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Mes souliers sont rouges : bientôt un nouvel album

Le groupe Mes souliers sont rouges prépare un nouvel album avec le soutien des internautes. L'occasion pour nous d'en apprendre un peu plus sur leurs nouveaux morceaux.

Mes souliers sont rouges

Pouvez-vous nous présenter votre 7ème album et son univers ?
Nous présentons des nouveautés avec des chansons normandes dont certaines collectées récemment auprès des anciens par l’association La Loure.
Une chanson collectée aux Etats-Unis, une en Bretagne et une reprise d’un de nos standard a cappella avec un nouvel arrangement et une version de texte allongée. Nous avons des suites instrumentales.

Peut-on en savoir plus sur la façon dont vous avez composé ce nouvel album et était-ce évident d'orchestrer tout cela avec les nouveaux membres du groupes ?
Nous avons commencer à travailler tous les 5 pour la première fois en Octobre 2017. La fusion a été instantanée et fût une révélation. Je me suis dit que c’était plein de promesses et de joies musicales en perspective. Le son se formait très vite, l’écoute de l’ensemble déjà présente et les idées de chacun fusaient. Les morceaux étaient arrangés dans une forme basique en très peu de temps.

Pensez-vous que la musique traditionnelle locale se perd ou est moins représentée médiatiquement ?
Il y a deux questions ici ! Non la culture de chaque peuple se perd avec lui. Il appartient à chacun de faire vivre ou non sa culture ou ses cultures, celles dont il se sent proche d’où qu’il vienne, où qu’il soit et de la transmettre. La question de la représentation médiatique est liée au poids de l’industrie qui impose sa vision et son cadre. La musique de tradition orale n’y a que peu de place médiatiquement car elle n’est pas ou trop peu préhensible et canalisable par l’industrie elle-même.
Elle  vient du peuple et lui appartient. A nous d’en avoir conscience et d’être tous créateurs de notre propre culture sans l’aval d’un ministère ou industriel.

Parmi les 12 titres de l'album figureront 3 instrumentaux inédits, quelle importance accordez-vous à la partie instrumentale justement ?
Si nous avons mis l’accent sur les chansons et particulièrement sur les arrangements vocaux qui sont une des marques de fabrique de Mes Souliers Sont Rouges depuis plus de 25 ans, il est vrai que les parties instrumentales ne sont pas en reste. Outre la chanson à répondre avec le public, la danse s’invite naturellement sur notre musique. Nous aimons lors de nos concerts emmener les gens à vivre avec nous des moments rares de partage entre les générations. La musique instrumentale a vocation ici le plus souvent à donner une émotion ou bien une irrésistible envie de bouger qui est naturelle chez l’humain. Les trois inédits sont composés par chaque nouveau musicien.
Bienvenue !

Certains membres sont originaires d'outre atlantique, ces liens qui unissent différents pays sont important pour le groupe Mes souliers sont rouges ?
Si tu parles des musiciens, tous sont originaires de France. Les liens qui unissent différents pays sont importants dans la mesure où l’on est conscient de notre histoire humaine sur cette planète.
La migration a fait et fera ce que nous sommes. Des Vikings sont venus en envahisseurs en Normandie, des normands sont partis du Perche via le port de Dieppe pour tenter l’aventure en Nouvelle France qui deviendra le Québec… Ainsi de suite et chacun a dans sa famille un lien avec une migration à un moment donné, c’est un fait, rien n’est figé.
La musique que nous pratiquons puise une partie de son inspiration d’un métissage En effet, la musique québécoise est issue d’une culture francophone et l’autre irlandaise.
Pour le reste, « notre patte, notre son » c’est ce que nous sommes chacun, nos influences et leurs mise en commun. Alors est-ce qu’on dira que c’est de la musique normande un jour ? Oui da !

