des cuivres ? Pas de souci, je ne sais pas en jouer mais grâce à l’ordi, le tour est (presque) joué !! Ceci dit, je n’aime pas quand ça sonne « trop vrai ou réaliste », je tiens à ce que l’on sente que ce sont des instruments virtuels qui m’accompagnent, j’aime « salir » le son pour bien marquer la différence entre les instruments numériques et organiques.

Parlez-nous du titre Les Nénuphars
C’est une chanson inspirée par la perte de mémoire ou du moins, je me suis imaginée ce que pourrait dire une personne malade d’Alzheimer à un proche.
Il y a aussi une référence à  « Se souvenir des belles choses », un film magnifique qui raconte une histoire d’amour dans laquelle un homme (Bernard Campan) écrit tout un tas de mémos à son amoureuse (Isabelle Carré) car elle commence à oublier des détails de sa vie, même les choses les plus anodines du quotidien.
Je trouvais ça très poétique d’entourer une personne de mémos et autres post-it mélangeant mots d’amour, listes de course et mode d'emploi de la cafetière. Ces mémos m’ont semblé être comme des haïkus, ces courts poèmes japonais. J’avais déjà mis de côté l’idée de mettre en relation « haïkus et cailloux », car ces deux mots se répondent, donc j’ai raconté mon histoire de lac qui représente la mémoire, de nénuphars qui la recouvrent innocemment, de cailloux qui aident à ne pas se perdre et de haïkus qui aident à ne pas oublier...

En quoi votre voix est-elle importante pour vous et faites-vous attention à particulièrement la travailler ?
Ma voix est importante car j’ai le sentiment que toute ma personnalité s’est construite autour du fait que j’aime l’utiliser... D'une certaine manière, je suis née chanteuse. Mais cela n'exclut pas de devoir la travailler ! La voix est une instrument particulier : très sensible aux émotions, aux humeurs, aux hormones, au sommeil... Bref... J’en prends soin dans la mesure où j’évite de forcer dessus, j’essaie aussi de bien dormir chaque nuit, de manger sainement etc.
J'ai suivi très peu de cours, mais comme j’anime souvent des ateliers de chant, c'est surtout de devoir trouver "un vocabulaire pédagogique" et de tenter de partager au mieux mes propres ressentis que j'ai énormément appris. Je m’efforce donc de suivre mes propres conseils techniques lorsque je répète ! Dans ce sens oui, on peut dire que je la travaille, mais je ne fais pas de gammes ou de vocalises tous les jours...
Disons que je me remets souvent en question pour éviter de prendre de mauvaises habitudes. Par exemple j’ai eu une période de grande fatigue vocale et j’ai compris que c’était principalement parce que je composais beaucoup de chansons dans une tessiture un peu trop basse pour moi. Je pouvais les chanter – j’adore les voix graves – mais étant hors tessiture trop souvent – mes propres chansons m’ont fatiguée sur le long terme. Je m’étais voilée la face (et la voix), mais on ne m’y rependra plus !

Comment se sont passés les enregistrements en studio ?
Très simplement : les voix lead ont été enregistrées chez le réalisateur de l’album : Laurent Lepagneau. C’est lui qui a tenu à commencer par les voix, et je trouve que c’est une très bonne idée... Pour lui c’est le noyau d’un album dans ce style, il faut que les voix soient « parfaites » (dans le sens de "porteuses d'émotions") et ensuite on s’est attaqué aux arrangements.
Je n’avais jamais procédé de cette façon : souvent je posais ma voix en dernier, comme  « la cerise sur le gâteau », le problème c’est que ça met la pression, et comme je l’ai dit tout à l'heure, je suis vite submergée par le trac. Cela m'a valu de mauvais souvenirs lors d'enregistrements précédents où je me battais avec moi-même pour y arriver (car je m’en savais capable, j’étais juste « tétanisée » par une sorte de pudeur incompréhensible).
Chez Laurent, en quelques jours c’était bouclé. Tout le reste (choeurs, guitare, ukulélé, métallophone, arrangements) a été concocté dans 3 marmites : mon ordinateur, celui de qsb et celui de Laurent.

On vous retrouve en duo avec Christian Décamps (Ange), est-il possible d’en savoir plus sur vos échanges ?
Là aussi c’est allé très vite : je lui ai timidement demandé par mail s'il était d'accord de chanter sur un morceau et il a accepté de suite. Nous avons choisi Elle sera nue avec Laurent, car il pensait (à juste titre) que ce texte irait mieux "dans sa bouche" comme il dit.
On s’est demandé s’il fallait que Christian chante tout du long à l’unisson avec moi ou si c’était mieux qu’il harmonise. Au final, il y a un peu des deux options !
Ce qui m’a marqué le jour de l'enregistrement c’'était de découvrir la voix de Christian dans un registre différent de ce qu’il fait dans Ange : lorsqu’il démarre avec moi dans le couplet, il chante tout doucement, de façon presque chuchotée. Puis à un moment on lui a demandé de chanter plus fort et là, on a été scotché par son coffre et son timbre inimitable ! Moi qui ai écouté grâce à mes parents du Ange une grande partie de ma vie, j’ai eu des frissons, je n’en croyais pas mes oreilles : Christian Décamps sur MON album ?? J’avoue que j'en suis très fière.

Qu’est ce qui vous a motivé à faire un titre sur la Terre Adélie ?
C’est principalement l’envie d’écrire sur l’angoisse de savoir que les pôles (indicateurs du bon équilibre climatique) fondent et disparaissent peu à peu... En plus j’ai toujours adoré ce nom  Terre Adélie qui sonne très bien... Dans cette chanson, je m’adresse à cette terre comme à une personne que j’aurais aimé rencontrer un jour.

Des clips sont-ils prévus et peut-on en savoir plus sur l’univers visuel de l’album ?
Le clip de La Source sortira presque en même temps que l’album (le 29 janvier pour être précise). Il a été fait à la maison avec trois fois rien, car j’ai eu envie de transcrire en images à la fois le côté  « épuré » de la chanson, et son cote  « lo-fi » à travers une image et un cadrage imparfaits. Tout a été fait avec un téléphone portable et une idée de base : filmer à travers une goutte d'eau (grâce à une pièce percée on peut capturer une goutte et la garder sur l’objectif, ça donne un effet flou très joli).
Très bientôt nous allons plancher sur le clip de Paramessie. Rien n’est encore décidé... A part qu’il y aura un peu plus de moyens... ;-)

Une indiscrétion à nous donner sur l’album Cailloux & Météores ?
Au début je ne voulais pas en parler mais - maintenant que j'ai accusé le coup - je peux le dire : il y a des coquilles dans le livret !
Ces imperfections m’ont rendue dingue, surtout qu'on les a repérées le jour où les visuels sont partis à l’impression... mais on ne pouvait plus rien faire. Tout a été si vite... cette spontanéité a du bon pour ce qui est de la créativité : pas le temps de s'auto-censurer. En revanche, un manque de temps signifie aussi un manque de relecture ! Pour moi qui déteste les fautes d’orthographe, j’ai eu du mal à m’en remettre, même si je sais que ce n’est pas le plus important. Dans la pression du moment, ça m’avait semblé dramatique.
Aujourd’hui j’en souris... jaune. Mais au fait, les trouverez-vous ?

Comment ressentez-vous la scène et en quoi les concerts sont-ils importants pour vous ?
J'ai toujours le trac et avant de monter sur scène je me demande à chaque fois pourquoi je m'inflige ça !! Paradoxalement, je suis toujours heureuse de savoir que je vais bientôt remonter sur scène.
C’est un exercice particulier que de capter l’attention d’un public sans « s’excuser d’être là ». J’ai mis du temps à trouver une forme de légitimité. J’ai toujours rêvé de faire des centaines de concerts tout en voyant bien que je ne fais pas partie des gens qui ont l’air de s’y trouver comme des poissons dans l’eau. Je crois que la scène est un lieu de thérapie pour moi, un lieu où j'ai dû trouver mes marques tout doucement. Quand je me suis lâchée, ce qui arrive heureusement de plus en plus souvent, alors je comprends pourquoi je fais ça : pour m'oublier moi-même, pour servir la musique et essayer de capter et de renvoyer l’énorme et puissante énergie dégagée par cette rencontre magique entre un public et des musiciens sur scène.
J’aime aussi aller voir des concerts pour vivre cette rencontre des deux côtés du voile.

Aimeriez-vous que l’album Cailloux & Météores soit écouté aux confins de notre univers et sur quelle planète aimeriez-vous assurer une représentation ?
Je serais déjà comblée qu'il soit écouté sur toute cette planète ! Mais si je devais profiter du succès pour partir en tournée très loin, j’irais bien voir comment est le ciel d’une planète qui serait dans un des nuages de Magellan (petite galaxie satellites de la nôtre) : est-ce qu’on y verrait notre immense galaxie comme on peut voir de la Terre ces nuages diffus ? Si oui, ça doit être tout simplement grandiose comme spectacle !!

Que souhaitez-vous dire pour terminer ?
À bientôt j'espère, ici ou là, quelque part sur notre cher caillou !

Merci à Mira Cétii d'avoir répondu à notre interview !
Retrouvez la également sur Facebook.

MiRA CÉTii - "La source" - LE CLIP

Tournée 2020

Février
Ven        07        La BAM 1ère partie Ange                                             Metz                       (57)
Sam       08        Les Tanzmatten 1ère partie Ange                             Sélestat                 (67)
Dim        09        Chez Paulette 1ère partie Ange                                  Pagney                  (54)
Ven        14        L'Avant-Scène 1ère partie Ange                                Grand Couronne (76)
Sam       15        Espace John Lennon 1ère partie Ange                   Limoges               (87)
Dim        16        Le Rocksane 1ère partie Ange                                   Bergerac               (24)
Ven        21        La Niche 1ère partie Ange                                           Dommarien         (52)
Sam       22        Espace Marius Staquet 1ère partie Ange                Mouscron             (BE)
Ven        28        Théâtre 1ère partie Ange                                             Denain                  (59)

Mars
Ven        13        Le Normandy 1ère partie Ange                                  Saint-Lô                (50)
Sam       14        Le Tétris 1ère partie Ange                                           Le Havre               (76)

Avril
Jeu         23        Le Moloco 1ère partie Ange                                        Audincourt            (25)
Ven        24        Le Transbordeur 1ère partie Ange                            Lyon                      (69)

Mai
Ven        15        Les Fuseaux 1ère partie Ange                                   Saint-Dizier          (52)
Sam       16        Le Forum 1ère partie Ange                                          Vauréal                 (95)
Dim        17        L'Empreinte 1ère partie Ange                                     Savigny-le-Temple (77)

Octobre
Jeu         08        Le Bikini 1ère partie Ange                                           Toulouse              (31)
Ven        09        Le Rocher de Palmer 1ère partie Ange                    Cenon                   (33)
Ven        16        Espace Jean Ferrat 1ère partie Ange                       Longlaville           (54)
Sam       17        Théâtre Sébastopol 1ère partie Ange                      Lille                        (59)

Novembre
Sam       07        Espace Paul Jargot 1ère partie Ange                       Crolles                  (38)
Sam       21        Le Cèdre 1ère partie Ange                                           Chenôve             (21)

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