Parlez nous du titre Non que j'aime donc
Justement, les migrant Français qui se sont installés d’abord le long du Fleuve St Laurent ont migré après le long des grand lacs pour descendre ensuite le long du Mississippi et ses affluents.
La version de cette chanson a été collectée en 1938 dans Le Michigan sur les bords du Lac Supérieur par Alan Lomax. C’est l’ethnomusicologue québécois Robert Bouthillier, considéré comme le plus grand collecteur de chansons francophones d’Amérique du nord (c’est mon maître André Marchand qui le dit lui-même) qui m’a fait découvrir ce bijou. On peut la trouver sur le site du gouvernement américain de la librairie du Congrès. Ca vaut le coup  d’écouter ça. Lorsque je l’écoute, j’entends des descendants de colons francophones qui vivent près d’anglophones et d’indiens d’Amérique du nord. J’entends toutes ces influences que cela soit dans la prononciation (j’entends du français avec une influence anglaise) mais aussi dans le mode musical employé qui est peu courant (on dirait un mode amérindien).

Comment se sont passés les enregistrements de l'album ?
Au départ, nous étions favorable à faire un nouveau Live, puis à la réflexion nos avons décidé de l’enregistrer en studio avec une nouvelle façon de travailler.
Nous avons choisi le studio Kerwax à Loguivy-Plougras pour son espace, nous voulions enregistrer tous ensemble et en même temps dans une pièce spacieuse ; pour son matériel son des années 60, (la console a des tranches énormes et l’on voit les lampes à leur sommet), pour le parc micro remarquable et le savoir-faire de Christophe Chavanon.
Pour le mixage, c’est David Odlum du studio Black-box qui s’en est chargé. Il est Irlandais et guitariste de formation. Il a joué avec les grands noms de Dublin et connaît cette musique, comment la mixer en apportant une touche très actuelle. David travaille aussi avec des stars en Angleterre comme conseiller/arrangeur avant leurs grosses tournées. « C’est ma tasse de thé cette musique » a-t-il dit dès les premières écoutes.
Nous avons mutuellement apprécié cette rencontre artistique. Il nous a dit avoir vraiment apprécié de mixer cet album pendant le mix et un peu après à la réécoute.
C’est Christophe Chavanon qui est venu mettre la touche finale pour le mastering avec ses machines et sa touche personnelle chaleureuse.

En quoi était-ce important de financer cet album en financement participatif et qu'est ce que cela représente pour vous ?
Ce système via la plateforme Ulule nous permet de faire un test grandeur nature auprès de notre public pour savoir si le propos est intéressant. Cette forme de financement permet à tout artiste ou créateur d’être en lien direct avec les personnes qu’ils touchent par leur invention, leur créativité ou projet innovant. Il offre une de liberté plus accrue aux personnes qui prennent conscience de leur pouvoir de décision à chaque fois qu’ils utilisent leur argent. La carte bancaire devient un véritable bulletin de vote à chaque utilisation. Soutenir ainsi une démarche n’est plus un acte ordinaire de consommation mais bien une implication qui donne du sens.

Le crowdfunding est une bonne réussite, comment ressentez-vous cet engouement de la part des internautes et de votre public ?
C’est la première fois que nous utilisons cet outil et c’est très formateur. Nous en retirerons des enseignements très importants concernant le lien avec notre public. Nous partageons des valeurs et sommes conscients que nous lui devons notre existence dans la durée.

Vous pouvez soutenir l'album de Mes souliers sont rouges sur Ulule.

 

Des clips sont déjà prévus, comment imaginez-vous leur scénographie ?
Nous sommes en pleine réflexion sur le sujet, rien n’est figé. Je n’ai pas plus d’info à donner.

L'album a-il déjà un nom et est-il possible d'avoir une indiscrétion à ce sujet ?
Toute cette démarche se fait autour du lien.
Lien avec le public, les gens qui nous suivent depuis longtemps parfois sur plusieurs générations.
On voit aujourd’hui des jeunes adultes qui ont grandi avec les premiers albums que leurs parents écoutaient lorsqu’ils étaient enfants. Ils sont même parfois programmateurs ou journalistes !
Lien avec un territoire, la Normandie dont nous sommes issus mais aussi d’autres contrées. Lien avec des acteurs locaux, les partenaires. Lien avec un collectif d’artistes et de citoyens : « La Centrifugeuz », installé dans un quartier populaire à Caen.

Comment vous est venue l'idée des souliers rouges ?
Dès nos débuts dans les bars étudiants fin 1991, la chanson Les Souliers Rouges faisait un tabac.
Alors on s’est dit que les souliers rouges ce serait un peu banal (Les chaussettes noires…) et donc pour sortir du commun, on a décidé de prendre une phrase entière, une affirmation ! Ce n’est que par la suite que nous avons intégré la podorythmie québécoise à notre instrumentarium. Elle a donné encore plus de sens à notre nom. Nous portions alors tous des Doc Marten’s rouges !
Aujourd’hui, nous revendiquons notre musique et notre démarche ainsi, on fait du Folk Alternatif !

La scène fait partie intégrante de Mes souliers sont rouges, comment imaginez-vous le nouveau spectacle de cet album ?
Nous portons un regard particulier à faire en effet un spectacle plus qu’un concert.
C’est important aujourd’hui plus qu’hier et nous avons commencé très tôt cet exercice. Il y a donc un travail précis avec le sonorisateur Julien Peter qui est un musicien percussionniste avant tout de même que l’éclairagiste Rivo Ralison qui est un excellent bassiste/contrebassiste. Ensemble, nous mettons à chaque date un point d’honneur à améliorer sans cesse le rendu par des ajustements pour créer des enchaînements avec des rythmes, des émotions, du mouvement. Pour le nouveau spectacle, nous allons intégrer deux nouveau titres qui se trouvent sur l’album et nous mettrons la touche finale de mise en scène avec un regard extérieur.

Vous avez fait le tour du monde pour vous produire, quels sont les meilleurs souvenirs que vous gardez de ces voyages ? Est-ce qu'il y a une scène où vous aimeriez-vous produire tout particulièrement pour cet album ?
Nashville-Tennesse est la première image qui me vient, Le festival Summerlights nous accueillait et c’est la première fois que l’on jouait à l’étranger. Nous avons pu enregistrer un de nos concert dans un des clubs les plus réputés de la ville, c’était impressionnant.
Bristol en Angleterre, The festival of the sea. Le plan le plus chiche en terme de rémunération mais quels souvenirs sur une semaine entière. On jouait trois fois par jour dans toutes les conditions, en acoustique sur le trottoir, le port, sonorisé dans des bars, et sur la grande scène, elle était immense. On se sentait petit dans la bouche de cette baleine qui pouvait accueillir plusieurs centaines de musiciens et choristes pour le final. La Belgique nous a fortement marqué par l’accueil chaleureux de manière systématique de son peuple. Le Québec aussi ! Et que dire de ce concert dans LE club Jazz de Sydney en Australie. C’était tellement drôle de voir la tête ahurie des gens quand ils ont entendu notre musique (Hé non ! Ce n’est pas du Jazz M’sieurs Dames !). Après le premier effet de surprise, ils ont vraiment apprécié et se sont laissés aller.

Un documentaire est d'ailleurs envisagé en cas de gros succès, quel regard portez-vous sur le fait de partager les coulisses de Mes souliers sont rouges ?
Ce documentaire, nous le souhaitons plus axé sur l’origine des chansons que nous venons de mettre en musique. De voir leur origine en Normandie et leur voyage Outre-Atlantique. Enfin de voir comment on les a intégré dans notre son, notre manière de faire.

Que souhaitez-vous dire pour terminer et qu'espérez-vous de l'année 2019 qui commence ?
Eh bien, simplement merci aux gens qui viennent nous voir depuis si longtemps et à ceux qui nous découvrent, aux curieux. C’est grâce à vous tous si nous existons. Alors je n’ai plus qu’à souhaiter que cela continue longtemps encore. Cet album y sera sûrement pour quelque chose.
On l’espère tous : nous y avons mis toutes nos énergies positives !

Merci à Mes souliers sont rouges d'avoir répondu à notre interview !
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Mes Souliers sont Rouges - Non que j'aime donc (Clip officiel)

Musique interview

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